^;^^*^^ si^s-f- JMl'lllMEIUI- I)i: l.H) au nombre de trente ; )>Deuxi^mement, qu'il s'est seulement reserve le droit de faire oretrancher toule personnalite qui pourrait se rencontrer dans un » article : »Nous avons rechercbc laquelle des parties avail donne lieu iV ( 5 ) al'inexecution des conventions faites, et a lu demande en disso- nlution de societe. « M. Baudouin n'a produit aucune piece qui put faire presumer, ))de la part de MM. Saigey et Raspail, ou negligence dans leur » travail, ou regret d'avoir pris part a I'entreprise, ou inexacti- »tude dans la remise de leur manuscrit aux epoques fixees. »I1 avait eleve une seule difficulte relativement a un article in- » titule , Coteries scientifiques , croyant y voir quelques allusions »personnelles; cette difficulte tombait d'elle-meme , s'd eut in- .) dique les passages a supprimer, aiusi qu'il a ete somme de le » faire. » Au lieu de s'en expliquer, il a suspendu la publication jusqu'au » moment oii les sommations des interesses I'ont contraint a la ncontinuer. »De nouvelles entraves , telles que defense verbale faite a I'im- "primeur et au graveurde poursuivre leur travail, ce qui estprouve 'ipar une sommation , en dale du i5 juin dernier; refus de four- »nir, comme on en etait convenu, les journaux scientifiques ne- Dcessaires a la redaction des Annates; ayant multiplie les retards »dans la publication des derniers numeros : nous avous du recher- »cher les motifs de I'inertie volontaire qu'opposait M. Baudouin » au zele de ses co-associes, et nous avons cru pouvoir les attribuer » a la crainte de compromettre ses interets commerciaux, en favo- nrisant la critique des theories scientifiques de plusieurs savans , ))dont les ouvrages peuvent etre livres a ses speculations. » Mais oblige , par la teneur de son traite , de courir les chaDces »de cette entreprise, M. Baudouin ne pent arguer des inconve- wniens ou reels , ou imaginaires qu'il y voit, pour dissoudre la so- »ciete purement et simpien-ent. »D'une autre part, nous avons ete frappes de I'importance qu'at- Mtachent a la publication des Annales des Sciences d' observation , » les deux auteurs qui s'en sont charges. Sur la foi du traite con- »clu, ils ont sacrifie a cette entreprise des occupations pecuniai- »rement avantageuses ; et meme, pour faciliter I'opcration, I'un j'd'eux a laisse avec desinteressement, entre les mains de M. Bau- «douiu, les avances mensuelles qui devaient lui etre faites. lis »nous out declare qu'ils attachaient leur reputation au succes de » cette affaire. ( 6) »Ce scrait done a leur grand prejudice que la contestation se »termincrait par une simple rupture, qui leur ferait subir, non- "seulement la perte de leur temps deja passe, mais leur ravirail >> encore les moyens qu'iis se sont assures par leur traite de faire "marcher, sans debourses pour eux, I'operation pendant cinq »ans ; aEnvisagcant neanmoins rimpossibilite , pour les parties , de «rester en societe, dans I'etat de disposition contraire que mani- »feste M. Baudouin, et avec le desir de la dissolution tel qu'il »ra exprinie, et tel que M. Raspail nous I'a pareillement ex- » prime lui-meme ; "Convaincus que la ruine totale de I'entreprise resulterait pro- Mchainement des obstacles qui ne pourraient manquer de se re- anouveler, et que sa continuation n'aboutirait qu'a de nouveaux »proces; ))Trouvant, en outre, qu'il ne serait pas juste que MM. Saigey »et Raspail soient frustres, par une rupture devenue necessaire, » et qu'iis n'ont point provoquee, des moyens de faire marcher ))leur entreprise , et de trouver uno compensation aiix dommages »que I'inexactilude de M. Baudouin dans I'execution du traite » leur a fait essuyer, nous avons decide : »Premi«;rement, qu'a dater du prononce fait devant les parties du present jugement, leur societe sera dissoute. "Deuxiemcment, que M. Baudouin remettra a MM. Saigey et Raspail le registre des abonnemens; qu'il leur livrera, dans les vingt-quatre heures, les exemplaires restant en magasin, ainsi que les cuivres des six premiers numeros, en leur faisant compte du deficit qui pourrait se trouver d'apres le nombre tire ; »Troisicmement, qu'il leur paiera, en douze billets a ordre, et echeant de mois en mois, a partir du jour de la dissolution, la somme de douze mille francs, a laquelle nous avons evalue les frais de publication de douze numeros; oQuatriemement, qu'il leur versera les sommes arrierees, a eux dues, sur les avances qu'il avail a leur faire pendant les six pre- miers mois ; )'Cinquiemement, ((ue M, Baudouin sera passible des frais. ■( 7 ) » Ainsi juge, par les arbilres nommes par le tribunal de com- merce, et dont les signatures suivent. » Ainsi signe, L. Hachette et N. Lemebcier. » Comme on le voit , la demande de M' Baudouin lui etait accor- dee : la societe etait ronipue. Mais ses vceux secrets n'etaient pas satisfaits; car I'entreprise n'etait pas ruinee, et les juges ordon- naientque31. Baudouin, tout en se retirant de la societe, iburnit a ses co-associes les moyens de reparer par eux-niemes les torts qtie son incurie et sa maiivaise gestion avaient faits a I'entreprise. On n'apprendra done pas avec etonnement que M. Baudouin ait re- fuse de s'executer lui-menie ; appel fut par lui interjete a la Cour royale. Mais, en meme temps, M. Baudouin, acherant de violer toutes les regies de la justice et de la bonne foi , an lieu de remplir les conditions du contrat jusqu'au jugement definitit', suspendit I'impression du numero sous presse, refusa de payer le graveur, de recevoir les abonnemens qui se presentaient, et meme de Aendre les exemplaires qu'il avait en magasin; enfin, il n'oublia aucun des procedes qui pouvaient renverser de fond en comble I'entreprise des Annates. Cependant M. Baudouin offrait de livrer le materiel de cette en- treprise et la liste des abonnes : mais les redacteurs ne pouvaient continuer , a leurs deperis, la publication des Annates, publication dont M. Baudouin esperait ainsi voir suspendre le cours, en meme temps qu'il eiit deverse sur ses coUegues tout I'odieux de la faillite que I'entreprise semblait faire aux souscripteurs pour un an, dont M. Baudouin avait toucbe les abonnemens. Quelques jours apres cette offreinsidieuse, il vendaitsamaisona son secretaire et cedait aux creanciers les plus presses diverses portions de son fonds. Enfin , la cause fut appelee a la Cour royale. Les redacteurs porterent de nouvelles plaintes contre les nouveaux torts de M. Baudouin. Celui-ci fit faire defaut par son avoue. L'avocat- general desira entendre les redacteurs sur les motifs de leurs nou- velles plaintes; et, sur ses conclusions motivees , la Cour, apres en avoir deiibere, confirma la sentence arbitrate, et , en outre, coudamna M. Baudouin aux depens et a 2,000 fr. de dommages et interets. Nouvelie opposition de la part de M. Baudouin. ( 8 )■ Mais comme les reclamations arrivaient en foule de la part des abonnes , les auteurs , indignes de voir que leur nom fQt sur le point d'etre entache d'une espere de laillite, ont demande et ob- tenu line ordonnance de relere, qui leur accordc tout le materiel de I'entreprise, et les autorise a la continuer, a leurs risques el pe- rils, sans porter atteinte a leurs droits ulterieurs. En consequence, toutes les dispositions ont etc prises pour im- primer une activite nouvelle a la publication des AnnaLes. Les abon- nes pour un an recevrontgratuitement les six premiers numerosde cette annee ; et les livraisons se succederont sans entraves et regu- litrement. Les auteurs, qui publient a leurs frais et pour leur compte, se sont adresses a une niaison des plus solides de Paris (i), qui s'est chargeedu depot des Jnna/c«, et desabonnemens : ilscomptent sur la justice de la Cour royale ; et ils commeucent deja leur nouvelle publication sous les plus hcureux auspices. Les Annates, des leur di-but, ont merile les eloges des jour- naux etrangers et nalionaux qui prol'essent une certaine inde- pendance, ainsi que le silence le plus flalteur de ceux qui se pu- blient sous I'influence des pouvoirs scientifiques. Le nombre et I'importance des travaux, la severite et I'exaclitude des discus- sions, la beaute des dessins et la finesse de la gravure, tout enfin a fixe I'attention des savans. On doit compter parmi les litres de celle publication, d'avoir oblige I'inlrigue a trembler, et nos ri- ches possesseurs de sinecures a faire des sacrifices considerables pour la miner. Au milieu de toutes ces attaques perfides, de ces efforts du pou- voir, les redacteurs ont rempli une assez grande panic do la lache qu'ils s'elaient imposee ; el ils ont remporte un triompbe qu'il est important de signaler : c'est d'avoir, par leur exemple, inspire dvi courage arindependancc, §t d'avoir mis dans la science I'opposition raisonnee, pour ainsi dire, a la mode. (i) MM. Rouen fieics, iibraires-edileuis, rue de rEculc-de-Miickcinc, » i3. ANNALES DES SCIENCES D'OBSERVATION. THliORIE ANALYTIQUE DU SYSTEME DU MONDE ; PAR IM. G. DE PoNTECOtiLAXT, ancicii eleve de I'Ecole Polytechniqiie, capitaine an corps royal d'etat- major (i). Les grands problemes de la mecanique celeste sont consideres maintenant comme epuises; ils paraissent ne plus laisser a desirer que quelques pert'ectionnemens de detail , et la plupart des geo- metres ont clioisi d'autres sujets de recherches. Mais, de mOme que I'astronomie est la plus ancienne et la plus parfaite des scien- ces d'observation, la theorie matheniatique du systeme du monde restcra toujours la plus belle application qu'on ait pu faire du calcul a riiiterpretation des phenomcnes de la nature. Le moment etait venu d'oflVir aux jeunes gens qui se Youent a I'etude des sciences exactes, un livre court, substantiel, oi"! les principaiix theoremes t'ussent demontres, enchaincs par des methodes an- tant que possible uniformes et simples, en abandonnant les details quin'exigent que de la patience et du temps. Les perfectionnemens qu'a recus I'analyse mecanique, principalemeiit entre les mains de Lagrange, permettaient de remplir cette tache avec succes, et, nous nous empressons de le dire, I'ouvrage de M. de Ponfecou- lant repond a I'attente qu'il avail fait naitre. Le Traite de- Meca- v'ujue celeste de Laplace, ouvrage cher et qui deja ne se trouve (i) Pari?, Bachclier, 1839; 1 vol. iii-S", ]iiix : iS liancs ( '^' ) plus dans le commoiTc, est d'une t'tendue immense; il renferme des rccherclics fori precieuses sans doute, niais eJrangi-res a son litre; I'intervalle de pres de trente ans, ecoule entre la publication du premier ot celle du dernier volume, a mis I'auteur dans la nc- cessite de repourir a la voie si incommode des supplemens, et de revenir plusieurs fois sur les memes theories. EnlJn , malgre ce que cette assertion peut avoir de paradoxal, le j^enic memo de l^aplace etait nn obstacle a ce que cet ouvrage acquit entre ses mains toule la perfection dont il etait susceptible. IJn geometre de cet ordre, et a qui tant de clioses apparticnnent en propre, non- seulement ne saurail renonccr a laisser a ses decouvertes le ca- chet de ses mcthodes, apres que d'aulrcs y auraient introduit des simplifications heureuses, mais encore le role de compilafeur lui repugne, et il transcrit difficilement les recherches de ses emules sans les plier i\ une forme qui lui soit propre. Or, chacun sail que Laplace, maniant I'analyse comme instrument, et moins epris que d'autres de ce qu'on appelle I'elegance mathcmalique, a suivi le plus souvent des methodes d'une exposition pcnible et quclque- fois inutilement compliquee. II est remarquable que d'Alembert, Condorcet, Laplace, tous trois membres de I'Academie francaise, et prosateuis elegans, n'aienl point su ou aient neglige de porter dans leur style mathe- matique cette clarte parfaile qui caracterise les ecrits d'Euler, cette elegance soutenue qui fait de ceux de Lagrange autant de modeles. C« grand geometre n'avait point vu, dit-on, sans quel- quc mecontentement la publication du TraiUde mccanique celeste, qu'il croyait destine a obscurcir ses Iravaux, quoiqiie Laplace eut eu soin d'annoncer qu'il rcservail pour la fin de cet ouvrage une notice historique on les droits de chacun seraient constates. La- grange se proposait d'enrichir la seconde edition de la Micaniqiie analytique d'une analyse complete des mouvemens de translation et de rotation des corps celestes, ramenes a sa theorie de la varia- tion des constantes : la niort I'a surpris avant I'achevement de ce travail, mais le livre que public aujourd'hui M. de Pontecoulant est concu sur le meme plan ; et bien que dans plusieurs occasions I'auteur ait professe haulement son culte pour la memoire de La- place, la substance de son ouvrage est emprunti'c an geometre piemontais- ( " ) Le traile que nous annoncons est divise en cinq livres. Dans le premier, rautcur se conlbrmc u un usage recu, en exposant pre- liniinaircuient les lois generales de I'equilibre et du mouvement, c'est-a-dire en donnant un traile succinct de mecaniquc generate et rationnelle. Cetle exposition est bien faito, sans doute; mais si, dans I'etat actuel de I'enseignement niatheniatique, on croit ne- cessaire de placer en lete d'nn traite de mecanique celeste la de- monstration du parallelogramme des forces ct de I'tquation du pendule, oii serait la raison pour n'y pas faire entrer les elemens d'Euclide, etsnrtoutlesprincipesducalcul integral? Quant a nous, persuades qu'en fait d'ouvrages didactiques ce qui abonde yicie, nous regretterons que I'auteur n'en ait pas refere aux traites ge- neraux pour tout ce qui fait la matiere de ce premier livre, et qu'il n'ait pas compense cette suppression par d'autres develop- pemens lies d'une maniere speciale a son sujet, et qui semblent necessaires pour completer I'ouvrage, ainsi que nous le ferons observer plus loin. Le second livre traite du mouvement de revolution des corps celestes. C'est la que I'auteur expose, dans toute sa generalite, et sous la forme que M. Poisson lui a donnee, la theorie de la varia- tion des constantes arbitraires, et ,son application au calcul des perturbations planetaires. Le but qu'il s'est propose est moins de donner les details de la conversion des formules en nombres, que d'etablir les beaux theoremes sur la classification des inegalites periodiqucs et seculaires, sur la stabilite du systemc planetaire, on sur I'invariabilite des grands axes et des nioyens mouvemens, et sur les limites entre lesquelles sont resserrees les variations des excentricites et des inclinaisons dans les differens degres d'ap- proximation ordonnes par rapport aux puissances des masses per- turbatrices, des inclinaisons des orbites et des excentricites. II nous semble que cette analyse a acquis toute la precision et la clarte desirables, quoiqu'elle offre encore au lecteur des diflicultes dont sans doute un sujet aussi eleve ne pent etre depouille en- tierement. M. de Pont«';coulant a du parler de la question qui a ete agitee recemment, relativement a la determination du plan invariable, et meme il est revenn une seconde fois sur ce sujet dans luie note placee a la fin du second volume : nous allons nous-meme ess.iyer ( >^^ ) (!<" piosciiler a nos Icctcurs, Ic plus clairenicnt possible, I'clal do la (pieslion, ot Ics principes qui la resolvent. 'Faisons abstraetion de Faction que peuvent exercer sur Ic sys- teme solairo les ttoiles et les autres corps etrangers a ce systcme. 11 existera nn plan invariable par rapport auquel la sonime des aires dccrites par tontes les molecules du syslenie sera un maxi- mum : c'cst ce qui resulte des principes gencraux de niecanique, qu'on y introduise on non la consideration des couples; et pour determiner rigoureusement la position d'un semblablc plan, il faudra tenir compte, non-seulenient du mouvcment de translation des planetes autour du soleil, mais de celui des satellites autour de leurs planetes principales, et du mouvement de rotation des satellites, des planetes et du soleil, en ayant egard a leur figure, et a la loi snivant laquelle la dcnsite varie dans I'iulerieur de leurs miasses. Ce principe, pose in absiracto, est a I'abri de toute contes- tation , et n'en a point eprouve lorsque M. Poinsot I'a emis. D'un autre cote, dans la theorie du mouvement de translation des planetes, on considere le soleil et les corps planetaires comme im systeme de points materiels, les masses de chacun de ces corps etant censees reunies a leurs centres de gravite. Le degre d'ap- proximation de cette hypothese tient a la presque sphericite de tous ces corps, a la petitesse de leurs dimensions et meme de celles du soleil, couiparativement aux distances qui les separent; en sorto que si Ton considere ces rapports entre les dimensions et les dis- tances coJiuTie des quantites tres-petites du premier ordre , on se trouve, par le fait de cette hypothese, ne negliger dans les calculs que des quantites du second ordre : d'ailleurs, I'accord entre les rcsultats de I'observation et ceux des calculs fondes sur cette hypothese, montre qu'on a obtenu par la un degre d'approxima- tion sulFisant. Or, dans un systeme de points materiels, tel que celui auquel le systeme solaire se trouve reduit par une fiction de calcul, legi- time tant qu'il ne s'agit que des mouvemens de translation, il existe un plan invariable, dont la position est detcrminec unique- ment par les mouvemens de translation de tous les points qui le composent : c'est celui que Laplace a calcule; plan qui n'est pas ligoureusement invariable sans doute, parce ([ue le soleil et les planetes ue sont pas des points matheniatiques, mais qtii est in- ( 10 ) variable, aux qaiililos pres du secoiiil ordre que I'oii pout negli- ger, et qui, par consequent, suffit aux hcsoins de rastronomie pratique, comuie lui sulfisent toutes les lormules relatives aux mouveniens de translation , obtenues dans la meuie hypothese qui reduit le soleil el les planetes a des points mathematiques. Maintenant ce plan sensiblemcnt invariable de Laplace , ne differe-t-il que par des quantites negligeables ou du second ordre du plan al)sohuneut invariable sur lequel M. Poinsot a appele rattcnlion? M. de Pontecoulant avail semble le dire d'abord (page 458 du i" vol. ) , mais ses expressions sent modifiees daiw la note dont nous avons parle , oi'i il se conlenle d'observer que la recherche de ce dernier plan , quand on aurail les donuees necessaires pour en delerminer rigoureusement la position, serail an ohjei de pure, cariosite. En efl'et, bien que les dimensions du soleii soienl tres-petites comparativement aux distances qui Ic separent des planetes, sa masse surpasse si consideraljlement ceiles de tous les aulres corps du sysleme, que si Tequatcur solaire elait tres-incline sur I'ecliplique et sur les autres orbes planelaires, le plan absolument invariable de M. Poinsot diflererail beaucoup de celui de Laplace, sans que ce dernier cessat d'etre sensible- mcnt invariable, et de remplir, en astronomic pratique, la fonclion que lui a assignee sou inventeur. En raison de ce que I'equateur solaire n'csl incline que de 7 a 8 degres an plan de I'eiliptique, la difference doit etre bien moindre, quoique vraisemblablemeul elle soil toujuurs sensible [Voyez les Annates des Sciences d'Ob- serv., toni. II, p. 271). Pour determiner rigoureusement celte difference, il ftiudrait une donnee qui nous manque, la connais- .sance de la loi suivant laquelle la densite varie dans I'interieur du §oleil; mais jusqu'a ce qu'on ait vu le memoire prepare par M. Poinsot, on peul suspendre son jugement a ce sujet. Ainsi, en definitive, M. Poinsot a raison de dire qu'il existe uu plan absolument invariable qui pent differer sensiblemcnt de po- sition d'avec celui de Laplace; il a eu tort ou s'est mal fait en- tendre quand il a dit que la position de ce dernier plan pouvait varier sensiblemcnt, el qu'il ne suflirait pas aux besoius de I'as- tronomie pratique. La question une i'ois examinee dans I'inleret de la science, nous nous dispcnscrons d'cnlrcr dans des observations puremcnt per- ( i4 ) sonnelles. Que la remarque dc M. Poinsot ait echappe on noii d I'esprit si clairvoyant de Laplace (torn. II, p. 5oi), pen iniporte : sans doute il etait bon de la faire explicitemcnt, au moiiis sous le point de vue iheorique; quoique encore une Jois rastrononiic pra- tique puisse se conteiiter du plan sensiblement invariable de La- place, le seul qui semble susceptible d'une determination nume- rique. Le troisieme livrc de I'ouvrage de M. de Pontecoulant donne la theorie dcs comotes, et d'abord une methode pour calculer et corriger les elemens de I'orbite d'apres les observations. « Cettc MUiethode derive fort siniplenient de celle de Lagrange, mais elle »evite une parlie des inconveniens que celle-ci entrainait dans les napplications, et que c.e grand geomelre aurait sans doute donne ))le uioyen d'aplanir, si, toujoursplus occupe dcs vastes questions »de la theorie que dcs embarras de la pratique, il n'avait dedai- »gne d'adapter ses I'orniules a quelques calculs numeriqucs (t. II, »p. 5).)> D'ailleurs, la methode de Laplace, un pen simplificc, se trouve exposee dans une note. Le calcul des perturbations du iiiouvement cllipliquc des cometes est traite avec lout le soin qu'on devait altendre de I'auteur, dans une question dont il s'est occupe specialemcnt. La methode de la variation des constantes est encore celle qui parait la plus appropriee ;'i la nature du pro- bleme ; mais une partie seulement des perturbations pent alors s'obtenir sous forme finie; I'autre partie nc s'obtient que par les quadratures ou les series, et I'art dc I'analjse consisle a n-ndre les approximations plus convergenles. L'auteur ohoisit pour ap- plication dcs calculs la comete de Halley et les deux cometes a courtes periodes ; les principaux resultats, auxquels il parvient, sont coutenus dans le tableau suivant : Elemens de la comete de Halley en i835. Instant du passage au perihelie. . . . 5i, 2 octobre i835. Demi-grand axe i7,g8355 Rapport de I'excentricite au demi-grand axe. 0,967455 Lieu du perihelie sur I'orbite. . . . 5o4"34'i9" Longitude du noeud ascendant. . . . 55 06 59 ' Inclinaison 17 46 5o ( .5 ) /v. B. Par un calcul plus exact de I'aclion de la tenc, exlrait dii travail que 1' Academic a couroiiue, I'auteur fixe le passage au perihclie au 2,5 novembre i835. EUmens de la collide periodiijue de 5,5 ans, en i8'2g. luslant du passage au perihelie. . . . 10,575 Janvier 1829. Moyeii mouvcmcnt diurne io69"557o Demi-grand axe 2,224546 Excentricite o,S44G8(52 Lieu du perihelie. ....... it)7°i8 55 Lieu du nocud • 554 ^4 > 5 Inciinaison i5 22 54 Elemens de la coinete periodiqae de 6,7 ans, en i852. Passage au perihelie 27,4808 novembre 1 852. Kxcentricile 0,7517481 Demi-grand axe 5,55685 Lieu du perihelie 109° 56' 4^" Longitude du noeud ascendant. . . 248 12 24 Inciinaison ioi.>io A'. B. Les nombres relatifs a cette derniere comele out ete donnes par M. Damoiseau. Le mouvement de rotation des corps celestes est I'objet du ijuatriemc livre. On sail que, dans un des derniers volumes des memoires de 1' Academic, M. Poisson a repris cette question, pour montrcr comment elle se traitait par la methode de la variation des constantes, en sorle que la plus parfaite analogic regne entre les deux systemes de formules qui detcrminent les perturbations du double mouvement des corps celestes. C'est principalement cette circonstance qui assure la preeminence a la methode d'inte- gration de Lagrange , et qui doit en faire regarder la decouverle comme le couronnement de tous les travaux des geometres sur la iheorie du syslemc du mondc. Cette methode est, bien eiitendu , ccUc queTauleur adopte , et dont il fait I'application au mouve- ment de rotation de la terre, et a cclui dc la lune. ( '6) Le cinquieme et dernier livre est consncre a la figure iles corps celestes. L'auteur s'y est plus rapproche que partout aillours do I'ouvrage de Laplace, et il ne nous parait pas devoir donner lieu a aucune observation nouvclle. En resume , le livre de M. de Pontecoulant a tous los caracteres d'un Iraite classiquc, et nous pensons qu'en le publiaiit i! a rendu un veritable service, sinon aux gi'ometres consommes, au moins i ccux qui aspirent a profiler de lours eludes matbematiqucs pour connaitre, autremontque sur parole, Ics Iravaux des mailres. Mais 11 nous semble que, pour qu'il I'ut exempt de lacunes, il devrait offrir encore une application speciale des lormules qui concernent les perturbations du mouvement elliplique aucalcul des inegalites du mouvement de la lune, et aux phenomenes singuliers que pre- sente le systcme des satellites de Jupiter. Enfin, la theorie des marees , qui doit se classer quelque part dans la serie des traites didactiques, trouve sa place naturelle dans un ouvrage consacre a I'astronomie pbysique, et nous rc^';rettons que l'auteur n'ait point juge a propos de I'y faire eulrer. A. C. THEORIE PHYSIQUE DE LA COMMDNICATION DU MOUVEMENT A DISTANCE, ET EN PABTICTJLIER DU MAGNETISME EN MOUVEMENT OU PAR ROTATION I PAR M. Saiget. Considerations gMerales. Deux corps ne peuvent arriver en meme temps au meme point de I'espace, sans eprouver quelque modification, soil dans la di- rection et la Vitesse de leur mouvement, soit dans leur configura- tion. Ce fait peut s'expliquer, en considerant la matiere comme simplement impenetrable et inerte; oubien, en admettant I'incr- tie des parlicnles materielles, et des forces attraclives et repulsivcs qui les mainlicndraieni a distance les unes des aulres. C'cst ainsi C >7 ) qu'on a pu decliiire analytiquement les lois da choc, nu de la communication dii mouvemcnt par le contact; ces dernieres rc- cherches ont donne lieu a de longues et \ives discussions; et, il faut I'avoiier, la theorie mathematique du choc, generalement adoptee de nos jours, n'est point a I'abri de toute objection, puisque des geonielres disringues s'occupent encore de la mettre d'accord avec I'ohservation. Cette incertitude dans une theorie qui repose sur des principes aussi simples que I'impenetrabilite et I'inertie, tient-elle a une fausse definition de ces deuxproprietes de la matiere, ou bien a I'abstraction que Ton fait de certains agens naturels, dans la communication du mouvement par I e choc? C'est ce qui ne pourra etre decide que par une connaissance plus approfondie de toutes les proprietes de la matiere, et surtout des proprietes des lluides imponderables. On est meme porte a croire que le contact absolu ne s'etablit pas plus entre deux corps quiseheurtentmutuellement, qu'entre les molecu- les dont chacun d'eux est compose. De cette maniere, la communi- cation du mouvement s'opererait, non en vertu de rimpenetrabilitu des deux corps, mais par le jeu des forces qui maintiennent leurs molecules eloignees les unes des autres. La communication du mou- vement s'opererait alors a de tres-petites distances; et il ne serait plus absurde de supposer qu'il puisse exister des cas oCi elle s'ope- rerait a des distances finies. En effet, si la cause, simple ou multiple, qui retient les mole- cules eloignees les unes des autres, et qui, par suite, regie la distri- bution du mouvement dans le choc des corps, n'est autre que cet agent universel que Ton a designe sous les noms de chaleur, de lumiere, d'electricite ou de magnetisme , il est probable que le mouvement trouble I'equilibre de cet agent, de loin comme de pres, et qu'une fois cet equilibre trouble, il en resulte des reactions entre les corps que I'on considere. Rigoureusementparlant, iln'ya que des mouvemens exterieurs qui puissent altercr I'equiiibre d'uu sjsteme dont toutes les parties jouissent de prnprietes invariables. C'est par certains mouvemens plus ou moins apparens, diriges avec plus ou moins d'adresse, que Ton accumule I'eleclricite. le magnetisme, la chaleur et la lumiere dans les corps ; et quand une fois on a change la disposition naturelle de ces agens, ils reagis- sent dans toutes les directions et a des distances plus ou moins ( '8 ) giiindes pour leveiiir I'l leur premiere position. lis ne pcuveut toiitefois y reveiiir, sans transmettre ailleurs la quanlitc d'action qui les en avail fait sortir ; ot Ic tomps qui s'ecoule depuis Tinslaut oii Ton a trouble I'equjlibre du systemc, jusqu'a celui ou Ton peut supposer que tout est renlre au repos, est par fois tres-consi- derable. 3Iais il peutaussi arriver que I'equilibre de ces agens naturels, d'abord trouble par les mouvcinens que nous coniuiuniquons a certains corps, se retablisse aussitot ou presque aussitot apres la cessation de ces mouvemens artificiels. Supposons, par exemple, qu'on imprime a un corps un mouvement rectliigne et unil'orme; si I'un des agens naturels, que Ton suppose repandu , soit a I'inte- rieur, soit a Texlerieur de ce corps, ne peut se transmettre instan- lanement d'un lieu dans un autre, il s'accumulera en certains points du corps plus qu'en d'autres points; alors il reagira sur toutes les autres portions du mOme agent, qui se deplaceront avec plus ou moins de facilite, suivant la nature des milieux dans les- quels ils devront se mouvoir. II s'etablira done une communication de mouvement entre le corps auquel on a imprime une vitesse initiate, et ceux dans le voisinage desquels il passera. Une grossiere image de cette communication de mouvement nous est fournie par les corps qui se meuvent dans I'air. Sicefluide pouvait se porter instantanement dela partie anterieure a la partie posterieure des projectiles, ou bien s'il pouvait circuler a travers ceux-ci, dans les intervalles de leurs molecules, il n'eprouverait point ces agitations qui se propagent au loin et qui entrainent les corps legers. De meme, si les agens universellcment repandus dans I'espace , pouvaient se transmettre de la face anterieure a la face posterieure , non plus des corps en mouvement, mais de leurs molecules impenetrables, le mouvement de ces corps ne donne- rait lieu a aucun des phenomenes dont nous allons nous oecuper. HLiiorique. Ces phenomenes sont ceux que M. Arago decouvrit en 1824, et que Ton a designes sous la denominatien de magnetisme par ndation et do magnctiimc en mouvement. Avant d'entrer dans le detail des recherches auxquelles jc me suis livre pour determiner ( »9 ) les lois lie ces pluMionienes, abstraction faile de toute liypdlliusc surleur nature absokie, je crois devoir rapporter les rcsultats ob- tenus par tous les physicicns qui les out etudies jusqu'a ce jour : on jugera mieux par la de ce qui etait fait, et de ce qui restait a fa ire. C'est a la seance de I'Academie des sciences, du 22 novembre 1824, que M. Arago communiqua verbalement, et pour la pt-e- miere fois, les resultats de quelques experiences qu'il avait faites relativement a I'influence que les metaux et beaucoup d'autres substances exercent sur I'aiguille aimantee, et qui a pour effet de diminuer rapidement I'amplitude des oscillations, sans alterer sen- siblement leur duree. II coniparait cette action a celle que I'eau exercerait sur le niouvement oscillatoire de I'aiguille, et promet- tait a ce sujet un memoire detaille. M. Duhamel n'atlendit pas long-temps I'execution de cette pro- niesse de M. Arago; car il presenta, deja a la seance de I'Acade- mie du 27 decembre de la meme annee, un memoire oii il expli- quait la nature de Taction que le cuivre exerce sur I'aiguille aimantee. Cette explication parail etre tombee d'elle-meme, puis- qu'on n'en a plus entendu parler. A la seance du 7 mars iSaS, M. Arago mit sous les yeux de I'Academie un appareil qui presentait cette action d'une maniere nouvelle. De ce qu'une aiguille en mouvement etait arretee par un disquc en repos, il avait conclu qu'une aiguille en rcpos devait etre enlrainee par un disque en mouvement, d'apres ce principe que la reaction est egale a Taction. II fiiisait voir, en elYet, qu'en imprimant un mouvement de rotation a un disque de cuivre, par exemple, dans son plan et parallelement a une aiguille placee au- dessus dans un vase ferme de toutes parts, I'aiguille etait device de sa position naturelle, et finissait par tourner autour de son point de suspension , si le mouvement du disque etait suffisamment ra- pide. L'action de ce disque s'affaiblissait beaucoup lorsqu'on y pratiquait des fentes dans le sens de ses rayons. M. BarloAV , babile physicien anglais, avait, quelques annees au- paravant, public un traite sur le magnetisrne terrestre, dans leque! il avait consigne de nombreuses experiences faites avec de pelitcs aiguilles aimantees, en presence de boules de fer imviobiles; il imagina depuis d'imprimcr a ces boules un mouvement de rota- ( '^o ) tion, idee qui lui f'lit sans doutc snggeiee par la belle experience de M. Arago. Les resullats de ses nouvellcs recherches furent communiques a la Societe royale de Londres, a la seance du 5 mai 1825, et insei'es dans les Transactions plulosopluques , iSaS, partie I, p. 3 17. Afin de faire paraitre dans tonte lour simplicite les phcnomeues qu'il eUidiait, M. Barlow neutralisait Taction dc la terrc sur le globe de I'cr, par de forts barreaux aimantes, convena- blement places; tellcment qu'une aiguille horizontale que Ton pronienait ensuite autour de ce globe, et tangcntiellemeut a sa surface, n'en resseutait aucune action, vu la sjmetrie de position. Puis, il imprimait a ce globe de 8 ponces de diamelre, unmouve- ment de 720 tours par minute; et i'aiguille aimantee se trouvait alors device comme par un barreau dont le milieu se fut trouve an centre du globe, et dont la longueur eCit ete perpendiculaire a I'axe de rotation. Cette action singuliere cessait en meme temps que le mouvement rotatoire de la masse ferrugiiieuse. Le magne- tisme ainsi engendre par rotation, s'ajoutait simplemcnt au ma- gnetisme developpe par la terre, quand on ne neutralisait pas cette dernicre action. Je cite exactement les epoqucs de ces premieres experiences, ou plutot de leur publication , afin de mettre mes lecteurs en etat de juger une question de priorite , soulevee dcpuis par M. Brews- ter, au profit de M. Barlow, et, par consequent, au detriment de M. Arago. On voit par les dates, par les inexorables dates, que rhonneur de cette belle decouverte appartieut tout entier au phy- sicien francais. Un autre pjiysicien anglais, IVI. Christie, substitua ensuite i\ la boule de M. Barlow, un disque de fcr dunt il etudia Taction sur Taiguiile aimantee ; mais les resultats auxqucls il parvint n'offri- rent rien de nouveau [Plulos. Transact., 182.5, p. 54" )• Les experiences de M. Arago furent bientot connues et repetecs dans tons les pays. En Angletene, MM. Babbage et Herschel ima^- ginerent de faire tourner Taiinant lui-meine, en presence des dis- (pies metalliques couvenablement suspendus. C'est par ce moyen qu'ils s'assurerent qu'aucune substance, excepte le fer, ne peut inlercepter la moindre partie de Taction qui s'cxerce entre le dis- que et Taimant. Ensuite, ils out cru reconnaitre qu'un corps non niagnctique en mouvement , ne peut exerccr aucune action ( -"' ) siir nil autre corps non magneliqiic ; d'oi'i il scmblerait resuller que ce n'cst pas le mouvemeut qui developpo Ics forces magneti- ques qu'on observe. En etudiant Taction relative des disques for- mes de divers inelaux, ils ont vii que I'acliuM complete du zinc, bien qu'inferieure a ceile du cviivre, s'ttablit au eontraire un peu plus vite. lis ont enfin trouve que Ton relablit Taction des disques, alTaiblie par les fentes qu'on y anrait pratiquees, soit en resoudant les disques, soit en versant dans les fentes d'aulres nietanx , meme ceux dont Taction est tres-faible. Ihie simple ponssierc metallique ne pcut retablir cette action. ( Pliilos. Transac, iSi5, p. 467. ) Ces resultats furent communiques a la Societe royale de Lon- dres, dans sa seance du 16 juin 1825. A cette meme seance, M. Christie fit connaitre des experiences qui confirmaienl celles-la ; mais il avait cherche de plus a determiner la loi suivant laquelle s'exerce Taction des disques tournans sur Taiguille aimantee , quand on ne fait varier que la distance. Comme la loi, trouvee par M. Christie, est en apparence la meme que celle que je demon- trerai bientot , tandis qu'au fond elle en differe completement , je dois signaler ici quelqiies-unes des erreurs commises par le phy- sicien anglais. D'abord M. Christie se troinpe evidemment quand il suppose que la force avec laquelle Taiguille, device par le disque tournant , tend a revenir au meridien magnetique, est proportion- nelle a la tangente de la deviation ( au lieu du sinus ) ; de sorte qu'en appelant 9 et 6' les deviations observees aux distances respectives (I et d' , on aurait tang 9 . tang 9' '.'.d' '. d" , d'oii „ __ l og. tangO — log. tangS ' ^ log. d' — log. d pour Texposant n de la puissance de la distance, a laquelle Teffet produit serait inversement proportionnel. Quand les deviations sent tres-petites, Terreur commise serait sensiblement nulle, puis- qu alors les tangentes sont proportionnelles aux sinus; mais quand Tun des angles, 6 par exempe , approche de 90 degres, sa tan- gente devient indefiniment grande , et Ton obticnt pour « une va- ( ^2 ) Icur infinie. On pent done s'arrangcr, avcc cette formule, do lelle nianiere qu'on oblienne tons les resnltats possibles. Le hasard, ou une inspiration de I'anteur, a foiirni n=r 4 , par la raison que I'ai- giiiiie aimantoe doit developper dans le cuivic une quantitc de niaguelisnie inversement proportionnelle au cane de la distance, et que le cuivre doit rcajjir sur I'aiguille suivant la meme loi ; ce qui pronverait en cffet que Taction totale exercee entre le dlsque et I'aiguille est en raison inverse de la quatrieme puissance de la distance. Ce resultat n'indique pourtant pas , coinnie I'auleur pa- rait le croire, que Taction elementaire et reciproque suive cette dernierc loi; car il est facile de demontrer que, dans cette suppo- sition, Taction totale du disque (suppose indefini et tres-mince 1 sur I'aiguille aimantee (d'un tres-petit dianietre) , serait en raison inverse de la seconde, et non de la quatrieme puissance de la dis- tance. II est inutile , d'apres cela , de dire que les valeurs de n obtenues par M. Christe dill'erent trop de la valeur mojenne pour en pouvoir rien conclure, non plus que des resnltats qu'il a trouves pour determiner la loi suivant laquelle un barrean agit sur un disque de cuivre pour le iaire tourner [Pliilos. Transact., 1825, 11° partie, p, 497)- MM. Prevost et CoUadon, physiciens de Geneve, furent plus heureux que M. Christe, dans la recherche de ces lois, bien qu'ils se soient encore trompes notablement. Mais n'ayant publie qu'un extrait de leur memoire [BibLiolli. univers. , aoCit, iSaS, p. 3i6), on ne pent juger de Texactitude des deux lois suivantes auxquelles les auraient conduits des experiences faites avec soin : 1° les angles de deviation, et non leurs sinus, augmentent pro- portionneliement a la vitesse, du moins entre certaines limites; u" les sinus des angles de deviation croissent en raison inverse de la pviissance 2,2 de la distance. Comme les sinus croissent moins rapidcment que leurs arcs , et que ce sont les sinus qui mesurent reellement Telle t produit, il suit de la premiere de ces lois que Teffet croit moins rapidement que la vitesse, tandis que c'est le contraire qui a lieu d'apres nos experiences ; nous avons de plus demontre precedemment que Taction d'un disque tres-mince est en raison inverse du cane, et non de la puissance 3,2 de la dis tance. Les autres resnltats trouves par MM. Prevost et CoUadon sont ( 23 ) les suivans : I'n ilisque forme d'un fil epais de ciiivrc roule eiJ spirale produit iin effet bien moindie qu'un disquc plein, de mCine metal et de meme poids. Les corps non nicialliqiies ct le tritoxide de fer n'ont aucune action sur I'aiguille aiiuanlee. Le cuivre ecroui la devie plus fortement que Ic meme disque leciiit. Les ecrans metalliques diminuent I'efiet des disques lournans, meme lorsquc res ecrans sont perces d'un trou de la longueur de riiin^uille; leg ecrans non metalliques ne produisent aucun eflet. Un aimant ver- tical, suspendu an centre d'un cylindre de cuivre, restc immobile quels que solent le sens et la vitesse de rotation de cette ain^uille. En juxta-posant, dans le meme sens, deux aiguilles semblablea et egalement aimantees, la deviation augraente. En renversant ces memes aiguilles de maniere que leurs poles de noms differens coincident, I'effet cesse entierement. Memes resultats en accou- plant deux petites aiguilles verticales a chacune des extremites d'un levier horizontal suspendu par son milieu. Une aiguille aimantee de maniere que ses deux extremites aient des poles de meme noni, est I'appareil le plus sensible aux mouvemens des disques. Lorsque, dans sa seance du 3o novembre 1825, la Societe royale de Londres decerna une medaille a M. Arago pour sa decouverte dn magnetisme par rotation, on n'avait ainsi trouve aucune des lois qui en reglent la marche, et Ton ne pouvait avoir d'opi- nion bien arretee sur la veritable nature de ces phenomenes. Leur complication allait tonjours en augmentant, et les resultats des pbjsiciens etaient souvent contradictoires. MM. Nobili et Bacelli nierent aussi Taction des disques non metalliques sur I'aiguille amiantee; et pour representer les actions des divers metaux, ils trouverent des nombrcs entierement differens de ceux qu'avaient deja donnes M3I. Babbage et Herschel (Biblioth. universeL, Jan- vier 1826, p. 45.) Mais les pbjsiciens admettaient assez generalement que les poles de I'aiguille aimantee developpaient, dans les disques me- talliques en mouvement, des poles voisins de noms conlraires, lesquels disparaissant inoins vite qu'ils ne s'etaient formes, so portaient en avant, et entrainaient I'aiguille dans le sens du mou- vement rotatoire. M. Arago n'admit point cetle explication. II appuyait son opinion sur ces resultats nouveaux qu'il communi- quait a I'Academie, le 3 juillet 1 82G. Un aimant fort long, suspendu ( ^4) vcilicalcmcnl a I'lin des bras d'unc balance t'quilibr*;c, au-dcssus d'un disqiic dc cuivre en mouvement, en est constauiment re- poussc, quel que soit d'aillenrs le pole qui avoisinele disqne. Voila pour la force normale au disque; quant a la i'orce qui agit sui- vant son rayon, on peut la reconnaitre en placant verticalement line aiguille d'inclinaison qui ne puisse tourner que dans le plan vertical passant par le centre du disque. II arrive alors que I'ai- guille reste en repos si elle est situec preciscinent au-dessus de ce centre ; que son pole inCerieur est attire vers le centre , s'il en est progressivement cloigne jusqu'a un certain point plus voisin du bord que du centre ; qu'a ce point I'aiguille reste une seconde tbis indifferente ; qu'ensuite, son pole inferieur est repousse depuis ce point jusqu'au borddu disque, et meme encore au dela. Enfni, la force qui donnc le mouvement aux aiguilles horizontales et parallelcs aux disqucs toui'nans, est la troisieme composante rec- tangulaire de Taction totale que ces disques raanifestent sur les deux poles des aiguilles. M. Arago ne pouvait concevoir, en outre, que des physiciens aussi habiles que ceux qui avaient repete ses experiences, n'cussent pu observer d'action entre I'aiguille aimantee et les disques non inetairK|ues. II laisait voir que cette action est Ires-sensible pour une aiguille oscillant au-dessus du verre et de I'eau, soit liquide, soitcougelee ; il ne doutait pas qu'on ne peut apprccier meme celle des gaz comprimes. Mais, trois niois apres, il convint que cette action pourrait bien n'etre qu'une action de surface, et engageait les physiciens a repeter les experiences dans le vide {Annul, de Chimie et dePliysiqae, t. XXXII, p. 2i5 et t. XXXIII , p. ). Enlin parut une Theorie du magnelisvie en mouvement , que M. Foisson kit i\ TAcadumie, hull jours apres la derniere communi- cation de M. Arago, et qui se trouve inscree dans le tome VI des memoires de cette societe savante. Voici les principes qui servent de base a cette theorie; M. Poisson admet les idees de Coulomb sur la distribution du magnetisme dans les aimans. Suivant lui, il existe de tres-pelites portions de corps, qu'il nomme elemens magnetiques, dans lesquels les fluldes boreal et austral peUvent so mouvoir. La force coercilive est celle qui s'oppose a la decompo- sition et il la rccomposilion de ces fluides. Dans les substances on cette force est nuUe ou insensible, la decomposition des fluides ( ^:> ) inagncliques commence aussitut qu'ellc est provoquee ; mais, d'a- pres M. Poisson, il faut admeltre I'existence d'une nouvelle force, analogue a la resistance des milieux , qui retarde Ic mouve- ment des fluidcs dans I'interieur des elcmens magnetiques. Supposons maintenant qu'onveuille developpcr du magnelismc dans un corps oCi la force coercitive est comme nuUc, au nioyen d'un aimant dont la position et I'energie ne Aarieront point. Le fluide nentre se decompose aussitot dans chaque clement niagnc- lique dc ce corps ; ct , malgrc I'existence dc la nouvelle force qui rctarde son mouvement, chaque fluide, austral et boreal, a bientot occupe la place qui convient a I'equilibre du systenie. Mais si la force magnetique extcrieure, ou le corps soumis a son influence, change continuellement de position, les fluides separcs dans cha- que element magnetique, ne pouvant plus arriver a un etat per- manent, se meuventavec desvitessesqui dependent, toutes choses egales d'ailleurs, de la resistance que la matiere du corps leur op- pose. II pent alors arriver que I'un des deux fluides, boreal et Aus- tral, soit en exces dans tons ou presque tons les points d'un ele- ment magnetique; tandis que, dans I't-tat d'equilibre, ces fluides sontcenses se porter enticrement a la surface de ces elemens pour y former des couches. L'action cxercee au- dehors par un meme clement, soumis a I'influence des memes forces, serait alors tres- differente dans les deux cas. Mais I'analyse de M. Poisson embrasse a la fois ces deux cas, et se trouve affranchie de toute hypolhesc relative a la disposition des deux fluides dans les eiemens magne- tiques. Elle est fondee sur ce seul principe : " Si un element magnetique de forme queiconque est soumis a Taction d'une force donnee, qui soit la meme pour tous ses points, 1 action qu'il exercera sur un point exteiieur, de position determi- nce, aura pour expression la somme des Irois composantes de celle force, multipliees par des fractions du temps qui seront nidles dans le premier moment, et qui acquerront des valeurs constants* apn's un Ires-courl intervalle de temps. Ce tres-court intervalle dependra de l:i vitesse des deux fluides ou de la resistance que Ja jnaticre de I'element oppose a leur mouvement. On demontre en- suite que, quand la force donnee variera en grandeur et en direc- lion , Taction de Tclement, apres le meme intervalle de temps, sera exprimee par ses composantes multipliees par les memes fac- ( '^6 ) leurs constans que si elle etait invariable, et par leurs coefliciciis differenticls relatifs au temps, multiplies par d'aulres facteurs con- slans. Ces derniers facteurs seraient mils, si la deoompositidti dii fluide neulrese faisait instanfanonient ; des qu'il n'en sci-apas aiiisi, ils auront des valeurs indepcndantes decelles des premiers facteurs, et qui poiirront les surpasser, de maniere que I'aclion magnetique d'un tres-petit nombre d'elemens soumis a des forces variables I'emporte sur celle d'un grand nombre des memes elemens sonmis a des forces constantes . » Les constantes relatives a ces deux genres d'actions etant dnn- nees par I'experience, le probleme general que Ton a aresoudre, est celui - ci : Determiner I'aclion magnetique exercee a chaque instailt par un corps de forme quelconque, en repos on en mou- vement, sur un systeme de points donnes de position; ce corps etant soumis a des forces dont les composantes sont aussi donnees en fonction du temps. M. Poisson doniie les equations generales qui renfermcnt la so- lution de celtc question. En les oppliquant au cas du magnetisme en mouvement, il parvient aux resultats suivans : Des trois com- posantes de Paction exercee sur un point exterieur, par uneplaf|ue circulaire, tournant uniformement sur elle-meme, et dont on considere le diametre comme infiui, la premiere est parallels a la surface de la plaque, agit circulairemenl , et se trouve exprimec par une serie qui procede suivant les puissances impaires de la Vitesse de rotation; la seconde est dirigre suivant le rayon de la plaque, et est donnee en serie des puissances paires de la vitesse, a commencer par le carre;'elle ne cliange done pas de signe , quand la plaque est infinie ; mais , quand cette plaque est limitee, une seconde serie, semblable a la premiere, et de signe contrairc, doit s'ajouter a la valeur de cette composante , qui peul ainsi pas- ser par zero a une certaine distance des bords de la plaque, pour changer de signe a une distance plus grande ; ce point d'analyse offre des difTicultes sur lesquelles IVL Poisson reviendra plus tard. Enfin , la troisicme composante est perpendicidaire a la plaque; elle est en serie suivant les puissances paires de la vitesse, et tend constamment a repousser les points exterieurs. Si la plaque horizontale est immobile, son action' dimiiuie les amplitudes successives des aiguilles de declinaison et d'iuclinai- ( -^7 ) son, en influant beaucoup moins sur la duice de leurs oscillalions. Les diminutions d'aniplitude des deux aiguilles sont des quanlites du meme ordre, et liees entre elles ; ce qui n'arrive point, quand la plaque est en niouveinent. La deviation Iiorizonlale, corres- pondante a une vitcsse donnee de la plaque, etant connne , on en pent conelure la diminution d'aniplitude des oscillations de la meme aiguille a la meme distance de la meme plaque en repos quand neanmoins cette diminution n'est qu'une petite I'laclion de ramplitude. Les forces qui produisent I'aimantation de la plaque, ianv.obilc on en mouvement, sont le magnetisme terrestrc et Taction des poles de I'aiguille sur lesquels elie agit; mais, dans le cas d'une plaque tres-etendue, Tinfluence de la premiere cause pourra etre negligee, et la reaction de la plaque sera proportionnelle au carre de I'intensite magnetique des poles de I'aiguille , ou bien au carre du nombre d'aiguilles egales, reunies en faisceau; et, comme la terre tend a ramenerces aiguilles avec ime force proportionnelle a leur nombre, leur deviation sera aussi proportionnelle au meme nombre. Mais la deviation serait toujours la m6me pour une ai- guille dont I'aimantation serait d'ailleurs quelconque, si cette de- viation etait due a Taction d'une sphere ou d'un autre corps en repos ou en mouvement, aimante par Taction de la terre. « Les differens resultats de mon analyse, dit M. Poisson, coin- cident avec ceux do Tobservation dans leur ensemble general ; mais, pour mettre la theorie hors de doute, il sera necessaire de comparer les uns aux autres d'une maniere plus precise; ce qui no presentera aucune difRculto, lorsqu'on aura determine, par cette comparaison meme, les constantes relatives a la niatiere du corps aimante et a son degre de chaleur, que les fomiules ren- ferment. » -M. Barlow avait fait voir que deux boules de fer de meme diametre exterieur, Tune pleine et Tautre creuse, ou toutes deux creuses et d'epaisseurs differentes, exercent, sous Tinfluence dn magnetisme terrestre, la meme action magnetique, lorsqu'elles sont en repos. M. Poisson avait ensuite demontre le meme fait dans ses memoires sur le magnetisme; et dans son dernier me- moire, que nous venous d'analjser, il annoncait que ces boules de fer, tournant avec la meme vitesse, exerceront a Textcrieur des ( 28) actions trts-dillercntes , qui depericlront des epaisseurs et de i;i vitesse de rolalion, suivant des lois trcs-coiiiprK|uees. M. Bar- low verifia ce residtat de I'analjse , sur deux bouies de fer de 7,87 pouces de diametre, I'une pleine et pesant 68 livres, I'antre creuse , du poids de 54 Hvies. Aiiiinees d'une vitesse de 640 tours par minute , la premiere deviait I'aiguille de 28° -it^' , et la seconde de i5"5'; en sorte que les deviations etaient sensiblement pro- portionnelles aux masses des deux bouies [Edhiburg Journal of Science ; ]any . 1827, p. 6). M. Babbage eut ensuite I'heureuse idee de rcchercher si I'elec- tricite ne produirait pas des phenomeiies analogues a ceux que Ton attribuait au magnetisnie en mouvement. Ses experiences furent communiquees a la Societe royale de Londres, le i5juin 1826. EUes consistaient a suspeodre , par un fil de sole, une pe- tite lame metallique , terminee a ses bouts par deux petits cercles de meme matiere, a charger cette aiguille d'electricite , et a I'aire tourner en dessous un disque .de verre. L'aiguille se trouvait cn- trainee par ce disque avec une vitesse qui atteignait son maximum quand le disque, faisait 5 tours par minute, et qui allait continuel- lement en diminuant, quand le disque tournait avec une rapidite croissante. En subslituant a l'aiguille un petit baton de cire a ca- cbeter electrisee ; celui-ci faisait (juelques tours (|uand le dis([ue n'allait pas tres-vite, mais il restait a peu pres fixe quand le disque tournait tres-rapidement, que ce disque fut de verre ou metal- lique. ISous verrons plus tard qu'il y a aussi une diminution dans Taction magnetique des disques en mouvement, quand ce mou- vement depasse une certaine limilc [Phitos. Transact,, 1826, part. Ill, p. 494). II n'etait pasmoins evident, d priori, qu'une plaque metallique en mouvement agirait sur un courant electrique plie en helice, conformement a la theorie de M. Ampere. MM. Nobili et Bacelli avaient deja vainejTient essaye de produire cetle action. M. Am- pere fut plus heureux, et, le 11 septembre 1826, il mit sous les yeux de I'Academie un appareil de ce genre, qui produisait des elfets tres-sensibles. [Bulletin univ. , sept. i82l>,p. 211). Parmi les physiciens allemands, M. Seebeck est celui qui a fait les observations les plus interessantes sur ces nouveaux pheno- menes. Apres avoir reconnu Taction des plaques metalliques for- ( ^9 ) mees de niatieres simples, savoir, de fer, d'argent , de ciiivrc, d'elain, de zinc , d'or, deplonih, d'antiinoine , de platine , de bismuth et de mercure, il essaya I'action des aliiages, et troma qu'il eii existail plusieurs qui n'exeifaient aucune influence appre- ciable sur les oscillations de I'aiguille aimantee; de ce nombie sont les aliiages de 4 parties d'antimoine avec i partie de fer , de 5 p. de cuivre avec i p. d'antimoine, et de a p. de cuivre avec I p. de nickel [Annalen der Pftysik and Chemie, juin 1826, p. ao5). Toutefois, dans un memoire public en mars 1828 [Ibid, p. 552) , II publia des resultats un peu differens; car une aiguille aimantee de 1 ^ pouces de long, qui faSsait librement J 16 oscillations entre les amplitudes de 45° et 10°, n'en faisait plus que io5 ou loG a 3 lignes d'une plaque formee dii second de ces aliiages, ayant 4 lignes d'epaisseur et 5 5 pouces de diametre; io4 a io5 au-des- sus d'un dis{jue de packfong (nickel, cuivre et zinc) de 2 ^ pouces dc diametre, et de 3 ' ligin|s d'epaisseur; 81 au-dessus d'un al- liage de 18 p. de cuivre, 2 p^d'antimoine, et 1 p. de zinc, dia- metre 3^ pouces, epaisseur 4 lignes; enfin, 82 au-dessus d'une plaque de metal de cloche, forme de 5 p. de cuivre sur i p. d'etain , diametre 3 pouces, epaisseur 3 ^ lignes. II existe, au contraire, des aliiages qui augmentent la propriete niagnetique de leurs elemens; dans ce cas sont les aliiages de cuivre et de fer, de platine et de nickel , de nickel et d'or, de platine et de fer, de pla- tine et de cuivre. M. Seeheck a aussi reconnu que la reduction des metaux et dc leurs aliiages, a I'elat de limaille, diminue beau- coup I'influence de ces matieres sur les oscillations de I'aiguille. Un physicien de Vienne, M. Baumgaertner, a publie dans son journal {Zeitschrift fur Pliysik undMathem. , t. I, p. i46; t. II, p. 419) plusieurs experiences faites par lui sur Taction des plaques metalliques et non metalliques, qui abregent le mouvement oscil- latoire de I'aiguille aimantee. II a non-seulement constate Taction des substances non metalliijues, niee par tons les pliysiciens ex- cepte par iM. Arago, mais encore il a reconnu desdillerences dans ces actions tres-faibles en elles-memes. M. Pohl est le dernier des pliysiciens allemands qui se soient oc- cupcs decette classe de phenomenes, du moins a ma connaissance. J'avoue n'avoir fait que jeter les yeux sur son Memoire [Annalen der Pliyslk niid Chemie, novembre i8a6, p. 069), que probable- uieiil je ii'aLirais pas entcmhi, par cettc raison qu'll doiine lui-mcme « que ses speculations sont de nature a etre difficilement compri- ses par les physiciens ctrangers, qui n'ont point penetre dans les profondeurs de la philosophic allemande, et qui se trainent dans les voiesde Tempirisme ». D'ailleurs mes lecleurs n'ayant aucune idee « de la haute triadc de la nature vivante , qui comprend les trois spheres subordonnees de la triade universelle (lumiere, maliere et gravitation), de la triade galvanique (electrisme, magne- tisnio et chimisme), et dc la triade organique (irritabilitc, repro- duflion, sensibilite) ))il serait inutile de leur dire que les pheno- meues du niagnetisme par rotation^p^artionnent necessairement a la seconde triade subordonnce. Je rentre done dans Tempirisme, avec M. Chistie, qui a cherche de nouveau la loi de variation des forces magnetiques engendrees, a differontes distances, par rotation. Cette fois-ci, I'auteur a pro- cede d'une maniere plus rationnellft|kIl s'est servi d'un anneau de cuivre, d'une epaisseur uniforme|8uspendu horizontalement par son centre, au moyen d'un lil dc laiton ; au-dessous de cet anneau, vers le milieu de sa largcur, et sur un meme diamelre se trou- vaient les extremites sud de deux barreaux aimantes, verticaux et susceptibles dc circulersous I'anneau, avec une vitesse coustante. Les torsions du fdde suspension se trooverent precisement en rai- son inverse de la quatrieme puissance de la distance, camp tee des poles desaimans au milieu de I'epaisscnr de I'anneau. En choisis- sant cette derniere forme, M. Christie n'avait point a tenir compte des portions d'un disque qui ne sont pas sitnees au-dessus des ai- mans, et il croit, en consequence, avoir determine la loi elemen- taire qu'il cherchait depuis si long-temps. Mais M. Christie est encore dans I'erreur; car, si les elemens d'une bande metallique etroite (et son anneau pouvait la figurer) agissaient sur les poles des barreaux aimantes, en raison inverse de la quatrieme puis- sance de la distance, la bande entiere agirait en raison inverse de la troisieme puissance [Philos. Transact., 1827, p. 18; lu a la Sociite royale, les i6et 22 fevrier 1827). Nous avons vu que Taction d'une plaque tournante sur une aiguille electrisee, atteint son maximum assez tot, au lieu de croi- tre indefiniment avec la vitesse. De menie pom- les corps magne- tiques; si leur vitesse devient trop rapide, il estclair que les lluides (3i ) boreal et austral irauronl pas le temps tie s'y decomposer aussi completement que si I'influence magnetiquc avail suirisammcnt agi pourvaintre la force coercilive, qui ne peut jamais etre sup- posee nulle; M. de Haldat [Annal. des Scicnc. d'obs., t. I, p. SgS) a reconnu , en effet, qu'une plaque d'acier non trempe agissait d'autant moins sur I'aiguiile aimantee que «a vitesse de rotation etait plus considerable. Avec desvitesses de plus en plus grandes, on annulerait peut-etre, d'abord Taction du fer ecroui , puis cellb du fer doux, et enfin celle des autres uietaux; et, si Ton pou- vait considerer les substances non metalliques, comme possedant des forces coercitives superieures a celles des metaux, meme a celles du .fer et de I'acier, au lieu d'augmenter leur vitesse de ro- tation, il faudrait plutot la diminuer, si Ton voulait constater leur action sur I'aiguiile aimantee. Car il n'y a pas de doute que, si une pareille aiguille, oscillant au-dessus d'une plaque de verre ou de toute autre matierc non metallique , en recoit une action tres-sensible, alnsi que MM. Arago et Baumi;aertner I'ont con- state dans I'air, et moi-meme dans le vide de la machine pneuma- tique, il n'y a pasde doute, disons-nous, que cette meme aiguille en repos ne soit device par cette meme plaque animee, non pas d'une vitesse extremement grande, mais d'une vitesse egale a celle des oscillations de I'aiguiile. On a pu remarquer, dans les experiences que j'ai deja donnees, que Taction produite sur une aiguille par un disque metallique est sensiblement proportionnelle a Tetendue des oscillations. J'ai trouve que la meme loi s'observe encore pour des oscillations presque imperceptibles. Cela provient, ainsi que je le ferai voir, de ce que Teifet produit est sensiblement proportionnel au temps et a la vitesse. II n'est pas necessaire, pour produire cet effet, que le mouvemenl soit constant en intensite et en direction; il peut etre irregulier sous ces deux rapports, comme les mouvemens vi- bratoires et visibles des corps elastiques, comme les vibrations invisibles auxquelles on attribue la production de la chaleur et de la lumiere. II est done probable que la lumiere, la chaleur et le son produisent des phenomenes analogues a ceux que Ton attribue au magnetisme en mouvement. Et d'abord , on connait la propriete luagnetisaule de certains rayons lumineux, observee pour la premiere fois pai !>l. Mori- ( 52 ) chilli, el veiifiec dcpuis pur M"' Soiumcrvilic, MM. Bauuigacrtiicr et Zantedeschi. Beaucoup de physiciens ont cm reconiiaitre uiic action de la limiicre sur les oscillations de Taiguille aimaiitee. Je citerai M. Cliistie, qui est arrive a ce resultat curieiix, qu'une aiguille aimantee, et meme une aiguille quelconque, s'arrete a la lumit'ie solaire plus vite que dans I'ombre, et que cet cffet n'est point du k la chaleur des rayons lumineux, puisqu'on ne peut le reproduire par une chaleur artificielle i^Philos. Transact., 1826, partie III, p. 219). Quant a ce qui regarde I'acliou de la chaleur sur le? ainians, on connait les rccherches de Coulomb, de M31. Christie, Hansteen et siirtout celles de M.Kuppfer qui a bien distingue I'effet passager de Tefict permanent produit par eel agent. II semble qu'une chaleur moderee, meme la temperature ambianlo , ne soil pas sans action sur le magnetisme libre et sur le magnetisme naturel des corps en general. Peut-etre faudra-l-il rapporter a cetle cause la repulsion de I'anlimoine et du bismuth sur les deux poles d'une aiguille aimantee astalique, observee par M. Lebaillif, et les repulsions mutuelles de tous les corps, que j'ai moi-meme reconnues au moyen d'un appareil plus sensible. Je citerai enfin les belles experiences de M. Savary sur I'aiman- talion de petites aiguilles placees u diverses distances d'un fil me- tallique traverse par une decharge d'electricite. Ces aiguilles elant posees transvcrsalement au lil, il a vn que leur aimantation , d'a- bord dans un certain sens pour une premiere distance, etait nulle pour une distance un peu plus grande, et reparaissait en sens con- traire pour une distance encore plus grande ; de telle maniere qu'il y a plusieurs retours periodiques dans I'energie et dansle sens de I'aimantation. Le developpement du magnetisme s'opererait peut- etre encore par les vibrations des solides et des Guides clastiques, comme il s'opere par le choc des matieres ferrugineuses, comme 11 se produit par tous les mouvemens des corps et des fluides im- ponderables. Mais il ne iaudiait pas attribuer tous ces phenomenes exclusivc- ment au magnetisme; I'electricite, la chaleur, la luinierc, et peut- elre quelque autre agent inconnujyjouent des roles plus ou moins importans. Si Ton veut ne prejuger en rien leur nature, il faudra n'y voir que des communications de mouvement operees saas in- ( 55 ) termediaiie apparent, bien qii'on rralilc elles le soient dc proche en proche par quelque malicre subtile. C'est ainsi que j'ai recher- che les lois de ces phenomenes, sans les attribuer a I'un de ces agens plutot qu'aux autres; et si, dans la suite de ces recherches, j'emplo^^ais quelquefois les noms de ces agens, ce ne serait que pour la commodite du langage. Dans la seconde partie de mon me- moire, j'examinerai I'influence de la distance et de la masse sur la production de ces phenomenes. OBSERVATIONS SIR IN MEMOIRE DE M. MaRIANINI. RELATIF AH GALVAMSME, INSERE DAKS LES Annates de Chlmie et de Physique du mois de mars jS'iQ. PAR C. J. LeHOT. M. iMarianini remarque que Voha, Fowler, Valli, ont observe les premiers qu'il se manifestait quelquefois des contractions lors- qu'on rompait la chaine galvanique. II est incontestable que ce fait a du se presenter a tous ceux qui ont fait des experiences galva- niqiies. Mais ces divers auteurs, quile considererent plutot comme un accident que comme un fait constant, ne I'etudierent point et n'otablirent pas ses lois. Je crois etre le premier qui les ait fait con- naitre et qui les ait enoncees de la maniere suivante : Lorsque I'on met en contact les armatures du nerf et du muscle d'u7i organe animal, scpare depuis pea de temps d'un animal vivant, dont la susceptibilite est affaiblie, si le nerf est arme de fun des melaux suivans : zinc, plomb, etain, meixure, bismuth, cuivre rouge, or, argent, plombagine, et le muscle avec Cun de ceux qui suivent, dans cette iiste, celui qui sert d'nrmature au nerf, les contractions se ma- nifestent au moment ou I'on ferme la chaine, et il ne s'en manifeste pas lor.squ'on I'ouvre. Au con tr aire, si C armature du muscle est un des (34) milaux qui precedent, dans Cordre eno?icc' ci-dessus, celui qui sert d' armature au nerf, au moment oti I' on fcrme La cliaine il n'j a pas de contractions, ou elles sonl tres-faihles; mai* lorsqu'onrompt lachaine dans an point quelconque, les contractions ont lieu. On voit que les contractions pioduiles par la rupture de la chainc nc se presentent plus ici comme un phenomcne accidentel , mais bien comme un phenomcne rcgulier et ctroitcment lie a la puis- sance respective des metaux et a leur disposition dans la chaine , ou plutot lie a la direction du courant. Je confirniai les principes prcccdens par cette observation, que je crois avoir faite aussi le premier: que la saveur gatvanique se manifeste dans certains cas par la ruplure de la cliatne. En etudiant ce fait j'en ai trouve les lois qui peuvent s'enoncer ainsi : Lorsque la langue etant armee avec I'un des metaua- designes ci-dessus, les doigts sont armcs avec un de ccax qui le suivent dans cette liste, on eprouve une saveur au moment du contact des deux armatures , mais il ne s'en manifeste pas par la rupture de la cliaine. Au contraire, si les doigts sont armes avec I'un des mctaax qui precedent cclui qui sert d' arma- ture a la langue, au moment ou Con ferme la cliaine on n'iprouve point la saveur galvanique acide, mais elle se mayiifeste par la rupture de la chaine. Une autre serie d'experiences m'a conduit a la decouverte d'une autre loi qui se rattache aux precedentes et les confirme : Loi's- qu'une chaine est telle qu'elle produit , par sa rupture, des contrac- tions ou des sensations, elle en produit aussi, si, en ne la dctruisant pas, on la rend symetrique quant a la nature des parties qui la com- posent. Enfin, j'ai fait remarquer que les contractions ou les sensations augmentent jusqu'd un certain point, a mesure que le circuit reste plus long-temps ferme, Tlieorie des plicnomenes produits par la rupture de la cliaine galvanique. On conceit facilement que puisque les auteurs qui m'avaient precede n'avaient point etudie les faits relatif.-. a la rupture de la chaine, ni trouve le^ lois ciui les regissenl, ils avaient encore 4 (55 ) moins assigne la cause de te phenoniLne; cependant M. Marianini dit : « A olla en a donne lui-ineme une explication ; mais il semblc »que ce grand physicien n'ait fixe qu'un instant sa pensee siir ce »sujet)). J'ajouterai, pour confirmer la derniere partie de cette as- sertion, que lorsque Volta vint a Paris, je lui remis mon memoire, et qa'apres I'avoir lu , il me dit : j'avais quelquel'ois remarque des contractions par la rupture de la chaine galvanique ; mais je n'aipoint etudie ce pheuomene, et je ne pensais pas qu'il dilt conduire a des resultats aussi curieux que ceux que renferme votre memoire, qui forme un complement important a mon travail sur le gahanisme. II est done incontestable que la theorie de la retrogradation du courant galvanique n'a ete etablie d'une maniere precise et ap- puyee sur des faits, pour la premiere fois, que dans mon memoire, et que si Volta avait pense i ce sujet, ce n'etait que d'une maniere vague. D'ailleursl'explication que M. Marianini tire des principesde Volta, est essentiellement diflerente de celle que j'ai donnee. Eneffet, M. Marianini, qui admet avec Volta un courant continu dans un cercle galvanique, dit : «>ous pouvons nous figurer que ))le fluide, rencontrant un obstacle instantane, estrenvoye en ar- »riere, si nous imaginons que I'electricite se meuve dans le cir- » cuit, comme le fait, dans un canal, un fluide qui , s'il est brus - aquement arrete , recule et se meut dans un sens oppose ». On voit que cette hypothese differe de celle que j'ai proposee. Ce n'est ici que le reflux d'un courant qu'on interrompt, tandis que, selou moi, lorsqu'on ferme le cercle galvanique, le fluide se met en mouvemeut et forme un courant qui penetre les organes animaux pour arriver ii un novuel elat d'equilibre, qui est tel que ce fluide est accumule en grande quantite dans I'organe animal, aux points de contact avec I'armaturc dans laquelle le fluide tend a entrer. Si Ton interrompt la chaine, le fluide accumule retourne sur lui- meme et forme un courant en sens contraire du premier. Quoi qu'il en soit, M. Marianini convient lui-meme que I'ex- plication qu'il deduit des principcs de Volta est inadmissible. Je me dispenserai done de I'examiner, et je passe maintenant a celle que donne ce savant professeur. « Je ne saurais, dit-il, me rendro raison de toutcs ces circon- »stauces qu'en imaginant que les organes du mouvement, soit par »un defaut de conductibilile , soit par une juopriete parliculiere. (56 ) «nc transmetlent pas tout le courant clcclriqiic qui les puuolrc, »niais en retienucnt unc portion qui va loujours en s'acciuiiulant ; »que cette electiicite , pour ainsi dire condcnsee dans les nerfs de nl'animal, s'ecoule en les parcourant, et les force a se contracter naussitot que ie courant du (luide olectrique qui s'y faisait un pas- »sage, vient u cesser ou a prendre une autre direction. » On voit que M. Marianini rentre dans cc qu'il y a dc plus sail- lant dans I'explication que j'ai donnce ii y a environ trente ans, c'est-ii-dire qu'il admet que , lorsque le fluide passe des ramifica- tions aux gros nerfs, les organes en retiennent une portion, qui va toujours en s'accumulant ; que cette electricite accumulee , en s'ecoulant aussitut qu'on rompt la chaine, cause des contractions. La scule difference qui se trouve entre I'opinion que M. Maria- nini a enonceeen 1829 et ccUe que j'ai exposee en 1800, c'cst que, dans le cas d'un cercle galvanique, dans lequel il n'y a pas d'ac- tions chimiques et oii le courant ne se forme et ne se meiit qu'en vertu des forces ulectromotrices, c'est-a-dire dans le cas oi'i les phe- nomenes dus a la retrogradation du fluide sont apercus le plus nettement, il pense que, la chaine etant fermee, le courant conti- nue indefiniment, tandis que je crois que, lorsqu'on ferme la chaine , le fluide forme un courant seulement en passant de son etat d'eqiiUibre dans la chaine ouvcrte d un nouvel etat d'equilibre dans la chaine fermee ( 1 ) . « J'ai, dit M. Marianini, soumis la langue au courant electrique nque fournissait un appareil a couronno de huit couples; mais, en »interrompant ce circuit, je n'ai jamais cpronve la moindre sensa- wtion de la saveur qu'aurait produite un contre-courant. » Probablement M. Marianini n'a pas porte I'attention necessaire pour faire cette experience, ou n'a point rempli les conditions re- quises; mais, quelle que soil la cause de son defaut de reussite, il est incontestable que Taction du courant retrograde est sensible a la langue. Une partie demon premier Memoire surle galvanisme a ete employee a prouver cette Yerite, alors nouvelie, par une suite d'experiences qui out ete depuis verifiees par plusieurs personnes. (1) Dans la pile, la coritiniiilc du con.ant est dui' aux actions chimiques, et lion ))a.sc<)nimc on le dil geneialement aux f'oices eleclromolriccs. ( 37 ) Je citerai , parmi cellos qui ont rendu Icur travail public, M. I)cs- ormes [Annal. dc cliim., ventuse an I\). A la page 20 1, M. .Marianini s'exprime ainsi : « J'ai enfiii sotiiiiis »un multiplicateiir a un appareil a couronne de vingt coviples. »Lorsquc I'uiguille fiit parfaitement tranquille (sa direction etait «alors dc 8"), je rompis le circuit; elle comnienca de suite a "revenir, d'un mouveuient regulier et lent, vers le meridien nia- » gnetique , sans manil'ester le moindre indice de Taction d'nn cou- Drant contraire an moment de la rupture. » Je conviens que, dans ce cas, raiguille revient dans le meridien magnetique par un mouvement lent et regulier. Mais je crois , centre I'opinion de M. Marianini, qu'elle doit revenir ainsi, malgre la retrogradation du iluide. En effet, la deviation de I'aiguille n'cst point piobablement due, ainsi qu'on le croit giineralement , a Tac- tion du fluide clectrique en mouvement; mais elle resulte de la charge des conducteurs : or, s'il en est ainsi, on concoit que, lors- qu'on fcrme la chaine, le nouvel etat oOi se trouvent les conducteurs determine cctte deviation. Lorsqu'on Tinterrompt, le fluide re- tourne dans son premier ctatde distribution, et ilyretourne par un mouvement retrograde; mais c'est ce mouvement qui laisse Tai- gwille se remettre a sa place, et, pour y revenir, elle marche exac- tement avec lui. Je termine ce Memoire par la description d'une experience qui se trouve en contradiction avec quelques-unes de celles que M. Marianini cite; mais il convient lui-meme qu'il n'a pas pris les precautions necessairespour eloigner toutes les causes quipeuvcnt compliquer les effets. Si ce celebre professeur vent la repeter, je ne doute pas qu'il ne trouve, comme tons ceux qui en ont ete te- moins, qu'elle est parfaitement exacte , et qu'elle est une preuve incontestalile en faveur de ma tlicorie. Si I'on dispose lo a i5 metres defd de laiton le long d'un mur, en le faisant revenir plusieurs Ibis sur lui-meme afin qu'il occupe moins de place ; qu'on interrompe ce fil en deux points eloignes de ses extremites au moins d'un on deux metres ; que Ton place a Tun de ces points de rupture du fil, une cuisse de grenouille, de maniere que le muscle soit en contact avec un des bouts du fil et le nerfavec Taulre ; si a Taulre point de rupture on place une autre cuisse de grenouille, mais disposec en sens contraire ; si, cnlin, on ( 58 ) allache a I'mie des extremites du fil total, vine lame dc zinc, et a I'autre une lame de cuivre, an contact de ces deux lames, I'line dcs cuisses se contractera, et I'autic restera en repos. Lorsqu'on sepa- rera les deux lames, cette derniere se mouvra, et I'aulre restera en repos. RECHERCHES SBK LES METAt'X Ql'I ACCOMPAGJiENT LE PLATIISE , ET S«R LA MlirilODE d'ANALYSER les ALLIAGES KATIFS OU LES MINERAIS T>E PLATING ; PAR M. Berzeluis. ( SaUe de la page 207 da lome II. ) Osmium. Ce metal n'a encore ete examine que par M. Vauquelin et par Tennant {Jnn. de Chiia., torn. LXXXIX, p. 235), en meme temps que I'iridium qui I'acconipagne toujours. La singuliere pro- priete de Tosmium de former un oxide voiatil, soluble dans I'eau, a tellement attire I'attention, que ses autres proprietes sont res- tees inconnues, ou du moins n'ont pas ete recherchees; et certes, d'apres ce que Ton connaissait de ce metal, on etait loin de lui attribuer avec I'iridium cette frappante analogic que la suite de ce travail (era apercevoir. Preparation de Cosinium. J'ai deja touche un mot ue ret objct a I'articlc dc I'iridium, et dit qu'on degageait I'osmium en distillant la masse londue avec les alcalis, et traitee par de I'acidc muria- tique et beaucoup d'acide nitrique : i'acide nilriquc agit en decom- posant le chlorure double, et celle action esl d'autant plus com- plete qu'on a ajoute moins d'acide muriatique. Pour obtenir I'osmium pur, on conduit la distillation sans faire bouillir, et quand uu cinquieme ou un quart de la liqueur se trouve passe, on erdevc Tosmiuin. Ce qui se dcgage qnand I'acidc est devenu ( 39 ) coiuentre, est niele avec dii chlonire d'iridium. Cettc dissolution d'oxide obteniie, il ne reste qu'a en hcparer le metal. M. Vauque- lin, apres avoir verse dans la liqnenr de I'acide murialiqnc, pre- cipite I'osmium par une lame de s-anc; mais cette methode de- mande I'emploi de zinc distille, et, en outre, elle perd beaucoup d'oxide qui se degage en meme temps que Thydrogene. J'ai essaye de separer Tosmium, soit de sa dissolution ammo- niacale, soit de ses dissolutions acides, par le cuivre ; mais I'ope- ration marche avec une excessive lenteur. Le cuivre devieni Idanc, couime argente , sans qu'il se separe d'osmium. II vaut mieux precipiter par le mercure, apres avoir mis Jans la liqueur assez d'acide muriatique pour transformer le mercure en chlorure : sans cette precaution, on obtient sculement un me- lange d'oxidule de mercure, et d'oxidule , ou peul-etre d'oxide d'osmium. On pourrait penser qu'il est possible de separer le mercure de ce melange en reduisant par I'hydrogene et distillant ; mais, avant que la masse n'ait atteint la temperature necessaire pour la reduction, une bonne partie de I'oxide d'osmium se de- gage avec I'hydrogene. Quand, an contraire, on traite par I'acide muriatique, on ne separe pas tout I'osmium; il en reste une por- tion en dissolution, qui colore ordinairement le liquide. On pent, alavcrite, en precipiter tout Tosmium par une longue digestion avec le mercure, mais I'operalion marche trop lentement. Au lieu de cela, on sature I'acide avec de I'ammoniaque, on evapore ii siccite et yn chauffe dans une cornue. Le sel d'osmium est ainsi decompose par I'ammoniaque, et le mercure se degage avec le sel ammoniac a I'etat de sel double. Le precipite obtenu par le mercure consiste en chlorure de mer- cure, en un amalgame d'osmium, et de mercure pulverulent, et en mercure liquide retenant une trace d'osmium. On pent le dis- tiller dans une cornue; mais je trouve plus commode de la pla- cer dans un tube de barometre muni d'une boule, et d'y faire pas- ser a ehaud un courant d'hydrogene. Le mercure et le chlorure de mercure se volatilisent, et I'osmium reste en residu ; il est sous i'orme d'une poudre noire, poreuse, sarKS eclat metalliquc, mais qui le prend sous Taction du brunissoir. L'osmium a rarement I'eclat metallique qu'il possede a I'etat compai tc. Pour I'obteiiir a cet etat, on volatilise I'oxido dans tui ( 4o) couraiU de gax liydrogcne, et on fait passer le melange dans ini tube de verre chaiiffc au rouge sur un espace d'un pouce. Line sorte de combustion se produit; I'osmiam se separe du gaz, et ibrme dans le tube un anneau compacte, qui, par le refroidisse- ment, prend un eclat voisin de cekii de son alliage avec I'iri- dium. Dans cet etat, j'ai trouve lo pour la densite de rosmium ; je Texprime en nombre rond, parce que la quantite sur laquelle j'ai opere etant peu considerable, les dccimales ne seraienl pas tres- cxactes. La densite de I'osmium, obtenue par la reduction an moyen du mercure, n'est pas tout-;\-l'ait ogale a 7. L'osmium se dissout lentement dans I'acide nitrique ordinaire, et la dissolution ne laisse point de residu. La dissolution dans I'eau regale est beaucoup plus facile, a cause sans doute de la plus grande con- centration de I'acide ; car il ne se forme aucune combinaison avec le chlore. La dissolution dans I'acide nitrique fumant est des plus faciles a I'aide de la chalcur. II presente cc caractere, deja connu, qui lui est commun avec le cbarbon , le silicium et plusieurs autres corps, de ne plus se dissoudre dans les acides apres une cal- cination a une temperature elevee. II s'oxide aisement a une haute temperature : lorsqu il est dans un grand elat de division, il s'cnflamme ct brule en s'entrctenant lui-meme a la chaleur rouge : cela n'a plus lieu quand il est a I'etat compacte ; il cesse de s'oxider quand on I'ote du feu On a dit qu'a la temperature ordinaire il s'oxidait lentement dans I'atmosphere, mais cela est tout-a-fait inexact ; car on pent Texposer au gaz oxi- gene jusquVi la temperature de 100 degres, sans qu'il se developpe aucune odeur. Puids de I'atomc d'os7nlam. Je I'ai determine par le nieme moyen que pour los mctaux preccdens. L'osmium donne avec le potassium un chlorure double , dont j'indiquerai plus loin la preparation et les caracteres ; j'ai desseche ce chlorure dans le chloie a une tem- perature moderee, et je I'ai ensuite reduit par I'liydrogene; i,3i65 gramme de ce sel out perdu par Taction de I'hydrogene o,38o5 gramme de chlore. Le residu a ete traite par I'eau ; le metal a ete bien lave, et la dissolution saline, evaporee an rouge naissant dans un creuset de platine, a donne 0,401 granmie de chlorure de potassium. Le metal isole ne poiivant pas etre dose divectement ( /M ) avec assez de ligueur, on a pris son poids par difference : il a ete troure de o,555. Le calcul donne 0,19034 pour la quantite dc clilore conteniie dans 0,401 de chlorure de potassium, et le double de cette quan- tite o,38o68 est tres-voisin de celle (o,38o5) obtenue par I'analyse. L'osmium, dans ee sel, renferme done deux fois plus de chlore que le potassium, comme dans les sels analogues de platine et d'iri- dium; sa formule est ainsi KCl^ -f" OsCl''; d'ailieurs, comme ces sels, il cristallise en petits octaedres reguHers exempts d'eau. Le sel double donne, pour poids de I'atome 1 244? 1 8 ; d'apres la quan- tite de chlore, c'est 1244^24 ; en prenant la moyenne, ce poids sera i244»3i' Ce metal a une pesanteur atomistique tres-voisinc de celle de I'iridium el du platine, avec lesquels il parait etre isomorphe. Chlorure (Tosmiam. Lorsqu'on fait passer un courant de chlore sur l'osmium a la temperature ordinaire, on n'apercoit aucune ac- tion; mais, si Ton chauffe le metal , il se forme a I'instant meme un beau sublime vert fonce qui est le chlorure; et, si Ton fait pas- ser un exces de chlore, il se forme bientot un sublime roy^e pulverulent, qui est le perchlorure (ou chloride). J'ai fait cette experience dans un tube de verre, renfermant plusieurs boules, les uues a la suite des autres. Dans la premiere etait Tosmium chauffe par une lampe a alcool, et de la dernitre le gaz etait con- duit dans une dissolution d'ammoniaque caustique pour retenir le perchlorure qui aurait pu etre entraine. Dans lo courant de Tope- ration, on pouvfiit i'dir que le chlorure se deposait pros de l'os- mium, pendant qu'une vapeur jaunrure accompagnail le gazet se deposait un peu plus loin, oii elle couvrait le tube d'un precipitc d'un rouge de cinabre fonce. Lorsqu'on fait cette operation avec du chlore qui n'a pas ete ilesseche par le chlorure de calcium, et surtout lorsque le liquide d'oii Ic chlore se degage vient a s'cchaufi'er et a luuruir beaucoup de vapeur, le depot pulverulent d'un rouge fonce passe au jaune, et forme sin- le verre une couche transparente. II se forme peu a peu des cristaux dont la grosseur et la quantite augmentent avec rhumidite du gaz. i.orsqu'a la fin de I'operation j'ouvris le tube pour laisstr echapper le chlore. cos cristaux augmenterent de ( -1^ ) telle sorte, qirau bout d'enviion deux heures tout se Irouva cristalliso. Le chlorure ne parait pas cristallise , niais cola tient a repais- seur de la couche qu'il forme; car, en regardant par I'extremile du tube, je vis qu'il etait tapisse d'aiguilles vertes qui se prolon- geaieut dans I'interieur. Plus loin , les parois du verre etaicnt tapissees d'une sorte de vegetation etoilee , sur laquelle etaient des cristaux jaunes, parnii lesquels on remarquait des lames plus larges, d'un jaune citron. Ces cristaux etaient si fusibles, que la chaleur de la main sullisait pour les f'ondre. Plus pres de I'extre- mite par oii le gaz s'echappait, et oi'i une ouverture plus etroite ne laissait entrer I'air que lentemenl , se trouvait une vegetation de cristaux de couleur de cinabre fonce , que la chaleur de la main ne faisait pas entrer en liquefaction. II n'j a aucun doute que les cristaux verts et rouges ne fussent du chlorure et du per- chlorure renfermant de I'eau de cristailisation. Je n'ai pas deter- mine en quoi consistaient les cristaux jaunes ; ils etaient, soit un sesqui-chlorure, soit du perchlorure avec une plus grande quan- tite d'cau de cristailisation; la purete de la couleur jaune et leur grande fusibilite me feraient pencher pour la derniere opinion. Ce compose se comporte d'une maniere tres-remarquable avec I'eau. J'ai enleve la derniere boule et j'y ai verse un peu d'eau ; le perchlorure s'est instantanement dissous en developpant une couleur citron, tirant un peu sur le verdatre. J'ai ajoute une nou- velle portion d'eau; la teiute a passe an vert, et il s'est developpe une odeur d'oxide d'osmium. Apres nn instant, la couleur s'est foncee, la liqueur s'est troublee, et il s'est decompose un coagulum bleuatre. legerel flocoaneux d'osmium nietallique; le perchloiure s'etait decompose en acide muriatiquc, en oxide volalil et en me- tal. L'oxide volatil renferme done plus de 2 atomcs d'oxigene. J'aitraite le chlorure de la meme maniere, mais il se trouvait me- lange dans la boule avec beaucoup de ces cristaux jaunes si fusi- bles. Avec tres-peu d'eau , le chlorure donne une dissolution d'un beau vert; une goutte d'eau en exces rend la dissolution opaque. J'ai pris une petite portion de cette liqueur, et j'y ai ajoute une plus grande ([uantite d'eau; le chlorure s'est decompose absolu- ment commc le perchlorure. J'ai place dans un (lacon la dissolu- I ( 45 ) lion conceutree ; die paraissait opaque; cependant on apercevait --ur les bords une couleur biune-jaunatre ou verdatrc. J'ai fait dissoudie dans ces liqueurs un pen de chlornre de po- tassium, et j'ai evapore a siccite sans que I'odeur d'oxide se fit sen- tir : j'ai obtenu ainsi une masse saline, confusement cristallisee et melee de chlorure de potassium en exces. Le sel double se dis- solvant plus rapidement que Ic chlorure de potassium, je I'ai ainsi separe ea partie; la dissolution a ete abandonnee a I'evaporation spontanee. Parmi les cristaux de chlorure de potassium se trou- vaient des cristaux prismatiques d'un brun clair du sel double. Pour m'assurer si ce sel etait un sesqui-chlorure double, j'ai en- leve par I'alcool le chlorure de potassium ; mais aprts une heure cotte dissolution a abandonne de I'osmium metallique. Les cris- taux bruns, insolubles dans I'alcool, out ete dissous dans I'eau ; la dissolution etait d'une couleur brun-jaunalre. Cette liqueur ta- chait la peau, et, apres quelque temps, elle s'est troublee en de- posant de I'osmium metallique. Ce caracterc de laisser deposer le metal ne se rencontre pas dans les sels doubles prepares par d'au- tres procedes. II ne s'est point degajj^e J'odeur d'oxide. L'osmium a des sels doubles de perchlorure, probablement de sesqui-chlorure et de chlorure, et enfin , en toute apparence, un sesqui-perchlorure double. Sel double de perchlorure d'osmiuvi et de diloritre dc potassium. On I'obtient en melant intimement de I'osmium metalb'que en poudre, avec un poids ejjal de chlorure de potassium, et en chauf- fant au rouge naissant dans le chlore. Le chlore entraine un peu d'osmium au dehors; mais, pour ne rien perdre, on le rccoit dans I'ammoniaque (i). Le chlore est absorbe lentement, et on obtient une poudre rouge non fondue, d'une couleur analogue a celle du minium, mais un peu plus foncee. Elle se dissout tros-Ienlement dans I'eau chargee de sels, et on peut soparer I'exces de chlorure (i) Voici une observation que je ne dois pas passer sous silence: ne soup- connant pas la perte qui devait avoir lieu par le rhlore, je rcrus ce gaz sur de riiydrate de chaux , seuleiiiont puur uie debariassei de I'odeur. A la fin de I'operaiion , ccfte substance exhalait une forte odeui d'oxide d'osmium forme anx depens dc Toxigene de la chaim. ( 4i ) lie potassium avec iin pen d'oaii froule. Elle se dissoiit dans Tearr froide avcc iine belle coulciir citron. Elle est heaiicoup plus so- luble dans I'eau bouillante. La louleur de la dissolution est le jaune fence, tirant un pen an vert, et non plus au rouge. L'eva- poration spontanee produit des cristaux octaedriques brillans, de couleur brnne. Si Ton verse dans I'alcool une dissolution salurce de ce sel, il se forme un depot d'une poudre cristalline, couleur de cinabre. La liqueur alcoolique devient jaune. Si Ton impregne un papier avec la dissolution aqueuse, et qu'on le laisse expose quelque temps aux rayons solaires , il se produit une reduction; le papier prend une couleur bleue que I'eau ne pent pas iui enle- ver. On pent soumettre ce sel a une chaleur moderee, sans le de- composer •, mais, a la temperature du ramollissement du verre, le oblore s'en separe, et il se forme un leger sublime de chlorure ; le residu est forme d'un melange de chlorure de potassium et d'osmium blanc avec I'eclat metallique. Quand on mele ce sel avec une plus grande quantite d'osmium, et qu'on chauffe a une bonne chaleur rouge oi"i la decomposition commence a se pro- duire, la matiere, apres son refroidissement, se dissout bien, mais elle donne une liqueur plus verte que precedemment; quand on evapore a siccite, le residu s'effleurit ; le perchlorure double se separe d'abord, puis une petite quantite de chlorure double ; il ne se forme point, dans ce cas, de sesqui-chlorure double comme pour I'iridium. L'acide sulfureux ne decompose point ce sel, meme (|uand on chaufle jusqu'a I'ebullition. Mais, quand on dis- sout le sel dans l'acide nitrique et qu'on distille, on degage I'oxide volatil, et il reste du nitre melange de chlorure de potassium. Je n'ai pu determiner plus exactement si c'etait la le sesqui- chlorure double. II paraitrait pkitot que la confusion du sel de per- chlorure avec I'osmium metallique donne un melange de sels doubles de perchlorure et de chlorure. Je suis indecis sur la na- ture de ce sel brun et prismatiqne dont j'ai parle en meme temps que du chlorure d'osmium. Dans quelques circonstances, les sels d'osmium prescntent une couleur brune, tirant sur le pourpre, (|ui n'appartient ni au chlorure, ni au perchloiure. Apres avoir traite par le mercure une solution concentree d'oxide d'osmium melee d'acide muriatiquc jusqu'a ce qu'il ne «e degageat plus d'odeur d'oxide. j'ai obtrnu une liqueur d'un (45 ) brim juuiir.lre; jc I'ai fillree ct ^vaporce a soc sous uiie cloche remplie d'air el lenfermant de I'acide sulfurique ; elle s'est rediiite en iin vernis brillant, de couleiir pourpre , ne presentanl auciine apparence de ciistallisation ; a I'air, ce vernis se ramoUit; il so dissoutegalemenl dans I'eau et I'alcool, en colorant la liqueur en brun : la dissobition a la saveur metalliqnc; elle tache la peau : I'alcali la fait passer d'abord a la oouleur brune ou pourpre sans la troubler; mais, apres une legere digestion, il se depose un oxide noir, pendant que la liqueur devient plus claire. line autre portion de la dissolution d'oxide d'osmium a ele Iraitee d'abord par la potasse caustique, puis par I'acide muriati- que et le mercure. Lorsque I'odeur de I'oxide a cesse de se fairc sentir, on a filtre et evapore la liqueur. On a obtenu un sel dou- ble , brunatre , legerement soluble dans I'alcool . melan<,^e de chlorure de potassium; il est different du chlorure double ;' niais il est analogue au sel precedent; seulement celui-ci est un com- pose de sesqui-chlorure et de chlorure de potassium, et I'autre de scsqni-chlorure et de perchlorure de mercure. Lorsque Ton chasse par I'evaporation I'exces de rammoniaque qui se trouve melee avec le perchlorure d'osmium , ou qui avail servi a intercepter le chlore, on obtient ime dissolution brune-iau- nalre, analogue aux sesqui-chlonu'es doubles d'iridiiun. Le sel ammoniac qui provient de I'evaporalion a siccite est brun. Si on le sublime en vaseclos, par une chaleur convenablement luoderee, on a un sel verdatre, qui est le sel double de chlorure. Quand on mele avec de I'ammoniaque le sel double de perchlo- rure d'osmium et de potassium, et qu'on evapore, on n'oblieni pas, comme avec I'iridium, une liqueur bleue, mais une liqueur d'un brun fonce, tout-a-fait analogue au sesqui-chlorure double de ce metal. Tous ces fails semblenl annoncer I'existencc du ses- qui-chlorure double d'osmium; mais ce n'est que par I'analyse d'un sel bien determine qu'on pent obtenir quelque certitude a eel cgard. Les chlorures doubles sont semblables a ceux de I'iridium. On obtient le chlorure double de potassium en melant avec I'alcool une dissolution aqueuse do perchlorure d'osmium el de potassium ; on separc par la filtration le sel qui se depose, puis on soumet la liqueur a la It -t- I! doiiMfiil le meme rap- jMjrt enlic I'oxigrni* et le metal. ( ='5 ) Lorsqu'on verse de I'acide suU'ureux d.Tiis line dissolution d'oxide d'osmium, la couleur change : luie petite quantite d'acide la fait passer au jaune ou au jaune orange pen f'once; elle tient proba- blement a la forttiation du sulfate d'oxide; une plus grande quan- tite fait tourner la couleur au brun , comma s'il s'etait produit da sulfate de sesqui-oxidule. Une nouvelle addition d'acide pro- duit le vert, et enfin un exces doime a la liqueur une couleur bleue foncee, semblablc a celle de la dissolution sulfurique d'in- digo. Lors meme qu'on y ajoute de suite un exces d'acide, on voit la liqueur passer par ces diverses nuances, mais plus prompte- ment. Si Ton desire arrcter a un point determine la couleur de la dissolution, il faut ajouter I'acide sulfureux par petites doses, et attendre chaque fois quelques heures pour donner a I'acide le temps de se suroxider. La liqueur bleue ne renferme point d'oxide volatil, et pent, par consequent, etre soumise a I'evaporation. On degage ainsi I'exces d'acide sulfureux, et Ton oblient en residu un sulfate bleu, consistant en une masse fciidillee quoique mollc, a pen pres comme le sulfure de cuivre. Lorsqu'on le desseche completement , ce sel ne se redissout plus qu'en partie dans I'eau; il donne une liqueur bleue tres-acide. Le residu pent etre lave; il presente neanmoins ce caractere singulier que , lorsqu'il reste ex- pose a I'air, tout liuniide , il reprend la propriete de colorer I'eau avec laquelle on le lave. La masse, lorsqu'elle n'est point encore dessecliee , forme des ccailles elastiques qui retiennent fortemenl I'eau; par le dessechement, elles se resserrent, deviennent bril- lantes, et prennent la couleur que I'indigo develnppe sous le bru- nissoir. Avant d'avoir ete desseche, le sel bleu se dissotil egalement dans les alcalis caustiques et dans leurs carbonates en conservanl sa couleur. L'acide muriatique ie precipite en grande partie de ces dissolutions ; la liqueur surnageante acide est brune. On a distille le sulfate bleu desseche, et Ton a recu les produits dans I'ammoniaquc ; il s'est d'abord degage de I'eau, de I'oxide volatil qui s'est dissout dans I'ammoniaque en developpant une couleur jaune; puis avec cet oxide a paru im sublime bleu en quantite assez considerable, dont une bonne partie a ete recue par I'ammoniaque; enfin, apres un rouge plein, il est reste de I'os- mium avec un eclat melallique blanc bleuatre, qui conseivail la forme des frngmens qu'on nvnit soiunis a I'cssai. La dissolution ( 56 ) jinimoiiiacale *!tait d'un brun pourpre ; par I'evaporation elle est devcnue bnin fonce, et a fini par donner une masse saline de meme couleur, qui paraissait etre du sulfite de sesqni-oxidule. En traitant avant I'evaporation cette liqueur par le carbonate de soude, elle devient bleue apres le degagement de rammoniaque ; el, lorsqu'on I'evapore, elle donne un residu qui se redissout de nouveau dans I'eau. Lorsqu'on chauffe le sulfate bleu'dans le gaz hydrogene, il finit par donner un sublime bleu, de I'acide sulfurique hydrate de I'eau et de I'ydrogene sulfure ; il reste de I'osmium sulfure, peut- etre incompletement sature. Lorsqu'on met dans la dissolution bleue de I'acide de fer et de Tacidc sulfurique ou muriatique en assez grande quantite pour produire un degagement de gaz hydrogene suflTisant, I'osmium se reduit ; mais la couleur de la dissolution surnageante est d'un vert plus fonce que celui des dissolutions de fer; et I'osmium chauffe dans le gaz hydrogene, apres avoir ete bien lave, donne de I'eau, une petite quantite de sublime bleu et de I'hydrogcne sulfure, prouve que ce precipite n'est ni completement metallique, ni complete- ment dtpouille d'acidc sulfurique : meme I'oxide bleu que Ton obtient en saturant par !e carbonate de soude I'acide du sulfate bleu donne, apres un lavage soigne, de I'hydrogene sulfure, quand on le chauffe dans le gaz hydrogene. Lorsque I'osmium qui renferme un peu de soufre , est chauffe dans le gaz oxigene , ii produit, outre I'oxide volatil, un subhme bleu beaucoup moins volatil que le binoxide , et presque insoluble dans I'eau. C'est le sulfate bleu d'oxide d'osmium. Quand on chauffe dans une cornue un melange de I'alliage d'osmium et d'iridium avec le sulfate acide de potasse, on ol)tient le meme sublime bleu ; mais alors il renferme assez d'acide pour se dissoudre dans I'eau. Sal fare d'osmium. Ou vient de voir la grande affinite que I'osmium possede pour I'acide sulfurique; celle qu'il a pour le soufre n'est pas moins re- marquable. L'hydrogene sulfure precipite toutes ses dissolutions, et meme ses chlorm-es doubles. Les dissolutions des sels roses sont precipitees moius facilement tpie les autres. carle courant de gaz (64 ) pent y passer long-temps sans prodiiire tie decomposition. Mais, lorsqu'on abandonne a elle-meuie dans un flacon bouche la disso- lution saturee d'hydrogene sulfure, un precipite briin jaunatre do sulfure d'osmium finit par s'y produire. Lorsque la dissolution de selrosese trouvemelangee d'autres sels, et tres-etendue, elle pent, bien que saturee d'hydrogene sulfure , demeurer plusieurs se- maines sans changer de couleur. L'hydrogene sulfure pent en etre degage par I'evaporation , et le sel reste sans alteration. La dissolution du binoxide est instantanement precipitee par riiydrogene sulfure; le precipite est d'une couleurnoire tirant un peu sur le brun ; il ne se depose que lorsqu'on verse dans la liqueur un peu d'acide. L'hydrogene sulfure produit dans les chlorures doubles un precipite d'un jaune brun sombre , qui se dissout un peu dans I'eau avec une couleur jaune, ou jaune rougeatre, tout comme le sulfure d'iridium. II en resulte que le precipite n'est jamais eomplet. Le sulfure d'osmium, quand on evapore, se dis- sout comme le sulfure d'iridium, si la liqueur renferme de I'acide nitrique en liberte. Le sulfure dcsseche est completement insoluble dans les alcalis et leurs carbonates; il ne s'y dissout pas plus laci- lement que dans I'eau lorsqu'll est encore humide. Lorsqu'on dcsseche le precipite obtenu par la decomposition de I'oxide volatil, et qu'on le chaufle dans un appareil distillatoire prive d'air, il se degage du soufre; a une certaine temperature le residu montre une sorte d'incandescence, decrepite, et prend une couleur grise et un aspect metallique, sans qu'il y ait aucun dega- gement de gaz. Lorsqu'on chauffe dans l'hydrogene I'osmium debarrasse a un rouge faible de son exces de soufre, il se produit de l'hydrogene sulfure, etle metal se reduit, mais tres-lentement. L'osmium est place a la limite des metaux dont les sulfures sont decomposes par l'hydrogene, et des metaux non reductibles par cet agent. Meme apres avoir chaufle le sulfure au rouge faible, pendant 3 a 4 heu- res, dans l'hydrogene, le gaz qui se degage donne encore, sur le papier impregne d'acetate de plomb , des traces d'hydrogene sul- fure. J'ai reduit par l'hydrogene uno tres- petite quantite de sulfure que j'avais chaufle au rouge dans un espace prive d'air, et j'ai re- garde I'opeiation comme terminee , lorsque j'ai vu que la matiere. { 57 ) dans ia dernicie demi-heure , ne perdait plus sensibleinent de son pQids; 0, i44 gramme out perdu o,o4i de soiifre, et laisse un residu de metal pesaiit o, io3. Ce rosultat moiilre qu'au rouge I'osmium retient plus de deux alomes de soufre, car il doiine d'nne maniere aussi approchee qu'on peut I'atlendre, 2 atonies de radi- cal et 5 de soufre, ce qui revient ii la formule Os S^-j- Os S'. On a, en effet, 4' ! ^00 ', ', 495 '. 1^44? et 2 ^ atomes de soufre pe- sent 5o2,go. Le sulfure, obtenu par la voie humide , se dissout dans I'acide nitrique aussi facilement que le sulfure d'iridium. Quand le sulfure est en exces, 11 se forme une dissolution brun - verdatre fonce : elle renferme du sulfate d'oxidule egalemcnt soluble dans I'eau et I'al- cool; ni les alcalis, ni les carbonates alcalins ne le precipitent, et il forme avec eux, quand on e\apore, une masse efllorescenle brun- verdatre, qui, a I'air, demeure seche. La saturation avecl'ammo- niaque produit les m("mes phenomenes ; mais, lorsqu'on distille la masse dessechee, Use degage de I'ammoniaque, du sulfate d'am- moniaque et de I'eau , el il reste un residu de sulfure avec un eclat metallique grisatre. Lorsqu'on traite le sulfure d'osmium par I'a- cide nitrique en exces , et qu'on distille la liqueur, il se degage de i'oxide volatil, et il reste dans la cornue une masse sirupeuse d'un brun jaunatre fonce, qui est le sulfate d'osmium. II se dissout dans I'eau en developpant une couleur jaune de rouille, semblable a celle des dissolutions de platine dans I'eau regale. La liqueur a une saveur astringente qui n'est ni acide ni metallique; elle rougit cependant le papier de tournesol. Elle precipite par les alcalis et blanchit un pen par I'acide sulfureux, mais elle ne se colore point en bleu; par le chlorure de barium, elle donne un precipite jaune, comme les sulfates de platine et d'iridium. Ce caractere demontre I'existence d'une classe de sels oxigenes, auxqueis on pourrait don- ner le nom de sels d'oxide d'osmium. Les essais que je viens de rapporter donnent de I'osmium une idee bien differente de celle qu'on s'en etail formee jusqu'a pre- sent. On doit ne les regarder cependant que comme une esquisse de I'histoire longue et diflicile de ce metal ct des autres metaux associes au platine. ( 58 ) SUR L'ETAT ACTUEL DE LA GEOLOGIE , ET CN PARTICrr.IER STIR J.A THEORIE DE LA STRUCTIIRE DTI GLOBE I'ar M. Alex. Brong?)iart (i). Werner admettait qu'uno vaste dissolution avail ancienneinent reconvert toute la surface du globe, et avail depose, d'abordles terrains granitiques , puis les schisles, el enfin les calcaires. II ex- pliqnait la formation de toiiles les couches niinerales , en suppo- sant que le niveau de celte mer primitive avail baissu graduelle- ment, et que la nature de la dissolution avail change a diverses epoques, soil daiss son ensemble, soil dans les bassins on elle avail fini par etre renfermee. Werner considerail alors lous les terrains, sauf les terrains evidemmenl volcaniques, comme dispo- ses en serie , les uns anlerieurs el les autres poslerieurs a I'exis- tence des etres organises. Les premiers soul les terrains primitifs, formes exclusivement par voie de crislallisation; les autres sonl les terrains second aires , en partie cristallins, en partie sedimen- teux. Mais des travaux subsequens de Werner et de ses disciples, amenerenl la division des terrains secondaires en terrains interme- diaires , analogues aux terrains pi-iniitifs pour la structure, mais rcnfermanl les premieres emprcinfes d'elres organises; en terrains secondaires proprcnient dils, formes par voie de crislallisation et de sediment, et s'etendanl depuis le gres ancicn jusqu'a la craie ; et en terrains terliaires qui renferment les premiers vestiges de mam- mi feres. (i) Vklionn. dos Scicnc. Nairn-., I. 54, |i. 1-256. Sc veml separement , chcc F. G. Lrvraull. Ce mode de classification en serie tut suivi, avec quelques va- riations, par la pliipart des disciples de Werner. M. de Buch le premier, fit des terrains volcaniques une nouvelle classe, ou pkitut il agrandit considerablement cette classe de terrains, qu'on a nom- mes terrains massifs, terrains plutoniques, terrains hors de serie, etc. ; ce sont les roches dont la formation est attribuee au tea, et qui, a diverses epoques , ont souleve les terrains en serie , les ont penc- tres, on se sont epanches a leur surface. M. de Humboldt a suivi cette idee, a laquelle M. Bone, en i8u5, et M. Brongniart en 1829, paraissent avoir donne tous les developpemens possibles. Nous aliens dire un mot du travail de M. Boue (1), sur lequel M. Brongniart a, pour alnsi dire, caique le sien. M. Boue partage toutes les masses niinerales en deux grandes classes , dont I'une coniprend les terrains stratifies ou neptuniens, et I'autre les terrains non stratifies ou plutoniques. Les terrains de ces deux classes, qui appartiennent a la meme formation, sont places en regard sur deux colonnes. Les terrains de la premiere i;lassc ne renferment de roches primitives que les gneiss et les mi- caschistes ; viennent ensuite les terrains intermediaires, conipre- nant le schiste, le grauwacke, le gres rouge etiecalcaireaencrines; quant aux terrains secondaires, I'auteur les range, pour differens pays, en autant de colonnes distinctes ; et les terrains tertiaires sont disposes de la meme mani ere, relativement a Icursdiversbassins. Les terrains ignes ou de seconde classe, comprennent les granites, les sienites, les serpentines, aussi-bien que les porphyres, les trapps , les trachytes et4es basalles. Mais I'auteur est oblige d'a- dopter une formation mixle , pour certains aggregats et certains tufs, pour les roches, en un mot , qu'il croit avoir ete Ibrmees par le concours simultane de I'eau et du feu. W. Brongniart adopte aussi la division de tous les terrains en deux grandes classes, suivant que ces terrains sont stratifies ou non stratifies, en serie ou hors de serie, de formation aqueusc ou dc formation ignee. Mais il divise encore tous ces terrains, d'a- prcs les epoques de leur formation, 1° en terrains anterieurs a la derniere revolution du globe, a celle qui a place la mer dans le {\) Ediiili. Phihs.Journ., jui'lct iS25. (6o) bassin qu'elle occupe depuis les temps les plus recules, qui a donne leur forme i\ nos continens , et qui est anterieure a toutes^ les notions historiques; 2° en terrains posterienrs a cette derni^re revolution, et qui se forment encore de nos jours. De la resultent deux periodes de formation, la pcriode satarnienne et la piriodejo- viennc. Mais le peu d'importance de cette derniere pcriode, dis- pense d'y appliquer la division dcs terrains en serie et liors de se- rie. L'auteur subdivise ensuite totis les terrains en neuf classes, qu'il range ainsi, en allant de la surface vers I'interieur du globe. Periode jovienne, ou actuelle. i*" classe. Terrains alluviens ; par transport et sedimens. 2" classe. Terrains lysiens ; par voie chimique. 5' classe. Te>r?'tn'n5 /Ty/'og'^nei; volcaniques et mcteoriques. Periodf, Saturnienne, ou ancienne. 1" consideration. Terrains stratifies ou neptuniens. 4" classe. Terrains cfysmiens ; par transport ou alluvion. 5" classe. Terrains izemiens; de sediment. 6" classe. Terrains hemilysiens ; par voie chimique et de sediment. 7' classe. Terrains agalysiens; par voie chimique. 2' consideration. Terrains massifs ou Typhoniens. 8' classe. Terrains plutoniques; sortis de terre avec indices de liquefaction. 9' classe. Terrains volcaniques; liquefies par le feu. Nous aliens reprendre ces differentes classes, pour indiquer leurs subdivisions, et donner a nos lecteurs une idee de I'etat actuel de la geologic. 1^ classe. Les terrains alluviens se diviscnt i" en phyto genes , qui se composent de detritus d'etres organises, comme I'humus, les tourbes herbacees et les tourbes ligneuses ; 2" en Umoneux , plus ou moins marneux ou sableux; 5° en caiilottteux, formes de gravier, de galets ou de blocs. 2' classe. Les terrains lysiens comprennent, i" des catcaires , comme les stalactites, le travertin moderne, les pisolithes et quel- ques arragonites ; 2° quelques formntions siticeuses tres-rares; 3° des sels , des acides et des caux miner ales; 4° des corps inflammables , ( 6i ) comuie le soufre et quelques bitumes; 5" des corps metaltiques ^ comme Ic fer sulfure et limoneux. 3" classe. Les terrains pyrogenes comprennent les produits volcaniques , phlogosiques et atmospheriqaes. 4' classe. Le mot clysmien est synonyme de diluvien. M. Brou- gniart considere les terrains clysmiens comme etant le produit de la derniere revolution qui a mis nos continens a sec; ils sont plutot formes par transport violent que par depot tranquille. On y distingue, i° des terrains limoneux, avec du sable ou de la tourbe; 2° des terrains detritiques formes de galets, de poudingues et do gravier coquiller ; on y peut ranger aussi ces fameux blocs errati- ques, debris des roches primitives et de transition, que Ton ren- contre sur !es pentes des Alpes, sur les plateaux du Jura, dans les plaines de la "Westphalie, et principalement sur les cotes meridio- nales de la Baltique; 3° des terrains clastiques, dans les cavernes a ossemens ; 4° des terrains plustaques , c'est-a-dire , riches en pierres precieuses et en or. 5*^ classe. Les terrains yzemiens sont les mieux stratifies; et comme ils sont tres-nombreux, il convient de les diviser en trois ordres, savoir : 1^ ordre. Terrains yzemiens tlialassiques (ou de la mer ). Ce sont les terrains de sediment superieurs, qui s'etendent jusqu'a la craie exclusivement. On peut les subdiviser en sept groupes, savoir: 1° les terrains cpilymniques , ou lacustres superieurs, comprenant le calcaire travertin ancien, le calcaire concretionne en stalactites et stalagmites, le calcaire marneux, argileux ou siliceux, le silex meuliere; i" les terrains proteiques, ou marins superieurs, ren- fermant le gres blanc de Fontainebieau, le gompholite ( le nagelflue des Suisses), le macigno mollasse avec son gres coquiller, le calcaire moellon avec ses marnes ; 5° les terrains palmotlieriens ou second terrain lacustre, ainsi nommeacause des debris de palaeo- therium qu'il renferme ; formes principalement de marnes et de calcaires, on y distingue les lignites suisses en couches marno- sablonneuses, les marnes lymniques chargees de calcaires, le gypse grossierou palaeotherien (de Montmartre), et le calcaire siliceux; 4° les terrains tritoniens, ainsi nommes a cause des nombreuses coquilles marines et turbinees qu'ils renferment; c'est un calcaire sableux, savoir du gres blanc ou lustre, et du calcaire grossier (6. ) avec ses niarnes, sa glaucoiiie et ses lignites; 5' un terrain viaruo- charbonneuLV qu'il ne faut pas confondre avec les lignites suisses ; 6° un terrain rtrg't/o-^a^/eHo; renferrnant I'argilc plastique; 7° cnfin, un petit terrain clastique forme do poudingues, inais different du terrain clastique des terrains clysiiiiens. 2" ordre. Terrains yzcmiens pelagiques ou de la haute-mer ; ils s'etendent depuis la craie inclusivement jusqu'au lias excltisive- ment, et peuvent etre subdivises en quatre groupes, savoir: i°les terrains cretaces, comprenant la craie blanche, la craie tufau, et la glauconie crayeuse; 2° les terrains arenaces, renfermant de la glauconie sableuse, du sable ferrugineux, tantot marin, lantot lacustre, avec une argile nommee veklienne, analogue a I'argile plastique (weald clay des Anglais); 5° les terrains epiolit/iiques , peu importans, parmi lesquels on distingue le calcaire miliaire de Portland, la marne argileuse du Havre, le calcaire corallique (coral -rag des Anglais), et la marne d'Oxford; 4° l*^s terrains jurassiques, qu'on pent distinguer en supra-jiirasstques, compre- nant la pierre a lithographier et le calcaire a zoophiles; en medio- jurassiqu.es , renfermant le calcaire conipacte commun avec ses marnes et ses oolithes, et la dolomie; en infra-jurassiques, avec son calcaire couipacte et son oolithe ferrugineuse. 3" Ordre. Terrains yzcmiens abjssiques, ou de sedimens inferieurs, allant depuis le lias jusqu'au calcaire de transition; ils ne ren- ferment ni mammiferes, ni oiseaux, mais seulement des reptiles et les animaux qui leur sont inferieurs. On pent les diviser en neuf groupes, savoir : 1° le lias 'avec son gres, son calcaire marneux ou a gryphites , et son ampelite alumineux ; 2° le terrain du keu- per ou de marnes bigarrees avec le sel gemme; 5° le terrain con- chvlien assez rare, avec des marnes, du sel de gemme et beaucoup de coquilles; 4° le terrain poecilien, forme de gres, de psammites et de marnes bigarrees, avec du sel de gemme; 5° les terrains peneens ou pauvres en minerais , formes de gypse strie, dc calcaire fetidc, de dolomie , de marne cendree , du calcaire peneen propre- mcnt dit (zechstein des Allemands) et de schiste bitumineux; 6° les terrains rucfirnentaires, formes presque uniquement de debris , et renfermant des arkoses a grains plus ou moins gros, et des psephites; 7" les tennins entritiques , composes de mimophyre, d'eurite, de porphyre, do melaphyrc et de trappite; 8" le,s terrains ( 4 ) I'auteiir a bien soin d'en prevenir ses lecteurs , que ces terrains se renconUent tous ii la Ibis , et dans le meine ordre , en chaque lieu , ou du moins au centre de tous les bassins que presententles con- tinens. Presque toujours cette serie est plus ou moins incomplete, plus ou moins bouleversee. Alors il faut pouvoir reconnaitre si deux couches, qui se trouvent intercaleesentre des depots de na- tures diverses, appartiennent a une meme formation, soit que ces couches aient identiquement la meme composition, soit qu'elles laissent apercevoir entre elles des differences plus ou moins no- tables. Or c'est precisement la le point le plus difficile a rcsoudre, et la cause des differences que presentent les systemes de classifi- cations geologiques. Sous ce rapport, la geologic positive n'a point fait de veritables progres dcpuis Werner. En effet, c'est toujours I'idee d'une for- mation successive de terrains qui dirige les recherches des geo- logues; Werner avait deja pris en consideration les debris fossiles de vegetaux et d'animaux, et place hors de serie les prodults evidemment volcaniques. Depuis, il est vrai , on a fait une etude plus approfondie de ces debris, et Ton a augmente la classe des terrains massifs. Mais, a part I'examen d'un plus grand nombre de localites, a part ces recherches purement Jaborieuses que la science ne peut encore utiliser, les geologues, comme toutes les autres classes d'observateurs qui travaillent indefiniment sur la meme idee, ont divise et subdivise les objets deleurs etudes, pour les diviser ensuite en des compartimens, auxquels ils se plaisent a donner les noms les plus etranges. C'est ainsi que 31. Brongniarl, qui veut qu'on ne touche a une nomenclaturescienlifiquc qu'avecla plus graude reserve, apourtant cree, dans son systeme geologique, vingt ou trente expressions nouvelles, dont I'utilile ne sera sentie par aucun geologue rai- sonnable. La geologic, comme toute autre science naturelle, ne marche que par I'observation de faits nouveaux, ou des rapports que le raisonnement trouve entre les faits deja connus. Or une idee nouvelle, une seule idee conforme a la nature des choses , est plus capable d'augmenter nos connaissances geologiques , qii'un millier de denominations nouvelles, consacrees par vingt classifications : c'est ce que I'on verra dans un prochain article, oi'i nous discuterons les idees systematiques de M. Brongniart et de la plupart des geologues. Saigey. ( 65 ) ESSAI DE CHIMIE MICROSCOPIQIJE APPLIQUEE A LA PHYSIOLOGIE, I ART DE TRANSPORTER LE LABORATOIRE SUR LE PORTE-OBJET, DANS l'eTUDE DES corps ORGANISES ; PAB M. RASPAIL. [Suite. Voyez le tome II, p. 44^, pi. lo.) tj4- Action du temps sur la fecule integre, el dont les tegianens n'ont pas eclate, — La fecule parait inalterable au contact cle I'air pur, pendant un laps de temps indefini ; ses grains m'ont paru tout aussi peu alteres apres un an de sejour dans i'eau pure, qui se trouvait placee a I'abridc toute circonstance capable d'en elever la temperature a un degre suffisant, pour faire eclater les granules d'une maniere plus ou moins rapide. 25. Dans le cas contraire, les granules eclatent dans im espace de temps plus ou moins court, selon le degre de chaleur qui se developpe. Car le temps n'est pas un reactif, c'est simplement une mesure. Des qu'on met en contact un organe avec un agent quel- conque, Taction chimique a lieu ; mais alors elle est eouvent inap- preciable, parce que les organes (substances insolubles) ne peu- vent etre attaques que par couches. Or, a mesure que les couches interieures sont successivement attaquees, la sommedesresultats, inappreciables par eux-memes, finit par devenir appreciable a nos moyens d'observation ; et nous disons alors, quoique impropre- ment : Le temps a produit ce phenomene. En fait d'observations et d'experiences, lemot de temps equivaut done a cette periphrase : L'epoque d laquelle desresuUats successifs egatix entre eux, mais infi- niment petits, deviennent assez nomln-euw pour former une somtne appreciable. 5. 5 ( tJ6 ) .\e .'(iippose q(ie I'eau renferme une certaine quantite de siib- slances fcrmenlescibles melees avcc la fcrjile; la chaleur resultant de la fermcniation fera eclaler siibitemeni l«;s grains de Iccule, si elle est ronsiderable; on bi^n, elle obligera ces grains a s'etendre et a se vider insensiblement : en sorte qu'au bout d'un certain temps I'eau pourra ne renfermerque destegumens plus ou moins alteres; c'est ce qu'on observe, lorsqu'on laissela farine ordinaire dans I'eau exposee au contact de I'air. 26. Quoique I'iode ait une grande affinite pour la surface des grains de lecuie integres , cependant , si on laisse le melange expose a I'air, on voit la couleur bleue passer au rouge de brique t'once par la dessiccation , et bientot les grains de fecule repren- nent leur premiere blancbeur. L'iode est alors evapore presqueen- liiMemenl. 27. Si Ton verse une faible quantite de solution d'iode surla fe- cule deposee dans I'ean ordinaire, la fecule, d'abord legerement coloreejen bleu , se decolore rapidement. Si la quantite d'iode est en exces, la decoloration tardeplus long-temps a s'effectuer. Mais, au bout de six mois de sejour dans I'eau ordinaire, la fecule, d'a- bord coloree en bleu, a repris son eclat et sa blancheur. Cepen- dant, si Ton verse alors dans I'eau une faible quantite d'un acide quelconque, la couleur reparait aussitot, d'une mani^re moins in- tense a la verite que la premiere fois. L'explication de tous ces phenomenes n'est pas difficile a trouver ; I'eau ordinaire renferme certains sels capables de saturer l'iode pour former des hydrio- dates; l'iode sexa done enleve a la fecule avec d'autant plus de rapidite, que la reaction de ces sels sera plus energique, et que les proportions de l'iode seront plus faibles. D'un autre cote, l'iode est tres-volatil; il tend a chaque instant a abandonner la fecule. Unfin , il se forme aussi dans cette eau de I'ammoniaque, comme dans toutes les eaux renfern>ant des detritus de corps organises. C'est pourquoi une assei grande quantite d'iode pourra exister en- core au bout de six mois dans la fecule decoloree. Si Ton verse alors un acide dans le melange, l'iode remisen liberte se reportera sur la fecule, et la colorera en bleu trop intense, pour qu'on soit autorise a peuser que sa saturation etait due aux seuls carbonates lerreuxque cette faible quantite d'eau etait capable de renfermer. a8. La couleur blcuc, communiquee par l'iode a la fecule, dispa- • ( 67 ) raU avec I'evaporation des parties aqueuses, et elle est reinplacee alors par line touleur marion terne ; celte couleur bleiie reparait par raddition de I'eau on d'un atiile lijdrale. Dans un flaron boii- che, la couleur matron se conserve indefiniment. 2g. Action du temps sur la fa'cule dont les tcgumens onl ectate par (a chaleur. — Nous avons vii (16) que la fecule bouillic dans un grand exues d'eau distillee, ne tarde pas a se separer en deux par- ties bieii dislinctes; I'uiie, qui se precipite au fond dn vase avec i'aspect d'une poudre blanche tremblolante et facile ;'i remonter en suspension au moindre niouvement, et I'autre, entierement dis- soule dans I'eau , dont elle ne trouble en aucune maniere la lim- pidile. Ce depart pout etre paralyse par une fermentation trop promptement etablie, dans les grandes chaleurs de I'ete; mais, en un jour, 11 a completement lieu par une temperature moyenne. Pour prevenir la fermentation , il suffit, ou d'avoir lave la fecule ;'i I'alcool, ou d'en deposer quelques goutles dans le liquide bouilli. 3o. La substance soluble isolee de ses tegumens, soit a I'aide du syphon ou de la pipette, soit par I'intermediaire d'un filtre com-"^ pose de plusieurs couches de papiers sans colle , presente les ca- racteres suivans : Jamais on ne voit se deveiopper dans son sein aucune bulle de fermentation; elle n'acquiert aucune odeur, elle ne donne aucun sigue d'acidite ou d'alcalinite aux papiers reactifs, et cela meme apres six mois d'exposition a I'air libre. L'iode la colore en bleu les premiers jours, et y determine des coaguluin de la meme couleui-, qui disparaissent avec la couleur bleue dans I'es- pace de quelques heures ou d'lm jour, scion les doses de sub- stances employees. Une nouvelle quantite d'iode determine les memes phenomenes ; mais en repetant ces experiences , on s'a- percoit que la coloration par l'iode se rapproche de plus en plus du purpurin, et qu'enfin, avec le temps, la substance soluble ne se co- lore plus du tout par l'iode, meme a I'aide d'un acide. Cependanf, cctte substance soluble jouit de toutes ses autres proprietes essen- tielles; elle se coagule par I'alcool, les acides concentres, la noil de galle, etc. ; concentree par la chaleur, elle s'offre exactement avec tous les caracteres des gommes ordinaires ; elle prend par la dessiccation un ceil jaunatre, et se fendiile exactement comme une couche de gomnje arabique. 3i^ On pent produire en \m jour, et artificiellement. sur la sub- ( 68 ) stance soluble cet effet que Ic temps produit. Si Ton fait evaporer en couches tres-peu epaisses, et a une temperature un peu elevec, la substance soluble oblenue tVaichement par le depart des tegu- mens, enfln si Ton torrefie cette substance, die reiusera de se colorer par I'iode, tout ea conservant ses proprietes primitives. 33. Les tegumens, bien laves sur le filtre, se colorent toujours en bleu plus ou moins intense, meme apres une torrefaction suffi- sante. lis se prennent alors en pellicules, se tassent, torment des exfoliations, et, si on enleve mecaniquement ces couches (ce qu'on ne pent faire sans les briser et les reduire en miettes) , la portion de chacune de ces parcellcs qui se trouvait appliquee contre les parois de lacapside, reflechit la lumiere, comme le ferait une pail- lette de mica. 35. D'aulres phenomenes s'offrent a I'observation, lorsqu'on expose au contact de Pair la substance soluble surmontant ses te- gumeus tasses au fond du vase : si la temperature est sufiisamment elcvee (iS" cent, environ), on ne tarde pas a voir des millions de bulles mooter vers la surface; et Ton pent s'assurer que chacune de ces bulles part exclusivement du sein de la masse des tegu- mens. Bientot I'odeur du Hquide devient aigrelette; il rougit le tournesol, et enfm une odeur caseique se degage et acquiert une telle intensite , qu'on pent la saisir a une assez grande distance. Si Ton fait evaporer, on obtient une substance deliquescente, granu- lee, qui a tout I'aspect et I'odeur du fromage longuement expose a sa propre decomposition. 34. Ces efTets sont plus rapidcs et plus prononces si, au lieu de n'exposer qu'une seule fois la fecule a I'ebullition, on reitere I'ebuUition a plusieurs reprises. J'avais fait bouillir huit heures par jour de la fecule, pendant un mois, dans un grand exces d'eau ; je deposai, le 5 avril 1826, cette substance dans un flacon bouche a I'emeri, mais renfermant la moitie de sa capacite d'air atmosphe- rique. Les tegumens se precipiterent bien plus lentement qu'a I'ordinaire ; la fermentation s'etablit plus rapidement. Lc 3i mai, je debouchai le flacon; le bouchon fut repousse avec une forte ex- plosion; le papier tournesol, suspcndu au goulot, rougit sensible- ment; une allumette enflammee, introduite dans le goulot, pro- duisit une detonation violente , accompagnee d'une flamme assez viv«; ralluniette resta incandescente assez long-lemps dans le fla- ( 6c,) con. Le papier touinesol , trempi; dans le fond dii liquidc. cl iioii a la surface, rougissait sur ses bords ; mais, expose a I'air, il efait ramciie au bleu. L'odeur du vase otait aigrelette ct analogue a telle du fiomage qui commence i\ aigrir. Je reboucliai le flacon ; le 10 juin, je I'ouvris encore; le bouchon fut repousse avec la nieme explosion que la premiere fois ; la substance soluble ne se oolorait plus par I'iode. Le 9 juillet, le flacon s'ouvrit avec une moindre explosion ; le liquide a la surface meme rougissait Ic tournesol ; une odeur fetide de vieux fromage s'en degageait de nianiere a infecter le local dans lequel jc faisais rexperience. Eva- poree convenablement , cette substance , au lieu de presenter les caracteres ordinaires d'une gonmie, s'ofTrait sous I'aspect d'une substance jaun5tre, molle, luisanle, grenue, deliquescente, sem- blable a un grumeau de graisse ranee qu'on aurait obtenu par eva- poration, ou plutot a la croQte humide et grenue de certains fro- mages ; elle laissait sur la langue une impression de chaleur, semblable a celle qu'y produit la viande qui a ete rotie jusqu'a un commencement de carbonisation. L'alcoolet I'eau la redissolvaient egalement ; mais, delayee dans I'eau, elle ramenait au bleu le pa- pier rougi par les acides. En jSaS, elle conservait encore son odeur infecte et toutes ses proprietes, quoique pendant tout ce temps elle fQt restee exposee a I'air libre. 55. Action du temps, soit d I'aide de I'eau, soit a I'aide des acides et des alcalis sur les tigumens de la fecule. — Quand les phenomenes de fermentation n'ont pas lieu dans la substance bouillie de la fe- cule , phenomenes qu'on peut paralyser bacc une goutte d'alcool ou une parcelle de camphre, les tegumens se conservent avec leurs premieres formes, lenr premier aspect et lenr premiere propriete de se colorcr en bleu par I'iode. Ainsi, j'ai conserve pendant deux ans, dans im flacon bouche a I'emeri, et a demi lempli d'air. ile la fecule bouillie dans un grand exces d'eau distillee. Les tegumens observes au microscope avaient conserve leur premiere forme ve- siculeuse sans aucune alteration (pi. lo, 2 le, acquiert ponrtant une opacite assez grande pour faire presumer que celte coloration n'est pas due a une veritable dissolution, et qu'ades grossis- semens superieursa ceuxdontnousjouis- sons , c6s coagulations seraient visibles. 52. M. Th. de Saus- 52. Si Ton expose au contact de I'air sure ayant abandonne i de I'empois epais et non surmonte d'une lui-meme de I'amidon tres-grande quantite d'eau, oubien qu'on de I'roment en empois, ait eu la precaution de laver I'amidon en- avec et sans le contact core intogre avec de I'alcool, sa meta- de Fair , pendant deux morphose en acide caseique aura plus mois et meme un an, a difficilement lieu. Les tegumens peuvent cru reeonnaitre que , se subdiviser et fournir de I'acide carbo- par cette fermentation nique et de I'hydrogene aux depens de spontanee, I'amidon s'e- leur tissu (§33). L'empoisdeviendradonc taittransforme, i°ensu- plus liquide et moins collant. On n'aura ere, 2°amidine,3°gom- pas besoin d'attendre deux mois ou un me, 4°l'gneuxamylace, an pour obtenir tous les produits de 5°ligneuxmeledechar- M. de Saussuie ; en deux jours on pourra bon, 6° amidon non de- lesseparerlesuns des autres; i°. Lesucre compose. L'amidinese- qu'a obtenul'auteur en assez grande quan- rait une substance qui tite de I'amidon du t'roment, existait deji se colorerait en bleu dans la I'arine ; il est impossible qu'une par I'iode, mais qui se quantite considerable de sucre, pendant la dissoudrait en une cer- duree du precede des amidoniers , n'ait taine proportion a froid pas adhere a la surface des grains integres, dans I'eau , qui ne for- ne se soil pasemprisonnee dans les tegu- merait point de gelee mens dechires par la meule ou par la avec I'eau bouillante, et temperature de la fermentation du glu- dont la dissolution dans ten. ainsi qu'entrc les divers grumeaux la potasse ne serait pas si tenaces de cet amidon. Si on avait soin visqueuse. Cette sub- de bien broyer I'amidon defroment avant stance , obtenue apres de le convertir en empois, et de le layer des lavages et une des- ensuite a I'eau froide, on obtiendrait une ( 78 Theorle ancienne. siccation suffisaiile, est blanche , ou d'un blanc jauuiltie , tres-friable , en IVagmensirreguliers, sansodeur, sans saveur, soluble en toutes pro- portions dans I'eau a 60°, insolu'iile dans I'al- cool. On I'obtient de I'empois fermente , en la jetant sur un filtre, la lavant , la faisant re- dissoudre dans I'eau bouillante, et (iltrant de nouveau. Le ligneux a- mylace s'obtieiiten trai- tant le residu noa atta- que par I'eau bouillante, par dix ibis son poids d'ane lessive de potasse contenant -^ d'alcali ; ajoutant de I'acide sul- furique faible a la les- sive passee a travers le filtre, on obtient le li- gneux amylace, se pre- cipitant sous forme d'u- ne poudre combustible, jaune, legere, qui, par la dessiccation, devien- dra noire el brillante couime du jayet. Le charbon formera le der- nier reste sur lequel I'eau, I'alcool, I'acide sulfurique , la potasse, auroiit ete sans action. Theorie nouvelle. moins grande quantite de sucre daus I'experience de M. de Saussure. Du reste, I'empois I'ait par la f'ccide de pomme de terre, et abaudonne sans le contact de I'air, ne donnerail point ou presque point de Sucre, a". Maintenant, si Ton jette, menieaussitot apres rcbullition, I'empois sur le fdtre, les tegunieus ( surtout si le fdtre est multiple ) n'y passeront pas , et si on vient a les t'aire dessecher conve- nablement , on les obtiendra avec tous les caracteres de I'amidine. Je les ai vus varier alors du blanc au jaune, se- lon I'elevation de la temperature. Dans I'eau bouillante, les plus petites parcelles ( car il I'aut reduire en poudre cette sub- stance pour la detacher de la capsule ), monteront en suspension , soit dans I'eau I'roideagitee , soit dans I'eau chaude; les plus grosses parcelles resteront au fond du vase , ou se precipiteront instantane- mcnt; du reste, on les veira toujours flotter dans le liquide. Ces tegumens, plus ou moins sondes entre eux, formeront I'amidine, qui, par consequent, bien loin d'etre le produit d'une fermentation , preexistaii a I'ebullition m6me. 3°. Quant au ligneux amylace, si Ton se rappelle qu'on obtient une substance analogue en traitant le ligneux par la potasse, meme faible, mais bouillante, on ne sera plus embanasse de decouvrir I'origine de ce- lui de I'empois. On pent obtenir lememe ligneux amylace, en faisant subir Taction de la potasse et des acides a I'amidon in- tegre. Nous reviendrons sur ce sujet en parlant de VulmiHe. Remarquez qu'on obtieudra des amidines et des ligneux amy laces divers, selon qu'on cherchera a les recueillir a desepoques plus ou moins eloignees. Ainsi, Vamidine se colorera ( 79 ) Theorie ancienne. Theorie nouvelle. par I'iode , les premiers jours en bleu , tin mois apres en pinpiirin, et quelquefois avi bout de six mois , si la temperature a ete tres-elevee, et que la lermentation ait ete active, elle ne se colorera plus; ce sera abirs de Vmuline, selon les aueieus principes; et selon les nouveaux, ce sera la reunion des tegumens depouilles de la substance etrangere qui leur impiime la Taculte de se colorer par I'iode. 4". La substance soluble ayant ete a son tour depouillee de la substance colorable, re- presentera la gomme de M. Th. deSaus- sure ; mais, deux jours apres le commen- cement de rexperience, on pourra obte- nir la meme gomme, en laisant evaporer par couches pen epaisses, et a une tem- perature un peu elevee , la substance so- luble de la feculc obtenue par precipita- tion spontanee des tegumens. 5°. L'amidon non decompose ne I'avaitpas ete par I'e- buUilion; car, lorsqu'on verse en trop grande quantite de l'amidon dans I'eau bouillante, il se forme presque toujours des pelotons dont toute la superficie se compose de tegumens eclates et sondes ensemble, et dont I'interieur renfemie des grains de fecule qui n'eclateraient iila longue que par une ebullition assez pro- longee pour detruire I'agglutination de la couche exterieure , et qui sont proteges par cette coudie contre Taction de la chaleur. C'est pour cela qu'on a soin de ne jamais verser la fecule dansl'eau bouil- lante , sans I'avoir prealablement delayee dans I'eau, que I'onlientagitee jusqu'ace moment. En consequence, tous les pro- duits que M. Tb. de Saussure altribuait a la decomposition de l'amidon, etaient deja tout formes dans l'amidon meme. 55. Quelques chimis- 53. L'amidon iulegre, et dont les grains ( 8'> ) Theorle ancienne. tesetaient persuades que I'eau , meme a la tem- perature ordinaire, dis- sout une certaine quan- tite d'ainidon ; ils se londaient sur ce que I'a- midon , apres avoir ete lave sur un fdtre , perd de son poids d'une ina- niere appreciable. 54. L'amidon , enfin, se compose de petits cristauxtoutformes dans Pinterieur du vegetal, et qui se precipitent par le dechirement du pa- renchyme ou du tissu cellulaire. TheorienoaveUe. n'auront pas ete entames, soil par le hroiement de la meulo, soit par rechauf- fcment de la i'erinentation, est insoluble dans I'eau a la temperature ordinaire, et cela indefiuiment ; mais, lorsqu'un cer- tain nonibre de ses grains ont ete alteres, brises on distendus, alors I'eau s'empare dc la partie gommcuse, et les tegumens, par les niouvemens du liquide, peuvent rester quelque temps en suspension. Les grains de fecule de pomme de terre four- niront moins de cette substance soluble a I'eau que l'amidon de froment ou de toute autre cereale. Sur le filtre, non-seule- ment le meme effet a lieu, mais encore les plus petits granules passent a travers lesmaillesdu papier sans colle: en sorte que l'amidon, meme le plus integre , y semblc toujour? perdre un peu de son poids. Les mailles d'un papier-fdtre sont en general si ecartees, qu'a la simple loupe on pent les distinguer et voir le jour a travers, alors meme qu'a I'oeil nu le papier n'offre aucune solution de con- tinuite et aucune de ces taches lumineu- ses qui indiquent une trop petite epais- seur. 54- L'amidon ne se compose que de globules d'une blancheur eclatante, lis- ses, reflechissant vivement la lumiere , qui croissent comme toutes les cellules vegelales dans I'interieiir d'une cellule, et qui elaborent une substance gom- meuse, de la meme maniere que les au- tres cellules elaborent I'huile , la re- sine, etc. Aucun cristal n'a jamais ete trouve par nous dans le sein d'une cel- lule ; les cristaux que nous aurons a de- crire ne se rencontrent jamais que dans les interstices cellulaires. Nous revien- drons sur ce sujet, en traitant des ana- logies de la fecule. ( «• ) 55. Applications auxavts. — Dans les piocedes qu'on emploiepoiir repasser le Huge, il est indiflerent de se servir d'empois, ou de fe- cule integrc, teniie par I'agitation en suspension dans lean. Ainsi, qu'on impregne de fecule integre de pomme de terre un linge blanc, qu'on le batte suffisamment dans les mains, pour repandre cgalement partoiit les grains feculens humides, Paction seule de la chaleur du fer d repasser fera eclater les grains dans le tissu de la toile , et Vempesera tres-proprement. 56. Une trop longue ebullition, en divisant a I'infini les tegu- mens de la fecule, rendra I'empois moins coUant et plus liquide. Les iels existant ou qui se forxnent par la chaleur dans le menstrue quelconque qui delaie la lecule, accelereront cet effet. 5y. An lieu d'eniployer les precedes de I'aniidonier, et de sou- mettre la farinc a la fermentation, on ferait mieux d'ecraser sur un tauiis les grains de ble encore un pen verts ou non tout-a-fait dur- cis; les granules d'amidon n'etant pas agglutines les uns aux antres par la dessiccation, se detacheraient sans alteration et sans dechirer leurs tegumens; et les produits auraient subi moins de pertes et de dechet. La fermentation serait meme des ce moment inutile, surtout si Ton rendait I'eau acide pour coaguler un peu le gluten et diminuer ainsi son elasticite. 58. Qn a fait depuis long-temps de nombreux essais, afin de parvenir a coUer le papier a la cuve, par le moyen de Camidon. Ces essais ont ete en general steriles, parce que Ton se servait d'amidon converti en empois; un seul fabricant avait eu le bon esprit d'em- ployer I'amidon intcgre ; mais son procede restait secret. iSos expe- riences nous ont mis a meme de pre voir, qu'en placant, dans la cuve, une pate formee d'amidon etd'buile de terebenlhine savonu- /(-'« par I'alun , on obtiendrait un collage parfait, si, apres que la feuille de papier a ete retiree du moule, on faisait parvenir sur elle une bonffee de chaleur suffisante pour faire eclater les grains feculens, ou bien si Ton promenait la feuille sans fin entre trois cy- lindres dont la capacite serait suffisamment chauffee par la vapeur. Le succes a couronne nos previsions, et le papier, par ce procede, se coUe d'autant mieux, et d'une maniere d'autaut plus egale, que les grains, au lieu de s'appliquer seulement sur la surface du tissu, sc trouvent emprisonnes entre les fibriles , et que , par consequent, 0. 6 { 8i } lo papier est colic a rexterieur corame a I'interieur. (Voy. le Bull, dcs Sc. tc'c/inologiques, torn. IX, n" 108, 1828.) ( La suile ati nanicro procludn. ) ANALYSE D'UN KYSTE HUMAIN CONTENANT DE LA CHOLESTliRINE; PAR M. RoucHAT, pharmacien de premiere classe de la marine, au port de Toulon. Pition, apprenti marin, age de 18 ans, avail, depuis sa naissancc, a la parlie moyenne interne du bras gauche, un kyste atheromateux dont il a ele opere, de forme gioludeuse, du volume d'un oeul" do poule ordinaire, mobile , non adherent aux muscles. Lamatiere contenue dans ce kyste etait grisatre, grumelee, d'une consistance de bouillie, et presentait, disseminees dans sa masse, de petites ecailles blanchatres, membraneuscs, semblables a des t'ragmens de mica. Le kyste avait sa face interne ridee et d'une couleur grisatre, analogue a celle de la matiere secretee. 1°. La substance renfcrmee dans le kyste, delayee dans I'eau distillee froide, puis ensuite fdtree, a fourni unliquide limpide et transparent, qui s'est conduit avec les reactifs de la maniere sui- vante : 1° L'hydrochlorate de deutoxide de mercure a donne a cette liqueur un coup d'ceil opalin ; •2° L'acide nitrique a produit le nieuie phenomene ; 3° Une temperature de 100" Reaumur I'a rendue lai- teuse. 2°. Ainsi traitee par I'eau distillee froide, cette substance a etc soumise i Taction du menie liquide, aidee de la chaleur ; la li- (]ueur filtree ne precipitait plus par le deuto-hydrochlorate de mercure. 1° Le chlore la troublait d'une maniere asscz prononcee ; 2° L'infusion de noix dc galle y formait un precipite abnn- daut; 3° Le nitrate d'argcnt occasionait dans ce liquide un preci- ( 85 ) pile blant-, caillebote, insoluble dans I'aoide nitriqiie el so- luble ilans I'ammoniaque ; 4° I-e sous-acetate de plonib iroiiblait le liquide en blanc : j'attribuai cette lactescence a la presence d'lin peu de mu- cus; mai«, plus tard, je me suis assure que ce plienomene etait du a la decomposition du sous-acetate de ploiub par une petite quantite d'hydrochlorate de soude contenu dans le liquide; 5° La liqueur possedait aussi la propriete de se prendre en masse gelatineuse, lorsqu'on I'evaporait convenablement. 3°. La substance du kyste, epuisee par I'eau distillte froide, et parcelle elevee a loo" de temperature, a ete chauffee dans an petit ballon en verre avec de I'alcool a 58°; apres un instant d'e- bullition, on a filtre et remis de I'akool, afin de I'epuiser de tout ce qu'elle pouvaitcontenir de soluble dans ce liquide : les liqueurs alcooliques, filtrces et reunies, sont devenues laiteuses par le re- Iroidissement, et ont laisse deposer des lamescristallinesassezblan- ches et une matiere grasse de couleur jaune assez intense. Ces cristaux lamelleux, chauffes avec une solution de potasse causlique jusqu'a ebullition et pendant vingt-cinq minutes, n'ont jm etre saponilies ; Traitcs par I'acide nitrique, ils ont ete attaques et dissous; et par le refroidissement spontane ou par I'addition d'un peu d'eau IVoide, il s'en est separe une matiere jaune, solide, qui, purifiee, presentait les caracteres de I'acide cholesterique ; Get acide a parfaitement sature la potasse, et le sel obtenu s'est conduit comme un cholesterate; La fusion de ces cristaux n'avait lieu qu'au-dessus de ioo° cen- tigrades; Ces cristaux etaient done de la cholesterine. Quant a la matiere grasse coloree en jaune, qui avait ete preci- pitce,de meme que la cholesterine, de I'alcool qui avail exerce sa force dissolvante sur la matiere du kyste; traitee par la potasse causlique, elle s'est saponifiee a I'instant, et meme u froid. Dissoute dans I'alcool, et la dissolution evaporee jusqu'a con- sistance sirupeuse, j'y ai ajoute une goutte d'a( idc sulfurique concentre, qui, sur-le-champ, lui a donnc une tris-belle couleur bicue; en ajoutant de nouveau deux on trois gouttes du meme ( 84 ) aciile, la couleur bleue s'est metaniorphosee en une couleur rouge (les plus vivcs, seniblable a celle que Ton obticnt en faisant reagir I'acide nitriqiie surFacidc uriqiie, et faisant aniver par-dessus des vapeurs ammoniacales pour la developper davantage. N'ayant qu'une tr^s-minime quantite de ce corps gras colore en jaune, je n'ai pu multiplier ines experiences; toutefois d'apres le mode d'action de I'acide sulfurique, je crois reconnaitre ici le principe colorant jaune, uni a la graisse, principe trouve par M. Lassaigne dans quelques tumeurs des enfans nouveau-nes icteriques, et tout recemment annonce par M. Braconnot , dans Turine d'un icterique, et dans un liqnide epanche dans le bas- A'entre d'un homnie; dans ce dernier liquide, ce principe colorant s'y trouvait combine avec une matiere grasse, et acconipagnait la cholesterine. M. Braconnot a avance que ce principe jaune presente I'ana- logie la plus complete avec la polychroite. 4°. La matiere du kyste, apres avoir cede a I'eau distillee, a dif- ferentes temperatures, ainsi qu'a Talcool , tout ce qu'clle contenait de soluble dans ces liqu'ides, a I'te placee dans une fiolc avec de I'acide acetique concentre, et le tout a ete portea I'ebullition pen- dant un quart- d'heure : cette matiere est devenue transparente, et bientot apres la totalite s'est prise en masse; des ce moment I'eau bouillante a pu ladissoudre, et la solution s'est conduite avec les reactifs, comme une dissolution de fjbrine dans I'acide acetique. 5°. Cent parties de la matiere contenue dans le kyste, incinerees dans un creuset de platine, n'ont laisse que sept parties de residu : elle contenait done gS p. loo de substances combustibles ou orga- niques. Ces cendres (residu), lavees par I'eau distillee bouillante, ont fourni, par I'addition du nitrate d'argent, un precipiteblanc, caille- bote, de chlorure d'argent; les sels barytiques ont donne nais- sance a un precipite blanc, pulverulent, insoluble dans I'acide ni- trique. La portion des cendres, insoluble dans I'eau distillee, traitee par I'acide nitrique pur, s'y est dissoute avec une legere efferves- cence. L'bydrocyanate triple formait, dans cctfc solution nitrique, un precipite bleu ; (85 ) L'ammoniaque, ajouleeenexces, occasionait un precipite com- pose de phosphate de chaux et d'oxide de fer : le liquide , siinia- geantce precipite, donnait, parl'addition d'oxalated'ammoniaque, un precipite non moins volumineux que le precedent. En resume, cette matiere du kyste , d'aiileurs tres-compliquee dans sa composition , a donne a I'analyse : De I'albumine, de la gelatine, de la fibrine, de la cholesterine, dela matiere grasse , de I'hydrochlorate de soude, du sulfate de soude, du phosphate de chaux, du carbonate de chaux, de I'oxide de fer; peut-etre devrait-on y ajouter le principe colorant jaune, polychroite, selon M. Braconnot. Je ne sache pas que la presence de la cholesterine dans un kyste humain ait ete annoncee jusqu'i ce jour. Je dois dire, cependant , que M . Laugier, en 1816 {Annates de C/iimie et de Physique , mois de juin) , en a soupconne I'existence dans un kyste qui avail son siege au bord libre du foie, dans le cadavre d'une femme agee d'environ soixante-dix ans. Apres avoir divise ce kyste et I'avoir traite par I'alcool, ce chirnisle s'exprime ainsi: « En se refroidissant, I'akool ))se troubia et deposa une petite quantite de cristaux lamelleux nqui paraissaient seiublables a I'adipocire des calculs biliaires. Une aseconde portion d'alcool, mise en digestion, se troubia legere- wment par le refroidissement, et deposa quelques lames nouveiles ; »une troisieme portion du meme liquide. chauffee avecla matiere ndu kyste, ne presenta , en se refroidissant, qu'un louche leger, et »ne deposa rien. »Ces lames reunies donnerent si peu de cette substance, que je nn'ai pu m'assurer si c'etait de I'adipocire, ou si elle en differait »par quelques caracteres. » La presence de la cholesterine dans ce kyste humain, et la pre- sence de ce meme corps demontree par M. Braconnot, dans le liquide epanche dans le bas-ventre d'un hornme, sont, jepense, les seuls cas pathologiques connus qui aient offert la cholesterine chezl'homme, dans un etat autre que celui de concretion. Les analyses foites jusqu'a ce jour viennent a I'appui de ce que j'a- vance; en effet, Melandri a rencontre la cholesterine dans un calcul trouve a la region de I'hypocondre gauche et sous la poche aponevrotique des muscles abdominaux d'une femme. M. Morin I'a rencontree dans une concretion trouvee dans le cerveau d'un ( 86 ) , homme; M. Lassaigne a analyse une mSme concretion et obtenu lememe resultat; M. Fee I'a extraite d'un calcul trouve dans une tunieur t'ormee dans I'hjpocondre gauche d'une femme. 11 est bon d'observer que, chez les animaux, la cholesterine s'est oflerte, jusqn'a present, moins frequemment comme principe con- stitutif de certaines concretions; car les auleurs ne citent guere que M. Lassaigne, comme ayant trouve de la cholesterine dans une concretion fomiee dansle cerveaud'un cheval; tandis que nous Savons, d'aiitre part, que M. "Woehler I'a reconnue dans la sero- site d'une hydrocele; que M. Morin I'a rencontree dans un kyste situe sous la languc d'un perroquet; et que M. Lassaigne I'a dcr couverte dans la matiere d'un squirrhe qui s'etait developpe dans Ic mesocolon d'une jument. NOTE suR LES Belemniice poiygonales et bisuici Rasp. ; PAR M. Raspail. Dans mon travail sur les Belemnites de Provence [Annal., t. I, levr. ) , j'avais cru pouvoir me dispenser de publier les figures de ces deux groupes. Les formes du premier (polygonalis) sont si variables, qu'il eQt ete plus facile de figurer tons mes echantillons indistinctement, que de choisir, dansle nonibre, une serie de types capables de representer ce que peuvent avoir de comimun ces variations de formes et d'aspect. Cepeiidant, reflechissant en- suite sur I'insuflisance d'une description, quelque detaillee qu'elle puisse etre, si on ne I'accompagne pas de figures exactes, je me suis decide a me remettre a I'ouvrage , et a dessiner ceux de mes 5o echantillons qui me paraissent susceptibles d'offrir a I'csprit comme tout autant de points de repos de cette variation orga- nique. Lc second de ces deux groupes [binulci) u'avait ete figure (|uc d'une maniere incomplete et sur un seul echantillon. J'ai du en reproduirc deux figures pour en montrer le sommet et I'aspect ijfcneral. ( »7 ) Les Belemnites polygonales affeclent des formes si varices, que je me dispcnserai d'assigner des noms aux divers types que ron voit dessines sur la planche 4' de cette livraison. Je les diviserai seulement en trois groupes principaux, que je definisdelamaniere suivante. 1". Tetragonolobi : Belemnites dont les quatre faces superieures plus ou moins sinueuses correspondent chacune a un des quatre lobes de la base, fig. i-^, pi. 4- Ses faces superieures s'arrondissent et s'eflacent plus ou moins, mais on en retrouve cependant toujours quelques traces sur un point quelconque de la longueur. Les figures de chacun des echan- tillons dessines sont acconipagnees a la base de deux ou trois coupes transversales, rangees d'apres I'ordre de superposition des parties qu'ellcs representent en conimenfant toujours par le haut. LVcliantillon 6 n'oflre pas les plus petits vestiges d'alveole ; il parait nieme etre presque complet. Les aulres ont ete casses Iransvcrsalenient par la presence des alveoles a une plus grande distance du point d'insertion. L'echantilion 7 ronge par les spi- rozoites, offre a sa base deux sillons lateraux egaux et qui ne sont que les prolongemens des plis dont se composent les deux faces laterales vers le milieu de la longueur de I'individu. L'echantilion 3 a un aspect plus mat que les autres, il est grisatre et s'eloigne sous ce rappoit de tons les autres, qui sont parfaitement bien agatises. 2». Tetragoni : Belemnites ayant a la base et sur toutes les autres portions de leur longueur 4 faces et quatre angles, fig. 8-i3. L'echanlillon 9 a ses deux faces les plus larges et opposees , creusees en forme de deux gofuttieres adossees I'une contre I'autre. et dont les bords se releveraient a angle droit. L'echantilion 8 offre au contraire quelque chose d'analogue sur les deux faces les plus ctroites et opposees. L'echantilion 11, dont les faces forment une pyraniide renvcrsee a quatre angles rectangles, s'eflilenten un cylindre si etroit qu'on ne saurait y nieconnailre ie point d'inser- tion ; nul alveole n'a corrode ces echantillons. i 88 ) r*'. Hcteromorplu : Belemiiites dont les formes aiioniales coiisei- vent pourtant encore des traces evidentes du type principal , fig. 14-19. Tons ces echantillons, en arrondissant leurs contours ou leur sommet, ou bien en aplatissant deux de Icurs faces, prennent des formes si eloignees en apparence de celles qu'afTectent les echan^ tillons des deux premiers groupes, que si on les observait isole- ment, on ne manquerait pas d'y voir des debris d'luie espece d'a- nimal distinct de celui auquel ont dCi appartenir les echantillons que je viens de decrire. Cependant, avec un pen d'attention , on parvient toujours i decouvrir, sur leur surface, des traces recon- naissables, soit des ftices, soit des angles des premiers ; enfin, deux de leurs faces oflrent presque toujours la nervure longitudinale qui sillonne legerement deux des faces opposees des Belemnites de ce groupe. Ce dernier caractere se perd rarement tout-a-fait. Les echantillons 17 et 19 sont les limites de cette degradation d'or- ganes appendiculaires. Tous ces individus portent encore, sur leur surface, des empreintes de lacraie chloritee dans laquelle ilsontete trouves. Les figures 20 et 21 representent les deux moities superieure et inferieure des B. bisuici avec leurs coupes transversales respec- tives. Ces echantillons, qui appartiennenta lacraie chloritee, sont tou- jours plus ou moins plisses sur leur base. On trouve une empreinte d'alveole a la base de I'un et de I'autre troncon. EXAMEN CRITIQUE DE LA THEORIE DE M. AlEX. BrONGNIAKT SDR l'aGATIS ATION, PRINCIPALEMEKT PAR RAPPORT AIX SPIROZOITES. En 1827 M. Brongniart, a I'article Silexdu Diet, des Sc. nalu- reltes de Levrault, a public un travail special sur ragatisation. II y adopte I'opinion de Patrin, qu'il developpe en ces lermes : « La matiere siliceuse des agates etait dans un etat particulier de disso- lution qui constiluc ce qu'on appelle des gelees , etat dans lequel ( 89 ) une tnatiere homogene, reduite a ses molecules integrantes, preiid une consistance visqueuse, quilui permet de se moiivoir en con- servant une certaine forme et une certaine epaisseur, et d'etre pe- netree par des corps etrangers qui, au lieu de se precipiter et de se reunir, comme ils le feraient dans un liquide parfait, peuvent se disperser egalement dans la masse de cette matiere, y resler suspendus et s'y disposer suivant des circonstances qui tiennent a leur nature et A leur etat (pag. 181). Cette gelee venant a s'intro- duire dans une cavite dejii pratiquee , se solidifie et offre des cou- ches concentriques, arrondies ou polygonales, lesquelles repre- sentent les diverses substances etrangeres introduites dans cette gelee. » Cette theorie nous a paru s'arreter precisement la ou commence le phenomene le plus interessant, celui que M. Brongniart s'e- tait principalement propose de resoudre; car, que la silice se soil introduite sous forme de gelee dans la cavite qu'clle a remplie en se solidifiant, il n'y a rien la ni de nouveau, ni de bien difficile a admettre dans un grand nombre de cas. Je dis dans un grand nom- bre de cas; en eft'et, cette theorie est inapplicable aux divers echan- tillons d'organes , qui, quoique silicifies, offrent encore a Paul les parties les plus tenues de leur organisation dans la disposition qui leur est naturelle; ainsi, les troncons d'arbres silicifies qui con- servent toutes leurs couches concentriques et la multitude de leurs rayons medullaires, n'ont certainement pas etc silicifies par I'in- troduclion d'une gelee epaisse et visqueuse, qui n'aurait jamais pu penetrer dans des interstices aussi etroits. Cette theorie serait done exclusivement applicable au cas oi'i la siUficalion a remplace les organes prealablement detruits. iMais , quant au parallelisme de ces zones de diverses couleurs que la coupe transversale de cer- taines agates presente si souvent, je trouve que M. Brongniart se contenle de la decrire, mais qu'il ne I'explique pas. En vertu de quelle loi diverses substances enveloppees ou introduites sans ordre dans la silice gelatineuse, y prennent d'elles-memes un arrange- ment si regulier, y torment des zones completes, et se circonscri- vent les unes les autres? Comment, eufin , s'est fait le depaj-t de ces zones inegulitMes dans leurs contours, mais si regulieres dans leurs rapports reciproques? La s'arrete la theorie; et c'etait lu pourtant qu'elle devait se porter. » ( 9" ) En nieme temps M. liiongniart citait a I'appui de su iheoric, ilcs figures" (lu'il avail trouvces dans le tesl do plnsieurs coqiiilles fos- siles des terrains de sediment moycn , en parliculier de la giauco- nie saljleuse {Grecnsand) dn calcaire jnrassique , et surtout du lias. La phipart des coquilles de ce terrain, disait-il, maisphis particu- lierement celles de la farailie des ostracees , telles que les peignes €t les gryphees, presentent dans leur test une mnhitnded'orbicules tJalcedonieux, composes de ccrcles on petits cordons saillans, par- faitement circalaires et parfailcmevtconcintriques , tantot Isolds, tan- tot conjluens. On voit aussi ces memes ori)icules dans le test fossile des spatangues et des terebratules. On a pris quelquefois ces or- bicules pour des corps marins, parce qu'on n'avait regarde ces ob- jets que superficiellement ; mais, en les examinant avec quelque attention, on voit qu'ils n'offrent aucune organisation, et qu'ils sent de pure silice an milieu du test calcaire. » En 1829, quatre mois apres la publication de notre travail sur les Belemnites (1), ont paru dans I'atlas du Dictionnaire des Sciences naturelles les figures desfinees a I'intelligence du texte de 1837; et, des le premier coup d'oeil , nous avons reconnu I'anaiogie des figures que M. Brongniart indiquait sur les terebratules, pi. VII , fig. 1 , 2 , et 1 , 2 «; sur un spatangue, pi. VII, l\ e\. ^ a; sur le Gryp/nva arcuatu, pi. VI, fig. i, 2,5, et le Gryphma colurnba 4, avec les spirozoites. Cependant, comme les details analyliqucs en sont un pen imparfaits, nous avons cherclie a examiner par nos propres yeux les objets eux-memes; nous avons trouve au Mu- seum une Gryphcea arcuata, dont le test avail ete ronge par les spirozoites ; mais ceux-ci, au lieu de n'olTrir que deux cercles exac- tement concentriques, comme dans les spirozoites des Belemnites, en possedent trois, qui, du reste , ne sont pas ondules ; en sorte que les spirozoites des Gryphcea d'Alais seraient une variete dis- tincte , qu'on pourrait appeler S. grypliipliagus. Nous avons trouve aussi dans la premiere salle de geologic, a cote des ammonites, un echantilion assez volumiueux convert de spirozoites entiere- mcnt analogues par leurs formes et leur mode d'agatisation aux spirozoites des Belemnites; I'echantillon qui les supporte est pen (1) Annul, des Sclcnc. U'Obserr. , Ictn. I, iV;viier iSr>.<). (90 susceptible d'etre determine ; cependant il parait elre uu del)ris d'lm elre organise. Sauvages (i) a decrit et figure la gryphee arquee des environs d'Alais, de la meme maniore que iM. Brongniart, c'est-a-dire avec ses ccrcles concentriques, quelques fois irreguliers, dil-il, mais toujours paralleles et a des distances a pen pres egales I'un de I'autre. Mais toules ces descriptions, meme a I'aide des figures, sont capahles dedonner le change, tant qu'on n'a pas eu I'occasion d'examiner les echantillons eux-menies. C'est ainsi que Guettard {-i) a decrit et figure des objets qui, au premier coup d'ceil , ont une certaine analogic avec les spirozoites, et qui cependant ne sont autre chose que desmamelons calcaires, des stalagmites, que I'an- leur appelle chouflettr, ou bien pierre brassicolde, brassica florioides. Enfin , il est incontestable que les cercles concentriques que U. Brongniart decrivait en 1827, et qu'il a figures en 1829, se rapportent exactement a nos spirozoites. 31ais nous ne pouvons nous expliquer les raisons qui ont porte Tauteiir a voir dans ces ro- settes Tanalogue de ces cercles ou polygenes inscrits les uns dans les autres, qu'offre la coupe transversale de certaines agatisations. NuUe transition, meme un pen brusque, u'existe entre les uns et les autres ; celles-ci offrent ces figures inscritesde diversescouleurs dans I'interieur de lenr substance ; les spirozoites. homogfenes dans I'interieur de leur substance, ne possedcnt que des cercles en re- liefs; et ces cercles, au lieu d'etre tousparfaitement concentriques, comme les decrit M. Brongniart, se disposent en spirale apres le second ou troisieme du milieu. Erifin, ces spirozoites ne se rencon- trcnt jamais a la surface d'un organe ou d'un test; c'est dans I'in- terieur qu'on les trouvc ranges avec un ordre admii-able, exacte- ment appliques par toule leur surface contre les parois de la ca- vite calcaire qui les renferme; et si quelquefuis ils semblent s'etre formes a la surface, c'est quel'ecorce de I'organe qui lescontenait s'est exfoliee et les a laisses a nu. Comment penser que de pareils corps, remplissant toute la capacite d'une Belemnite , alors que celle-ci n'en oftVe presque aucune trace a I'exterieur, ne soient que (1) Mim. dc I' Acad, des Sciences , t'M, \>- 4'"» p'- X, Cg. i, 2, 5. (2) Mini. d'Hist. !\'al., iiieni. i4, vol. IV, j). 534, I'l- lo. ( 90 le produil de la silice brute. Comment cette gelee serait-elle ve- nue coiTodtr Ic ealcaire de la substance d'une Belemnilc, s'y me- nager des moules aussi reguliers, aussi elegans ? Dans la tbeorie nieme de M. Brongniart, cc fait est inadmissible; on aurait pu I'admettre, quoiquc assez diflicilement, en supposant, commc seniblait le faire M. Brongniart, que ces figures s'etalent formecs comme des stalagmites, a la surface des gryphees ; mais aujour- d'hui qu'il est evidemmcnt prouve que ces corps se sont tou- jours formes a I'interieur des Belemnites, par exemple, le faible reste d'analogie qu'on aurait pu signaler entre ces spirozoites et ies cercles conccntriques des agates, tombe sans retour. Dirait-on que Ies moules interieurs avaient ete d'abord formes par la cor- rosion d'un parasite, et que la silice s'y est introduite apres le depart de celui-ci ? On sent que la question se reduirait alorsa une simple logomachie; car, en fait de fossiles agatises, il est fort in- different que la forme extcricure en soit due au moule ou a la me- tamorphose de I'individu. Cependant, comme on ne trouve jamais la substance terreuse du gisement dans ces cavites (substance qu'on trouve pourtant si frequemment dans I'alveole) , qu'elles ne sont remplies exactement et sans exception que par de la silice bien agatisee et affectant presque toujours la meme transparence et la meme couleur, il est necessaire d'admettre que cette agatisa- tion a ete determinee par la presence de I'animal meme. En consequence, lesorbicules de M. Brongniart ne sontque des animaux parasites qui se developpaient dans I'interieur des tests calcaires ou des Belemnites; ce sont des spirozoites. R. SUR LES MOLISCULES ACTIVES. On avait pense que la question des pretendus mouvemens des granides quelconques etait epuisee, et que, de palinodies en pali- nodies, on etait enfin tombe a la resolution de ne plus parier de rien.Onn'en est pas quitteasiboncompte avecles societessavantes, quand quelques-uns de leurs membres ou de leurs proteges se sont fourvoyes dans une opinion hasardce. Aussi M. Rob. Brown re- vienl-il a la charge aprcs lui an dc silence; et , au mois de juil- (95 ) let 1829, il s'est renilii a Paris pour distril)uer, clans I'Academic des Sciences, un opuscule de sept pages d'impression intitule : Additional Remarks on active molecules, m-8°, Londres, 1829. De memo que dans le numero d'octobre 1828 des Annates des Sciences natarelles, M. Brongniart avait eu grand soin de taire ii ses lecteurs les raisons apportees contre lui, de supprimer ce qui le compromettait le plus, de produire des temoignages dont nous serions tentes de nier I'aulhenticite, puisquenous possedons de la part des memes temoins des temoignages contraires; enfin d'ar- ranger apres coup son opinion, et de la tailler, pour ainsi dire, sur le modele de la refutation ; de meme M. Rob. Brown , apres avoir pris un assez grand nombre de precautions pour cou- vrir plus ou moins les concessions qu'il fait, renverse reellement tout son premier ouvrage , et en construit un de toutes pieces des- tine en apparence ;i confirmer le premier. L'auteur avait annonce dans son premier memoire que toutes les molecules soitorga!:iques, soit inorganiques, etaient douees de moavement ; il les avait assimilees aux pretendus animalcules sper- matiquesdes vegetaux, que M. Brongniart et M. de Cassini conside- raient comme doues d'un mouvement spontanc. Aujourd'hui M. Rob. Brown ainsi que 31. Brongniart se plaignent qu'on leur ait prete cette opinion; celui-ci regarde le mouvement comme inherent d ces molecules, et M. Rob. Brown declare que les particules ex- irernemenl tenues d'un corps solide, lorsqu'elles sont suspendues dans feaii pure ou dans quelque autre fluide aqueux, montrent des mou- vemens dont, dit-iUyc ne puis rendre cample, et qui, d'apris leur irrcgularite et leur independance apparcnte , ressemblent a un degrc remarquable aux mouremens moins rapides de quelqaes-uns des plus simples animaux inferieurs. W. Rob. Brown avait etabli , dans son premier travail (1), que les granules en mouvement etaient sphe- riques, d'un diametre uiiiforme, quoiqu'il les eut vus varier de ttJt^ -^ 5T7;^ de pouce anglais, suivant les differentes substances souuiises a son examen. Aujourd'hui l'auteur avance que ces mo- lecules qu'il appelle actives paraissent etre splieriques ou d peu pres, et ont en diametre de ^^5773 o.—'^^ d.e pouce anglais, et que d'autres (1) Voy. Annnl. .) Annal. des Siicnc. nalurelle!:, torn. XVII , jiiillet iSac), p. 3()2. I 97 ) pent ctre ires-exact, et cependant voire opinion peut etre erronrc. Nous soutiendrons done encore que I'ovulc est impcrfore , meme a I'age auquel IM. IMirbell'a siirpris. Nous I'avons assez observe a cet age, et nouspouvons garantir que nous n'avnns jamais rien ren- contre d'aussi net, d'aussifini, que ce que figure aujourd'huiM. Mir- bel. (]elte circonstance nous rappelle un propos que tenait, en notre presence, un des plus celebres physiologistesd'Allemagne : Dans les dessins de M. Mirbel, il y a deux choses a considerer; d'abord, le des- sin qui est d'apres nature, ensuite, le i' dessin fail d'apres le premier. Celai-ld qui est le vrai, ne par alt jamais assez joli d iauteur, il resle done en parte feuille ; celui-ci, que M. Mirbel emOellit de tous les acces- soiresnecessaires pourcnreleverl'effet, est toujonrs plus joli que la na- ture, mais je dois declarer que je ne I'ai jamais trouve ressemblant. Nous partageons absolument I'avis de cet observateur celebrc. Si la dignite de M. Mirbel lui permet de faire attention a notre modeste avis, nous le prierons, dans Tinteret de la science, de nous donner des choses moins belles (tout le monde aujourd'hui peut en faire a ce prix) , niais de nous donner du vrai; le vrai, quel qu'ilsoit, est toujours assez beau. Nous ne chercherons pas au- jourd'hui il suivre pas a pas M. Mirbel, et a confronter ks details de ses dessins avec les objets eux-menies; nous renverronscetexamen an printemps prochain. Nous alions aujourd'hui donner ('expose succinct de ses idees, telles qu'il les enonce dans le travail fort abrege qu'il vient de publier. wDansl'origine, I'ovule n'estqu'une petite excroissance pulpeuse qui ne parait avoir aucune enveloppe, aucune ouverture. (i) Pen apres, le point culminant de la petite excroissance se perce, et Ton commence a distinguer I'exoslome [perforation de la membrane cx- terne de I' ovule), Vendostome [perforation de la membrane interne), et a la faveur de ces deux orifices, la primine [membrane externe, test), la se:ondine [membrane plus interne), et le nucelle. A cette epoque tous les ovules sont orthotropes : mais la plupart de- (i) La grainc avec sun enibryou ii'a done ete qn'uiic glaiide un pen coru- posee, dont une cause quelcunquc aura determine le devcluppemcnt succes- siC, ou pltitot les elaborations successives. (iWtm. (/„ la Soc. d'Uistoire tialiir. dc Paris, tome III, 1837, j). 281J (98 ) vicnnciit eiisiiilc caiiipulitropes, c'est-a-dirc que leur sommet, de diametralement oppose qu'il etait a la base de I'Dvule, se rap- proclie au contraire d'elle, par la courbure de rembryoji. Ou- tre les membranes deja counues, dont M. Mirbel change un peu arbitrairement le nom en ccux de primine etsecondine, I'auteuren a decouvert une autre qu'il nomme quartine, qui n'est pas rare, d'apres lui, et que Ton aurait coni'oudue avec la tercine qui est le nucleus des auteurs, le nucelle. La quintine enfin de M. Mirbel revient a la resicule de I'amnios de Malpig-hi. » Le developpement de cette quintine sepresente avec des carac- teres generaux qui ne perniettent pas de la meconnaitre. Son de- veloppement n'est complet que lorsqu'il a lieu dans un nucelle qui est reste plein de tissu cellulaire, ou dans une quartine qui s'en est remplie. Au centre du tissu s'organise, comme dans une miitrice, la premiere cbauche de la quintine; c'est une sorte dfe boyau delie, qui tient par un bout au sommet du nucelle, et par I'autre bout a la chalaze. La quintine se renfle^ et I'embryon de- vient visible presque simultancment. Le renflement de la quintine s'opere du sommet a la base; elle refoule sur tous ies points le tissu qui renvironne; sou vent meme elle envahit la place qu'occupait le nucelle ou la quintine. Un fil tres-delie, le suspenseur, descend du sommet de I'ovule dans la quintine, etporte a sonextremite un glo- bule, qui est I'embryon naissant. On nevoit jamais la quintine de cer- taines ciicurbitacces adheier a la chalaze ; cependant il est evident quel'adhcrence aexisle. La quintine, renflee a sa partiesuperieure, et suspendue comme un lustr^ au haut de la cavite, offre encore a sa partie inferieure, un bout de boyau rudimentaire devenu libre; la separation s'est operee de tres-bonne heure, par suite du dechi- rement du tissu du nucelle. » Que Ton disseque I'ovule du statice armeria , ou de toute autre espece de ce genre, quand le bouton de la fleur commence a poindre, on trouvera que I'ovule s'est place de maniere que son sommet re- garde le fond de la cavife de I'ovaire. Alors I'exostome et I'endostome sont tres-dilates, et le nucelle otfre une masse conique, a sommet ar- rondi; peu ensuite I'ovule se redresse, retrecil son double orifice, et ne laisse plus apercevoir que le sommet de son nucelle; et dans le meme Icmps un petit cyliudre, produit par la partie superieure de la cavite de I'uvaire, s'allonge, el dirige son bout vers le double (n<) ) orifice d(! I'oviilc (i); ct, comnic I'ovule cl Ic cylindrc croisscnl simullaiH'inent ^ans qui' Iciir diicclioii change, bientot le l)oiit ilu cylindre rencontre, couvrc et bouche rorifice de la seeondine, qui depasse un peu I'orifice de la primine. Dans les euphorbes, uii petit bonnet, en forme d'eteignoir, joue a peu pres le meme role que le petit cylindre des plonibaginees. » Ces opinions, qui nous paraissent au nioins concues a la hate, sont aocouipagnees de dessins grossis. Mais I'auteur ne fait con- naitre ni le grossissenient employe, ni les procedes qu'il a suivis^ soit pour observer de tels objets, soil pour les dissequer. R. REVUE ANALYTIQUE »E QUELQTES-tJNES DES ESPECES DE CyUodon RaSP.. <^ri CO>STI- TUAIENT l'aNCIEN GENRE Avundo ," PAR M. RASPAIL. En ferai-je un genre ou une espece ? dit a ses amis, Ic botaniste fa- tigue de nesavoir que faired'uncchantillon qui luiest tombe sons la main. Surcette proposition, une consultation botaniquea lieuenlre trois ou quatre aristarques de I'empire de Flore, qui, a force de s'etre vantesreciproquement dansiesjournauxetdans les academies, ont acquis le privilege exclusif de decider en dernier ressort des dilTi- cultes de la science, et de souniettre meme les lois de la nature :i leur supreme volonte. Vous dire sur quels principes s'appuie la consultation, de quelle sorte de considerans decoule la sentence, ce serait chose un peu embarrassante ; chacun regarde, examine, retourne I'echantillon, le lorgne avec la loupe, en considere I'ana- lyse; enfin, laperplexite du consultant a son terme ; et chacun des juges s'ecrie avec I'accent do I'inspiration: // faut en [aire un genre; ou il n'en fat jamais ! Des ce moment tout est trouv^ ; les poils, les scabrosites, les epines, les aretes, la forme, la couleur, enfin niille autres signes exterieurs acquierent une importance exclusive : la (i) Les dessiDS dc M. Mirbcl n'indiquent aiirunt'ment que ce suient la deux orifices; etilest tout aussi bien perinis d'admcttre que ce qu'il considere comme un orifice n'est qu'un simple bouriclct circulairt; Voila pourlant la scule preuvcsur laquclji- M. Mirbcl jppiiie sa iioiivflle description. li plume vole sur le papier, la description geiieiiqiie occupe on iiii instant une demi-page; et notre herhe, nn instant auparavant sans litres et sans honneur, est tout a coup, afin do parler le langage technique, devee au rang de genre, pour monter tot ou tard a la (lignite fie farnille. Qinnn faber , inccrtiis scatimum , faceret nc priapiim, ma'uil esse Deum. Hor. Siquelqnetemeraire osait ensuite laire redescendie du haut de son elevation, cette espece ennoblie, et la ranger parmi les especes vul- gaires, il verrait son sacrilege accucilli parle mepris de I'indigna- tion; ilserait accuse de jeter ledesordre et la confusion dans lesanc- tuairedela science: ce serait un espritheterodoxe, enclin auxidecs philosophiques, unennemidesfamillesnaturelles, un physiologiste; ct I'epithete botanique celebcrriinas lui serait refusee a jamais. Lecteur courageux, qui daignez lire et peut-etre inediter ncis heresies, nous vous respectons trop pour rire en votrc presence; n'allez pas croire que ce que nous vous communiquons soil une mauvaise plaisanterie; c'est I'expression la plus pure de ce qui se passe a votre insu; c'est la le moule dans lequel on jette chaquc jour ces3?ianae/s, cesFlores d'abord francaises et ensuite latines de la France, cei synopsis, ces catalogues, ces 5js/ema, ces prorfromH.?, c€S iUustratlo, ces icones, ces diclionnaires , ces livres enfin compo- ses avec des amis et des livres, que vous vous hatez d'acquerir ( omme les tresors de la vraie science, comme des objets sacres de votre veneration. Vous avez done les preuves entre les mains ; veuillez bien etre juges : et demain vous ferez comme nous ; vous briserez vos idoles, pour n'ecouter que votre raison, pour n'en croire que vos yeux, poup n'etudier que la nature. Depuis Conrad Gesner, et surtout depuis Morison et Tourneforl, on avait generaiement professe que les genres resultaient neces- sairemenl de la reunion d'especes distinctes possedant entre elles descaracteres communs. Linne fit de cette idee nn thcoreme en ces lermes : Genera lot sunt, quol altribtita connnunia proaima dislincta- r inn specter urn, secundum quminprimordiocreala .s(f/i<(i),etilajoutait (i) Gen. plant., ed. 5a, 1754, p. 1 1. Ce ihcoitiinf: ost rendu dans la Philoso- pliie botanique i5g. par ces ixioti : Genera tot dicinnix ijiiot similes construclus I'rintificatlottes pro/'triint dlversa- species tialuralcs. ( >o. ) omnia genera et species naliiralia sunt : tous les genres et toutes les espcces sont dans la nature. Desce moment on eiit pour but prin- cipal, en histoire naturelle, derechercher les ciuacleres auxquels on pouriait reconnaitre les affinites generiqucsdesespeces eparses sur le globe , les signes invariables de leur parenle ; c'elait la le grand oeuvre d'alors. Aiijourd'hui nous sommes un pen moins severes sur le principe des genres ; mais, si Ton y riilechit un instant , on s'a- percoit qu'en changeant le mot, nous avons conserve la chose , et que ce que Linne appliqiiait aux genres, nous I'appliquons aux laniilles ; nous ne sommes montes que d'un cran. Cependant , tout en disant que les families seules et non les genres sont dans la na- ture, nous n'en convenons pas moins que le genre doit se compo- ser d'especes quiaient entre elles des rapports qu'elles n'ont avcc les especes d'aucun autre genre. Les naturalistes n'ont done pas cesse d'etre d'accord sur le principe; mais, par lesdiverses discus- sions que suscile I'etude de chaque genre, on pent suffisammenl sc convaincre que I'arbitraire se glisse toujours dans I'application. On se lourmente , on s'evertue a trouver les til res de cette parenle si obscure : les uns lesvoient dans tel signe, les autres dans tel autre; maisbientut un troisicme rencontre tous ces signes epars dans les es- peces les plus heterogenes ; nouvelle genealogie a reconstruire, nou- veaudemembrementaoperer : on deplace, onbouleverse; a chaque quart de siecle ilfaut desapprendre et apprendre de nouveau, pour revenir souvent a ce qu'on protessait un siecle auparavant. Cette fluctuation suITirait pour demontrer la faussete du theoreme , et pour decider cnfin les naturalistes a voir dans la classification, non une science, mais une nomenclature , un simple moyen de s'en- tendre dans des travaux dont le but est plus releve. Je m'arrete : j'allais parler physiologic ; et nos trcs-celebres botanistes ne m'au- raientpas lu; je redestendsdonc dans la botanique descriptive , pour offrir dans la revision du genre Arando , la preuve de ce que je viens d'avancer au sujet de la creation des genres. Linne traca de la maniere suivanle les caracteres du genre A r undo (i) : 1. Cal. G/wmrt uni - ( vel ) multiflora, bivalvis, erecta : valvuli.'^ obloiigis, acuminatis, niuticis : altera breviore. (r) (icn. plant. S-. ( '"2 ) u. Cor. bivalvis : vulvulcc loiigitutline calycis, obloiigii;, acumi- nalte , e quarum basi lanugo longitiidine fere floris assurgit. 3. Stam. FUamentair'vA, capillaria. y^n^/ieras utrinque bifiircatae. 4. PisT. Govncn oblongiini. Slyliiluo, capillares, reflexi, villosi , stigmata simplicia. 5. Per. Cc^roZ/a adnascitur semini , nee dehiscit. 6. Sem. Uniciim, oblongum, utriuque acuminatum , basi pappo longo instructum (1). Ge genre ainsi trace comprenait les especes suivantes : A. bamboSfdonax, phraginitis, epigejos, calamagrostis , arenaria. Or, il est facile de prouver que non-seulement ces taracteres ne conviennent pas exchisivement aux especes comprises dans le genre , mais encore qu'elles ne conviennent pas a chacune d'elles en parliciilicr. Pour prouver la premiere partie de ma proposition, je n'aurai qu'a prendre an hasard : un Poa annua par exemple, ou un Melica ciltata. On ne niera pas que chacune de ces especes ait des glumes i-multiflores, bivalves, redressees, a valves oblongues acumin^es, I'une d'elles plus courte; une corolle bivalve, a valvule de la lon- gueur du calice, oblongue, acuminee, de la base de laquelle s'e- levent des polls soyeuxpresque dela longueur de la fleur; trois fila- mens capillaires, a antheres bifurquees de part et d'autre; un gei-me oblong, deux styles capillaires, reflechis (rf la jloraison) , villeux, ct des stigmates simples; une graine enfin qui, dans ie Poa, s'attacbe a la valve, et ne pent plus s'en separer que meca- niquement. La seconde partfe de ma proposition n'est pas plus difTicile a admettre. Ainsi la glume la plus courte dans les Ar. phragmitis, donax, bani- bos , est I'inferieure ; c'est an contraire la superieure dans les Ar. epigejos et calamagrostis ; enfm , elles soiit egales dans VAr. arena- (i) Linne faisait un double einploi par le inol semen ; il entendalt I'ovaire mftr, tnfin la graine (pcrlxpcnniuiii) onveloppee elioilenicnt par la valve dc la corolle {cor. vatvula). Koelcr (gram, iltsc.') a adoplii cc lang-aijc. [ 100 J ria; les poils manquent sur le bambos, ils sont plus courts que les fleurs dansl'arcnar/a; ainsi le genre de Linne, en ne le jugeant que d'apres la description vague du genera, etait un genre arbi- traire et non un genre nalurel, qui scrait resulte de I'ensemble des rapports exclusifs d'un certain nombre d'especes. Cependant, les auteurssubsequenscopierent Linne; ilsadmirent les caracteres du genre; uiais s'etant apercus, parun examen un pen plus atten- tif, de rincoherence de cet assemblage; ils en demembrtrent le Calamagrosiis Roth., le Bambasa Schreb., le Donax Pal., et ils ne conserverent plus dans le genre Arundo que le Pkragmites M.Triniusen separa a son tour le Phragmites pour y laisser le Donax. Mais a la faveur detoutes ces scissions, le noeud gordien fut plutot tranche que delie; et les caracteres de ces genres resterent tout aussi defectueux que celui de I'ancien. Comme je n'ai intention de trailer aujourd'hui que des especes qui se rapportent an Phrag- mites, je ne passerai en revue que les caracteres qui leconcernent, et que je ne puiserai que dans les auteurs qui en ont traite ex pro- fesso. En elaguant tons les caracteres accessoires et de remplis- sage, en ne prenant que lecaractere vraiment essentiel, noustrou- vons que tons les auteurs s'accordent a le reconnaitre dans les poils dopt la paillette est enveloppee : Exteriore valvularuvi calyci- narum , dit Koeler [gram. 276) j basi lanugine tonga instrucld. — Palece /lose, infer, masc. sea neutri nudas, dit Palisot [agrostogi\, 60), floscali super, hermnphrodili palecc piUs setaceis Innuginosis tectee. — Floribits, disait \\. Br. [Prodr. nov. hall. J, lana persistente cinctis, phrase que M. Kunth reproduisit textuellement dans le Nova genera, torn. I, pag. 149, 181 5. Or, si Ton avait voulu etre consequent, une fois ce caractere admis, on aurait dft enrichir ce genre, bien loin de I'appauvrir. Tous les Avena mutiques (1), tous les Poa voisins de Vannua, tous les Melica soyeux auraient dfl passer dans ce genre. ; ou plutot, une etude plus approlon- die des graminees aurait evidemment appris que ce n'est jamais (1) h' Arundo feslucoides Desf., est ua veritable Avena mutique par tou.'i ses caracteres. On voit par 1^ conibieo I'arbitraire preside presquc tuujours a la confedion dc-s genres. On aditict une espece, on en exclut une autre qui cii est trt'S-voisiiic. ( '04 ) sur dcs poils qu'on doit fonder des caracteies geiieriques. Cea poils paraissent et disparaissent avec tant de facilile sur la meme espece, qu'on s'expose a voir la meme espece sortir du genre on y rentrer a chaquenouvelle observation. Mais, par nne fatalite qui semble s'attacher aux creations des genres modernes, la disposi- tion des poils des Arundo, sur lesquels etait fondc le genre, n'a- vait ete saisi par aucun auteur. Bien loin d'entourer essentielle- mont la paillette, ces poils s'ins^rent sur cliacun des deux cotes du pikloncule aplati qui supporle la paillette, et s'elevent des deux cotes a la meme hauteur; disi)Osition qu'on retrouve sur un nombre immense de graminees, sur VAtnlropogon bicornis par exemple. II est vrai que, dans le phragmiies, ces poils s'elevent a la hauleur du sommet de la paillette ; mais si cette circonstance etait capable de moliver un genre, on serait bientot en droit de faire des genres selon que les poils du pedoncule ou de la paillette s'e- leveraient au quart ou a la moitiede I'organequ'ils recouvrent(i). On pourrait objecter que le genre Arundo ou Pliragmites n'etait pas fonde sur ce seul caractere. Mais les auteurs ne paraissent pas en avoir rencontre d'autres. Palisot, a la verite, a introduit, dans les caracteres generiques , I'avortement des organes sexuels dans le sein de la bale inferieure de la locustre, et la nudite de sa paillette inferieure. Mais ces deux circonstances n'etant que des accidens plus ou moins frequens, cessent des lors d'etre des ca- racteres generiques. On trouve en effet indislinctement la bale inferieure hermaphrodite, male on sterile; aussi la plupart des auteurs n'en ont pas fait mention. Ajoutez que ce caractere se re- trouve dans bien des especes et meme des individus, dans VAvena elatior, entre autres. II reste done toujours en definitive les poils pour la conservation du genre ; en sorte que depuis Linne, la con- naissance des caracteres de ce groupe n'a pas fait le moindre (i) Le mode d'insertion des poils avail presque ete vii par Sclieuchzei; car on lit, i la page 162 de son agrostographie : ast pappus itle fdamcntosus , folliciilis i/uasi mijiic longtis, orlgtncm diuit a scapo ieniiissimo locusiarum, qid- bus foUicidi alterno situ insistunt. M. Kiinth, au contraiie, leni herit, en 1825, sur I'erreur de, ia description qu'il avail donnec, en i8i5, de VJrundo nitida , en publiant des analyses qui indiquent que les paillettes sonl herissees de poils inegaux. {Nov. gen., torn. Vli, pi. G8S bis.) ( io5 ) progres veritable. II est de ineme arrive, apres tous les demembre- mens qu'on a fait siibir au genre de Linne, qu'on a reuni de nou- veau les cspeces demcmbrees, non pas eii un tneme genre, mais en unc famille qui represente tellement le genre de Linne, qu'en changeant la terminaison on se croit encore an species plantarum : le genre Arundo s'est metamorphose en ramille arundinacece ; et, pour montrer dkm seul coup combien il est absurde de tenter de diviser en families une famille natnrelle, nous allons transcrire iii les caracteres des arundinacece tels que M. Runth (i) vient de les reformer pour la troisii;me fois : spiculoe modo uni/lorcB cum vel absque pedicetlo floris alterius superioris, modo multiflorce. Flores plerumque pilis longis moUibus obsiti vel basi cincti. Glumceet palea; du(B, membranaceo-herbaceoe ; illce saepe flores oeqaar.tes vel supe- rantes; ex bis inferior aristata vel mutica. Gramina pleraque elata. Je le demande serieusement a mes lecteurs, ne croirait-on pas, en lisant ces caracteres traces par des dichotomies contradictoires, entendre un homme qui, cherchant a donner des indications a un passant, lui dirait : P^oas rencontrerez an indicidu qui est blanc ou noir, jeune ou vieux, grand ou petit, gras ou maigre , et qui du reste a des bras et des jambes comme vous et moi, Voilii pourtant a quoi se reduit le grand oeuvre des etudes naturelles; voih'i ce que Linne appelait le primum et uliimam de la botanique. Mais, il faut I'avoner, il entendait ce but un pen mieux que nous; car il desespcrait de I'atteindre. Pour nous, qui n'avons jamais vu , dans la classification, qn'un moyen de nous retrouver et de nous entendre, et qui sommes convaincu que les genres ne sont que des points de repos provi- soires et susceptibles de se modifier a chaque nouvelle acquisition d'especes, nous avons pris nne direction differente. Nous avons analyse les especes avec I'attention la plus minutieuse, nous avons compare tons les organes; et le resultat de cette etude a etc que les especes sont venues d'elies-memes, pour ainsi dire, se ranger dans des cadres distimts ; enfin, sans avoir la pretention d'obtenir ce que prometlait Linne et ce que promettent encore plus les au- leurs de families naturelles, je veux dire, les genres de la nature, (i) Revision des griuninec.i , 1829. ( io6 ) nous croyons cependant avoir rempli exactement les conditions de Linne, en reunissant ensemble les especes qui oft'raient le plus de caracteres communs, susceplibies d'etre traduits par un signe facile a comprendre et a retenir. Appliqiions cette methode a I'ancien genre Arundo, en prenant pour type VAvundo plirapnitcs. Dois-je en faire un genre, ou bien le ranger comme espece dans un genre deja trace ? Pour en fliire un genre, il faut que je trouve dans les organes de la fleur, des caracteres qui I'eloignent de tous les groupes que j'ai devant les yeux, des caracteres enfin que je ne retrouve dans aucun autre groupe. Examinons done chaque ca- ractere en particulier. Les glumes inegales entre elles, je les retrouve dans vingt genres differens; la forme des paillettes m'offre bien une difference individuelie, en ce que I'inferieure est assez allon- gee; mais comme, dans les especes, cet allongement qui varie du plus au moins ne peut s'exprimer etsereconnaitre par aucun signe, je ne dois pas en tenir compte, a moins que je ne veuille m'exposer a faire des genres de bien des individus. Car peu importe que ce caractere soit constant sur le phragmites : des qu'il est inconstant surd'autres especes, il n'est plus generique, puisqu'il ne s'applique plus a toules les especes qu'il serait appele a reunir. Les stigmates, les ecaillcs, les antheres que les auteurs designaient par ces mots uirinque bifurcat(B, comme si, apres remission du pollen toutes les antheres de graminees n'etaient pas de meme, se trouvent dans les trois quarts des especes de la famille. L'avortement plus ou moins complet des organes sexuels de la bale inferieure se trouve dans I'Avena elatior, etc. , dans divers individus de la meme es- pece; il n'a pas toujours lieu dans C Arundo phragmites. Enfin, les polls qui partent si elegamment de chaque cote du pedoncule des bales superieures a la premiere, se retrouvent, quoique moins longs, sur ^ peut-etre des especes de graminees; sur bien des es- peces, ils varient, paraissent et disparaissent sous I'influence du sol et de la temperature. Or, alors meme que leur presence serait con- stantesur \e. phragmites et resislerait a la culture par graines; puisque leur presence n'est pas constante sur les autres especes que ce ca- ractere serait dans le cas de placer a cote du phragmites, il cesse d'etre generique. Examinons maintenant les organes que mes travaux sur les graminees oni iutroduits dans la listc des caracteres. Les stigmates ( »o7 ) sont composes de (Ibriles eparses aulour du sommcl du style, ils sent rougciitresa Tepoque de la lecondation ou un peu apres. Les ecailles sent impressionnees au sommet par les traces des an- theres; la paillette inferieure a 3 nervares ; la ligule est en polls et noil menibiaiieuse. Mais je retrouvecesquatreordres de caractercs dans toiites les especes que j'ai reunies ii nion genre Cynodou ; ces caraoteressont invariables, dansce sensqu'ilsne peuvenl varier qne par le bonleversement de toute I'economie de la plante. Jene dois done pins hesiter a rAn^ermon J . pliragm'Ues dans le genre Cynodon. Car au lieu d'un seul caractere fonde snr les polls, j'en trouve cinq invariables; j'ai done les attributa communla, quene manquera pas de reconnaitre celui qui commencera a apprendre. Ceux qui au- ront jete un coup d'ceilsur ma classification des graminees, feront peut-etre remarquer, que par I'effet de cette reunion, le genre Cy- nodon est devenu le plus nombreux de cette famille. Qu'iiiiporle, s'il ne pent pas en etre autrement ? Adresse-t-on ce reproche aus genres qui possedent 200 especes? j'ose promettrc qu'avec toutes mes reunions, le genre Cynodon en renfermera a peine 80 qui soient reelles et non factices ; ct Ton parviendia a les reconnaitre sans difficulte. II ne doit done me rester i vaincre que les obstacles de la routine; mais je ne m'occupe jamais de ceux-lii ; je n'ai pas de temps a perdre pour combattre des goflts et des preferences ; et je passcrai immediatement A la description , en langage technique, de deux especes de Cynodon voisines, I'une indigene, et I'autre exotique. J'ai figure celle-ci sur la planche troisieme. CYNODON PHRAGMITES Rasp. C. glumis 3-nerviis; pilis sericeis, ex utroque pedunculi com- planati palese inferioris glaberrimae latere, usque ad apicem paleae inoUiter surgentibus. Aruiulo vulgaris Q. Bauh. th. 269; Scheuchz., agrosl. 161, et insectis deforuiata ibid. 162, sub nomine arundinis medim; Arundo pliragmites. Lin., Roe!, gram, descr., 276; il. Br. prod.; Palis. agrost. 60, pi. XIII, fig. •.'..; Pliragmites arundinacea Trin. Fund, agrost. Descriptio. Rliizoma crassum. Radices aquatic*. Culmus cylin- dricus, 8-14 pedalis, vaginis imbricatis usqu^ sub paniculam ves- ( 'OS) titus, giabcr. Vagina crassae, striatae, glabrif. Ligula deiisis pilis albidis conflata. Limbi apiid imiim et summiim culiiumi brevio- res, apud medium majores, saepissime liicis amore unilaterales (i), linear! -lanceolati acutissimi , saepe convoluli, ulrinquc glabri oris hispidis, nervo medio aliquaiido vix prouiinulo, i \ ou 2 cent, lati, 5o longi. Patiicii/a offusa, sericeo-violaceo-nigra, 20 cent, longa, lolio paniculari (vide Bull. Tom. XI, n" 49) p- ^7) ad basim annulari et completo, superius vero semi-oompleto, internodiis principalibus crassis et glabris, cylindricis et virescentibus. Lo- custcB paniculae concolores, i cent, circiter longac , morbi aut im- uiaturaj a-tatis crg6, unifloras meiitientes, caeteroquin 4-5 florae , flosculo summo, quotus sit, iit par est, abortiente. GliimceiniK- quales, flosculo minores, carinato-lanceoiatti', 5-nerviic, violaceo- nigrie et mox rubescentCLS inferior 4 millim., super. 6 millim. longa. Flosculus inferior i'requeuti abortu neuter aut masculus, et pilis saepe saepii'is destitutns, cetcroquin superioribus par; e quo- rum pedunculi complanati ulroque latere pili albidi sericei con- ferti hinc et illinc molliter surgunt [at i?i Andi'opogone bicorni L.), et omnes usque ad apicem paletc pervcniunt : (m quo auclores onmes /lallucinaii sunt). Valca interior, qua sexualia organa fovet, yentricosa, ibiqiie prima ietatc diaphana, et albicans, supci'ius autem longe et eleganter subulata, iljique violaceo-nigra, glaber- rima , tribus nervis herbaceis exarata quorum medianus tantum ad apicem pervenit, 9 , millim. longa, prtc senioieruginosa. Palea superior, membranacea , apice bidentata, linearis, bicarinala, bi- nis nervis berbaceis dorso hispidis exarata, 2 I millim. longa. Squamae bina^ impressje, cuneitbrmes, plicis biuisaut tribus, ner- vorum instar, post siccationem exaratae, et latere uno altiiis alio surgente, apice membranaceae, 3 millim. longae; [in plantd cultd hreviorcs). Stamina lerna, in flosculo inferiore aliquando bina; antheris linearibus luteo-rubescentibus. Ovarium glabrum. Stig- mfl» ) culaiis, fere tortilis, flavescens, glaberrimus , sed nervo mediano hispido ; ad basim culnii -iS cent., apicem versus 6 tanU'im longus. Panicida obovata siibsimplex , 7 cent, longa, 2 I lata; effoetis sta- niinibus luteo-nivea , ghimis i'ulvis variegata etcoaferlissima ; ma- turanlihns autem staminibus, piirpureo-nivca et paulo paten- lior; folio paniculari nodorum inferiorum ovato et cilialo. Lo- custw breviiis longiusve pedunculaloe ,6-7 florae , pedunculis glabris, luteo (B) aut purpureo-pilosae (A) eodem modo eamdem- que ob cansani ac panicula. Gliimae {cd) carinatae, lineari-falci- formcs,muticae, laeves, meaibrauaceo-hyalinae,unico nervo exaratae illoque glaberrimo, fere aequales, integra locusta longiores; exccp- tis aristis, 1 \ ccnl. longse. Flosculi pcdunculo pilis albis brevibus utrinque hispido et complanato impositi. Paica inferior (/") basi non oblique pulvinata, concava, hyalino-virescens di'im stamina abortiunt, di'im autem maturant purpurea apparens; cajteroquin oris et apice membranacea , tribus nervis exarata quorum media- nus arista fit compianata, bispida et ex apice nunc acuto, nunc truncate, nunc scisso (/"3) surgens, et bini laterales nervi minus eminentes et medium tantum partem palea! attingentes, usque ad mediam sui partem pilis longis et albicantilnis quasi involucrata , qui non ex nervis 5 , sed ex innumeris vasculis leiite itiiius linece conspicuissurgunt; una cum arista 1 cent, longa. Palea superior [g^) apice inaequaliterbifido, bicarinata membranacea, lanceotata, binis nervis virescentibus aliquando alatis sed semper hispidis, margi- nibus reflexis non mediam latitudinem attingentibus, palea infe- riori aristae experte paulo brevior. Squamce (/«) binae, diim dessi- catae sunt, quasi apice membranaceo el uno nervo exaratae, sed oculo attendeiiti et experto apicem impressum, substanliamque crassam et triquetram forniam offerentes, pilis hirtse apicem ver- sus. Stamina terna in quibusdam specimiuil)iis efToeta (y ) semi- abortiva , in quibusdam aliis autem maturantia , linearia et violacea (A). Ovarium glaberrimum apice bicorne prae slylis per- sistentibus. Stigmata biiia brevia lanceolata, tempore fcecundatio- nis rubescentia, sparsa si lente simplici conspiciantur (A) , sed plumosa ludentia microscopio dum exsiccatione compressa (kk) fuerint, stylis paribus sibi imposita. Granum non vidi , sed hinc convexum, inde sulcatum pro certo futurum. ( "2 ) OBSERVATIONS. J'ai represente de preference cetle espece, parce qu'elle offre quelques difficultes a I'observation. J'en possede deux individus recoltes a la meme epoqiie, pendant le voyage de la Coquille, I'liii qui m'a ete donne par M. Durville, et I'aiUre par M. Lesson. Le premier, que j'ai dessine avec tous ses organes sexuels , n'a que des rudimens microscoplques d'etamines [j ) ; ses stigmates que Ton voitgrossis an microscope (M) ont ete lellement aplatis par la dessication, qu'on les croirait distiques. Mais le second (A), chez qui les etamines sont parvenues a la maturite la plus parfaite , a des stigmates epars, surtout si on les observe a la loupe, rougealrcs comme dans le Cynodon phragmites. Si les stigmates etaient plii- mcux, cette espece se rangerait dans notre genre Koeleria. Mais les ecailles qui, sur I'echantillon (B) , semblent se rapprocher de la section des ecailles menibraneuses, a cause de leur deformation, sont evidemment impressionnees sur I'echantillon (A), chez lequel tout est reste a I'etat normal. Du reste, I'epaisseur des ecailles de I'echantillon (B), la nervure qui les traverse , enfin leurs contours irreguliers, tout decele leurs formes primitives. Enfin la ligule est enpoils, sorte 'de caractere qui ne convient nullcment au genre Koeleria. Sin sorte que , quand meme les stigmates manqueraient, les ecailles et la ligule assigneraient encore suffisamment a cette espece une place dans le genre Cynodon nob. L' absence totale d'etamines normales dans I'un de mes echantil- lons, et leur presence constante dans I'autre, acheve de nous prou- ver combien il serait peu philosophique de faire enlrer encore dans les caracteres generiques , I'avorlement des organes sexuels d'une bale , soil inferieure , soit superieure. 1", II existe dans les deux especes de Cynodon que je viens de decrire, un caractere qui m'a servi dans la confection de quelques autres genres , et qui pourrait peut-etre un jour me servir a divi- sermon genre Cynodon; c'est la forme concave de la paillette in- ferieure, tandis que la paillette inferieure de bien d'autres de mes Cynodon est carenee. Je me propose de poursuivre , sur autant d'especesque je pourraien Irouver, I'application de cette idee. Jc serai alors en droit de coupcr le genre, on de le diviser en deux "enres distincts, dont I'lin (^Cynodon) conipreudrait les especes a ( ^^'> ) paillelles iiirerieiiies carenecs [Poa craiiro.stis, Cynodon dacty- lon, etc.), et Tautre Arundo dont les espcces auraient la paillette inferieure concave (P/iragmites, Gytierium, etc.) Explication de la planche 5. A, echantillon a etamines fertiles. B, echantillon a etamines rudimentaires de grandeur naturelle. Les analyses appartiennent a celui-ci. [cd) Locuste viie a la loupe; {cd) glumes ; [fa] paillettes inferieures humides, dessechees, et avec leur sommet pour montrer I'insertion de I'arete. [go.) Paillette su- perieure. [jkkkk) Ovaire grossi loo fois avec ses etamines rudi- mentaires [jj). {h) tcailles grossies loo fois. SLR LE CE^^TAUREA MYACANTHA D. C. (Centaurce a dents de moule) (i). Au mois de septembre 1828, j'herborisais entiele pont d'lena et la barriere de la rive gauche de la Seine, sur ces pelouses he- rissees de cliausses-trapes [C . calcilrapa], etcouvertes d'engrais, qui bordent une excavation de dix pieds de profondeur et d'une lar- geur assez considerable. Au milieu de tons ces chardons, unc touffe assez considerable frappe nos regards par I'anomalie de ses capitules de fleurs. C'est le myacantha ! s'ecrie mon compagnon ; c'esl une monstruosite , m'ecriai-je amon tour, ce qui n'euipeche pas que cc ne soitcn meme temps le myacantha de M. Decandolle! Les botanisles n'apprendront pas avecelonnement que nousayons emporte toute la botte de ce chardon avili. Mon compagnon se chargea de dessecher tout le produit de notre promenade; mais it parait que la dessication a ete longue A s'operer, car j'attends (1) Elle so Irniive E LA RESPIRATION DANS LES OISEAUX ET LES MAMMIFERES ; PAR LE PROF. UaTHKK. (Extrait) (i). (Pi. 4.) Si on examine en dehors le cute inferieur de la region cer\ jcale du poulet du troisieme , mais snrtout du quatrieme jour de i'incu- (i) Ce travail, dont nous avons annonct: la publication (torn. II, p:ig. i iG), est principalement destine a demontrcr I'ovistence, des brancliies oporculc'cs dans Irs tres-jeunes fivtus d'oiacaux et de niammifeies ; le devcloppenicnt des ( ' ' 7 ) balion (fig. i et 7), 011 observe lesparlicularitcs .suivantes : Imme- diatement en arriere de I'ouverture buccale, (jn apercoit deux lobes larges et epais (c, lig. 7), appartenatit aux deux luoities la- terales du poulet, et formes de la meme substance gelatiueuse, que le rcste du corps. Ces lobes sont confondus ensemble, en bas, sur la ligne mediane du corps, mais de maniere a ce que leur point de jonction est indique par un sillon large et superficiel; en haul ils se continucnt sans interruption avec la substance de la nuque. II existe en outre, a la face inferieure de chaque lobe, un sillon transversal etpeu profond qui partage le lobe en deux parties. Sa partie anterieure, en se developpant peu a pen, forme la machoire inferieure. La posterieure, fait, avec son bord posterieur, qui est moderement tranchant, une legere saillie en bas, et recouvre par sa region posterieure la fente la plus anterieure, qui est la plus grande du cou, a peu pres de la nieme maniere que Vopercule re- couvre les branchies chez la plupart des poissons. En arriere de cette partie, la region cervicale devient un peu plus etroite en bas, et c'est sur ce retrecissement, c'est-a-dire a quelque distance en arriere de I'espece d'operculc dent j'ai parle, que se trouvent les orifices des deux autres fentes du cou. La portion superieure et la plus petite de la cavito qui loge le coeur [e, fig. 7), commence immediatcment en arriere des deux lobes de la region cervicale. Aux troisieme et quatrieme jours de J'incubatiou, le coeur n'est encore forme que (Tun rentricule (e) et iVune oreiltelle (/"); et i! donne naissance a Vaorle ((/). La partie anterieure du systeme arteriel des oiseaux, a, dans lo autri's org.iiies de la respiialion s'y trouve aussi traitti; mais comine cos (\r- lails ii'ulfient point un inteiet d'lin ordre aussi eleve que ia grande question que M. llathke le premier a soulevec , nous les negligerons dans cet extrait analytique. Le menioire dcM. liatlike esliinpriuie dans la preuiieie paitic du lonu' XIV des Acta des curicux dc la nature do llonnc, iSay; il est traduit eii enticr Ui|ns le licpcrtoirc getwrat d'anatoniic , i" parlie du touie VII , 1S29. Nousavons eu soin de repruduire , sur la plancbe 4 des Sciences d' observation . {\uc le Cyfliccias Le.poria lariabili.t do ( ■'-^■^ ) Brcmscr devait elrc lappoile an genre Monoslotna. J'ai cte llaIl^ rerreiir, el voici comment : I'epizoaire en (|uestion a toiijours la tete renti'ee et fortcment retiree lorsqu'on le trouve dans la cavite periloneale des lapins morts. II resnite de cette retraction dc la tete qii'on ne voit an dehors qu'nn simple orifice, comme chez les Monostoma , et , ce qui en impose le plus, c'est qu'on a beau com- primer, la tete ne sort pas; il faut ecraser Ic ver pour la faire avancer. Quand on parvient a la dcgager, on observe qu'elle est supportee par un assez long col, lequel est ride transversalement ; clle offre quatre sucoirs et est terminee par une couronne de cro- chets. Ces caracteres suflisent pour faire voir que c'est un cysti- cerque. L'espcce est semblable en tout au cysUcerque d long col. — La figure que j'avais donnee, represente le ver tel qu'il est, lors- que la tete est retiree en dedans. Agreez, etc. Ruhn. SUR UN NOUVEAU GENRE DE PARASITES DE LA CLASSE DES ACARIDIENS ; Par J. B. Uobineau-Desvoidy, D.-M., a Saint-Sauveur (Yonnc.) Le zoologisle voit s'ouvrir devant lui une vaste carrierc, lors- qu'll essaie de jeter les yeux sur I'etat actuel de la science pour cc qui concerne les animaux designes sous le nom d'aaa-idiens, et dont j'ai une classe speciale dans mes Reclicrches sur I' organisation verlebrale des animaux urticiiles (i). (i) Ucclicrchcssur I'orgnni.tidion vcrtchralc des criistaccx , dcs nraclinidcs ct cics tnscclcs; par J. B. RoBiwEAu-DESvniDV. In-S°.Paiis, 1828. Compere. ( '20 ) Cesanimaux surtout nous font sentiria necessite d'etudierla na- ture sur les lieux : il faut absolument assister au spectacle de la mort des differens mammiferes qui nourrissent des acaridien* ; aussitot que la chaleur vitale les abandonne, leurs parasites dispa- raissent ou perissent. On tenterait en vain de conserve!- ces frtles ctres pour des etudes ulterieures : leurtrop grande petitesse, I'en- gourdissementdu trepas empecheront toujours de les decrire d'une maniere tant soil pen exacte , parce que les mouvemens de la vie sont indispensables pour Tobservation des divers organes : il faut encore avoir le bonheur de rencontrer des animaux en proie a ces sortes de vermines ; il faut les rencontrer dans la saison de leurs plus grands tourmens. Le naturaliste des villes ne doit done jamais avoir la pretention de ces recherches. Si je n'avais pas cm si long- temps aux richesses acquises de la science; si de meilleure heure j'avais adopte le plan actuel de mes etudes sur ces parasites, de combien d'especes et de genres n'aurais-je point enrichi I'histoire de leur classe ? Que d'observations interessantes n'aurais-je pas manque de recueillir et de relater? Je reparerai le temps perdu, autant qu'il sera en mon pouvoir: toute la haute zoologie de nos campagnes sera soumise a des investigations quotidiennes et mi- nutieuses. Les materiaux abondent; je ne suis gene que par I'em- barras du choix. Aujourd'hui je vais decrire I'acaridien qui vit sur le lAIulot. Le 29 decembre 1828, j'etais occupe a chercher des insectes fouisseurs sur le talus d'un terrain sablonneux et expose au soleil du midi : un trou, d'oi^ s'echapperent plusieurs myodaires d'un aspect remarquable, attira mon attention, et m'engagea a fouiller le terrain: au fond des galeries, j'attrapai un mulot, le seul que j'aje encore eu vivant en ma possession , quoiqu'il soit tres-com- niun dans le pays. Apris I'avoir bien examine, je m'etais resolu a lui rendre la liborte pour ne pas le tuer pour le seul plaisir de sa destruction : niais I'ldee de conserver son squelette, et surtout le desir de savoir s'il n'etait pas aussi devore par quelque vermine particuliere, fmireiit par me decider a hii donner la mort, a I'aide d'une epingle passee dans le cervelet. D'abord jc ne vis aucuu parasite faire mine d'abandonner sa fourrure; mais a mesure qu'il se refroidit, une foule dc petits points rougeatres et mouvans parurent ;'i I'exterieur des poiU : ils y ciuiraieut aver unc agilite ( 124 ) surprenaiilc : la loupe me les fit leconnaitre pour des iudividus t\i- la classe des acaridieus. Au boul de trois ou quatre jours, la plupart d'entrc eux vivaicnt encore, ct marchaient encore avec la inenie celerite ; inais ils ne s'enioncaient plus dans la robe de I'aninial : ils circulaient tous a son exterieur: j'eus aussl rexlreme iacilite de les bien observer; je donne ici leur exacte description ; mais j'engage Ic lecteur a m'excuser sur mon peu d'habilete dans I'art du dessin. Get animal n'a pas le quart d'une ligne de long; son etude exige I'emploi des plus fortes lentilles. Je vais d'abord decrire en detail ses organes ; ensuite j'etablirai ses caracteres classiques (fig. I). Le corps est aplati, presque circulaire, coriace; il ne parait point se laisscr gonfler par I'amas du sang. Le dessus, ou la lace superieure est d'un fauve un peu pale, coriace, avec de petits enfoncemens du fond de chacun desquels part un poil dirige en arriere. Sur chaque cote du bord anterieur et a cute de la premiere paire de pattes, est un petit enibncement ou la loupe distingue un ceil (fig. II). La face infcrieure du corps ofl're trois regions distinctes ; une me- diane et deux laterales. La ri!gion mediane coriace, d'un pCde fauve, est composee des parties basiales et costales de chacune des paires de pattes, ou des vertebres locomotriccs (Fig. III. -7.). Les deux regions laterales, d'un piile diaphane sont moins co- riaces : elles peuvent deborder un peu le bord posterieur de la face superieure : on leur distingue quelques poils. L'anus est a leur jonction posterieure ( Fig. III. -8. -9. -9). Les organes bucaux situes sous le corps, a la partie anterieure, tres-difficiles aeludier, sont formes d'une partie basilaire , de deux palpes, et de tres-petites lames (Fig. IV). La partie basilaire (Fig. IV. -5), ou la base, situee en avant de la premiere paire de pattes , est en carrc long. Des parties late- rales de son somniel partent les deux palpes (2,2), qui sont ter- miines chacun par un crochet forme de deux ou trois petits articles. et diriges enl)as.DansIe repos, ces palpes nedepassent point lebonl anterieur du corps. Chaque palpe dans son jeu s'eloigne plus ou moins de son congenere, et meut son sominct ou son especc do ( »25 ) icrochct articiilaire. en has et mi pen dc devant en arriere. Dans le repos les deux palpes sont constammeiit adusses. Entre ces palpes sont de petites lames (Fig. IV.- 1 ) excessive- inent minces, excessivement petites, qu'il est impossible de de- crire, parce qu'elles semblent se refnser a tout examen. Ce sont sans doute les memes pieces qu'on remarqne plus developpees sur les Ixodes. Ainsi il n'y a point de prolongement en bee tenant ik la face snpeiieure du corps. Les orgunes de la locomotion sont au nombre de quatre paires, qui debordent la largeur du corps : les deux paires anterieures sont dirigees en devant, et les deux paires posterieures sent diri- gees en arriere (Fig. III. -3-4- 5-6). Chaque patte est d'autant plus eloignee de la patte congenere qu'elle appartient a unc paire plus posterieure. La premiere paire est la plus longue, situee derrierel'orifice oral et la paire de palpes, elle est en devant, contre I'oeil, et longe les palpes qu'elle depasse de beaucoup. La cuisse est plus grosse et un peu plus longue que le tibia : le premier article tarsien commence vers le bord anterieur du corps : il forme en bas et en avant un leger coude avec le tibia , il est plus gros que toutes les autres parties de cette patte, et il est renfle, comme bossu sur sa face superieure, avec un long poil. Les trois autres articles sont d'autant plus petits qu'ils deviennent plus apicaux : le dernier est tres-mince et ter- mine par un crochet simple, long, menu et en devant et en bas (Fig. IV.-5). Cette paire de pattes sert a la progression en avant; par sa lon- gueur et la diversite de ses positions, elle fait aussi office de palpes : toujours elle manoeuvre en avant de la bouche. La seconde paire de pattes, situee derriere la premiere , dirigee en devant et en bas , est moins longue , et n'a pas le premier ar- ticle tarsien renfle (Fig. IV. -4). Cette paire sert aussi a la locomotion en avant : elle peut egale- ment faire usage de palpes. Les deux autres paires de pattes, de la longueur el de la forme affectees par la seconde paire , sont dirigees en arriere et en bas. Elles se servent de leurs crochets pour se cramponuer apres les poils pendant le repos on la progression. Dans la tlu-orie expliquee dans mes recherches sur I'organisalion ( ..G ) verlebrale des aiiimaux articiiles, I'animal que jeviens de decriro doit otre caracleriseainsi : bouclie formee par le labrc et par. lesman- dibules dcs insccles (la vertebre labiale t;t la V. maxillalre) dont on ne distingue aucune partie : la paire de palpes reprcsenle les md- clioires des Insectes (on la premiere vertebre locomotrioc des crus- taces astaciens). La premiere paire de paltes correspond a la levre inferieuredes insectes (ou a la seconde vertebre locomotrice des crust, astaciens.) £"/?« les trois aulres paires de pattes correspondent auw trois vertebres locomotrices des insectes ( ou aux trois derni^res vertebres locomotrices des crustaces astaciens.) Le resume de ces details nous donne la somme des caracteres suivans: Corps aplati, circulaire, coriace. Yeux situes dans le bord anterienr du corps. Bouche inferieure, munie de deux palpes adosses et courbes en crochet vers le sommet , et munie de tres-petite? lames qu'on ne pent distinguer nettement. Huil pattes, dont les deux anterieures plus allongees font I'officc de palpes et ont le premier article des tarses plus gros : ces deux pattes et les deux suivantes dirigees en avant : les deux paires posterieures dirigees en arri^re. Parasite de mammiferes quadrupedes. Corpus depressinn, circulare, coriareum. O culi in ipso corporis antico margine positi. Os inferius, munitum diiobus palpis contiguis et versus apicem subs curvaiis ; simultds munitum lametlulis interior ibus indistirictis. Octo pedes, d quibas duo antici longiores, ad palparum usus apti, primoque tarsorum articulo inflato : illi duo pedes, duo- que sequenies antici; conversi : quatuor posieriores pedes posticc. converse. Parasita mammalium quadrupedum. Cette reunion de caracteres me parait an moins suffisante pour I'etablissement d'un genre solide : en effet, Les Leptes (que je me propose d'etudier ) ont un bee conique, avance, deux palpes de la longueur du bee. et seulement trois paires de pattes, selon M. Latreiile. Les Ixodes ont les yeux plus en arriere , un bee terminal , ( '27 ) avanci!, trilamelle, o( Ic corps plus ctioit anterieuiemcnt : ils no sont point parasites loute la duree dc Icur vie. Les Argas ont iin sufoir distinct, situe sous le corps, mais non cngrainc par les palpes qui ne sont pas recotirbes en crochet: les deux patles anterieures ne sont pas si allongt-cs. Je propose done I'etablissement d'un genre nouvcau, aiiquel je donne le nom de Cryptostome ( Cryptostoma ) d'apres son organisation buccale. 1. Cryptostoma tarsale. r. d. Minimum: corpus supra pallide-rufum : intra sterno rufescente, lateribus pellucidis : palpis, pedibus pellucidis : anteriores pedes primo articulo tarsorum inflato. iV. B. La figure de cet acaridlen paraitra snr une des planches de la prochaine livraison de nos Annates. PROCEDE POUR OBTENIR DE GROS FRUITS; PAR 1\1. Jaume Saint-Hilaire. ( Memoire la d la Societe royale et centrale d' Agriculture le 1 1 novembre 1 829 ) . En observant les poiriers plantes en espaliers dans la pepiniere du Luxembourg et daus plusieurs autres jardins, j'ai remarque plusieurs fois et surtoul au mois d'aout dernier, que lorsqu'une poire se trouvait par hazard soutenue par le treillage et le mur, ou qu'elle etait posee a I'enfourchure de deux branches, elle de- venait presque toujours plus grosse que celle du meme arbre, pendantes a leurs rameaux et non soutenues comme elle. J'ai soupconne que cette difl'erence provenail de ce que le poids d'un fruit qui est arrive a ime certaine grosseur resserre les tubes et les vaisseaux du pedoncule, destines a charrier la seve de I'arbre, ce qui I'empeche de grossir autant que celui qui, etaut soutenu, se trouve dans une position plus favorable pour recevoirles sues uourriciers; ( '-^^ ) j'ai vouUi m'assiirer jusqu'aquel point, cotte idee serait confirmei- par ties experiences essayees siir diflerens poiriers. M. Dalbret, jardinier instruit et zele, m'a aide a les faire dans I'ecole des arbies fruitiers du jardin du Roi. Nous avons choisi d'abord un jeune poirier qui poite la poire nommee la dachesse d' An go ale me , figuree dans la Flore et la Pomone francaises, pi. 56. L'une de ses poires placee vers le milieu de I'arbre , avail le 1 5 septembre dernier neul' ponces quatre lignes de circonference. EUe est restee suspendne a son rameau. Une autre poire placee plus bas, avait a la meme date huit pouces dix ligues. Nous avons place sous celle-ci une petite planchette, supportee par un pieu enfonce dans la terre, de telle sorte que cette poire etait appuyee sur la planchette et par consequent n'etait plus pendante comme la premiere. Le3o septembre suivant les deux poires ont ete cueillies ; la premiere restee suspcndue n'avait grossi que de deux lignes, et la seconde qui posait sur la planchette avait neuf pouces sept lignes. Elle avait grossi de neuf lignes, ce qui est beaucoup pour un fruit deja tres-gros et dans I'espace de quinze jours. On pourrait objecter que la position de ces poires, sur des branches superieures ou inferieures a contribuc a la grosseur de l'une plutot que de I'autre. Cette objection sera detruite par les experiences suivantes. Nous avons choisi sur un poirier qui donne le, beiirre d'Arem- bert, deux fruits situes sur la meme branche et sortant de la meme bourse. L'un d'eux avait le i5 septembre dernier huit pouces quatre lignes de circonference. U est reste suspendu, I'autre n'avait que huit pouces ; 11 a ete soutenu sur une planchptte. Le 7 octobre suivant ces deux poires ont ete cueillies ; la premiere n'avait grossi que de deux lignes ; la seconde avait huit pouces , huit lignes ; elle avait grossi de huit lignes. On voit dans cette experience que la plus grosse des deux poires etait restee suspendue et que la plus petite avait ete soutenne. Nous avons fait en meme temps I'ex- perience contraire. Sur I'arbre qui donne la poire Chaptal figuree dans la Flore et la Pomone francaises, pi. gS, nous avons choisi deux poires qui sortaient de la meme bourse. Au lieu de placer la plus petite sur la planchette . nous y avons place la plus grosse, qui avait le ( '29 ) J 5 septonihro tiernirr, ti-ois lignc.-; dc j>liis dr. circonlcreiuc que Tiiutre. Le i5 octobie suivant ces deux poiiss out etc cneiilies et niesurees ; la plus grosse avait alors ncul'ligncs de plus que I'autre, c'est-i-dire qu'elW; av;iit encore gagrie six lignes sur I'autre , ce qui est beaucoup pour des fruits qui, au i5 septembre, etaient les uns et les autres presque parvenus a leur grosscur ordinaire. II y a lieu de croire que ces experiences repetees I'an prochain, et commencees en juillet et aout, donneront des diiferences encore plus marquees et des resultats plus satisfaisants, et que mon opinion pourra etre applicable a plusieurs autres especes de fruits, tels que les coings, les pommes, les oranges, etc. Un fait qui vient a I'appui de cette explication, c'est qu'en gene- ral les grosses poires, comme le bezy de chaumontel, le doyenne d'hiver et d'ete, etc., ont la queue courte, tandis que les petites poires, comnie les blanquettes, la poire des demoiselles, etc., ont la queue trcs-longue. Je me propose de foire de semblables experiences, I'an prochain, sur un plus grand nombre et sur une plus grande variete d'arbrcs fruitiers. BULLETIN ANALYTIQUE ET BIBLIOGltAPHIQUE. CHLMIK. Note si'R les combinaisons de l'iode avec le manganese, le per ET le platine; par HI. Lassaigne. — Dememe que deux chlorures resultent dc lacombinaison de I'acide hydro-chloriqueavcc le pro- toxide cl le peroxide de manganese, de meme la combinaison de I'acide hydriodique avec les deux memes oxides produit deux iodurcs, analogues par le rapport de leurs elemens auxdeux chlo- rures. Le proto-iodurede manganese s'obtienten saturant,a une douce chaleur, de I'acide hydriodique pen etendu d'eau, par du proto- carbonate de manganese. L'iodure produit reste en solution dans 1'eau , et pent r-tre recucilli ;i I'etnt solide par evaporalion. 11 est ''• 9 ( i3o ) blaac, d'unc appuiciice cristalline et d'une saveur un peu slypUqiie, comme le proto-chloriire du meme metal. II est tres-soluble dans I'eau, et peut se?eparer par concentration sous la forme d'aiguilles blanches. Expose a Taction de la clialeur en vase clos, il fond sans eproiiver d' alteration sensible; mais,lorque la calcination se fait a vaisseaux ouverts, 11 est decompose par Toxigene de Tair, I'iode est separe, etapparait sous forme de belle couleur violette; le manganese est converti en oxide noiratre. Mis en contact avec I'air, 11 en absorbe peu a peu I'humidite et se resout toul-a-fait en un liquide incolore, qui ,■ par suite de son exposition ii I'air, se decompose un peu, et laisse precipiter quel- ques flocons brun-marron d'oxidc de manganese. Get effet, dO a Toxigenede I'air, paraittres-lent, car une petite quantite d'iodure, laissee a I'air sous un grand entonnoir pendant quinze jours, con- tenait encore, au bout de ce temps, une grande proportion d'io- dure non decompose. La solution de cet iodure est decomposee par les oxides de po- tassium, de sodium, de calcium, de barium, qui en precipitent du protoxide de manganese hydrate ; le chlore, le brome se substi- tuent a I'iode qu'ils separentsous forme de poudre brune violacee. Enfin, les acides nitrique et sulfurique concentres agissent direc- tement sur cet iodure, en mettant a nu I'iode. La composition de ce proto-iodurede manganese, determinee en dissolvant un poids connu dans I'eau, et precipitant par le nitrate d'argent , a ete trouvee de : iode ^2,38, manganese i7>"^' 100,00^ ce qui revient a tres-peu pres a deux atomes diode pour un atonic de manganese. Un second, compose d'iode et de manganese, correspondant au peroxide de ce metal , a paru exister i I'auleur. On le forme en agitant a froid du peroxide de manganese en poudre tres-fine avec de I'acide hydriodique liquide ; I'acide se colore de plus en plus en perdant ses proprietes, et en prenant une leinte rouge jauuatre foncee. Dans cet etat, on peut considerer le produit liquide 3. ) un per-iodure de manganese. €e compose se decompose avec la plus grande facilite par la chaleur, en abandonnant une partie de I'iode qu'il contient. et en passant a I'etat dc proto-iodure, qui est plus fixe et plus stable duns sa composition; d'oii Ton peut croire que I'acide hydiiodique agit alors comme I'aeide hydro-chlorique sur le peroxide de manganese. A la temperature ordinaire , ce per-iodure est meme decompose dans un espace oii I'air est rare- fie ; il perd peu a peu une partie de I'lode qu'il contient, et se deco- !ore,pourla plus grande partie, en se transformant en proto-iodure. L'auteur serait tente de considerer cet iodure comme un proto- iodure iodure de manganese. Cependant, en adoptant I'autre hy- pothijse, la composition de ce per-iodure serait representee par quatre atomes d'iode unis a un atome de manganese ; dans ce cas il contiendrait sur cent parties : iode 89,63, manganese 10,37, 100,00. Le fer forme egalement deux composes avec I'iode : I'un, ancien- nement connu, est le proto-iodure; le second, que l'auteur forme ^ en faisant rougir le peroxide de fer avec I'acide hydriodique liquide. V Celui-ci est liquide, d'une couleur rouge-jaunatre, comme le per- chlorure de fer; il est converti, en partie, a I'aide de la chaleur, en proto-iodure, en laissant degager une partie d'iode. En admet- tant que ce compose soit un per-iodure, il serait compose de deux atomes d'iode et d'un atome de fer. L'union du plaline avec I'iode ne peut etre produite directement par la chaleur, car ce compose se detruit a une temperature peu elevee. L'auteur a reussi a le produire en melant une solution de deuto-chlorure de platine avec une solution etendue d'iodure de potassium. A I'instant oi\ les deux liquides sont meles, il se deve- loppe une couleur rouge-brun tres-foncee par suite de la formation de I'iydure de platine. Si Ton expose cette liqueur coloree J. Fac- tion de la chaleur, elle se trouble, laisse degager des vapeurs vio- lettes, et abandonne une poudre noire insoluble, ingipide, qui est uxi iodure de platine a proportions definies. Chautfe 4 la chaleur ( '33 ) rouge, il se decompose, meme en vase clos , et laisse \c plaline a I'etat de purete. loo parties sent coinposees de : iode 71,3, platiiie a8,8, 100,00, ce qui correspond, a pen de chose pres, a quatreatomes d'iode pour un atome de platine. L'iodiire de potassium peut faire decouvrir — r.Trrde platine tenii en dissoInlioM dans un liquide. [Journ. de CIdni. mid., juillet 1829.) NOTE Sim LA SYNOSYMIE DES CRISTAUX DE TARTRATE DE POTASSE DISSODS DANS i'acide acetique ALBrxiiNEUx. [V oy . Ann., \.om. II, p. 422.) Dans une lettre de28p. ecritca la Societe royaledeLondres, le25 juillet 1684, et imprimee dans le t. I", p. 1, des Arcana naturce , on lit que LeeuAvenhoeck s'etant occupe d'examiner le vinaigre, decouvrit que, par son evaporation, ce menstrue deposait des cristaux analogues aux, cristaux elliptiques que nous avons dessines sur notre planche 9, fig. 12. ccc , torn. II. Aussitot notre auteur soupfonna que I'acidite que quelques auteurs avaient attriljue*" avant lui a la piqure des anguilles du vinaigre, devait etre attri* buee au contraire a introduction deces cristaux elliptiques dans le fissu des organes du gofit. Ce qui le confirma encore plus dans ses idees, c'est que plus le vinaigre etait fort . plus ces cristaux ellipti- ques paraissaient aceres. Dans le vin genereux, au contraire, ces cristaux etaient obtus, arrondis ou tronques par les deux bouts. En consequence, les vins doux auraient possedc des cristaux arrondis les vins acides des cristaux aigus : la douceur et I'acidite eusseu done ete le resultat dun phenomene mccanique. C'etait ic beau siecle de I'imagination ; et aucun incredulc har- ( '^>5 ) sneux ne venait t.oubler 43 ) Afin d'eclaircf MM. les commissaires charges de faire uii rap- port a ce sujet, nous rappellerons que la partie medicale ou phy- siologique de la lettre de WiM. Caventou et Francois n'offre rien denouveau. Tout ce qu'ils disent est tres-bien connu en AUe- magne depuis iSaS, et en France depuis 1826 au moins, Ce lut M. Langsdorff(i) qui le premier fit connaitre en Europe les proprietes ct les usages de cette plante qu'il avait observee au Bresil dans la province de Minos geraes oi'i les habitans I'appellent raizpretra (racine noire). L'article de M. Langsdorff fut extrait dans le Bulletin des sciences medicates , mars 1826, torn. VII, numero i5i ; et ensuite dans le Journal de Chimie medicale, mai 1826, p. aSg; dans lequel I'au- teur de I'extrait pourrait bien etre pris pour I'auteur de Tarticle ; carles sources n'y sont pas citees. M. Langsdorff avait signale d'une maniere detaillee les effets diuretiques et drastiques de cette racine; il parle de son emploi contre I'hydropisie, les maladies hysteriques, nerveuses, enfin comme excitant de I'uterus. Depuis plus d'un siecle, d'apres M. Langsdorff, les habitans de Minos geraes Temploient avec le plus grand succes en infusion a la dose de deux gros par pinte d'eau bouillante. On en prepare une teinture alcoolique qui se donne a la dose de un ou deux gros et meme davantage. Lnfin, on peut aussi la prescrire en poudre a la dose de vingt ou trente grains, dose que Ton peut graduellement augmenter. Le professedr Spitta a fait inserer, a ce sujet, un cas d'hydropi- sie pendant quelque temps soulagee par I'emploi de cette racine , dans le Litt. Annal. der ges. Heilk, mars 1826, p. 5g5 (analyse dans le Bull, des scienc. med. , septembre 1827, tom. XII, nu- mero 56). Enfin , M. Langsdorff adressa , le 5 aoCit 1827 de Mato-grosso, une lettre a M. Froriep {Notizen, tom. XX, numero 4i, fe- vrier 1828, p. 64), dans laquelle ce voyageur revient surl'effica- cite de ce remede. Get article a ete extrait dans le Bull, des scienc. medicates, juillet 1828, tom. XIV, numero 199. M. Langsdorff avait recolte une provision considerable de cette racine qu'il se proposait d'cxpedier en Europe. {i) Fivriep's Notisen, nov.,!)" 2/(9, P- 'ii> iStiS. ( >45 ) Quant a la premiere parlie de la lettrc , il est assez certain que 48 ) 1-x oct. — M. G. Cuvier lit la descriplion anatomiqiie d'un ani- mal parasite tiouve par M. Laiirillard, sur les cotes meridionales de France. M. Geolfroy Saint-Hilaire prestnte un fcelus anencephale , che/. lequel on a conserve I'excroissance spongieuse en laquelle se con- vertit I'encephale. M. Mathieu fait un rapport favorable sur la regie echelle de M. Chauvin. M.Wardenannonce la chute dedeuxaerolithes, la nuitdu i4aoCit dernier, pres de Deal, dans le New-Jersey. M. Poisson lit un 3Iemoire sur I'equilibre et le mouvement des fluides elastiques et des liquides. ig oct. — M. Geoffroy Saint-Hilaire fait une communication .sur les deux freres siamois, attaches ventre a ventre. M. Robineau-Desvoidy annonce qu'il a trouve une vipere com- mune ayant des petits , et une vipere rouge portant plus de trois mille petits ik divers etats de developpement. M. Boyer fait un rapport sur I'instrument de M. Baudelocque, destine a broyer la tete des foetus. M. Sturm lit un Memoire sur une nouvelie theorie, relative a une classe de fonctions transcendantes. 26 oct. — M. Brongniart fait un rapport approbatif sur le Me- moire de M. Elie de Beaumont, qui admet le soulevement des chaines de montagnes. M. G. Cuvier fait un rapport favorable sur les collections d'his- toire naturelle recueiilies par MM. Quoy et Gaimart. M. Becquerel lit un Memoire sur les cristallisatious des sulfures metalliques , operees par de faibles courans electriques. MM. Audouin et Milne-Edwards deposent un paquet contenant levirs recherches faites durant leur troisieme voyage sur les c6te.s de France. 2 nov. — M. Breschel lit un Memoire sur I'organe de I'ou'iechez les poissons. M. Gay-Lussac fait un rapport sur les procedes de M. Aldini , pour porter des secours dans les incendies. L'auteur a propose de secouvrir, aceteffet, d'un hiibillement de toile d'amiante , recou- vert d'une loiie metalliquc. ( '49) M.Geoffroy Saint-Hilaire presente les porliaits de Ritta-(Jhris- tina et de Clang -Ang, et donne de nouveaux details sur leurs uionsti'uosites. M. Maflioli presente des meubles en filigramnies de verre. M. Babinet envoie un premier Memoire sur la cause du retard qu'eprouve la lumiere dans les milieux refringens , et sur la re- fraction des milieux en mouvement. M. His lit une notice sur les Grangers. . 9 not. — M. Billaudel envoie des os de palseotherium , trouves dans des terres argileuses au-desso\is du calcaire grossier. D'apres M. Cuvier, la machoire envoyee par I'auteur est d'un lophiodon , animal contemporain du palseotherium. Jusqu'i present on n'a- vait trouve des restes de ces animaux que dans les couches supe- rieures au calcaire grossier. M.' Dubar envoie une machine destincc ii apprendre seul a ecrire. M. Cauchy annonce qu'il a completement resolu le problemc de I'extraction des racines primitives des nombres. M. Bureau de la Malle presente des os d'animaux fossiles, trou- ves ii six lieues d' Angers, dans une couche tres-bornee de calcaire grossier. Ce sont des dents de squales et des debris de pachy- dermes. i&nov. — W. Larreyest nomme membre de la section de me- decine et de chirurgie. . M. Deshayes adresse un travail sur les coquilles fossiles des environs de Paris. Ces coquilles etaient au uombre de 4^0; et I'auteur en a porte le nombre a 1,200. M. Dutrochet a trouve que les radicules des plantes ne s'eii- tonceul pas plus dans le mercure que ne I'exige leur poids. M. Robert envoie une machoire d'anoplotheriuni , trouvee a Nanterre , dans le calcaire grossier. M. Samson communique une piece auatomique presentant des glandes lymphatiques rcmplies de sang. M. Poncelet lit un Memoire contenant des experiences sur les lois de recoulement de I'eau par les orifices rcctangulaires verli- caux ;i grandos dimensions. ( »5o ) JM. Cordier fait un rapport favorable sur les collections de geo- logic de MM. Quoy et Gaimart. M. Diimeril fait un rapport favorable sur le Memoire de M. Ri- gal, sur la destruction mecanique des calculs vesicaux. 25 Nov. — M. Rognat est elu associe libre. M. Cordier lit un memoire de ftl. Marcel de Serres, sur cinq ca- vernes decouvertes a Fauzan (Herault), contenant des debris de poterie meles avec des ossemens d'animaux perdus. M. Cordier presente aussi des ossemens trouves a Bize, par M. Christol. M. Dupuytren fait un rapport favorable sur I'ouvrage de M. Breschel, relatif aux veincsdes os. MM. Audouin et Milne-Edwards lisent un extrait de leurs nou- velles recherches zoologiques sur les cotes de France. M. Becquercl communique quelques observations sur differens composesmetalliques qui se forment sur des antiques. 3o Nov. M. Dulonglit, en communaute avec M. Arago, un Me- moire sur les moyens de prevenir I'explosion des machines i va- peur. La loi de Mariotte a ete verifiee pour I'airjusqu'ala pression de 24 atmospheres, et les forces elastiques de la vapeur d'eau ont ete observees jusqu'u cette pression. Nous donnerons les details de ces importantes observations. M. B'jucharlat adresse plusieurs analyses de I'eau de la Seine et du canal de I'Ourcq, par feu M. Vauquelin. M. Boue communique des observations sur les ossemens hu- mains qu'on a trouves en differens endroits de I'Allemagne, M. Robert donne de nouveaux details sur les resles fossiles trou- ves a Passy. M. Geoffroy-Saint-Hilaire lit un Memoire sur Ritta-Christina. M. Latreille fait un rapport sur la description de quelques crus- taces nouveaux, par M. Milne-Edwards. 7 Dccemb. — Le ministre de I'interieur annonce que la corvette la Dordogne va partir pour un voyage de circumnavigation. M. Beauterops-Beaupre fait un rapport sur la demande de M. Castera , d'etablir une societe philantropique pour les nau- frages des cotes de France. ( »5i ) M. Navier lait un rapport sur la montre de M. Rebiller. M. Latreille fait un rapport sur le 2' vol. du Species Generum dcs insectes coleopttres de M. Dejean. M. Savart fait un rapport favorable sur le travail de M. Deleau, concemant remploi de I'air dans les maladies de I'oreille. M. Puissant lit un Memoire intitule : Nouvel essai de trigonome- trie splierique. M. Geofifroj-Saint-Hilaire acheve la lecture de son Memoire sur Ritta-Christina. M. SeruUas lit un Memoire sur les composes de I'iode; action des acides sur I'iodate de potasse ; bi-iodate et tri-iodate de po- tasse; chloro-iodate de potasse; acide iodique obtenu en grande quantite. 14 Dec. — M. Cordier fait un rapport favorable sur le travail de MiM. Lecoq et Bouillet, contenant la description geologique du departement du Puy-de-D6me. M. Poisson presente les deux premiers volumes d'une seconde edition de la Mecanique Celeste. M. Cassini fait un rapport defavorable sur les considerations me- dico-Iegales de M. Briere, touchant I'interdiction des alienes. M. Geoffroy- Saint -Hilaire fait un rapport favorable sur la deuxieme partie de I'anatomie analytique de Manec. M. Dupin lit la premiere partie d'un Essai sur les progres com- pares des revenus prives et des revenus publics en France et dans laGrande-Bretagne, depuis le commencement du 16" siocle jusqu'a nos jours; cette premiere partie est intitulee : Considerations gene- rales et reclierches sur les variations annuelles de la vente des cc- r dates. COTERIES SCIENTIFIQUES (i). Nous avons promis dans notre prospectus de fuire connaiire (1) M. Baudouin , abusant d'uu article de uotre coiUiat, ciul pouvoif, dc ( «5» ) non-seuleinent les decotivertes scientifiques, mais encore I'esprit qui aninie les savans. Cette entreprise soulevera bien des passions, et excitera bien des clameurs; car le poinl que nous alions abor-' der est d'une natures! delicate ! et, puisque les savans pardonnent difficilement qu'on refute leurs erreurs, coininent pardonneraicnt- ils qu'on expose au grand jour les pelits nioyeos, les pelites ruses donl ils lout usage dans le cours de leur carricre. La corde de I'interet vibre plus fortement encore que celle de I'amour-propre ; et c'est la premiere principalement qui va peut-etre se irouver attaquee dans cet article. Toutes ces considerations sont fort puissantes; mais la verite a aussi sa puissance; et c'est a elle seule que nous avons promis d'obeir. Si qutlqu'un se croyait oflense par nos rerelations, et s'il ve- nait a se plaindre que nous ayons eu rinlenlion de le designer , nous lui porterions ce dilemme : ou bien le portrait que nous avons fait de vous est fiddle, ou bien il ne Test pas; dans le pre- mier cas, vous reconnaissez que nous avons dit vrai, corrigez- vous, c'est le seul parti raisonnable que vous ayez ii prendre; dans le second cas, de quo! vous plaignez-vous ? le public ne devine pas si vite, et il n'airne pas a aventarer ses soupcons. Mais la generation actuelle a besoin de quelques lecons de mo- rale qu'elle recueille du reste avec zele et merae avec avidite. Permetlez-nous, au lieu de legions enuuyeuses , de lui offrir des exemples piquans de verite, et de la preserver des fautes dans les- quelles la contagion d'un siecle d'intrigue et d'ambition a pu vous faire toinbcr vous-memes. Dans le siecle oii nous soninies, c'est exlirper le vice que de le signaler. Concevoir une reunion d'horames sans coteries, ce serait con- cevoir une inoisson sans ivraie, un tableau sans ombres; si le inonde n'etait habite que par quatre individus, cette soci^te au- rait au inoins deux coteries. Le raal est done incurable ; nous ne devons plus prelendre qu'a diminuer la ;;ravite de ses effets. son autoiili' piivcc, s'opposer a la publication de cet article. Les auteursen ayant defeie au tribunal dc commerce, voyez (page 5) comment la sentence arbitrale , rendue par MM. Nep. Lemercier, membre de I'lnstitut , et Ha- chi.tle , libi aire , s'exprinie au sujet de la censuie de M. Baudouiu. ( i53 ) L'Allemagne est peut-eire ie seul pays oii les coteries se ser- vent, pour ainsi dire, mutuelleineiu d'antidotes et de mo3'ens dc compensation; ce sont des forces egales qui se paralysent. Les savans dissemines sur nne plus grande eiendue, apparlenant a des cercles differens ou a des villes difTerenfes, peuvent, it est yrai, se grouper en coteries dans leurs villes respectives; ils y ont des places a solliciter on a conserver, des suffrages a gagoer, des protecteurs a menager. Mais a huit lieues de la, la scene change avec la localite. La se forment aussi des coteries; mais nul lien ne les rapproche des coteries du pays voisin ; Tune est entierement etrangere d I'autre, et il est certain qu'aucutie ligue ne peat les fondre en une seule. Aussi, tel intrigant qui iiitinnde tant de gens dans ce cercle, n'est plus qu'un homme ordinaire dans Ie cercle voisin; el la quelquefois trouve-t-il des juges se- veres qui controlent sa conduile et ses ecrils, et revelent au public savant ses intrigues et sa nullite scientifique. La publicite est la sauvegarde de la science comme de la politique; et il taut qu'un savant ait un rnerite reel pour resister a des revelations fScheuses; en sorte qu'en Allemagne, si un intrigant se soutient, on est autorise a croire, non-seuleraent qu'il a un merite quel- conque, mais encoie que la crainte fera en lui ce que Ie sentiment du devoir ne saurait faire ; enfin les coteries sont la pour reparer Ie mal des coteries. De la vient que rarement un auteur parvenu s'endort sur Ie fauteuil acadeniique, ou sur Ie siege du pouvoir; il travaille pour conserver comme il avait travaille pour ucque- rir; et la science du moins n'a pas a deplorerla nouvelle fortune du savant. En France, tout se concentre a Paris ; Paris a tout, la province n'arien; qu'y ferait un savant? il faut courir cent lieues pour trouver une ebauclie de collections ou de bibliotheque ; il faut en faire deux cents peut-elre pour rencontrer un homme capable de parler science. Aussi, de tou> les points de la France, les savans encore novices se hatent de se rendre a Paris; c'est ici qu'on uomme, c'est ici qu'on intrigue, c'est ici qu'on obtient, c'est ici qu'on profes.se, c'est ici qu'on public. Les coteries se trouvcnt done reunies dans la meine enceinte de murailles, aux portes du raeme pouvoir, sur les banquettes des raemes academies. En con- sequence, si I'une d'eiles devient tout a coup plus puissante que ( >54 ) les autres, dos lors elle impose silence a tous; on murmure en secret; inais qui oserait elever une plainte? que dis-je? les cote- ries subalternes cherchent bientot elles-memes a se fondre dans la principale; et voyant que la moisson est usurpee, elles n'am- bitionnent plus que I'avantage de glaner; les places, les faveurs, les concours, les eloges des journaux scientifiques, tout enfin est a la disposition de la coterie privilcgiee; et malheur A une tete recalcitraute! car ses talens memes ne feraient que hSter sa chute et la rendre plus grave. II est a Paris telle coterie qui, depuis plusieurs annees, assiege les portes d'une societe savante, et qui, gr5ce a ses alliances, jouit, dans certains coins de la salle, d'une grande faveur. Personne ne I'estime, tout le monde la craint; mais comme ces serpens qui fascinent, elle attire anpres d'elle jusqu'a ceux dont eile est abhorree. Voyez cet homme a talent aupres de I'un de ces cory- phees; humble, silencieux , composanl ses traits sur ceux de I'homme que pourtanlil nieprise, il ecoule gravementdes absur- dites palpables, des assertions dont il reconnait lout bas la pueri- lity; il n'ose pas meine prendre la defense d'un ami attaque; il souffre, mais il sourit; il a besoin pour redevenir lui-meme, que I'intrigant ait tourne le dos ; alors il soupire et se trouve sou- Inge. Ce spectacle afflige ITime; c'est en ce moment qu'on desi- rerait ne connaitre I'homme de genie que par ses ecrits. Examinez, dans ce qu'on pourrait appeler la salle des pas per- dus, ce groupe mysferieux de sept a huit personnes ; tout k coup deux ou trois d'entre elles se detachent, circulent , touchent la main a celui-ci, saluent celui-la, abordent un troisieme moins affaire, en lui disant : Monsieur icl doit lire aujourd'liid un m^~ moire de la plus haute importance : admirable travail ! je vais prendre place en face du bureau du president ;je ne reux pas enperdre une syllabe; et apres quelques allocutions de ce genre disseminees ca et la,, ces amis enlhousiastes entrent et se repandent dans la salle des seances. Le silence s'etablit assez facilement; trop de gens sont interesses a le maintenir, et les aufres ont tout a crain- dre dele rompre. C'est la que commence le role le plus actif de nos societaires; I'un d'eux se charge de colporter de fauteuil en fauteuil les planches qui accompagnent le texte qu'on entend lire , de les placer sous les ycux de chaque meinbre, soit qu'il ( »55 ) ecoiite ou qu'il cause, de liir en demontrer la finesse et de Ini en cxpliquer les details. Les autres donnent des signes frequens d'approbalion, ils ont soin de faire ressnrlir une idee, un mot meme, de commenter ce qui ponrrait paraitre obscur, de trepi- gner au moindre petit bruit qui se fait entendre, et de s'assurer, en promenant leurs regards sur Tasseinblee, de I'effet que tant de precautions ne peuvent manquer de produire en faveur de I'interessaQt lecteur. Le lendemain les journaux consacrent des colonnes enlieres a I'annonce de la decouverte; huit jours apres elle oblient un rapport favorable : six mois plus tard elle n'existe plus. La manoeuvre de ces obligeans amis est bien differente dans la seance suivante. Un jeune homme, isole dans I'embrusure d'une fenetre, attendait depuis quatre mois, et son memoire a la main, qu'il plflt a M. le president, en vertu de son pouvoir discretion- naire, de I'appeler a son tour d'inscription; son nom vient enfln d'etre prononce, et il s'avance vers le bureau h travers une foule qui daigne i peine lui ouvrir un passage; un inconnu fixe peu I'attention dans le temple de I'intrigue! II commence a lire; mais le murmure des conversations particulieres etouffe sa voix, jusqu'a ce que la sonnette du president condamne I'auditoire a ccouter le lecteur un peu deconcerte. On prete d'abord I'oreille et puis I'attention ; bientot on s'interesse a la lecture, on est frappe de la finesse des apercus, de la clarte de la demonstration, de la masse imposante des fails; la conviction circuie et I'inconnu est apprecie. Mais la coterie qui veiile autour de lui, pardonne diffi- cilement des triomphes qu'elle n'a pas menages! Aussi, des ce moment, noire jeune auteur se trouve place dans rallernalive ou de conserver son independance avec son isolement, ou bien d'at- tacher sa gloire au char de I'intrigue en faveur. S'il prend ce der- nier parti, on ne lui permettra de se mettre en evidence que jus- qu'a tel point, et de n'exposer de ses facuites mentales que telle ou telle portion, de n'exploiter que tel ou lei sujet, et de ne tou- cher nuUement a tel autre que se reservent les mailres ; c'est a ce prix qu'il merltera un reste de faveur et de graces echappees a ccux qui forraent le premier rang. Voudra-t-il courir la chance de I'independance! Ah! que dc calamites vont pleuvoir sur sa tele! que d'entraves sourdes ! que ( "56) de coups perfides ! que de combats ! D'obord on ne rattaquciii p.is en face; inais on le ridiculisera ey secret; on persifleia ses de- couverles dans les soirees, dans les banquets, dans les concerts; car nos savans donneut chez eux de ces reunions periodiques ; defense aux journaux scientifiques on iitteraires qu'on pourrait avoir a sa disposition de s'occuper des travaux de ce recalcitrant, de cet obscur novaleur! attaque de toutes parts, il ne sera citede personue. ftlais la verite perce a travtrs tons les obstacles; elle glisse entre les mains de ceux qui I'etuuffent. II faut bien alors changer de batteries et de tactique ; il laut bien attaquer de front cet importun qui a grandi en silence. Que fera la coterie? les coteries se compromettent rarement; le grand jour les inliraide. On cherchera un champion d^voue, et dont la modeste reputation ait plus a gaguer qu'i'i perdre dans la chance d'un revers. En parell cas, toutes les armes sont bonnes, el le choix des moyens embar- rasse fort pen ; !e sarcasme, les erreurs, les citations mutilees, les b^vues les plus grossieres, qu'inipurte avec quelle arme on frappe, pourvu qu'il reste la cicatrice ! On niera d'abord la decou- verte, on criera a I'absurdile. Quand on ne pourra plus se dispen- ser de I'admettre, on chargera quelqu'un de s'en emparer a son profit; et c'est le plagiaire qui, dans les livres et les cours publics, jouira des honneurs du triomphe. Quel bonheur quand un auleur allemand ou anglais, quelque obscur qu'il soil, aura dit six mois plus tard quelque chose d'analogue niais d'inconiplet ! 11 sera porte aux nues. Mais quelle bomie fortune quand noire indepen- dant aura trouve sur son chemin une erreur, ou grossi^re ou nuisible, et que I'amour de la virile I'aura porte a la refuler! un dechaiuement general eclatera sur la tele du temeraire : on criera a I'insolence! on invilera Tauleur refute i ne pas le mena- ger, a prendre vigoureusement sa revanche; des juges complele- ment etrangers au sujet seront nommes el courlises ; ils recevront leurs instructions particulieres; on les exercera au jugement qu'ils ont a prononcer; on elouflera les reclamations de I'accuse , on ne publiera que les refulalions de I'accusateur; on alterera les expressions, les idees du premier, on corrigera, on modifiera les absurdittis du second; et pendant six mois au moins le public savant sera dupe de ces manoeuvres. Un editeur se cbargera-t-il de la publication d'un ouvrage dont ( »57 ) Irs revelations sont dans !c cas de compromeltre !a coterie ? On in- vitera I'editeiir, sur les plus legers pretexted, a accepter une soiree ; la, nn cercle nombreiix, reuni comme au hasard, amencra la con- versation sur le projet d'un ouvrage absurde , inconvenant, dont Fautenr n'obliendra pas meme rhonneiir d'une critique dans les journaux les plus inconnus : le chef de la maison ne manquera pas de vanter le bon goOt de I'editeur, il ira meme jusqu'a offrir de petits cadeaux qui ne lui coQtent guere, et qui certainement ne se- ronlpas accepter. Si I'editeur a le courage de tenira sa parole, on I'attaquera par un autre cote; n'ayant pu le corrompre, on tachera de I'effrayer; le commerce a des circonstances tacheuses qui le mettent souvent en rapport avec le pouvoir ; la science intercede avec succes; ot il faudrait etre un ange, pour ne pas accepter, en semblables circonstances, la faveur d'une intercession. Mair, nous n'avons pas souleve le coin le plus hideux du voile. Oserons-nous parler de ces places mendiees , obtenues par des moyens qu'on n'oserait avouer au grand jour? Dirons-nous que Ton a transige dcpuis trois ans la place d'un illustre zooio- giste que la morl n'a frappe qu'a nioiti6? et qu'a son insu, et sur lebord meme de sa tombe, un concurrent par anticipation, qui pourrait faiie valoir le plus de pretentions a la place future, a consent! de ne point se mettre sur les rangs, a la simple condition d'une pension viagere que s'est charge de lui fournir un homme qui ne serait pas meme le dernier sur la lisle, si la place se don- iiait ail concours? Nous desirerions fortement qu'on puisse nous offrir la preuve du conlraire; car il n'est pas un seul naturaliste qui, a quclques modifications pres, ne signale avec une sourde indignation cet arrangement etrange ! Parlerous-nous de ces de- corations obtenues a des tilres politiques et sous des pnitextes ridiculement scientifiques? Croirait-on qu'on put pretendre a porter le signe de I'honneur pour avoir corrige les epreuves d'un ouvrage de luxe? Qu'importe qu'on le sache dans les coulisses; le parterre I'ignore et applaudit a I'homme decore; qui oserait sifilerl'intrigant? Designerons-nous ces professeursdes frontieres, qui entrelienneut a Paris des corresponJans tres-repandus dans le monde scientifique , pour se tenir au courant de tous le? tra- vauxquu I'on mftrit ici dans le silence du cabinet, et dont ils se hatent d'u^urper la priorile par quelques publications improvt- ( »58 ) sees ? Oh ! que cetle science qui a tant de charmes aux yeux de la jeumsse el des aoiateurs , devient affligeante quand on pcnetre plus avant dans son sancluaire! Vous qui la cullivez dans la le- traile, croyez-nous, conservez bien toule la purete de vos illusions; u'approchez pas. II n'est pas dans I'ordre des choses possibles que la coterie ait considere d'un oeil calrae le projet de noire entreprise, et qu'elle nous laisse avancer, sans chercher a jeter quelques entraves sur noire route. Le lecteur nous a sans doute prevenus el devines; mais nous pouvons assurer que la coterie est encore plus inge- nieuse dans ses machinations que le lecteur n'esl prevoyant ; au- rait-on pense que des homines que le public croit plonges dans les mc^ditations scientifiques, passeiif toutes leurs journees a fali- guer de leurs leltres leurs correspondans nationaux et etran- gers; qu'ils epuisenl les ressources de leur esprit pour parvenir a soulcver les hommes les plus etrangers a leur coterie, contre deux auleurs sans ambition et sans puissance? Croirait-on que des hommes de bonne mine osent se presenter en noire nom et u notre insu chez nos graveurs pour soustraire les dessins et les planches destinees a la livraison qu'on imprime, et pour se me- nager ainsi le plaisir de retarder de quelques jours la marche de notre publication scienliCque? Irait-on jusqu'a penser que le coryphee de ces honnetes adv^Tsaires puisse reussir tous les mois a saisir au passage les epreuves qui sorlenl de I'imprime- rie, et que cc mois-ci peut-elre ilait le privilege de lire le pre- mier ces quelques lignes qui ne le rendront pas meilleur? Croi- rait-on enfin que Ton pousse la lemerile jusqu'a promettre une protection bien precaire du reste aux etrangers qui auraient la faiblesse de faire imprimer une diatribe, dans leurs journaux, con- tre deux hommes qui ne savcnt se defendre qu'avec les armes de la verile? On nous priera sans doute de specifler le genre de protection qu'on pent promettre a des etrangers ! Get aveu est penible a faire ; on les invite a envoyer un de leurs ouvrages au concours fonde par unardenl ami de la science, dans une sociele savante dont les membres certes ne soupfonnent gufere I'existence de semblables transactions; et enfin le prix destine a la decouvcrte d'une verile est promis par ces soUiciteurs a un acte de perfidie. II est vrai que I'on a soin de ne point reveler au ( '59 ) complaisant champion I'epoque de la cloliire dii concours ; le memoire arrive trop tard, et Ton est ainsi dispense de tenir pa- role. Ces faits sont bistoriques; lis ne sont pas pourtant aussi afiligeans qu'ils pourraient le paraitre au premier coup d'ceil ; ils nous apprennent que, dans ce siecle, I'independance est un pou- voir, que la publicile est I'efrroi des coteries, et que I'intrigue n'a pas encore perdu toule pudeur; un ancien a dit que la craiulo est Ic commencement de la sagesse; consolons-nous, ils com- mencent, car ils tremblent. NtCROLOGIE; PARALLELE. L'Institut et le Museum Aiennent de perdre deux de leurs membres : M. Vauqu€lin , prefesseur de chimie au Museum, et niembre de la section dc cbimie a I'lnstitut; et W. Lamarck, membre de la section de bolanique a I'lnstitut , et professeur de zoologie au Museum. Le premier, eleve a I'ombre toute puissante de Fourcroy, fut investi de toules les dignites dans lesquelles Four- croy dedaigna de descendre; le second ne brilla que de son proprc eclat; il ne tint ses places que de son talent : aussi n'en posseda- t-il jamais qu'une seule. Celui-la cultiva la science et la fortune a la fois; celui-ci , debout chaque jour pour la science, des cinq heures du matin, oublia la fortune, et Tecut oublie du pouvoir. Le premier fut plus \ ante en France qu'a I'Etranger ; le second est encore plus celebre a I'litranger qu'en France; et , coimiie les elogcs obtenus loin de nous , ne sont dictes par aucune conside- ration interessee , Lamarck , de son vivant, a ete, pour ainsi dire . juge par la posterite. A'auquelin fit beaucoup de travaux, mais presque toujours sur le meme modele; plus exact qu'ingenieux ct profond, ses analyses sont tout autant de pieces isolees, qu'au- eune idee philosophique n'est jamais venue coordonner. Lamarck, plus ingenieux qu'exact , plus profond que severe, n'a pas laisse, jusque dans ses eearts, que d'imprimer de nouvelles impulsions a la science. Peu faconne a I'intrigue et aux menagemens de I'am- bition, il cxprima ses grandes vues avec hardiesse , et sans les ac- commoder aux goOts des pouvoirs divers qui ont passe succes- sivement devant lui; il lutta centre des adversaires qui, devenus- plus puissans que lui , ont semble I'eclipser de I'eclat que leur pre- taierit lejournalisme el les faveurs ministericUes ; mais ses opinions,. ( .60 ) d'abord ridiculisees, reprennent faveur, aujourd'huiqu'onles juge loin desi ministeres. Vaiiquelin, entoure de complaisans et de dis- ciples, est mort dans I'opulence; sa fortune aurait satisfait la cu- pidite de vingl heritiers; ses places ont grossi les cumuls de sept a huit savans qui se sont partage ses depouilles. Aveugleet paralyse, Lamarck, a son dernier soiipir, n'a senti couler que peu de larmes, luais elles elaient sinceres et desinteressees ; car sa mort est, pour ses deux fdles, non-seulement uneperte douloureuse, mais encore une caiamite. II fut inutile aupouvoir; comment le pouvoir pen- sera-t-il a etre utile a sa iamille? Les savans, trop occupes de solliciter pour eux-memes, auront-ils assez de temps pour eveiller la compassion sur elle? Vauquelin a ete remplace par M. SeruUas, a rinstitut, et au iMuseum, par M. Chevreul. La premiere nomi- nation honore I'lnstitut ; la seconde a ajoute aux sinecures une si- necure deplus. Les deux places de M. Lamarck etaient sollicitees de son vivant; I'intrigue ne resteia pas inactive aprcs sa mort. M. Audouin ose se presenter au Museum ; mais heureusement pour I'honneur de ce corps, M. Lourdoueixn'est plus au ministere; et M. Latreille, dit-on, pourra librement partager avee M. de Illainville, une place dont il n'aurait jamais du ceder I'exercice. A rinstitut, le nepotisme se presente et engage la lutte; pourquoi MM. Adr. de Jussieu et Ad. Brongniart ne seraient-ils pas admis? MM. de Cassini pere et Delalande n'y sont-ils pas entres au meme titre? L'lnstitut ne reiiferme-t-il pas un grand nombre de peres qui ont a songer a I'avenir de leurs enfans? L'opinion publique signale, a cette graude recompense, un savant quia mine, pour la science, sa fortune et sa sante, et qui, apres avoir parcouru dans tons les sens les vastes contrees du liresil meridional , est retourne en France pour recevoir la faveur tardive d'un ruban, et pour abandonner a d'autres le soin d'exploiter des materiaux, quiluiont coCite si cher a recueillir dans les pays lointains, et a coordonner dans sa patrie. Le fauteuil acadeuiique consolerait peut-etre cet athlete vieilli dans I'arene : sa nomination verserait peut-etre un baume sur ses blessures ! Mais que M. Aug.-St-Hilaire eloigne de lui de telles esperauces ; il lutte non point centre desrivalites, mais centre le nepotisme; le combat est trop inegal. On possede son herbier : pourquoi ne possederait-on pas son titre P II. Kbrata. Page 87, lig. 8 : pi. 4; ''•''^"< p'- '-«• Afi/> ■ i,i-- 7<>m .Iff. F/. /'ly. I ■ Fto/i//^On62 ) systemes paraissent etre arranges autour de trois droites rcctangu- laires, leurs axes otant paralU-Ies a ces droites, ensorte qu'ils seni- blent ne se toucher que par leurs angles solides. II resulte de la que les differences d'elasticite d'une memo sub- stance paraitront en general d'autant plus grandes , que les lames circulaires qui serviront a les mettre en evidence auront un dia- iTietre plus petit, puisqu'alors les systemes cristallins y seront en moindre nombre ; et c'est ce que Tcxperience confirme. 3Iais il reste a faire voir comment cette disposition peut donncr aux metaux des proprietes analogues a celles qu'on observe dans les corps regulierement cristallises. « Je suppose, dit I'auteur, qu'on prenne deux lames circulaires de bois, d'egale epaisseur, contenant dans leur plan les axes de plus grandc et de moyenne elasticite, et qu'on les colle ensemble de maniere que les axes de meme espece , dans les deux lames, laissent entre eux un angle plus ou moins ouvert; il est clair que ces systemes de lames croi- sees pourront donner une idt'-e de ce qui doit arriver dans les me- laux. La marcbe du phenomene est alors tres-simple ; car les modes de division sont a tres-peu pres les memes que dans chacune des lames prise separement : c'est-a-dire que I'un des deux se compose de deux lignes croisees rectangulairement , et I'autre de deux branches d'hyperbole ; mais avec cette particularite que Tune des lignes nodaies du sysleme rectangulaire se place toujours sur la ligne qui divise en deux Tangle que les fdires du bois ferment entre elles, et que I'une des asymptotes de la courbe hyperbolique parait etre sensiblement parallele a la direction des fibres de I'une des lames , tandis que la seconde Test aux fibres de I'autre lame. On obtiendrait des resuUats tout-a-fait analogues par le croisemcnt de deux lames quelconques qui contiendraient au moins I'un des axes d'elasticite, c'est-a-dire dans lesquelles I'un des systemes nodaux serait forme par deux lignes croisees rectangulairement. Si I'une des deux lames ne contient aucun des axes dans son plan, alors les systemes nodaux ne se composent que de branches d'hy- perbole , et la position qu'ils prennent est intermediaire a celle qu'ils affectaient dans chacune des lames considerees isolement. Il semble done qu'on puisse conclure de la que, de quelque maniere que des corps qui possedent trois axes rectangulaires el inegaux d'elasticite, soient reunis entre eux, leur assemblage ( ^c^^ ) jouit aussi de la pioprietc de. presenter trois axes d'clasticile. n II nc parait pas qu'il y alt une grandc difference entre la struc- tnre des lames de metal qui ont ete taillees dans de grandes masses, et celle des lames de meme substance qui ont etc fondues dans des monies circulaires. La nature et la position du moule, la position du jet, un refroidissement subit, nn courant eleclrique etabli a travers un diametre de la lame en fusion, ne modiGent point sen- siblement I'etat elastique de cette lame. Mais une suite de petits chocs imprimes au moule , tandis que le metal se solidifie , trouble la formation des systemes cristallins, et donne au metal une grande uniformite d'elasticite, en sorte qu'il ne rend plus qu'unson, et que ie systeme nodal compose de deux lignes croisees n'y occupe plus une position determinee. L'ecrouissage, le laminage, le re- cuit, peuvent altcrer a divers Jegres la distribution de relasticite des metaux, sans toutefois ramener ces substances a un etat voisin de I'homogeneile. Seulcment le laminage etendant Ics systemes cristallins suivant deux directions reclangulaires, les disques qu'on decoupe dans une lame qui a subi cette operation , presentent les mcmes lignes nodales, paralleles entre elles, et s'accompagnant des memes sons. «I1 eut sans doute ete important, ajoute M. Savart, de deter- miner pour les differens metaux, le plus grand ecartement qu'il pent y avoir entre les deux sons que font entendre les lames cir- culaires qui en sont formees; mais je ne puis rien preciser ace sujet, parce que cct ecartement est d'autant plus grand que les metaux sont plus purs , et qu'il depend d'ailleurs des particularites de I'acte de la solidification, particularites qui sont encore entie- rement inconnues; neanmoinscet ecartement m'a paru en general plus considerable dans I'etain, le plomb et le zinc, que dans le cuivre, le bismuth, le fer, I'antimoine et I'argent, et il est tres - petit dans les alliages. Ainsi les deux sons du cuivre jaune, et surtout ceux du metal des timbres, sont si pres I'un de I'autre, qu'il est presque toujours impossible de les distinguer. » Les phenomenes que nous venous d'observer dans les metaux sont loin de leur etrc particuliers ; on en retrouve d'annlogues dans le verre , le soufre , la resine ordinaire , la resine copale , le succin, le platre, les ardoises, etc.; I'intervalle compris entre les deux sons propres a des laraes circulaires de ces diverses substances, est ( '64 ) toiijoiirs tres-petit : il est fori rare qu'il surpasse un demi-ton inajeiii ; aussi les deux modes de division, quoi(iue aflectant con- stamnient une position fixe, difl'cient-ils assez pen I'un de I'autre pour se presenter toujours sous la I'orine de lignes nodalescroisees rectangulairement. II est a presumer, en un mot, qu'on decouvri- rait une heterogeneile de structure presque dans toutes les sub- stances solides , excepte peut-etre dans celles qui ne sont que des depots de matieres pulverulentes, comme la craie, parexemple, qui parait se rapprocher beaucoup des conditions de Thomogeneite. Parmi les corps que j'ai examines jusqu'ici , je n'en ai Irouve qu'un seul, la cire d'Espagne, pour lequel le systerae de deux lignes no- dales croisces a angle droit, put se placer indifferemment dans loutes les directions; raais cette substance n'etant qu'un simple melange de resine laque, de terebenthine et de cinabre, on concoit <|ue ce dernier corps, qui est a I'etat pulverulent, doit empecher les particules de la resine de s'arranger regulierement. » Je terminerai ce memoire par une observation qui parait ap- plicable a tous les corps qui ne crislallisent pas regulierement : c'estqu'immediatement apres qu'ils se sont solidifies, ils resonnent en general avec beaucoup moins de facilite qu'ils ne le font quel- ques lieures, quelques jours ou meme quelques mois plus tard. Souvent meme il arrive qu'un corps, qui d'abord ne produisait que des sons tres-sourds et difficiles a obtenir, finit par vibrer avec une telle facilite et une telle energie, que ses particules se des- agregent, et qu'il saute en eclats a I'occasion du plus leger ebranle- ment. Il semble resulter de la que, pendant I'acte de la solidifica- tion, beaucoup de particules sont en quelque sorte surprises dans des positions dont elles tendent ensuite a s'ecarter, el qu'elles ne parviennenl a un elal d'equilibre stable qu'apres un temps qui est quelquefois fort long : ainsi, par exemple, si Ton coule dans un moulc convenable une lame circulaire de soufre, et qu'on cherche a la faire resonner immediatement apres qu'elle est refroidie, on ne pent pas y reussir; mais, au bout de quelques jours, on pent en tirer des sons plus ou moins sourds; si alors on determine le nombre des vibrations obtenues par un mode de division quel- conque, puis qu'on laisse la lame en repos pendant un ou deux mois, apres ce temps ecoule, cllc parle avec une facilite extreme, el de plus, pour le meme mode de division , le nombre des vibra- ( .65 ) tious est devenii plus coiisideiabk' : Ic sou j>eul uinsi s'elever de plus d'un ton. II est bien connu que le soufre qui a ete fondu ne recouvre pas, immodiatement apresqu'il s'est solidifie , les memes proprietes qu'il avail d'abord, mais on etait loin de soupconner qu'il lui fallQt pour cela des mois entiers et peut-etre un temps bien plus consideiabic. » ( Annales de Chimie et de Phj'siqae ; t. XLI, p. 61.) MEMOIUE SUR LA REACTION DE TORSION DES LAMES ET DES VERGES RIGIDES ; PAR M. Felix Savart. ( Analyse. ) On connait les experiences au moyen desquelles Coulomb a de- termine les loisde torsion des fils tendus par des poids. Les forces de torsion de ces fils sont proportionnelles aux arcs de torsion, inversement proportionnelles a la longueur des fils, et en raison directe de la quatrieme puissance de leurs diametres. Dans son Memoire sur I'Equilibre et le mouvement des corps elastiques, M. Poisson a prouve que les inemes lois doivent s'appliquer a la torsion des verges cyliudriques rigides; et M. Cauchy a generalise ces resultats pour les verges prismatiques. M. Savart se propose, dans cc memoire, de demonlrer experimentaleraent ces lois, en 'prenant la question au point oOi Coulomb I'avait laissee. I. Expose des moj-ens d' experience emplojcs dans CCS I echerclics . « Je me suis servi, dit I'auteur, d'un etau ordinaire, d'environ 25 kilog. , fixe horizontalement sur un etabli de menuisier , et qui etait destine a saisir 4'une des extremites de la verge, tandis qiie I'autre extremite etait appuyee contre le sommet d'un petit cone pratique a I'extremite d'un cylindre d'acier qui etait fixe, a I'aide de brides et de vis, a un corps immobile. Une forte barre de fer ou de cuivre, percee, au milieu de sa longueur, d'un trou rec- tangulaire ou carre, selon le contour de la section dc la verge, ( »6G ) embrassait rextremite de cette derniere d'une maniire inebran- lable, el servait u la tordre au moyen de poids suspendus a un fii d'acier tres-fin , dont rextremite superieure, contournee en boucle, reposait sur un petit couteau visse danslabarre. Par cette disposi- tion, la longueur du brasdelevieretait toujours lameine (o™,m), et son propre poids n'agissait pas pour tordre \a verge, de sorte qu'on n'avait besoin que de tenir compte des poids suspendus apres le fil d'acier. Quant aux moyens de mesure , ils consis- taient en un arc de cercle divise ( division decimale ) , dont le rayon elait d'environ 25 centiin. , et qui etait perce a son centre d'un trou au travers duquel passait la partie cylindrique de la pointe, autour de laquelle il se mouvait a frottement rude , de sorte qu'on pouvait le fixer au moyen d'une pince i telle hauteur qu'on voulait, ce qui etait indispensable pour faire coincidcr un trait quelconque de la division avec un semblable trait pratique i I'extremite d'une longue aiguille attachce au bras de levier : cette coincidence etait observee au moyen d'une forte loupe placee a I'extremite d'un tuyau d'environ deux decimetres de longueur et d'un petit diametre , afin d'empecher que I'oeil pfit se placer , tan- tot plus haut, tantut plus bas, Cette loupe etait d'ailleurs montee sur un pied mobile , qui permettait de I'elever et de I'abaisser a volonte. » On conpoit que , par cette disposition , il pouvait arriver que, quand on avail tordu la verge d'un certain arc, la force cessat d'agir perpendiculairement a I'extremite du levier; pour remedier a cet inconvenient, on avait soin de placer un contre-poids con- venable vers celle des extremites du levier qui etait libre, et de ramener toujours ce dernier a I'horizontalite lorsque les poids etaient suspendus au petit fil d'acier. Enfin, lorsqu'on faisait usage de poids considerables , on avait soin de placer un niveau a bulla d'airsur la machoire inferieure de i'etau , afin de s'assurer si au- cun derangement n'etait survenu dans cette partie de I'appareil, et d'y remedier si cela etait necessaire. » II. Rapport des arcs de torsion avec les forces quiles produisent, lorsque la longueur resle constanle, r Cvlindre de laiton tire ii la filiere; diametre o'^ooG^a, ( i67 ) longueur 0,649 : les poids sent toujours exprimes en grammea : Arcs. Tuids. Arcs. Poids. Arcs. Poids. 1 — 160 5 — 798 8 —.1275 2 — 330 6—957 9 — 1434 3—480 7 — iii5 10 — 1590. 4 — 640 1" Verge prismatique carree de cuivre, tiree k la Dliere; lon- gueur 0,6567 , cote du carre o,oo566 : 1 — 126 5 _ 63o 9 — ii55 3 — 253 6 — 757 10 — 1258 3 _ 3r,8 r, _ 880 11 — i388 4 _ 5o5 8 — 1008 12 — i5i5. 5° Verge rectangulaire de laiton tiree a la filiere; longueur 0,997, epaisseur o,oo356, largeur 0,0092 : 1 — 55,5 5—379 9 — 5oi a — 111 6 — 354 10 — 557 3—167 7 — 390 11 — 612,7 4 — 223,5 8—447 12 — 670. 4" Lame de verre i vitre ; longueur o,63, largeur o,o544, epaisseur aioyenne o,ooi5i6 : 1 — 70 3 — 210 5 — 35o 2 — 140 4—281 6 — 420. 5" Lame d'acier fondu laminee; longueur 0,2194? largeur 0,06187, epaisseur 0,00117 : , _ 98 5—491 8 — 784 2 _ ig6 6—589 9 — 882 3 — 294 7 — 685 10 — 979 4 — 392 ( '5 o,24i5 ■ — 372,5 0,49a — i83,5 0,1 54 — 58o o,36o — 249,5 II s'ensuit que, tout restant d'ailleurs le meme, la force de torsion est en raison inverse de la longueur; ou que les arcs de ' «6g ) torsion sont directement proportlonnels aux longueurs, pour la merae force de torsion. IV. Lois des sections transversales semblables . i" Verges cylindriques de cuivre , tirees i la filiere; longueur commune 0,649. ^^^ diametres sont en milliinhtres : cs de Diam. i,Aa. Diam. 4,58 Diam. 6,91. Diam. 9,04. rsion. Poids. Poids. Poids. Poids. 1 41 207 58o 2 5,95 83 4i5 ii55 3 8,90 • 125 625 .745 4 11,90 166 83o 2320 5 i4,85 ao5 io3o 6 17,83 248 1240 7 20,80 287 1450 8 23,8o 527 1660 2° Verges prismatiques carrees de cuivre, tirees ^ la filiere; longueur commune 0,649. ^^^ cotes des carres sont en milli- metres : Arcs de COle 4,f!8. Colt 5,66. CJit 9,i3 Torsion. Poids. Poids. Poids. 1 59,5 127,5 880 2 — ■ 119 255 1760 3 178,5 382,5 2640 4 238 509 3520. 3' Verges rectangulaires de chene, a sections semblables; longueur constante o"',5235. Premiere verge, largeur o,o46634, epaisseur OjOioSg; seconde verge, largeur o,0233i7, epaisseur 0^005295. Arcs. Poids. Poids. I 355 22 a 710 44 3 1066 66 4 1422 89. ( >70 ) 4° Verges prismatiques triangulaires uquilaterales decuivrc, tirees a la filiere; longueur commune o,6383. Lcs cotes des triangles sont en nilllimhlres : ■*'■<=• "Je C6l4 4,35. Cole 7,8. C614 8,8. Torsion. Poids. Poids. Poida. 1 8,55 86 141,5 3 16,7 172 283 3 25, o5 258 426 4 33,45 — 534,5 566 5 41,7 43o,5 708 6 5o,2 5i5 85o. En comparant tousces resultats , on en deduira cette loi gene- rale : pour les verges i\ sections semblables, la longueur et Pare de torsion restant constans, les poids sont en raison directe de la quatrieme puissance des dimensions lineaires de la section; ct la longueur et le poids restant constans, les arcs sont en raison in- verse de la quatrieme puissance des dimensions lineaires de la section. V. Influence des dimensions transversales dans les verges dont les sections sont rectangulaires, mais ne sont pas semblables. II fallait, pour faire celte observation, employer une sub- stance bien homogene, c'est-a-dire une substance dont I'elasticite fat la meme dans tous les sens. L'auteur a done pris des verges de platre; longueur commune o, 374353 en metre, torsion de i° : Largeurs 0,0271 0,017213 Epaisseurs 0,00698 o,oo5i88 Poids 120 3o,33 On pent s'assurer, par cet exemple, que dans les verges a sec- tions rectangulaires , les poids sont directement proportionnels au produit des cubes des dimensions transversales , divise par la somme des carres de ces dimensions; et que , par consequent, les arcs sont en raison inverse du produit des cubes des dimensions, divise par la somme de leurs carres. II suit de cetle loi que, si la largcur des verges rcsle constanle, et qu'elle soit tres-grande relativement a Icur epaisseur, les poids seront sensiblemcnt proportionnelb aux cubes des epaisseurs, meme dans le cas ou I'elaslicite n'estpas egale dans tousles sens; ce qu'on pent voir par cet exemple d'une lame de chene de 0,5764 do longueur, de 0,096 de largeur, ayant d'abord o,oo537, puis 0,00254 d'epaisseur. Cette lame fut tordue d'un degre, dans ces deux etats , par les poids suivans, io5 et 1 1,4- II suit encore de la loi prccedente que, pour les lames larges et minces, les poids sont sensiblement proportionnels 11 la simple largeur, comme on pent s'en assurer par les donnces suivantcs : lame de verre de o,3i5 de longueur, de o,ooi5i6 d'epaisseur, ayant d'abord o,o544, puis 0,02546 de largeur. Cette lame fut tordue d'un degre, dans ces deux etats, par les poids suivans, 70 et 34- Ces diverses lois peuvent s'appliquer a toutes les substances, pourvu que Ton ait egard aux circonstances qui auront accompagne leur refroidissement; I'acier et les alliages presentcnt des diffe- rences notables suivant qu'ils ont ete ecrouis ou refroidis lente- ment, et trempes plus ou moins fortement. ( Annales de Chunie et de Phj-siqiie, t. XLI , p. 375. ) EXPOSE DES KECHERCHES FAITES PAR ORDRE DE l'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES, POUR DETERMINER LES FORCES ELASTIQIiES DE LA VAPETJR d'eAC a de HAtJTES TEMPERATURES. ( Les passages entre crochets sont abregcs. ) [Une ordonnance royale, en date du 29 octobre 1823, rendue conformement au rapport de I'Academie des Sciences, avait in- dique les inesures de precautions a prendre dans I'emploi des machines a vapeur. Mais comme on ne possedait aucune table qui donnat d'une maniere certaine les temperatures corrcspon- dantes aux tensions de la vapeur superieures a la pression de I'atmosphere, on se trouva bientut arreto dans I'execution dc f 172 ) certains articles dc cettc ordonnancc ; et i'Acadeniie, consullec de nouveau l\ ce sujet, avail fait dresser une table des forces elastiqucs de la vapeur d'eau jusqu'a huit atmospheres, tabic fondee sur les meilleiires observations que Ton possedat a cetle epoque, et qui se trouve inseree aux Annales de CJiimie et de Physique, t. XXVII, p. gS. Le gouvernement engagea TAcademic a entreprendre, a ce sujet, de nouvelles experiences; la commis- sion chargee de ce travail fut definitivement formee de MM. de Prony, Arago, Ampere, Girard, et de M. Dulong, qui fut plus par- ticulicrement charge dc la construction des appareils, et qui fit toutes les experiences avec M. Arago. La commission pensa que ces experiences devaient s'etendre a des tensions de plus dc 20 atmospheres ; elle rejeta I'emploi d'une soupapeplus ou moins chargee , et decida qu'il fallait mesurer di- recfement lacolonne de mercure capable de faire equilibre a I'elas- ticite de la vapeur ; mais au lieu de mettre la colonne mercurielle en rapport direct avec la vapeur, on imagina d'observer d'abord la diminution de volume d'une masse d'airsous le poids de la co- lonne mercurielle, pour examiner ensuite la meme masse d'air comprimee par la force elastique de la vapeur. II s'agissait , en d'autres termes, de verifier la loi de Mariotte sousde fortes pres- sions, afin de pouvoir mesurer la tension de la vapeur par Temploi du manometre. La commission obtint I'autorisation de faire ces experiences dans la tour de I'ancienoe eglise de Sainte-Genevieve. II existait encore dans I'interieur trois voQtes percees dans leur centre, dis- position qui permettait de prendre des points d'appui plus fermes pour I'etablissement de la charpente. ] Au milieu de la tour s'elevait verticalement un arbre assez bieu dresse sur sa face anlerieure, compose de trois morceauxde sapin de i5 cent, d'equarrissage, assembles a trait de Jupiter, et solide- ment fixes par des liens de fer aux voQtes et a la charpente qui supporlait anciennement les cloches. Par ces attaches multipliees, on evitait les flexions qui auraient pu rompre la colonne de verrc qui devait y etre appliquee. Celle-ci se composait de i3 tubes de cristal, de 2 metres de longueur, 5 millimetres de diamctre, et aulant d'epaisseur, fabriques expres dans la verrerie de Choisi. [II s'agissait dc proteger les lubes inferieurs dc la colonne ( '73 ) centre I'enorme poids des lubes superieurs el de leurs virolcs d'asseinblage. Voici comment on y parvint. ] Les tubes de verre sont reunis par des viroles, dont on voit la coupe verticale dans la fig. i, PI. 5. La \iroIe superieure s'ap- puie, par une surface dressee, sur un cuir qui recouvre le fond de la virole inferieure. Un ecrou roulant, que Ton peut scrrer avec une griffe, permet de faire joindre les surfaces de contact, de ma- niorea resister a une trcs-forte pression interieure. Le bord releve h h' est destine a contenir le mastic que I'on coule, au besoin , sur la jointure, pour s'opposer a la fuite du mercure , et en nieme temps pour assujettir, dans une position hurizontale, la languette A dressee sur sa face superieure , qui sert de point de reprre pour la mesure des hauteurs, et qui fait parlie d'une piece indepen- dantc oo'. Le tuyau iuferieur ^ est maintenu dans un collier cc' en fer. Fig. 2 et 5 , fixe par une patte a vis sur la face anterieure de I'arbre de sapin. Au moyen de la \is i', on maintient la virole dans une position a peu pres invariable, en ne lui laissant que le jeu strictement necessaire pour obeir aux variations de temperature. Les secousseslaterales se trouvent, par la, complelement evitees ; mais, afin de decharger les tubes inferieurs du poids de tout le reste de la colonne, on avail dispose, au-dessus de chaque virole deux poulies/jyv', Fig. 4 » sur lesquelles passaient des cordons at- taches par unbout a la virole siluee immediatement au-dessous, et portant a I'autre cxtrcmite un petit seau de fer-blanc, dans lequelon mettaitde lagrenaille deplomb, jusqu'ace que la charge totale fit a peu pres equilibre au poids de chaque virole et du tube qu'elle portait. Par cette disposition, les tubes inferieurs n'e- taient pas plus comprimes que les superieurs; toute la colonne pouvait se mouvoir verticalement d'une seule piece par le plus leger effort; ce qui rendait tres-faciles les manipulations que Ton pouvait avoir besoin d'executer pour la reunir aux autres parties de I'appareil. On voit, fig. 4? que la premiere virole etait appli- quee sur i'un des orifices laleraux d'un vase S, en fonte douce, a trois lubulures, de deux centimetres d'epaisseur, et capable de contenir 100 livres de mercure. Sur I'autre orifice oppose au pre- mier, se trouvait place le luanomelre dont il faut donner une des- cription dctaillee, pour que Ton puisse apprccier le degre d'exac- titude qu'il comporte dans ses indications. Le tube manometrique n a, des memes dimensions en diametre , ( '74 ) et en epaisseur que ceux de la colonne, avail seulemcnt i^j^o dc longueur; avant de le mettre en place, il avait etc gradue avec beaucoupde soin, mais sans pratiquer aucnn trait sur sa surface extericure, parce qu'il devail etre soumis a des pressions tres- fortes ; deux petits morceaux d'etain laraine, appliques avec du vernis, servaient de points de repere. Apres I'avoir ferme a la lampe par le bas, on I'avait etrangle pres de I'autre bout , en ne laissant subsister qu'un canal tres-delie , et a parois assez minces pour etre facilement fondues au chaluineau. Ce tube etant place sur une planche verticale a cote d'une regie divisee munie d'un voyant et d'un vernier, dans la position meme oii il devait etre pendant I'experiencc, on dressa une table des longueurs correspon- dant a un meme volume de mercure , dans toutc I'etendue du tube. INous passons sous silence une multitude de details que les per- sonnes habituees a ce genre d'operations se representeront aise- ment. Nous dirons seulement que ce procede avait etc adopte, pour eviter I'erreur assez grande qui aurait pu resuller, dans les hautes pressions, de la convexite de la colonne de mercure , si la mesure du volume n'eut pas ete faite dans la meme circonstance que la graduation. Ce tube coupe ensuite par le bas , et portant encore i sa partie superieure le canal delie dont nous avons parle, fut mastique dans la virole en fcr b U , fig. 5. Pour diminuer I'ef- fort qu'il aurait a supporter dans I'experience , le fond de cette virole n'offrait qu'une ouverturc egale a la section de la colonne liquide qui devait etre soulevee. Sans cette disposition , qui sup- primait la pression exercee contre la surface annulaire du verre, les mastics n'auraient pu resister, etle tube eQtete arrache. La meme precaution avait ete prise pour tons les tubes de la grande colonne. Avant de le mettre en place, il avait ete desseche interieurement ; mais, pour plus de sQrete , on mit dans le vase de fonte une quan- tite de mercure suffisante pour faire plonger de deux ou trois cen- timetres I'orifice inferieur du tube, et Ton fit passer pendant long- temps, a I'aide d'une machine pncumatique, un courant d'air sec qui eutrait par le canal etroit encore existant dans le hant, et qui sortait a travers le liquide metallique. Lorsque Ton presuma qu'il ne devait plus rester de traces d'humidite, on fondit avec le dard du chalumeau, le tube capillaire, a un point marque hors de la graduation, et le manometre se trouVa ferme et rempli d'air sec. Cette operation, executee avec adresse, ne peut occasioner au- ( »75 ) cunc crreur sensible. On s'on est assiiri; , tl'ailleurs, en verifiant la grafluation, aprcs avoir termine les experiences. Dans un plan passant par I'axe de ce tube manometrique, s'ele- vaient, de part et d'autre, deux regies verticales de lalton, dont Tune, divisee en millimetres, portait un vernier attache a un voyant , tel que celui qui est employe dans le barometre de Fortin. Ces regies etaient assujetlies dans le haul a une traverse en cuivre, et (ixees dans le bas sur la platine de la virole. Les variations de temperature de I'air , qui ne se communiquent qu'apres un temps assez long a une masse de verre de quelques millimetres d'epaisseur, auraient laisse dans une incertitude con- tinuelle sur la vraie temperature du gaz renferme dans le mano- metre , s'il eCit ete expose a I'air libre. Le seul moyen de lui don- ner, dans toutes ses parties un meme degre de chaleur, et un degre I'acilement appreciable, c'etait de le placer au milieu d'une masse d'eau continuellement agitee,afin que les couches, situees a des hauteurs differentes, ne fussent pas inegalement chaudes. Tel est le but auquel etait destine le manchon de verre mm' qui enveloppe le tube et les regies. Un filet d'eau coulait conti- nuellement d'un reservoir superieur e, et, apres avoir parcouru rapidement toute la longueur du manometre, s'echappait par un robinet r, situe dans le bas. Le liquide du reservoir etant d'ailleurs a la temperature de I'air ambiant , la masse de gaz conlenu dans le lube manometrique devait posseder dans toutes ses parties une temperature uniforme, que Ton determinait par un thermometre X suspendu au milieu du liquide environnanl. On voit en ii,qelj~, le mecanisme indis- pensable pour manoeuvrer le voyant, et pour prendre le niveau dans chaque observation. C'est un cordon de soie dont les deux bouts sent attaches a la piece mobile, et qui en passant sur les Irois poulies superieures et sur la poulie inferieure, s'enroule sur le tourniquet exterieur it , qu'il suffit de tourner dans un sens ou dans I'autre, pour faire montrer ou descendre le voyant et le vernier qui en t'jit partie. [Get appareil est de 3L Fortin.] Enfin , la troisieme tubulure n du vase de fonle pouvait recevoir a volonte une pompe a liquide "ou a gaz. [On s'est servi de la premiere , apres avoir d'abord employe la seconde ]. Nous allons maintenant decrire la maniere de proceder dans les observalions, qui toutes <>nt etc t'aites par M. Arago et moi. ( .76 ) Nous avons commence par determiner le volume initial de I'air du manomctre, et son elasticile a une temperature connue. Le volume etait donne par I'observation du point de la regie auquel correspondait le sommetde la colonne de mcrcure, et en trans- portant ces mesures sur la table de graduation dont il a ete parle plus haut. L'elasticite se composait de la hauteur du barometre au meme moment , et de la difference de niveau des deux colonnes de mercure dans Ife grand tube vertical, etdans le manometre lui- meme, difference qui etait prise a I'aide du micrometre decrit Ann. dc Chim. et de Phj-s. , t. VII, p. i52. Le soin que Ton avait eu de choisir les deux tubes du meme diametre, dispensaitde toute correction de capillarite. En faisant agir I'une ou I'autre pompe, on reduisait a volontc le volume de I'air du manometre, et le mercure s'elevait. dans la colonne verti- cale dd', jusqu'a ce qu'il y efit equilibre; il etait done facile de prendre des termes aussi rapproches qu'on le desirait. A chaque ob- servation, on determinaitle volume de I'air, comme il vient d'etre dit; pour connaitre la hauteur de la colonne de mercure, on avait mesure d'avance la difference invariable de hauteur de deux re- peres consecutifs a I'aide d'une regie divisee g g', dont le zero coJincidait avec le plan superieur du repere immediatement au- dessous, et I'autre bout portait une languette complementaire que Ton poussait jusqu'a ce qu'elle cffleurat la surface superieure du repere suivant, fig. 4. On avait fait d'avance le releve de toutes les distances comprises entre les viroles conseculives, en sorle qu'il ne restait, dans chaque observation, qu'a connaitre le nu- raero du tube oOi la colonne de mercure se tcrininait, ct a mesurer la difference de niveau dusommet decette colonne avec le repere immediatement au-dessous; ce qui se faisait avec la meme regie, qui s'adaptait egalement a toutes les stations, et qui etait, pom- cetle raison,munie d'un voyant ct d'un vernier. [Pourfaire commodement les observations sur toute la lon- gueur de la colonne, on avait etabli des echafauds de 2 en 2 metres. On avait distribue dans toute cette etendue 6 thermomelres dont les reservoirs plongeaient dans des portions de tubes des niemes dimensions que ceuxde la colonne, etremplisde mercure.] Nous avons fait trois series d'experiences sur la meme masse d'air. Nous en rapporterons seulement les resultats tout calcules, et ramenes a la meme temperature. ( K7 ) Table des forces elastiques ct des volumes correspondans d'une meme n,asse d'air TS ''"'' ""'J'""'"'' '''"" -/'/--- -'"'-'^- pendant cUa^ue ope- |,7a 608,07 5oG,592 578,162 58o,002 637,108 875,052 881,202 962, 108 1269,132 76 361,248 375,718 381,228 4G2,5i8 500,078 573,738 859,624 999>236 1262,000 1324 S06 1 466,736 i653,49 i658,44 1843,85 2023,666 2046,868 479>73 244,687 117,168 104,578 75,976 68,910 55,45 43,359 4".9:4 35,767 n' SERIE. 481,806 244,986 121,542 104,795 99,59 81,787 74,773 74.985 65,723 65,473 59.767 43,428 43,146 39,679 3o,i36 111' SERIE. 5oi,3 !o5,247 10I,2l6 99,69a 82,286 76,095 6G,2i6 44,3o8 37,85i 3o,n9 28,664 25,885 22,968 22,879 20,547 i8,833 18,625 24^88 '17,6 io5,2o5 76,222 69,007 55,801 43,466 4. ,137 35,881 345,205 121,989 105,488 100,253 82,218 75,208 75,427 66,09 65,88i 6o,o3g 43,682 43,378 39,768 3o,i4o io5,47 101,41 2 99,946 82,380 76,193 66,417 44.325 38, 1 32 30,192 28,770 25,978 33,044 22,972 20, 665 18,872 1 8,588 14,3 14,3 '4,4 '4,5 id. id. id. id. id. id. i3,3 i3,5 i3,6 12,5 id. 12,6 id. id. id. id. i3,8 ■ii! '4,3 i3,7 i3 id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. id. ( '78 ) Independamment de I'objet principal que Ton s'etait propose en faisant les experiences precedentes, on pent encore, ainsi que nous I'avons dit en commencant, s'en servir pour constater si la loi de Mariolte s'etend a des pressions de 37 atmospheres. Jusqu'a ces derni^res annees, on n'avait cherche a verifier cette loi que pour des forces pen snperieures a la pression habituelle de ralmosphere. Les essais de Boyle (1) ct de Mussclienbroek (2) paraissaienl indiquer que merne au-dessous de 4 al'^iospheres, la compressibilite de I'air atmospherique allait en diminuant pour des forces deplus en plus grandes (3). Les experiences entreprises long-temps apres par Sulzer (4) et Robison (5), donnaient un resultat oppose; I'air reduit a 1/8 de son volume primitif n'aurait possede qu'une elasticite egale a 6, 8 , I'elasticite primitive etant 1 . Mais depuis que nos experiences sont commencees , M. Oersted "a fait connaitre celles qu'il a entreprises avec le capitaine Suenson (6). Les elasticites de I'air ont etc mesurees jusqu'a huit atmospheres, par la longueur de la colonne de mercure a laquelle ellespouvaient faire equilibre, et les volumes se sonttrouves, assez exactement, en raison inverse des pressions correspondant-es. Ces physiciens ont meme etendu leurs observations jusqu'a 60 atmospheres, en determinant la pression par les poids necessaires pour vaincre la resistance d'une soupape ; mais nous ne pensons pas que Ton puisse accorder a ce dernier precede une entiere confiance. [Pour completer cette notice historique , nous dirons un mot des experiences faites depuis par MM. Galy-Cazalat et Despretz. Le premier a fait au college de Nancy des recherches sur la com- pression des gaz , des liquides et des solides; au moyen d'une co- lonne de mercure portee jusqu'a 45 pieds de hauteur, et au-dela par le moyen d'une soupape chargee jusqu'a 80 atmospheres, il (1) Defcnsio contra Linum , t. V. (2) Musschcnlirock , Essai de physique , t. II, p. 655. Leyde, lySi. (3) Marintte, TraiU; des eaux , p. i4'^ , e'd. m-'.n , 1700, ne rapporte aiicun nombre, ct se borne a indiquer le genre d'appareil avec lequel on pent verifier la loi qu'il e'nonce sans restriction. (4) Sulzer, Mem. de I' Acad, de Berlin, 1753. (5) Encyclopedie hritannique, art. Pneumatics , t. XVI, p. 700. (6) Edinburgh's Journal of Sciences, t. IV, p ■21/^. (>79) a cm i-cconnoitic que I'air elait iin peu moins conipres'.il>le qwc ne rindiquerait la loi dc Mariolte. ( Rechcrches stir la Compres- sibilii^ des liqiiides , Paris, 1827, Hachette.) — Quant a M. Des- pretz , il a cru reconriailre que Fair et tous les auties gaz se com- priment, aucontraire, uii peu plus rapidemeiit que nc I'indiquerait cette loi. {Ann. de Chini. et de Phjs.^ t. XXXIV, p. 335 ct 443)- — Notedu Re'dacteiir]. Dans le tableau qui precede, on voit les resultats de trente-neuf experiences faites sur la meme mass* d'air soumise a des pressions comprises entre 1 et 37 atmospheres. La troisieme colonne in- dique les volumes observes, et la quatrieme le volume initial multiplie par le rapport inverse des elasticites correspondantes , tontes corrections faites pour ramener les deux termes a la uieme temperature. Si Ton compare les nombres de la troisieme et de la quatrieme colonne, on peut s'assurcr que, dans aucun cas, la difference entre le calcul et I'observation ne s'eleve a 1/100, qu'elle est pour la plupart de 1/200 environ, et pour quelques-uns presque nulle. On ne remarque pas que ces differences augmentent avec les pres- sions , comme cela devrait avoir lieu si elles tenaient a une devia- tion reelle de la loi que nous cherchons a verifier. D'ailleurs , d'apres le procede qu'on est dans I'habitude d'employer, pour jauger les tubes, on doit s'atlendre a ce que les observations ne soient pas toutes affectees de la meme erreur; or, nous nous sommes assures que les termes qui s'accordent le mieux avec le calcul , sont precisement ceux qui s'ecartent le moins des points de la graduation , fixes par des mesures directes , et pour lesquels la supposition d'une forme exactement cylindrique dans une certaine longueur du tube, ne peut exercer qu'une tres-legere influence. [ Les auleurs ayant constate que le tube manometrique ne su- bissait point d'allongement sensible, meme a la pression maxi- mum , ils en ont conclu que la correction relative a cet effet devait etre negligee. On peut done regarder la loi de compression de I'air comme verifiee directement jusqu'a 27 atmospheres. lis vou- laient verifier la meme loi sur les autres gaz ; mais ils n'ont pu obtenir I'autorisation de poursuivre ces recherches dans le local oCi leur appareil de compression etait etabli ] . ( i8o ) Delerrniitolion de la force elaslirjue dc la vopeur d'eait. [Pour i'aiie ces observations avec securite, on pril le parli d'elablir I'appareil dans uiie des cours de I'Observatoire. Par des precautions multipliees, on reussit ay transporter !e manometre sans le separer du reservoir en fonts auquel il etait adapte, et en tonservanlla meme masse d'air qu'il contenait, afin que les nou- velles indications de cet instrument fusscnt identiques avec les piemicres ] . On peut prendre une idee generale de I'appareil, en jetant les yeux sur la fig. 6 qui en offre une coupe verticale , dans laquelle on a supprime les parties accessoires pour eviter la conlusion. La chaudiere a, d'une capacite de 80 litres environ, est ibrmee de ' Irois morceaux de tole, ayant i3 millimetres d'epaisseur dans sa partie cylindrique, et beaucoup plus vers le fond et pres de I'ori- lice. Cet orifice, de 17 centimetres de diametre, etait ferme par une plaque de fer battu , de 45 millimetres d'epaisseur et de 26 centimetres de diametre. Elle portait en dessous une languette circulaire bien dressee sur sa face inferieure qui etait recue dans une rainure de la meme forme , pratiquee dans I'epaisseur du bord (Ic la chaudiere, etdont le fond etait garni d'une lame de plomb. Kn dedans de cette rainure, on avail fait entrer, a force , de de- dans en dehors, six boulons d'acier , a large tete , de 35 millimetres de diametre, qui traversaient le couvercle , et dont la partie su- perieure taraudee recevait un ecrou a pans. En interposant, entre I'ecrou et le couvercle, un anneau de plomb , ce metal s'intro- duisait, pendant le serfage , dans tous les interstices, de maniere a fermer hermetiquement, meme pour les plus fortes pressions. [ Celte chaudiere fut essayce jusqu'a une temperature de 240 de- gres ] . Elle fut ensuite etablie sur un fourneau d'une masse assez con- siderable pour que le systeme n'eprouvat pas de variations trop brusques de temperature. Un tuyau de fer d d' d" , compose de plusieurs canons de fusil , s'elevait d'abord verticalement au- dessus du couvercle et sa branche laterale d' d" , legerement in- elinee, allait s'adapter par son autre extremite a la tubulure moycnne du reservoir en fonte/.' C'est par ce tuyau que la pres- ( i8. ) sion se transmeltail au niaiiomelre. On coinmencait par le rem- plird'eau, avant I'experience , et , pour apprecier exaclcment la pression exercee par cette colonne, qui s'ajoutait a celle de la va- peur, on faisait continuellement tomber un filet d'eau froide sur des linges place? en V pres du coude superieur. L'interieur de I'appareil etant vide d'air, on conceit qu'il s'etablissait une distil- lation continuelle qui devait remplacer les pctites portions de ii- quideque I'accroissementd'elasticite de la vapeur avait fait ecouler dans le vase de t'onte, et que, pendant toute la duree de I'expe- rience , le mercure etait surmonte d'une colonne d'eau qui s'elevait conslamment jusqu'a la jonction du tuyau incline avec le tuyau vertical dd. Le niveau variable 1 1' du mercure dans le reservoir de fonte etait connu a chaque instant par I'observation de la colonne kp, conimuuiquant par le haut avec le reservoir, au inoyen d'un tube de plomb OX. La hauteur du mercure au-dessus d'un repere fixe etait prise sur la regie Im, deja decrite. Enfin la force elastique de ia vapeur s'obtenait en ajoutant, a I'elasticite correspondante au volume de Fair du raanometre, la hauteur de la colonne mer- curielle soulevee dans cet instrument au-dessus du niveau tt' , et en retranchant la pression due a la colonne d'eau comprise entre ce meme niveau et le point fixe d' . Cette derniere quantite , qui ne variait que de quelques centimetres, avait ete determinee re- lativement a un point fixe de la regie Ini , et la position variable du sommet K, servait a trouver ce qu'il fallait ajouter ou retrancher a cet element dans chaque cas particulier. La mesure exacte des temperatures presentait quelques difli- cultes. Le thermometre, quel qu'il tut, ne devait point etre expose immediatement a la pression de la vapeur; car, lors meme qu'iF aurait pu la supporter sans en etre brise , il aurait fallo tenir compte des effets de la compression dont revaluation eut ete assez embar- rassante ; c'est pour obvier a cet inconvenient que Ton a introduit dans la chaudiere deux canons de fusil fermes par un bout, et aniincis au point de ne conserver que la resistance necessaire pouc ne point etre ecrases pendant rexperienic. L'undescendaitpresque jusqu'au I'ond de ia chaudiere ; I'autre ne depassait pas le quart de sa profondeur. C'est dans riutcricur de ccs cylindrcs remplis de mercure, quo ( l82 ) Ton placait les tliermometres , le plus court servant a donner la temperature de la. vapeur, et le plus longceile de I'eau qui con- servait encore la forme liquide. Ce inoyen , le seul praticable dans des experiences de cette nature, scrait trcs-defectueux, si Ton ne reunissait pas les circonstances convenables pour rendre tres- lentes les variations de temperature. C'est une des causes qui nous avaient fait donner a la chaudiere et au fourneau des dimensions plus considerables que celles dont on aurait pu , sans cela , se con- tenter; mais nous nous sommes assures, a plusieurs reprises que, pres du maximum, les plus legeres variations d'clasticite de la vapeur, en plus ou] en moins, etaient accompagnees de variations correspondantes dans les indications des thermometres. Si Ton se fOt contente de plonger les reservoirs de ces instru- mens dans les enveloppes dont il vient d'etre question , les |cor- rections relatives a la temperature toujours plus basses de tiges, situees au-dehors, eussent ete trop incertaines. II est vrai qu'on aurait pu se dispenser de ce soin , en employant des thermometres a poids ; mais les observations devant etre tres mullipliees, nous avons prefere conserver a I'instrumcnt sa forme ordinaire, en donnant a la tige tout entiere une temperature unifomie et facile a determiner. On voit, fig. 7, que cette tige se recourbait a angle droit au- dessus du couvercle de la chaudiere, et etait enveioppee par un tube de verre dans lequel on faisait couler de I'eau provenant d'un grand reservoir. La temperature de ce liquide, qui variait tres-lente- ment, se communiquait a la tige, et etait accusee par un aiilre thermometre plus petit, situe horizontalement i cote. A chaque observation, on avait soin de lire, apres I'indication principale de chaque thermometre , la temperature du mercure de la tige, et, par un calcul tres-simple , on pouvait atteindre a la meme preci- sion que si le thermometre tout entier eQt ete plonge dans la chaudiere. 11 est presque inutile dedire que ces instrumens avaient ete calibres, et qu'iis presentaient dans leur graduation toute la precision que Ton sait maintenant leur donner. D'apres la description que nous venous de faire de I'appareil , on doit se representer faciiement la maniere d'operer; la chau- diere etant chargee de la quantite d'eau convenable, pour que le reservoir du petit thermometre fCit tout entier au-dessus de sa sur- ( i83 ) face, on lenait le liqiiide en ehullition pendant i5 ou 20 minutes; • la soupape de surete etant ouvcrte , ainsi que rexlremite d du lube vertical, pour chasser complctemenl I'air atmospherique et les gaz dissous; on ferinait alors toutes ies ouvertures , et I'on re- glait les robiuets d'ecoulement , soit pour le raanonietre, soil pour les liges des ihermometres, soil enfin pour la condensation de la vapeur dans la partieV du tuyau de fer. On cbargeait d'avance le Iburneau d'une quantite de combustible plus ou iiioins grande, selon le degre plus ou moins eleve que Ton se proposait d'obte- nir ; puis on altendait que la marche ascendanle de la tempera- lure se ralentil ; I'un de nous observait le manometrc, et I'autre les thermometres, et lorsque le rechauffement ne faisaitplus que des progres tres-lents , nous commencions a noter les indications simultanees du manometre, des l\ thermometres de la chaudiere, et de la hauteur du mercure dans le tube lateral op. Nous pre- nions ainsi piusieurs nombres tres-rapproches, jusqu'i ce que nous eussions atteinlie maximum ; c'etait seulement I'observalion faite a ce terme qui etail calculee. Les precedentes et les suivantes ne servaient qu'a garantir des erreurs de la lecture. Lorsque le ma- nometre et les thermometres avaient scnsiblement baisse, on meltait une nouvelle dose de combustible et Ton procedait de la meme manitre. On ne pouvait pas , a la verite , oblenir ainsi la force elastique correspondant a une temperature delermiuee. Toutefois, en faisant un grand nombre d'observations, on a fini par avoir des lermes assez rapproches dans toute I'etendue de I'echelle. Nous avions I'intention de pousser les experiences jus- qu'a 3o atmospheres ; mais la chaudiere perdait une si grande quantite d'eau , (ju'il nous fut impossible d'aller au-delu de 24. On verra bientot qu'il serait permis de suppleer aux observations directes, meme pour des pressions beaucoup plus eloignees de la limite a laquelle nous avons ete contraints de nousarrOter, Les explications precedemment donnees indiquent assez la ma- niere dont les observations devaient etre calculees. Comme toutes les echelles elaient arbitraires , ces calculs ont exige beaucoup de temps ; il serait inutile de rapporter ici tons les intermediaires; nous nous contentcrons de donner les resultats defmitifs. La com- paraison des lermes Ires-rapprochcs a scrvi dc vcrificaliun. ( '84 ) PETIT Tliermomtilr I I2a,97 t 1 3 2,58 3 1 32,64 4 137,70 5 .49.54 C, i5i,87 n 1 53,64 « 1 63,00 9 168,40 lO 169,57 1.1 i7i,«8 13 I Ho, 71 i3 183,70 >4 186,80 i5 i88,3o jG 193,70 '7 198,55 i« ao3,oo 'i) ao3,4o 20 ao6, 1 7 ai 206, 4o aa 207,09 a3 308,45 a4 3og, 10 a5 210,47 ■i6 ai5,07 217, aj 37 a8 ai8,3 ■jg 220,4 3o 323,88 GRA\D CQNDITIOIN ELASTICIXE TUprmom^tre. observalions (1). de mercure a' 0° 123,7 max. 1,62916 132,82 a. 2,1767 1 33,3 p. max. 2,1816 i38,3 a. a,5:;86 '49.7 max. 3,4759 i5i () a. 3,6868 '53,7 a. 3,881 163,4 max. 4,q383 J68,5 max. 5,6054 .69.4 a. 1. 5,7737 173,34 a. 6,i5. 180,7 p. max. 7,5ooi 183,7 a. 8,o352 187 I a. 1. 8,6095 188,5 max. 8,840 '93,7 a. 9,9989 198,0 a. 1. 11,019 201,75 a. 11,86a 204,,, a. 1. 12,2903 ao6, 10 a. 12,9872 206,8 max. 1 3,061 207,4 p. max. 13,1276 2o8,g a. 1 3,6843 aog, 1 3 a. •3,769 210,5 p. max. i4,o634 3i5,3 a. > 5,4995 217,5 a. 1 6,1 528 318,4 p. max. i6,38i6 230,8 a. 17,1826 224,15 max. 18,189', [La table precedentc renferme les 3o observations faitesdans lc,> conditions les plus favorables. Les deux thermoinetres s'accordent assezbien, car le plus grand ecartest de o°,y, les inoindres ecarts s'observent dans les temperatures les plus elevces, alors que la vapeur aqueuse devenant plus dense , communiquait plus rapide- (1) Les lettres a. et a. I. signifient temperature ascendanle ou Icntement ascendante j p. signifie presque. Nous avons retranchti de celte tabl;;, les ilates des observations, |cs Jbrces elastiques en atmospheres, et \es forces elastiques en metres 85 ) ment sa chaleur an petit Ihermometre. Les indications dii grand thermometre doivent etre proferees, piiisqiie cet instrument plon- geait dans I'eau , se mettait plus vite a la temperature du liquide , et se trouvait moins influence par le refroidissement qui s'operait pres du couvercle de la chaudiere; et ce qui prouve que I'espace etait sature de vapeur pour la temperature indiquee par ce dernier thermometre, c'est que le manometre indiquait une diminution de tension au meme moment oCi le thermometre commencait a retrograder. En construisant la courbe des observations, on voit qu'elle offre une regularite parfaite. Parmi les recherches faites anterieurement sur la force elastique des vapeurs, celles de Southern et de Taylor, qui ne vont que jusqu'a 8 atmospheres, olTrent seules une coni'ormite frappaute aveccelles-ci. M. Perkins a fait une observation isolee, de laquelle il resulterait que la tension de la vapeur a 2i5 degres cent, serait de 35 atmospheres, au lieu de 20, nombre trouvepar MM. Dulong et Arago. Ces physiciens out su, depuis, que M. Arzberger, pro- fesseur alTnstitutlonpolytechnique deVienne, avait public (1) une serie d'observations faites au moyen d'une soupape spherique d'acier, reposant sur le contour d'un orifice circulaire pratique dans une autre piece de meme matiere; mais le thermometre plongeail immediatement dans I'eau, qui le comprimait necessairement et augmentait les temperatures; en sorte que la pression de 20 at- mospheres , la plus forte qu'ait observee ce physicien allemand, a correspondu a 22°,2, temperature a laquelle il eflt du observer eifectivement une pression de 23 atmospheres. Quant aux formulcs par lesquelles on a voulu lier les tempe- ratures aux elasticites maximum de la vapeur, MM. Dulong et Arago citent les suivantes. La premiere est celle que M. de Prony a imaginee pour representer les observations de Betancourt , et qui donne I'elasticite par la somme de trois exponentielles de la tem- perature , avec six constantes (2). La seconde formule est de La- place (3) ; elle donne I'elasticite par une exponentielle de la tem- {i) Jahrbiicher das k, k. polylechnisclies In.slil. iitlf^ien, i8ig, I I, p. i44- (2) Arcliil. hydrauliquc , \. H, p. igj. (3) Mecanique celeste, t. IV, p. 233. ( >8« ) perature dont I'exposant est tleveloppe en serie parabolique. Les deux premiers termes lui avaiciU parii sullisans ; M. Biot fit voir la necessite de prendre un troisiemc terrae (i) ; mais il en faudrail prendre 5 on 6, si I'on voulait cnilMasser toutes les observations que Ton possede actuelleinent. Ce genre de calcul doit done 6tre rejete. La formule de M. Ivory etant de la meme nature, doit snbir le meine sort (2). Le docteurUre a remarque qu'apartir de 210° F. oil la force elastiqne est de 28,9 ponces anglais, si I'on s'eleve de 10°, la nouvelle force elastique s'obtienl en niuitipliant la precedente par 1,20 ; pour 10" au-dessns, en multipliant celle-ci par 1,22, et ainsi de suite, en diminuant toujours le facteur d'un centieme pour chaque accroissemenl de 10°; mais a 44o°F., qui est a pen pres la limite superieure des observations de MM. Dulong et Arago, le facteur se trouverait reduit a I'unite , c'est-iVdire qn'il n'y aurait plus d'accroissement de force elastique, laquelle dimi- nuerait au-dela de ce terme. M. Roche a envoye a I'Academie des Sciences, an commencement de I'annee 1828 , un Memoire sur la force elastique des vapeurs, dans lequel il etablit theoriquement la formule suivante , qui s'accorde bien avec les observations ac- tuelles, surtout si Ton prend m=o, 1644 • in X F= 760 X 10 ^ ' , F etant la force elastique en millimetres de mercure , et .r la temperature en degres centigrades, a partir de ioo% positi- vement en-dessus et ncgativement en-dessous. A peu pres a la meme epoque, M. Auguste de Berlin donnait une formule ana- logue, mais elablie par des considerations differentes, et n'ayant pal les memes conslantes (3) ; elle serait en retard de 6° de tem- perature a la pression de 24 atmospheres. On ne pent pas non plus admettre la formule de M. Tregaskis (4) , qui suppose que les (1) Tmiie de physique , t. I , p. 277 et 35o. (2) Philosoph. Magazine , new series , t. I , p. 1. (3} Annalen ,1ev Physik und Cliemie , 1828, nVS, p. laH. (/|) The Edinburgh journal of science , n» 19, p. 68, ( '8; ) forces olastiqucs croisscnt en progression geometrique dont la raison est 7. , lorsqiie Ics teinperalures croisseiit aussi en progres- sion geometrique dont la raison serait 1,2. M. Young parait Otre le premier qui ait represente les forces elastiques par une certaine puissance, 7, de la temperature augmentee d'un nombre con- stant (1). Creighton(2) prit l'exposant6; M. Southern (3) I'expo- sant 5,1 3; M. Tredgold (4) retal)lit I'exposant de Creigliton, en changeaiil le coefficient; enfin M. Coriolis (5) s'arreta a I'exposant 5,555. Cette derniere formule est alors I 1 + 0,01878 t p.-^55 ^~j 2,878 j oi'i e exprime I'elasticite en atmospheres de o°',76, et t la temperature en degres cent, a partir de zero. MM. Dulong et Arago out prefere prendre la formule plus simple et plusexacte e:^(i-|-o,7i53 0' oii e exprime I'elasticite en atmospheres de o°',76, et t la temperature a partir du 100* dcgre, positivement en dessus et negativement en dessous. en prenant pour unite I'intervalle de 100°. Le seul coefficient qui enlre dans cette expression a etc deduit du terme le plus eleve de leurs observations. lis calculent ensuite ces observations par les formules de MM. Tredgold, Roche et Coriolis, qui sont les plus exactes. La premiere parait etre la plus exacte de 100° a 140°. ] La table suivante renferme les temperatures calculees pour des pressions qui croissent par demi-atmospheres, depuis 1 jusqu'a8, et,par atmospheres, de 8 a 24? '^^ s'arrete I'observation , et, enfin , par 5 atmospheres, deaS A 5o, en supposant quela formule s'etende j usque-la. Les temperatures qui correspondent aux ten- sions de 1 a 4 atmospheres inclusivement, ont ete calculees par la formule de Tredgold qui, dans cette partie de I'echelle , s'accorde (i) IVaturnl philos , t. II , p. 4oo- (2) Philosophical Miigazine , 1. LIII , p. 266. (3) Robison Mecaii. Philosophy , t. II , p. 173. (4) Trtiitc (les machines k vapeiir, i8i8 , iii-4° , trad, tie IVlellcI , p. 101 . (6) Calcul de Veffel des machines , 1829, P- ^^' ( 188 ) micux que raiilre avec nos observalions. Cetle formulc est t = 85 {/ f — 75, en represcnlant par t la temperature en degres cent, a partir de 0°, et paryTelasticite en uiillim. de mercure. Table des forces elnstlques de la vcipeur d'eau etdes temperatures correspondanles de I a i/\ atmospheres d'apres l' observation, dei^ a 5o atmosplteres , par Ic calctd. ( Une atmospliere ctant representee par o'",76 de mercure a 0°. ) (i) Alniospberes. Temperatures. Almospliires. Temperatures. 1 ]Ooo |3 , 19^>7 '.5 112,7. ,4 i97''9 2 iai,4 lA 300,4!^ 2,5 128,8 16 2o3,6o 3 i35, 1 17 206,57 3,5 140, fi 18 209,4 4 '45,4 19 211,1 4,5 149, oS 20 2i4i7 5 1 53,08 21 .•■ 217,2 5,5 156,8 22 219,6 6 iGo,3 23 • 221,9 6,5 i63,48 24 224,2 7 t66,5 25 226,3 7,5 '69,37 3o 236,2 8 172,1 35 244,85 9 1771' 4° 252,55 ID 181,6 45 2.'ig,5a It 186, o3 bo - 265,89 12 19050 En resume, I'Academie pent voir qu'il resulte des experiences que nous avonsfaites, M. Arago etmoi, i°la verification de laloi de Mariotte jusqu'a2j' atmospheres; 2* une table des temperatures correspondant aux tensions de la vapeur qui n'excedent pas 24 at- mospheres. C'est celte table que I'administration reclamait pour I'execution de rordonnance precedemment citee. Ces recherches toujours penibles et souvent dangereuses au- raient demande plusieurs annees de travaux assidus. Les interrup- tions que d'autres devoirs et des circonstances independantes de notre volonte nous ont force d'y mettre , en ont encore prolonge ( i) Pour avoir ensuite la prcssion totalc exerce'e siir un centimetre <'arri', il siiffit de multiplier il',o33 par le nombre ik'' atmospheres corresj)t)ndant. ( >89 ) la duree. On ne pouirait, sans injustice, altribuer ce retard a notre negligence. Les personncs hahituees aux graudes experiences de physique peuvent seules apprecier renormite de la iTiche qui nous etait imposee, a laquelle on ne trouverait rien de comparable dans nos archives, et qui a necessite de notre part un devouement que I'Academie n'aurait peut-etre pas le droit d'exiger de chacun de ses membres. Toutefois, nous ne regrettcrons point le temps que nous y avons consacre , si I'Academie juge que nous avons rempli dignement la mission qu'elle nous avait confiee, et si, tout en re- pondant aux voeiix du gouvernement, les resultats que nous pre- sentons sont consideres par les physiciens comme une acquisition utile a la science. La Commission ayant pris connaissance de ce travail, a I'hon- ncur de proposer a I'Academie d'adresser a Son Excellence le Sli- nistre de I'lnterieur, la presente relation des recherches entre- prises d'apres son invitation. Fait a rinstitiit, le 3o novernbrc iSarj. Baron de Prony, Abago, Girard, Dulong, rapporltiir. MEMOIRE SUR t'ELECTRO-CniMlE ET l'eMPLOI DE l'eLECTRICITE POFR OPERER DES COMBINAISONS ; PAR M. Becquerel. ( Analyse. ) I. Des actions ELECTRO-CHIMIQTjES et de LEUR INPtrENCE STIR UN ELEMENT voLTAiQUE. Apres uuc pctitc uoticc histoHque , I'auteur examine Vaction vtciproque des dissolutions salines on des li- qiddes dijferens les wis sur les autres. II met sur la meme ligne quatre capsules, les deux extremes en platine et celles du milieu en porcelaine. II verse une dissolution alcaline dans une de celles- ci , et remplit les trois autres du meme acide. II fait ensuite com- muniquer, la i" avec la 2% et la S" avec la 4% par des tubes re- ( »90 ) couibos ct reinplis d'c.iu ; ct la 2' avcc la S"" par unc meelie d'as- Ijeste. En plongeaiil Ics poles du galvanomctrc dans les capsules extremes, on voit que I'acide a pris I'eleclricite positive, etl'alcali Pelectricite negative. Le meme effet peut s'obseiver avec les deux capsules de platine seulement, en les reunissant par une meche do coton imbibee d'eau , sur le milieu de laquelle on verse une goutte de chacun des liquides que I'on veut essayer L'acide phos- jihorique est le plus positif des acldes, puis l'acide sulfurique, l'a- cide nitrique, l'acide niuriatique, etc. Chacun de ces acides est positif, relativement aux sels qu'il forme Passant aux cffeLs eiecliLques produiis dnns le conlnct des me- iaiix et des dissoltuioiis snlines on des aeides , M. Becquerel fait observer qu'il se passe alors au moins deux sorles d'actions : action de l'acide sur le mutal, et action de l'acide sur la dissolution sa- line qui s'est formee. Soient deux capsules remplies d'acide ni- trique, et communiquant entre elles par une meche d'amiante; que Ton plonge dans chacune d'elles une lame d'or attachee a I'une des extremites du galvanometre; qu'ensuite on verse quelques gouttes d'hydrochlorate d'or, dans une de ces capsules, pres de la lame d'or qui y plonge , et celle-ci devient negative ; elle devient encore negative, et avec la meme intensite, si, aulieu d'hydroclilo- rale d'or, on verse de l'acide hydrochlorique, quialtaque le metal, el produit le sel en question ; ce qui prouve que Taction du sel sur I'acide depasse de beaucoup en energie Taction de l'acide sur le metal, et que, pour observer cette derniere action, il faut proce- der autrement. Ici nous laisserons parler Tauteur. « On remplit deux capsules A et A' d'une dissolution de nitrate de cuivre, et Ton plonge dans chacune d'elles le bout d'une lame de cuivre par- faitement decapee, dont Tautre communique au galvanometre; il ne se produit rien; mais si Ton ajoute une goutte d'acide ni- trique ou sulfurique, on liquide de la capsule A, le bout qui y plonge devient negatif. Dans ce cas, on a Teffet electrique qui re- sulte de Taction du metal sur l'acide, car celui de la reaction des dissolutions doit etre nul. Get effet est conforme au fait general. » Cela veut dire que l'acide nitrique, en attaquant le cuivre, pro- duit du nitrate de cuivre qui ne peut agir sur le nitrate deja forme, en sorte que le courant observe provient de Taction mutuelle de Tacide et du metal. Mais l'acide que Ton verse est aussi en con- taa avec la dissolution, et , d'apres le paragraphe precedent, il { >9i ) doit devenir posilif. Au resle, il parait que les metaux qui ontla propriete de decomposer I'eau , produisent, dans les memes cir- constances, des resultals quclquefois conlraires; en sorte que tout ce que I'auteur avanoe dans ce paragraphe est ties-incerlain. Dans un paragiaphe suivant, intitule : EjJcLs t'leclviqucs pro— diiils par deux mctaiix d'ffi'rens , qin plangent dans un on pht- sieurs lir/nides , M. Becqiierel arrive a ces resultats : « i°Lorsqiic les deux bouts d'un cou}>le cuivre et zinc plongent dans une dis- solution saturee de sulfate de zinc, contenue dans deux capsules jointes ensemble par una meche de coton, une petite quantite d'acide nitrique ou d'une dissolution de nitrate de cuivre, versee dans la capsule cuivre , aup,mente fortementl'intensite du courant, tandis que la meme quantite d'acide , mise dans I'autre, la dimi- nue ; 2° si le bout cuivre plonge dans une dissolution saturee de nitrate de cuivre , et le cote zinc dans une dissolution saturee de sulfate de zinc, I'intensile du courant atteint a pen pres son maxi- mum; 5° si le cuivre et le zinc plongent chacun dans une capsule qui renferme de I'eau avec i/5o d'acide sulfurique, une addition de sulfate dezinc , au cote zinc, ne change pas I'intensite du courant; tandis que quelques gouttes d'acide nitrique, ou d'une dissolution de nitrate de cuivre, au cote cuivre, I'augmentera fortement. » Ces phenomenes s'expliquent en admettant que I'acide nitrique ou le nitrate de cuivre est positif par rapport au sulfate. En outre , quand les deux bouts d'une lame de cuivre plongent, I'un dansdu nitrate de cuivre, I'autre dans un sel neutre, le premier bout est positif par rapport au second, parce que ce premier bout recoit la meme electricite que la dissolution dans laquelle il plunge. Mais on observe un resultat inverse avec des metaux qui decom- posent I'eau , quand un de leurs bouts plonge dans le sulfate cor- respondant, et I'autre bout dans une dissolution neutre. Ainsi, en distinguant Taction reciproque des dissolutions de Taction de ces memes dissolutions sur les metaux, i'auteur rend compte de tous ces phenomenes. II applique ensuite ces principes a la determination des ejjels produits , dans la pile de T^olla, par V action chiiniqite des li- qiiides. En faisant plonger les deux elemens, zinc et cuivre, dans des cases distinctes, separees par une ou deux cloisons en peau de baudruche, et contenant de I'eau aiguisee par un cinquantieme ( 192 ) d'acidc , il arrive auxrcsullats suivans : i° Acide sulfurique dans les deux cases; au premier iiislant , deviation de Taif^nille dii gal- vauomelre,65°; apres i5uiin.,53"; apres5o min.,46°. — 2° Acrdes sulfurique et nitrique dans la case cuivre, el acide sulfurique seu- iement dans la case zinc; premier instant, 81°; i5 min. , ^3"; 3o min., 65°. — 3° Acide nitrique dans les deux cases; premier instant, 81°; i5 min., 7i°;3o min.,67°. — 4° Dissolution saturee de nitrate de cuivre dans la case cuivre, et dissolution saturee de sulfate de zinc dans la case zinc; premier instant, 84°; i5 min. , H2°; 5o min. , 68°. — 5°Enfin , acide sulfurique dans la case cuivre, acides sulfurique et nitrique dans la case zinc; premier instant, 62° ; i5 min., 64°; 3o min. , 6i°. Ainsi, pour produire le ma.r«'- mitm d'effet, il faudrait que le cuivre ne plongeat que dans une dissolution de nitrate de cuivre , et le zinc seulement dans une dissolution de sulfate de zinc, ces deux dissolutions etant separees par une mince cloison ; mais ces dissolutions qui , par leur action reciproque, produisent un courant dans le meme sens que celui des elemens de la pile, tendent sans cesse a se meler , et par con- sequent a contrarier ce dernier courant. II. EmPLOI des EFFETS electro -CHIMIQTJES POUR PRODUIRE DES coMBiNAisoNS. — L'autcur rappclle d'abord les deux precedes dont il s'est deji'i servi pour produire ces combinaisons. Le premier consiste a separer I'une de I'autre les deux branches d'un tube en U, soil par un tampon d'amiante, soil par une colonne de sable fin, puis a verser, dans chaque branche, des dissolutions diffe- rentes , oii viennenl plonger les deux bouts d'une lame de cuivre. L'autre procede ne necessite que I'emploi d'un seul liquide qu'on verse dans un tube ferme par le bas , et dont le fond est occupe par un oxide; apres quoi Ton plonge une lame metallique, a la fois dans I'oxide et dans le liquide. Quand on attache un morceau de charbon a une lame d'argent, au moyen d'un fil de meme metal , qu'on plonge ce couple elec- tro-moteqr dans un tubequi necontient que de I'acide muriatique concentre, et qu'enfin on ne laisse au tube qu'une tres-petile ou- verture, I'argent, qui est le pole positif, se combine avec le chlore de I'acide, dont I'hydrogene s'unit au carbone, et se degage sous forme d'hydrogene carbone. Le chiorure d'argent, ainsi pro- duit, cristallise en octaedres transparens. On obtient, de la meme manierc , des cristaux de prolo-cliloiure d<; ciiivre , en snbsliluaut ce mel.il a rargenl. Pour prodiiire les doubles chloruies, ou iodures , on bromines, on sulfmes, oucyanures, voici comment I'auteur dispose I'expti- rience. II proud un tube en D , rempli inferieurement d'argile Iros-ptire ; il met dans une branche , du nitrate de cnivre et du (leutoxide de cuivic ; dans I'autrc , il verse une dissolution d'hy- (irochlorale, do sei niarin .parexernple ; puis il pioiige dans cbaque branche le bout d'uue lame de cui\ re , ct ferme toutes les ouver- lures avec du mastic. « Bienlot , dit-il, le bout plonge dans la dis- solution de nitrate , et qui est le pole negatif , sc recouvre de cuivre a I'otat mctallique ; I'acide nilrique est mis a nu , etresle en panic dans la branche du tube, ou il contrjbue , comnie on le verra, a la formation d'un sel. Dans I'autre branche, la lame de cuivre s'oxide rapidement, condition indispensable pour que le chlorure de sodium soit decompose. Une portion du chlore se porte sur le cuivre oxide qui est a I'tlat posilit', et forme un oxi-chlorure qui se combine avec le chlorure de sodium. Peu a peu cette combi- naison cristallise sur la lame en jolis cristaux tetracdrcs ; mais , })0ur en avoir de a a 5 millimetres de grosseur, il faut attendre au moins une aunee. » Ce double chlorure pent se conserver dans une enceinte piivee d'humidite; mais aussitot qu'il touche I'eau, le chlorure de sodium se dissout , ct I'oxi-chlorure de cuivre se prec ipite. Les hydrochlorates d'ammoniaque , de chaux, de potasse , de baryte , de strontiane , de magncsie, donnent avec le cuivre, I'ar- gent et le plomb , des produits analogues qui cristallisent de la nieme maniere ; mais le double chlorure de potassium et d'clain cristallise en aiguilles prisuialiques. Pour obtenir des cristaux de protoxide de cuivre , on met au fond d'un tube du deuloxide de cuivre, sur lequel on verse une dissolution saluree de nitrate de cuivre, puis Ton plonge dans Tun et dans I'autre une lame de cuivre. La partie de cette lame, eu contact avec I'oxide , est le pole positif de I'appareil ; la partie en contact avec le iiquide attire done le cuivre ou son protoxide, suivant rcnorgie du courant, et ce protoxide cristallise. Quant a la substance qui rcmplace le deutoxide de cuivre, c'est uu sous-nitrate de cuivre, forme de 3 alomes d'acidc, sur 5 atonies dc deutoxide. 5. i3 ( >04 ) L'auteur reviendra sur la cristallisation dos oxides insoliiMcs, ct sur unc action parliciilit'ic qn'il altrihtie a la luiriiere dans ces Cormations arlificielles. ( Annalcs tie Cltimie el de Physique, t. XLI,p. 5. ) RECHERCHES SUR LES METAIX QUI ACCOMPAGNENT LE PLATINE , ET SBK LA METHUDE n'ANAI.YSER LES ALLIAGES NATIFS OU LES MINERAIS DE PLATINE ; PAR J. -J. BeRZELII'S. ( Suite de la page 38 dit tome III. ) iMellintles pour analyser les minerals de plaline , el nnahse de gnelfjues—uns de ces mlnerais. On commence par separer mecaniquement les grains qni se dis- linguenl les mis des aulres par leur apparence, ensnile on essaie si le barrean aimante en enl^ve qnelques-nns. Le sable plalinil'ere contienl souvent, outre les petiles ecailles de fer metallique de- convertes par M. Osann , des alliages de fer et de platine, que non-seulemenl I'ainiant attire, mais qui possede meme la pola- rite. Ceux-ci ont une autre composition que les grains non nia- gnetiques. On les separe par I'aimant, et on determine lenr pro- portion. On traite alors le mineral par I'acide muriatique etendu, qui debarrasse les grains de I'enduit d'oxide de fer qui les couvre sou- vent, etdissoutle fer metallique. On determine laquantite defer trouvee par ce moyen. On ne doit pas calciner I'echantillon sans I'avoir pese d'avance ; car, pendant cetle operation, il se couvre ordinairemenl d'unepelliculc d'oxide de fer, et augmente de poids. II sufTit de le secher sur un bain de sable chaud. La marche de I'analjse proprement dile doit etre tracee d'apres la (|uantite et la nature des principes du mineral de platine ; mais ( '95 ) elle resle la meme pour loiis les luincrais de platincconniis jusqu'u present , tant pour ceux de I'Asie que pour ceux de I'Amerique , parcc qu'ils conliennent tous les memes principes, seulement dans des proporlions uii peu varices. Ces principes, ranjfes d'apres leur quantite relative, sont : le plaline, le fer, I'iridiuni , lo cnivre, le rhodium, le palladium et I'osmiiiin. L'iridium el rosmium sc trouvent dans les inincrais de platine en deux etats diffcrcns, ou allies en eft'et ave;; les autres metaux, ou seulement meles dans la uiasse en petites parcelles d'osmiure d'iridium. Dans !e premier cas, ils se dissolvent avec le platine ; dans le dernier oas, ils reslent indissousen petites ecaiiles blanches, luisantes, qui sont si fines el si legeres, qu'on peut les etendre sur la peau. S'il teste des grains plus grands d'osmiure d'iridium, cela prouve qu'on ne les a pas tries avec assez de soin. II peut etre quelquefois important d'en determiner la quantite, et la meiileure maniere est d'enlever les parties etrangeres par la dissolution. II ne faut pas prendre des echantillons trop grands; 5 grammes sont deja trop; 2 me paraissent sufTisans. dependant, quand il s'agilde determiner avec line exactitude parfaite la proportion d'un principe qui ne se trouve qu'en tres-pelite proportion, il iaut dis- soudre une plus grande quantite de minerai , et negliger tous Ics autres corps, hors celui qu'on cherche. J'ai effeclue la dissolution du metal, au moyen de I'eau regale, dans une cornue de verre a laquelle etait adapte un recipient en- tretenu froid. L'acide qui distille pendant que la dissolution s'opere, est jaune ; cela ne depend pas seulement du chlore , mais aussi des substances dissoutes, qui sont projctees, pendant I'effervescence, en petites vesicules qui ne peuvent retomber dans la nornue, a cause qu'elles sont entrainees par le gaz oxide d'azote ; des ecaiiles d'osmiure d'iridium sont meme entrainees de cette maniere. On distille l'acide jusqu'a ce que la liqueur ait une consistance siru- peuse, et se prenne en masse par le refroidissement. On dissont la masse saline dans la plus petite quantite d'eau possible, et Ton decante la solution avec precaution. Le residu indissous est m61e avec l'acide recueilli dans le recipioiit, et distille une scconde fois. Cette fois, tout ce qui avait cchappe a la dissolution, se dissoui ordinairement ; on distille de meme jusqu'a consistance sirupeiise. Si la liqueur distillec n'est pas incolore, il Iaut la redisliller. Elle ( '96 ) conlient ordinairement de I'oxide d'osmiiim , done on perd un pen en redistillant ; cependant la quanlite en est en general trt's- petite. La liqueur distillee incolore etant etendue d'eau, on la saUire avec de rammoniaqne causlique . ou, si cela devait elre tiop cou- teux, avec de I'hydrate dc chaux; cependant I'acide doit encore tin peu predominer. Cette saturation a pour but d'empecher que le gaz hydrogene sullure, avec lequel on precipile ensuite la li- queur, ne soit decompose par les acides. II I'aut faire cette pre- cipitation dans un flacon que Ton puisse boucher, ct que la liqueur remplisse presque entieremeut. Aussitot que la liqueur contient de I'hydrogene sulfure libre, on bouche le flacon et on la laisse s'eclaircir ; ce qui exige quelquefois un ou deux jours. On enleve la liqueur avec un siphon; on jette le sulfure d'osuiium sur un iiltre pese ; on le lave, on le seche, et on le pese. D'apres la theorie, ce sulfure devrait contenir 60,6 pour cent de metal ; mais on ne I'obtient pas libre de soufre en exces et d'humidite, et en outre il s'oxide un peu pendant qu'on le desseche. D'apres quelques ex- periences faites avec des quantites pesees, j'ai Irouve que ce sul- fure d'osmium, tel qu'on I'oblient dans I'experience decrite, con- tient de 5o a 52 pour cent d'osmium. La quantite d'osmium est ordinairement si petite que ce n'est d'aucune importance pour I'analyse, si Ton fait, dans le calcul de la quantite du metal de ce sulfure, une faute de quelques centiemes. Nous revenons a la solution metallique. II arrive quelquefois qu'apres la dissolution de la masse saline, la liqueur sent le chlore ; ce qui provient de la decomposition du perchlorure de palladium. Tl faut, dans ce cas , mettre la solution en digestion jusqu'a ce que toute odeur de chlore ait disparu. Si la liqueur se troublait, ce serait par de I'oxide de palladium, qu'il faut redissoudre ; on filtre ensuite la liqueur avec un fdtre peso , qui retient les mati6res insolubles, composees de grains et de pelites ecailles d'osmiure d'iridium , de sable et d'autres matieres qu'on ne pent separer avant I'analyse. Quelquefois on oblient de plus une poudre noire ressemblant a du charbon, qui passe facilement a travers les fil- tres dans les lavages , c'est de I'oxide d'iridium. On I'obtient prin- cipalemeut quaud I'eau regale contient trop d'acide nitrique ; pen- dant la concentration de la solution saline, cet acide porte I'iri- ( '97 ) Hium a I'elat d'oxide , et cuiise iin drgageuieiit de chlorc. 11 n'est plus alors possible d'obvier a cct inconvenient, parce qu'on ne peul scparer riridiuin de rosmiure d'iridium, tous deux n'etant solubles dans aucun dissolvant. C'est pourquoi il faut tacher de prevenir cet inconvenient des I'origine. On ajoute a la liqueur filtree le double de son volume d'alcool a 0,833 de densite , ce qui fera environ 6o pour cent de son vo- lume en alcool. On ajoute alors une solution concentree de chto- rure de potassium dans I'eau , tant qu'il se precipite quelque chose. Le precipite est compose de perchlorures doubles de potassium et de platine et d'iridium, souilles par celui de rhodium et un peu de celui de palladium, qu'ils reliennent de la meme maniere que tous les cristaux retiennent un peu des sels des eaux-m^res. Le precipite est d'un beau jaune-citron , s'il ne contient pas d'iridium ; mais il a loutes les nuances de rouge, de jaune-brun, jusqu'au rouge de cinabre , s'il contient de I'iridium. On le jelie sur un filtre , et on le lave avec de I'esprit-de-vin, contenaut 6o centiemes d'alcool, auquel on a ajoute un peu d'une solution concentree de chlorure de potassium ; on le lave jusqu'a ce que les dernieres por- tions filtrees ne soient pas precipitees par I'hjdrogene sulfure. Les operations analytiques se divisent isnsuite : A en traitement du pre- cipite lave; et B en traitement de la liqueur alcoolique. A. 1,% sel double law etant dessech^ , est ensuite mele tres- exactement avec un poids egal de sous-carbonate de sonde. Le fdtre, avec ce qu'on n'a pu enlever, estbrftle; et les cendres, apres avoir ete melees avec un peu de carbonate de sonde , sont ajoutees an reste. Le tout est mis dans un creuset de porcclaine et chauffe tres-doucement, jusqu'a ce que toute la masse soi. devenue noiie. Quand on I'ait cette experience dans un creuset de platine, on s'ex- pose au danger (et cela arrive tres-facilement ) que la masse du creuset transforme, par I'inQuence de I'alcali , les perchlorures en proto-chlorures; et Ton obtient dans I'analyse un surplus inat- tendu. Dans cette operation, les sels doubles de I'alcali sont decompo- ses; le platine, dont I'oxigene se degage avec I'acide carbonique, se reduit, el I'iridium et le rhodium restenl oxides dans un etat qui pcrmel d'en separer le platine par la dissolution. Si au lieu do cela on precipite, comme a Tordinaire. par le sel ammoniac, le ( >98 ) rhodium et riridiiim sunt reduits avec le platine; en chauffiint Ic precipile dans un creuset, eten traitant apres par I'eau regale , ils se redissolvent. La masse saline cbauffee est traitee par I'eau. Quand la plus grande partie dii std est enlevee, on ajoute de I'acide muriatiquc etcndii pour eniever I'alcali contenu dans les oxides d'iridium et de rhodium; puis, on lave, on soche et Ton calcine. On peut brCiler le filtre , et deialquer le poids des cendres ; mais il faut le brfder separement, afin que les oxides ne soient pas reduits par les gaz inflammables degages du papier. Ensuite on pese la masse ; on la fond, comme je I'ai deji\ dit a I'arlicle du rhodium, avec cinq ou six fois son poids de sulfate acide de potasse, dans un creuset de platine; on repi;te ce traitement plusieurs fois, tant que le flux se colore encore. La quantite du rhodium peut elre determiuee de deux manieres : i° on lave, on calcine, et Ton pese le platine uon dissous, et la perte donne I'oxide de rhodium qui contient 71 pour cent de metal ; 2° on ajoute a la solution du sel acide de rhodium, du carbonate dc soude en exces, on I'evapore, et on calcine le sel dans un creuset de platine. En le dissolvant dans I'eau , I'oxide de rhodium reste ; on le filtre , on le lave , on le brQle avec le filtre, on le reduit par I'hydrogene, et Ton pese le metal obtenu. On fera bien d'employer les deux methodes en- semble. Le rhodium, ainsi obtenu, contient quelquefois du palla- dium, que Ton enleve par I'eau regale, apres avoir neutralise la dissolution. Le poids du palladium obtenu est defalque de ceiui du rhodium. Le chlorure etant separe, on traite la masse metallique par I'eau regale tellement etendue que, pendant la digestion, elle ne dissolve que le platine. La solution est tres-obscure, a cause de I'oxide d'iridium qui reste en suspension ; mais, apres lerepos, elle a une couleur jaune pure. Apres I'avoir decantee, on verse de I'eau regale concentree , melee avec du sel marin, sur le residu, et Ton evapore la liqueur a siccite. Le sel marin est ajoute pour em[it'cher la formation du proto-chlorure de plaliiie. Cet acide plus concentre dissout un peu d'iridium ; mais si on ne I'em- ployait pas, une quantite notable de platine resteraif dans I'iri- dium. En dissolvant dans I'eau la masse dessechee , I'oxide d'iri- dium reste ; si on lave avec de I'eau pure , elle passe trouble ; on ( '9'J ) dt)il, pour separei la solnlioii de plaliiie , l.iver avec uiie soluliou laible de sel mariii , el finir avec la soluliou laible de sel ammo- niac, donl on chasse le resle par la cahinalion. Le residu , lave, est brQle avec le fdtre , reduit par rhydrogrne, el pesu. La solulion du sel de soude, qui conlient de I'iridium , est melee avec du sous- carbonate de soude, evaporce etcalcinee. On oblicut un melange de plaline et d'oxide d'iridium, qu'on purifie de sel par des lavages, et qu'on traite apres par I'eau regale, qui laisse I'oxidc d'iridium. L'ammoniaque causlique precipite encore de la solulion, une trace d'oxide d'iridium brun, qui cependant n'est pas tout-a-fail exempt de plaline. L'oxide d'iridium est reduit, etle metal ajouli; au premier. Pour obtenir le poids du plaline, il taut defalquer du poids commun du plaline, de l'oxide d'iridium et de l'oxide de rhodium, le poids de ce dernier oxide. Ensuile on ajoute a I'iridium obtenu 12 pour cent de son poids, pour obtenir le poids de l'oxide d'iridium, et on le soustrait du poids restant du plaline. En re- duisant le platlne de ces dissolutions pour en determiner le poids , on allongerait inutilement los operations sans rien gagneren exac- titude. Ji. Troilenient tie la liqueur alcooliqiK'. On verse celtc li(iueur dans un tlacon bouche a I'emeri, et Ton y lait passer de I'hydro- gene sulfure , jusqu'a ce qu'elle soil saturee. On bouche ensuile le ilacon, et on le laisse pendant 12 heures dans un lieu chaud ; tons les sulfures seront alors precipiles. Quelquef'ois la liqueur reste rougie par du sesqui-perchlorure de rhodium ou d'iridium. La liqueur etant filtree et I'alcool evapore, il se depose encore du sul- fure qu'on ajoute au premier. C'est un melange de sulfure d'iridiimi, de rhodium, de palladium et de cuivre; la liqueur conlient du fer, un peu d'iridium et du rhoilium avec une trace de manganese. En evaporant i'alcool, il se depose dans le vase un sulfure d'un aspect gras, d'une odeur fetide, qu'on ne pent detacher par I'eau. Apres en avoir separe complelement la solution, on verse, dans la cap- sule, un peu d'ammoniaque causlique qui le dissoul : la solulion est versee dans un creuset de plaline et evaporee a sec; ensuile on y met les sulfures humides et on les grille dans le creuset tanl qu'il se dcgage de I'acide stdfureux. Apres ie grillage on verse sur la masse, de I'acide murialique concentre, qui se colore en vert ou vert-jaunalre, en dissolvanl du sous-sulfate de cuivre el du ( 200 ] sous-snU'alc dc palladiiini. Les oxides do rliodimn et d'iridimn, el nil pen de platine, restenl indissons. La solution inurialiqiie estinulee avec dii chlorine de potassium et de I'acide nitrique , et on I'evapore a siccite. On obtient uuc masse saline brune , coniposee de chlorure de potassium, de per- chlorure de cuivre et de potassium, et de perchlornre de palla- dium et de potassium. Les deux premiers de ccs sels etant solubles dans I'alcool a (>,853 de densitc, on les enleve par ce dissolvant, et le sel de palladium qui est indissons, est jete sur un filtre pese, et lave a I'alcool. II conlient 28,84 pour cent de palladium. On pent aussi dissoudre la masse saline dans I'cau bouillante et la piecipiter par le cyanure de mercure, et determiner la quantile de palladium de cette maniere ; mais c'est plus long. Ccpendanl clle merite la pret'erence , qviand il faut enlever trop de chlorure de potassium par I'alcool. La solution alcoolique du sel de cuivre contient une trace de palladium, qu'on peut tout-a-fait negliger. La solution est eva- poree pour chasser I'alcool, et le cuivre est precipite par la po- tasse caustiquu ou p;ir lo fer, aprcs avoir ajoute de I'acide sulfu- vique. Veut-on extraire le palladium de ce cuivre ? on le dissout dans I'acide nitrique , on neutralise la solution , et Ton y ajoute du cyanure de mercure, qui cause quelquefois un precipite Ires- insignifianl de cyanure de palladium coiitenant du cuivre, qu'on filtre, qu'on calcine avec le filtre et qu'on pese. Ordinairement il n'est pas appreciable. Avant que je connusse le perchlorure de palladium et de potas- sium, j'essayai de precipiler le palladium par le cyanure de mer- cure, mais je Irouvai que cc reactif produit dans une dissolution de palladium conlenant du cuivre, nu precipite verdiltre qui de- vient brun pendant qu'on le seche, et qui contient du cnivre. .(e nc savais ahirs d'autre moyen que de combiner les metaux avec I'acide sulfurique, d'evaporer a siccite, et de calciner doucement le sel pendant quelque temps ; le sel de palladium se changeait en sous-snlfate qni etait insoluble dans I'eau. Mais cette operation demande beaucoup de precautious poui que le sel de cnivre ne soit pas decompose par une chaleur Irop forte, ou que le sel de jialladiuni ne leste pas indecompose par une chaleur Iron i'aible. ( 201 ) Les sulfures grilles, (jue Tacicie iiuiriatique ne dissout pas, soiiJ I'ondus avec dii sulfate acide de polassc, lant que le flux se colore encore. lis contiennent l)eaucoup plus de rhodium que le per- chlorure de platine et de potassium precipite dans le commence- ment de I'analyse, et on les traite, comme je I'ai dejii dit, pour un reste de palladium qui s'y trouve ordinairement. La masse epuisec par le sulfate acide de potasse est Iraitee par I'eau regale, qui dissout un peu de platine et laisse de I'oxide d'iridium. La liqueur evaporee, qu'on a precipitce par I'hydrogene sul- fure , ne contient que du proto-chlorure de fer , un peu d'iridium et de rhodium et une trace de manganese. On y ajoute une quan- tite suffisante d'acide nitrique , et on la fait bouillir pour oxider completementle fer : ensuite on precipite I'oxide de fer par I'am- moniaque caustique. Get oxide de fer contient de I'iridium et du rhodium, tous les deux dans untel etat que I'acide muriatique les dissout avec I'oxide de fer; il reste un peu de silice provenant d'un mineral siliceux , dont le platine brut contient quelques grains ; cependant la quantite en est trop petite pour qu'on doive la calculer. On reduit le for par I'hydrogene, et on dissout le me- tal dans I'acide muriatique qu'on chaufTe a la fin. II reste alors une petite quantite d'une poudre noire, qui contient les metatix dans un etat encore mal determine, parcc qu'elle decrepite avec incandescence lorsqu'on I'expose a une chaleur tres-basse. Dans un vase clos elle donne beaucoup d'cau sans incandescence. On la p^se apres I'avoir calcinee a I'air libre, et alors elle a le meme degre d'oxidation que le peroxide de fer. On soustrait son poids de celui du peroxide de fer, et d'apres le poids du dernier on cal- cule celui du fer. La liqueur precipitee par I'ammoniaque contient encore de I'iri- dium et du rhodium. Apres y avoir ajoute la quantite de carbo- nate de sonde suflisante pour decomposer les sels d'ammoniaque, on I'evapore a sec , et on chauffe le residu jusqu'a ce qu'il rou- gisse faiblement. Alors on dissout le sel dans I'eau qui laisse les oxides metalliques indissous. Si Ton chanffe trop , la solution sa- line devient jaune et tient un peu des oxides en dissolution. On pent e\iler cet inconvenient par une chaleur raoderee. La quan- tite de manganese dans les oxides metalliques est a peine sufli- sante pour Lire reconnuc, el, dans un echantillon de deux grammes. ( 202 ) absolumeiil iinponderuble. Oiil'extrait, par I'acide inuriati(|uc, des oxides laves. Pour eviter un trop grand noinbre de petites operations, je re- serve les oxides de riiodiuni et d'iridinm, obtenus de I'oxide de fer el de la masse saline, jusqu'au traitemenl des sulfures par le sulfate acide de potasse, auxquels je les ajoute pour les analyser en menie temps. Analj'se du mineral de platine , de Nischne /'agilxk et de Goroblagodat , dans I'Oural. 1. Nischne Tagilsk. Ge mineral de platine a une couleur grise obscure, et contient beaucoup de grains magnetiques, dont une partie jouit de la polarite , et les plus grands a un tel degre , qu'ils soulevent de petits morceaux de fd d'acier. J'ai analyse separement les grains magnetiques et les grains non magnetiques. Les resultats de plusieurs analyses ne s'accordent pas tout-a-fait; cependant ils different si peu qu'ils prouvent evi- demment que les grains magnetiques et les grains non-magne- tiques possedent une composition particuliere et constante. Je ne citerai qu'une de ces analyses, et je choisirai celle que je crois la plus sOre. GRAINS GRAINS non niagoetiqups. magnetiques. Platine -8,94 73,58 Iridium 4.97 2>-*5 Rhodium 0,86 i,i5 Palladium 0,28 o,3o Fer ii,o4 12,98 Cuivre 0,70 5, 20 Osmiure d'iridium , en grains 1 ,00 Osmiure d'iridinm , en e'cailles .... 0,96 Matieres insolubles 2,30(1) 98,75, 97,8(i 2. Goroblagodat. Ce mineral est enti^rement non magnetiquc, et remarquable en ce qu'il ne contient point d'iridium. Cepen- f I) Melange d'osmiure d'iridium en grains et en ecailles avec du sabl< ( 205 ) dant je dois laire remarquer que j'en ai trouve une trace dans nr» echantillon, et qu'il pent se trouver ca et la, mais rarement, des grains contenantde I'iridiura. Platine 86,5o Rhodium i,i5 Palladium i,io Cuivre o>45 Fer 8,3a Osmiure d'iridium i,4" 98,92. Dans ces trois analyses une partie de la perte consiste en os- iniuni, qui distille pendant que s'opere la solution dans I'acide. Cependant je n'ai cru devoir en determiner la quantite que d'une maniere approximative , parce que les experiences citees sur I'os- mium faisaient la derniere partie de mon travail. jlnaljse du mineral de platine de Barbacoas , dans la province d^Antioquia de la Colomhie. Ce minerai de platine consiste en grains qui pesent souvent presque un gramme, entremeles avec une moindre quantite de plus petits. J'ai trouve pour les plus gros grains la composition suivante : Platine 84, 3o Rhodium 3,46 Iridium i ^[^(^ Palladium i,o6 Osmium i ,o3 Cuivre 0,74 fer 5,3i aartz 0,60 aux 0,12 98,08. ( Traduit de I'allemand , pour les Annal. de Chim. el de Physiq., par M. Aug. Stomayer. ) •20n RECHERCHES Sl>n IN NOUVEAll MINERAL ET SIR UNE NOUVELLE TERRE QU'lL REKFERME; PAR J. -J. BeRZELUIS. Ce mineral ^e rcnconlre dans la syenite de I'ile de L6-v6n , voi- sine de Brevig en Norwege ; il a ete trouve par le pasteur Esmark, fils du prufesseur de mineralogie a TUniversite de Chrisliania , Jean Esmaric, qui m'en a envoye un echantillon , croyant , ii cause de sa grande densite , qu'il conlenait du tantale. II est noir, sans texture cristalline apparente, et tout-a-fait semblable a la gadoli- nite d'Ytterby. II est tres-cassant, etpresente denombreuses I'ontes dont I'inttirieur parait mat et graisseux, tandis que les cassures fraiches ont un eclat vitreux; sa pesanteur specifique est 4,63. II s'entame aiscment au couteau, et sa coupure est gris-rougeatre. Sa poudre est d'un brun-rouge piile , d'antant plus claire que la poudre est plus fine. Au chalumeau il perd sa couleur noire, laisse echapper de I'eau, et prend ensuite, pour I'ordinaire , la meme teinte que sa poussiere. II est infusible; chauffe au rouge dans un tube, il donne quelques traces d'acide fluorique. Avec les flux ordinaires , il se comporte au chalumeau de la maniere suivante. Le borax le fond assez facilement, et lorsque ce flux est en grand exces, la masse se trouble par le refroidisse- ment et ne pent recevoir de poli. La couleur de ce verre est la meme que celle que donne le fer. Avec le salpetre , on reconnait la presence du manganese. Avec le sel de phosphore, il se fond en abandon nant de la silice, et le verre. couleur de fer, prend par re- froidissement une teinte opale. On pent ensuite reconnaitre encore le manganese par le salpetre Le carbonate de sonde dissout ce mi- neral sans le fondre , et laisse sur le charbon une crasse d'un iirun- jaunatre. Avec une addition de borax, on obtient ensuite de petils grains TUetalliques blancs qui s'aplalissent sons Ic marteau : c'est ( 205 ) (hi ploinb, avec une trace de zinc. Mise sur line lame do plaline avec le carbonate de soude , la masse dcvicnt verte. Ce mineral semblc rare; depuis un second envoi de M. Esmark, on n'apn encore en retrouver, parce que le gile decette substance etant tres-pres du niveau de la mer, on ne pent en detacher avant que I'eau ne soil congelee. II renl'erme un metal inconnu qui , par ses proprietes, doit etre mis dans la classe des radicaux des lerres. En ett'et, son oxide est terreux; il ressemble surtout a la zirconc , et jouit en general des proprietes que j'avais reconnues a la ihorine. Ceci me fit d'abord croire que la tborine ne se trouvait pas seulement dans le phos- phate d'yttria, ainsi que semblaient I'avoir montrenies premieres recherches, mais qu'il pouvait exister un melange de thorine et d'yt- tria. J'ai donccru d'abord devoir laisser a cetlenouvelleterre le iiom de thorine; et bien que, par une nouvelle analyse d'un reste de ce mineral oii j'avais cru trouver I'anciennc thorine, je n'aie pu decouvrir aucune trace de la nouvelle, cependant j'ai pense, avec plus de raison encore, devoir conserver le mGme nom a la der- niere , puisque I'ancienne description s'applique en grande partie a la nouvelle terre , et que le nom de thorine se Irouve introduit dans la science. Tels sont les motifs qui donnent un fondement a la denomination du nouveau mineral : je le nomme thorite. I. Analyse de la thorite. a. 2,oo5 grammes de poudre grossiere furent mis dans une pe- tite cornue soufllee a la lampe; cette cornue communiquait, par im tube de caoutchouc , avec un recipient , d'oi'i le gaz qui pouvait se degager sortait en traversanl un tul)e plein de chlorure de cal- cium. La perte occasionee par la chaleur, fut de 0,198.5, dont o,i9absorbes dans le recipient et par le chlorure de calcium, etaient de I'eau avec une trace insignifiante d'acide fluorique, et o,oo85 formaient le gaz qui s'etait echappe. Le mineral ainsi grille fut chauffe au rouge dans un courant de gaz hydrogene; il passa du rouge-brun au gris-plombe et au vert, et perdit encore o,o3 gr. par la formation de I'eau. La matiere pulverisee devint dun gris fonce, et nc put etre sensiblement attaquee par I'aeide muria- tique. ( 306 ) h. 5 gr. cle thorite en poiidre fine non grillee furent nicies avec (le I'acide muriatique ; la poiidre devint rouge et jaune, et jieii apres du chlore se degagea. En chauffant, ce gaz partit plus abon- daniment, et la masse devint tout-a-fait gelatineuse. Eile tut se- chee dans un bain d'eau ; et, dans une nouvelle solution, il se procipita 0,985 de silice. La substance fut ensuite dissoute a chaud dans le carbonate de soude ; la solution fut oclaircie avec de I'eau bouillante ; on decanta la partie claire, et le residu fut chauffe de nouveau avec du carbonate de soude ; les parties qui demenrerent indissoutes etaient de petits grains de quartz , un reste de la poudre minerale non decomposee, et une autre poudre legere , d'un gris- jaun'ilre, qui fut aisement separee du reste par le lavage. Celle-ci pesnit o,o52 gr. , la poudre du mineral 0,018 , total 0,07. II restait done 0,915 gr. de silice pure en dissolution. La poudre grise-jau- natre contenait beaucoup de silice, et au chalunicau elle donnait un verre avec le carbonate de soude. Je ne I'ai pas examinee da- vantage. c. La solution aqueuse separee de ia silice par le filtre, fut pre- cipitee avec I'ammoniaque caustique, et le precipite fut bien lave a I'eau bouillante. La liqueur ammoniacale , etendue avec de i'eau distillee , fut chauffee doucement avec de I'acide oxalique , jusqu'i'i ce qu'eile eOt repris sa transparence. L'oxaiate de chaux precipite, chauffe et traite par le carbonate d'ammoniaque, donne 0,241 gr. de carbonate de chaux un pen brunatre. Celui-ci fut dissous dans I'acide muriatique ; la solution fut melee d'abord avec de I'eau de brome , et ensuite dans ime bouteille bouchee, avec de I'animo- niaque caustique en tres-petite dose jusqu'a ce que I'acide en ffit a pen pres sature. Au bout de 24 heures, la solution avait repris la tcinte jaune , et il s'etait precipite de I'oxicle de manganese , qui dcs- seche pesait 0,010 gr. Le carbonate de chaux pesait done o,23 gr., qui correspond a 0,1288 gr. on 2,5^6 pour cent de chaux pure. d. Le liquide precipite avec I'acide oxalique fut evapore a siccite , et le sel ammoniac en fut chasse par la chaleur ; le residu, lave a I'eau, abandonna 0,018 gr. de talc, melange d'un pen d'oxide d<> manganese, qu'on ne put point en separer. ('. La solution aqueiise donna , par cvaporalion , <>,(»2()5 gr. d'un melange de chkirure de sodium et de potassium, (^e melange ful traite par le chlorure de platine , avec lequel on le secha ; ct le chio- ( 207 ) rure do ^odium tut separe par I'alcool du chloriire de potassium. On Irouva ainsi 0,0092 du premier et 0,01 i5 du second, quantites i\u\ correspondent a 0,049 ^^ sonde et 0,007 ^^ potasse. f. Le precipite c , mele a I'oxidule de manganese, devint fonct' au lavage. Encore humide , il fut dissous par I'acide muriatique , et le fdtre fut oompletement lave avec cette solution. Vn courant d'hy- drogenc sxdfure , dirige a Iravers le liquide , y produisit un prtcipito noir, qui, lave aveu soin, donna par I'hydro-sulfate sulfure d'am- moniaque, un depot inappreciable de sulfure de zinc. Ce precipite fut ensuite traite par I'acide nitrique , auquel on ajouta un peu d'acide sulfurique ; et la masse , chauffee a une douce chaleur, fut evaporee jusqu'a ce que ce dernier acide se trouvat en exces. Mors I'eau en separa un sel metallique, duquel I'ammoniaque precipita des flocons l)lancs pesant o,oo5 gr. Au chalumeau, ces flocons montrerent toutes les proprietes du zinc, et avec le carbonate de soude ils furent re- (luits en un grain nictalli. ' . Haricot blanc. ( Phaseohis Tulgaris L. ) i/i5 Igname ( Dioscorea saliva L. ) 8. . .1/17 Feve des inarais . ( f^icia faha L.) ?••• Pois vert. ( Pisuni sativum L. j 10. 1 . Tulipe. ( Tidipa gesnerianii L.) !)■[•' Z^'' Froraent. ( Triticum sativum L. ) 1 j. ) . ( 228 ) Topinambour Je la Martinique. ( Uclianthus tube- \ rosus L. ) .fig. 1 1 J Nenuphar. (Racines du JVymphcea lutea L. ) I i/aS de mill. Orobanclie. (Base tube'reuse, pe'ricarpe de VOrobanche I raniosa L. ] / Marron d'Inde. [jEsculus hippocastanum L. ) (i) < Cbiltaigne. ( Castanea -vesca L.) (2) ( i/33 Iris des jardins. ( Iris germanica L. ) fig. i3 et 14 ) Tapioha. ( Janipha maniol L. ) flg. l5. . l/35 Orge. ( Ilordeum rnilgare L. ) 1 . , Mais. ( Zea mais L. ) ) ''4° Orchis. ( Tubercules d'Orchis militaris et bifolia L. ) (3). . . i/5o Souchet comestible. (Tubercules du Cyperus esculenius \ U) 1/70 Bryoine. ( Bryonia alba L. ) ) Patate. ( Cotivohnilus batatas L. ) i/^S Dahline ou inuline. ( Fecule non colorable par I'iode, extraite des tubercules du Dahlia ou de la racine de V Inula heleniuin. ) i/ioo Petit millet. ( Panicum miliaceum L. ) 1 /4oo (La suite au numero prochain. ) (i) Les grains sont etrangle's en cocons ou bien en forme de larmes bataviques. (2) Ayant I'aspect et les forces des graines de la pomme de terre. (3) Une discussion s'e'tait engage'e entre deux pharmaciens de la capi- tale : I'un soutenait que nos orchis n'avaient pas de fe'cule , I'autre assurait au contraire y en avoir trouve'. Nous ftmes remarquer qu'ils avaient raison I'un et I'autre. Le tubercule qui a fourni au de'veloppe- ment de la tige de Vorchis s'est e'puise' de sa fecule, comme le fait la graine de froment, pendant la germination. Le tubercule au contraire, qui est destine' a croitre I'annee suivante, renferme une quantite' conside'- rable de fe'cule. II sera done arrive que I'un des deux pharmaciens aura ope're' sur le tubercule epuise et I'autre sur le tubercule jeune. Nos orchis indigenes ne sont done prive's de rien de ce qui constitue le salep, savoir de la fe'cule , qui n'est qu'iin accessoire , et du mucilage aromatise qui en est le principal. ( "9 ) OBSERVATIONS SrR DIVERS OSSEMENS DE MAMMIFERES ET d'oISEAUX DECOTIVERTS DANS LES CALCAIRES GRAVELEUX QUATERNAIRES (l) DES ENVIRONS DE PER- PIGNAN, ET SCR tJNE NOCVELLE ESPECE d'oURS FOSSILE ; PAR M. Marcel de Serres. Les divers osseraens que nous allons decrire ont etc decouverts dans des depots flaviatiles quaternaires qui forment le sol supc- rieur d'une partie de la plaine situee au sud de Perpignan (Py- renees-Oiientales), depots essentiellement calcaires, et qui ne sont recouverls que par le diluvium. Ces calcaires graveleux, ci- mentant le plus frequemment des cailloux roules, ont ete princi- palement observes a une lieue et demie au sud de Perpignan, prt's des maisons de campagne de MM. Palegry et Dartros, au nord de la petite ville d'Elnc. Faute de coupes, nous ignorons si ces calcaires graveleux, qui ne sont nullement des gompholites, uiais simplement des roches calcaires dans lesquelles on voit quelques cailloux roules et dissemines, ont une graude etendue dans la plaine d'Elne , 01"! les travaux executes principalement par M. Palegry les ont fait decouvrir. C'est aussi au zt-le et aux luuiieres de cet agriculteur distingue que nous devons la connais- sance des faits que nous allons signaler; nous ne saurions trop lui en temoigner notre reconnaissance, d'autant plus qu'il a bien voulu mettre a notre disposition les debris des divers mammiferes trouves dans les environs de sa campagne. Les ossemens dissemines dans les calcaires graveleux quater- naires des environs de Perpignan , y sont disposes sans aucun rap- port de position avec la place qu'ils occnpaient dans le squelette (i) Nous nommons, avec quelques ge'ologiies , terrains quaternaires tous les <]i;])6ts produits apres la retraite des rners de dessus nos continens, et ))ar consequent lorsque les terr.fins tertiaires e'taient de'ja jire'cipite's. Ces depots n'ont jamais cesse' de so produirc, et aussi lient-ils les temps ge'o - logi(pics a la pe'riode actucllc. ( a3o ) ou avec les animaux dont ils rappellent I'existence. Ea effet, a cote d'un os d'ours, on observe divers fragmens, soil de cerfs, soil de moutons, soil d'oiseaux. Ces ossemens ont en general une couleur uniforme, celle d'un blanc jaunutre ou grisalre. lis sont tous petrifies et convcrtis en carbonate calcaire, et des cristaux limpides de ce carbonate de chaux tapissent souvent leurs cavites; ces os sont longs, petrifies en presque totalite : et ils con- servent k peine quelque trace de matiere animale. Les oxides de fer et de manganese colorent parfois certainesde leurs parties, ce qui cependant est assez rare. Ces ossemens signalent : i° des car- nassiers; 2° des rongeurs; 3° des ruminans; 4° d^s oiseaux. Ceux qui se rapportent aux carnassiers et aux ruminans sont les plus abondans. I. EXAMEN DES OSSEMENS FOSSILES DE CARNASSIERS DECOrVERTS DANS LES CALCAIRES d'eAU DOUCE DE LA PLAINE DE PERPIGNAN. A. Ours a front aplati. ( Ursiis melopoleaiiius Nobis. ) Le carnassier que nous rapportons au genre ours a ete determine I'aide d'une tete entiere oii existent la plupart des dents. Cette tele annonce un ours d'environ un tiers plus grand que I'ours brun des Pyrenees, et aussi redoutable par sa stature que par sa force (1). Cette espece devait etre essentiellement car- nassiere, a en juger par ses formes brusques, les saillies pro- noncecs de ses os , la forme aigue de ses canines, et par les dimensions de sa tete; sa vigueur devait etre en rapport avec ses habitudes. Ces caracteres annoncent encore que I'individu auquel ces os fossiles se rapportent devait etre adulte , les dents etant entierement formees. On compte six machelieres de chaque cote de la machoire, dont trois petites et trois grosses; quant aux ca- nines, elles sont fortes et robustes. La crete sagittale est a un tres- haut point de developpement, ce qui n'a jamais lieu dans les jeunes individus, par la raison toute simple que les crotapbites peu vo- lumineux et peu forts ne peuvent faire naitre des empreintes tres-marquees. Le frontal est fortement deprime dans notre tete; a la verite (0 Voyez r'- VIT, fig. 1,2,3,4. ( 23l ) cette depression a ete produite en partie par I'efl'el d une caubc exterieure ; mais il est visible que si cette cause accidentelle n'a- vait pas eu lieu , le front n'aurait jamais etc bombo, corume dans les especes d'Europe, designees sous les noms d'Ours bnin des Alpes et d'Ours briin do Pologne. Ainsi notre especc avait Ic front aplati, caractere qui lui est coiiuiiun avec Tours noir d'Europe. Tout en differant de Tours brun , par les deux aretes saillantes qui regncnt sur le bord des fosses temporales, il se rapproche au con- traire, par cette particularite , de YOurs noir, si bien decrit par Daubenton. Ces aretes saillantes forment chacune le sommet d'un angle , dont un cote se dirige dans le plan de la partie superieure du frontal et Tautre dans le plan du temporal, tandis qu'au lieu de cet angle , des formes arrondies existent dans les parties laterales du front des especes d'ours actuellement yiyantes en Europe. Ces aretes saillantes , si prononcees dans notre espece, se joignent en arriere, et donnent naissance a ime crete sagittale fortement pro- noncee , laquelle se continue jusqu'a la crete occipitale. Ce caractere distinctif sert a fixer cette espece, comme la grandeur des fosses temporales , la direction en baut et Tecartement des arcades zigo- matiques , et enGn les rugosites des cretes temporales qui devaient donner aux muscles crotapbites des attaches plus robustes et plus puissantes que cclles que Ton observe dans nos ours. Nous fcrons encore observer que la petite molaire , placee dcrriere la canine, dans les ours vivans, se retro uyc egalement dans notre espece, tandis que, d'apres la remarque de M. Cuvier, on ne Ta presque jamais vue dans les ours qui ont ete rencontres a Tetat fossile (i). En effet, Hayn, Hunter, Esper, Fischer, Cezemberg et Camper, dans la description et les dessins qu'ils nous ont donnes des cranes d'ours fossiles, n'ont pas fait mention de cette petite ntiolaire. Cette dent n'existe , dans les especes fossiles decrites j usqu'a pre- sent, que dans la machoire inferieure , et non dans la superieure. Nous ne pouvons pas dire si dans notre individu cette dent existait a la machoire inferieure ; car a Texception du condyle (pii permet de reconnaitre que Tapophyse coronoide en etait asscz eloignee , tout le reste manque (2). (i) Annales du Museum d'histoire naturellc, t MI, p.3fO. (2) Daubenton fait remarquer que la petite molaire, placee deiriere la- ( 232 ) Cependant Rosenmuler decrit cette molaire dans une tete d'onrs fossile , mais il n'en fait plus mention dans un travail subsequent qu'ila publie sur cettc memc tete (i). Ce defaut de mention de la petite molaire a laisse quclques doutes sur son existence dans les ours fossiles; notre tete leve toute incertitude a cet egard. On retrouve egalement dans notre tete la deuxieme petite mo- laire superieure placee immediatement en avant de la molaire qui precede I'antepenultieme. M. Cuyier assure ne ravoir jamais vue dans aucun des cranes fossiles qui lui ont ete soumis, et ilditignorer qn'aucun anatomiste I'ait apercue (2) , aussi en coi>clut-rl que son absence est un caractere 'beaucoup plus constant pour differencier les ours fossiles que ne pent I'etre I'absence de la petite dent placee derri^re la canine. En effet, si cette dent n'a jamais ete apercue a la maclioire superieure , il est certain qu'on I'a rencontree quelquefois a I'os maxillaire inferieur. L'on sent aisement que ces caracteres n'ont plus aucune Taleur pour distinguer les ours fossiles desespecea Tivantes , puisque notre tete presente , de chaquc cote de la machoire superieure, six Teritables dents molaires, drait trois grosses et trois petites. Si , d'une part , not re ours se rapproche beaucoup plus de Tours noir d'Europe que d'aucune autre espece vivante , de I'autre il s'e- loigne de I'ours noir d'Amerique , dont rl differe essentiellement par la fonne allongee-de sa tete, I'aplatissement du crane et la conca- Tite des arcades zygomatiques. On ne peut pas non plus le confondre avec Tours blanc ou maritime , relegue dans les regions polaires , dont le crane enfonce va en s'abaissantau-dessous de la face, tandis que dans le notre , le front est au contraire preeminent au-dessus de cette partic. Quoique proeminent, relativement a la face, la sur- face du front n'en est pas moins aplatie et nuUementcon-vexe, commc dans les especes d'ours a front bombe. ranine, ne se trouve point dans reitairrs ours vivans; mais conslammcnf «1ans Vours hoiV d'Enrope. C'omme ccrfaines especes de ce genre manctiient suivant lui , de I'atitt'pe'nuUitnie, ce caractere lui parait distinguer Voitrs noir qui I'a toujours, des autres espices cxistantcs. Ainsi notre ours fossile siTnble hicn voisin de cette dernij''re esptce. (i) VoyP7. la premiere dissertation allen:)ande, p. 48; et smi grand oii- Trage, p. 9. {^x) Annates du Museum d'histoirena'turelle, t. VII,p<34r. ( 255 ) Notre espi-'ce se distingue encore de Tours polaire , par la longueur ct la saillie des apophyses post-orbitaires du frontal , apophyses qui ,■ par suite de cette conformation, sont fortement dessinees. Les ar- cades zygomatiques, d'apres ce qui en reste, indiqucnt d'ailleurs une direction plus ecartee en dehors , et des dimensions plus conside- rables en largeur que dans I'ours blanc; enfin, la forme de la tete, dont nous joignons ici un dessin que nous devons a I'obligeance de M. Amelin, exdut toute idee de rapprochement cntre notre espece et I'ours polaire. En resume, notre ours se rapproche beaucoup plus de VOiirs noir qui Yit en Europe, que d'aucune autre espece actuellement vi- vante. Comme I'ours noir, il a le front aplati; il offre une petite dent molaire dcrriere la canine supcrieure, ainsi qu'une autre ma- chclicre en avant de rantepenultienie molaire supcrieure. Enfin , compare aux diverses especes d'ours des cavemes , c'estavec VOurs arcloide qu'il a le plus de rapports , a raison de I'aplatissement du front; mais il en differe sensiblement par le nombre et la position des petites molaires. II en differe encore par ses proportions. La stature de notre ours, quoique peu diffcrente de celle de I'ours noir d'Europe , etait cependani moindre que celle des ours des cayernes decrits sous les noms A'TJrsus arclo'ideus et spelceiis Si Ton considcre notre ours comme formant une espece particu- liiire, on pourrait, ce semble, la designer sous le dom d'Ursus nie- topoleahius , expression derivee des deux mots grecs fy-'-Tonov et ■hicunoo qui expriment assez bien son principal caractere , d'avoir le front aplati. Apres des fails aussi positifs et en nous appliyant sur les obser- vations d'Esper et de RosenmuUer, dirons-nous que, d'apres les dif- ferences que Ton a cru remarquer entre les cranes des ours mules et femclles , notre crane avait appartenu a tin mille ? c'est ce que nous sommcs loin d'afCmier; les caracteres sur lesquelsl'on pouri'fiits'ap- puyer ne nous paraissant ni assez precis, ni assez positifs. B. Examen dc'laillc de la tele de VLrsus rnelopoleainiis. Cette tetc se trouye encroutee par un calcaire sableux grisatre assez dur qui a penetre dans toutes les cavites; comme cette tete est cas- see, on voit le calcaire qui remplace le cerveau ct en figure les ( 234 ) principales circoiivolutions , moule sur les empreintes digitales et sur les anfracluosites de I'interieur du crane. Les os qui la composent sont d'un blanc particulier ; ils ont I'aspect pierreux et presque la te- nacite du calcaire : on les voit generalement taches ou sails par des oxides metalliques qui paraissent etre ou des oxides de fer, ou peut- €tre des oxides noirs de manganese. La forme generale de latete se distingue par son allongement, par I'etranglement lateral du crane, dans la region comprise entre ses temporaux et une partie des parietaux, en sorte que la tete parait longue et comprimte sur les cotes, par suite de la grandeur des fosses temporales ; elle se fait encore remarquer par la direction bien sensible de I'arcade zygomatique en dehors et en haut. L'arcade n'existe pas en entier ; mais comme la portion du temporal qui sub- siste manifeste d'une maniere bien decidee sa direction en haut et en dehors de I'apophyse jugale, cette conjecture est tres prol^able. Le point de jonction des aretes qui regnent sur le bord superieur des fosses temporales ne pent etre exactement indique, a cause de la frac- ture du crane ; ellene parait pas cependant avoir eu lieu bien enarriere, car il reste encore' une portion assez considerable de la crete sagiltale. Le front est eleve, plat et large; cette largeur diminue rapide- ment en arriere, a partir des deux apophyses orbitaires externes, et suit la marche des deux cretes qui bornent les fosses temporales. Le cr3ne se renfle de nouveau sur les cotes dans la region occipitale; ce renflement n'est pas considerable ; car sa plus grande largeur n'at- teint pas celle du milieu du front ; ainsi , en allant d'avant en ar- riere, a partir de I'endroit le plus large du front, la tete va toujours en dimin«ant. La bosse externe de I'occipital est extremement developpee ; elle forme une saillie considerable sur le derriere de la tete, la oii \ient aboutir la crete sagittale qui semble se redresser en haut, dans le point de sa jonction avec cette protuberance. Le museau est ramasse , fort , un peu court , relativemcnt a la tete. L'echancrure ethmoidale est tres-large , et diminue de largeur en s'approchant de I'orifice anterieur des fosses nasales. Le maxd- laire superieur est brise au point de son articulation avec le coronal. L'oriHce des fosses nasales est large ct en proportion avec le volume de la tete. Nous ne pouvons endecrire les parties intericures, le cal- caire en ayant rempli les cavites. ( a35 ) Lavofite dupalais est encroOtee par le meme calcaire; cependant on distingue facilcment toutcs les dents qui sont entierement a nu. EUes ne sont pas fort grandes ct ne correspondent pas aux dimen- sions du crane. L'email est asscz bien conserve , autant que Ton peut en juger sur celles qui n'ont pas ete endonamagees en retirant la tete da calcaire qui I'enveloppait. Les molaires sont au nombre de six du cote gauche ; s'il en manque une du cote droit , c'est ac- cidentellcment, car la sixieme existe non-seulement au cote gauche, mais elie est la plus grosse des trois petites molaires. Les deux ca- nines sont entieres, un pen usees ou brisees a leur pointe , mais fortes et robustes. Une seule incisive, la premiere droite des quatre petites, reste entiere. Sa grosseur est peu considerable. Quant aux autres , on en voit seulement des portions. IL QUADRtiPEDES TERRESTRES HERBIVORES. Les autres debris des mammiferes terrestres des calcaires fluvia- tiles des environs de Perpignan, se rapportent a des rongeurs et a des ruminans , des genres cerf et mouton. Nous n'avons reconnu les rongeurs que par une seule dent ; mais il n'en est pas de meme des seconds dont nous avons rencontre d'assez nombreux debris. A. Rongeurs. La presence des rongeurs n'a ete reconnue que par le fragment d'incisive que nous avons figure pi. VII, fig. 5, 6. Cette incisive conserve son email et sa substance propre. Sa cour- bure est peu considerable et sa direction assez droite , ce qui em- peche de la confondre avec les incisives des pachydermes, dontelle differe en ce qu'elle est plutot quadrilatere que tiiangulaire , ayant sa face externe fort large, tandis que I'interne est la plus etroite, disposition tout-a-fait contraire a celle des dents des pachydermes. En effet, tandis que la face externe de notre incisive offre de 7 a 8 millimetres, sa face externe n'en a gaiere que 2 au plus. Cette incisive annoncc par son epaisseur et la grandeur qu'on peut lui supposer d'apres cc qui en reste , un rongeur d'une assez grande tuillc , ct bien superieure i celle du castor. ( 256 ) B. Ruminans. Lcs ruminans ont appartenu a deux genres differens, les cerfs et les moutons. Le genre cerf y est signale par deux esptices; Pane se rapporte au cerf a boisgigantesque, et I'autre a une petite espece que nous n'avons reconnue qu'a I'aide d'une portion de bois dont nous donnons ici une figure. 1° Cerf a bois gigantesque. Nous avons long-temps doute de I'espece de cerf a laquelle I'on devait rapporter les ossemens que nous allons dccrire ( F'oj. pi. VIII, fig. 1, 2,3,4)- Nos doutes n'ont ete leves que depuis que nous avous vu le cr/lne dont nous donnons ici un dessin (fig. 2). Ce crane est presqueentierement semblablc a celui que M. Cuvier a fait figurer (pi. 6, fig. 9) , et qu'il a decrit sous le nom de cerf a bois gigan- tesque. Cette espece remarquable parait avoir ete jadis tres-repandue, puisque M. Cuvier la cite en Anglcterre, en Irlande , en Allemagne , en Italic , dans le nord de la France , et que nous Tavons observec dans le midi de cette contree, pres([ue au pied des Pyrenees, ainsi que dans le centi-e du departement de I'Herault. Avec le crane de Pezenas , il s'est heureusement rencontre I'extremite superieure d'un tibia gauche qui, compare avec une pareille extromite decou- verte dans les calcaires de Perplgnan , s'est trouvee identique. Ce tibia s'articulant parfaitement avec les condyles d'un femur trouve dans les memes calcaires, ce femur doit etre considere comme du nieme animal. D'autres fragmens sont venus confirmer cette sup- position, et ces fragmens sont, 1° des dents molaires enchassees dans une portion du maxillaire superieur ; ces dents ont le double ca- ractere d'avoir le rcpli ordinaire qui s'eleve presque jusque sur la couronne et le petit cune a la base des dcuxdenii-cylindres. Ce der- nier caractere semblerait les rapproclier des dents du maxillaire in- Icrieur ; mais les dents de la machoire superieure de certains cerfs de uos cavernes offrant ce cone , comme cellcs de la machoire in- ferieure, la presence de ce cone ne pent pas servira les differencier. D'apresla forme generale de la dent figurce, pi. VIII, fig- 3, cette dent parait etre une des arriere-molaires du cote gauche de la ma- ( 207 ) choirc superieurc. EUe a probablemcnt appartenu au cerf a bois gigantesques , a en jugcr par sa grosseur ct les autres os de cette cspece dont elle est entourec. Cette dent offre deux demi-cylindres senlement, arec ce carac- tere ren)arquable d'avoir a la fois le repli entie les deux cylindres , comme dans les boeuls, repli qui monte jusqu'au plan de detrition, et le petit cone place nu bas et entre les cylindres comme dans les cerfs. Le repli est dans notre dent applique non point an fond du sillon , mais tout-a-fait sur le cote de I'extremite superieure d'un des demi-cylindres, saas toucher en aucune maniere I'autre demi-cy- lindre anterieur. Cet apercu peut fairc jugcr combien les caracteres tires unique- ment des dents sont incertains, lorsqu'il s'agit de dasser des rumi- nans qui ont appartenu a de jeunes boeufs et a de vieux cerfs ; le petit cone situe a la base des dents de ces derniers, paraissant par suite de la detrition s'elever jusqu'a la couronne , et les boeufs dans leur jeune age ofFrant le petit cone a la base de leurs dents, comme il Test constamment dans les cerfs. Les diflicultes sont plus grandes encore, lorsqu'on rencontre des dents qui ofTrent les caracteres re- putes propres aux genres des boeufs et des cerfs. 2° IJn fragment de machoire inferieure du cote droit avec la se- conde molaire anterieure. Si Ton pouvait se former des doutes sur la dent que nous yenons de decrire, il n'en est pas de meme de c«lles-ci qui ont tons les caracteres des dents de cerf. 5° Des vertebres cenicales et dorsales. ( T^oj. pi. VIII, fig. 1 1. ) [\ Des extremites arliculaires de radius et divers fragmens du meme os. 5° Divers fragmens de cubitus. 6° Diverses parties supcrieures du femur droit et gauche, oii existent la tete , le grand trochanter avec I'extremite artlculaire in- ferieure, et ses deux condyles a peu pres entiers. ( T'^oj-. pi. \III , fig. 6, 7. ) 7° Diverses parties superieures de tibia droit et gauche, avec des fragmens du milieu de cet os. (Pi. VIII, fig. 4. ) 8° Plusieurs extremites arliculaires de canon droit et gauche , avee divers fragmens dc cet os. {T^oj. pi. VIII, fig. 8, get 10. ) g" Premiere et autres phalanges s'engrenant assez bien avec les canons. ( a58 ) L'os sur lequcl nous avons le plus de donnees est le femur, puis- que, outre les parties supericures gauches et droites , nous avons encore rextreiiiitc articulaire inferieure droite, avec ses condyles a pen pres entiers. Cette extreniite parait avoir appartcnu au meme individu , dont on retrouve la plus grande partie du femur droit. Ce femur, comma ceux des ruminans , est remarquable par la brievete de son col, son aplalissement d'avant en arriere, sa largeur dans le sens vertical , I'ctendue de la face articulaire de sa tete , face qui se prolonge jusque sur la partie superieure du col du femur. Ce col, tres-gros , est en rapport avec la force de la tete ; loin d'etre cylindrique, il est cnnsiderahlement comprime d'avant en arriere. Le trou destine a recevoir le ligament rond est large et profond , ce qui s'accorde avec les hautes proportions du cerf a bois gigan- tesque. L'absence du troisieme trochanter vient encore se ranger parmi les autres caracteres, tels que la grande dimension d'avant en arriere de la tete inferieure , pour faire regarder notre femur comme un femur de cerf. On doit d'autant plus le supposer que les condyles sont forts et robustes , avec une obliquite mar<[Uee et une largeur considerable. La poulie on la fosse qui separe les condyles offre un grand dcvcloppement , et pourrait par consequent recevoir des ligamens solides et epais. Sa largeur et sa profondeur sont con- siderables. II parait que cette poulie remontait assez haut, autant que Ton pent en juger, par ce qui en reste, le corps de l'os man- quant en entier. Cependant il en existe assez pour reconnaitre que notre femur etait gros, et comme massif dans sa partie inferieure. Quant au tibia nous en avons eu plusieurs parties : les mieux con- servees ont appartenu a I'extremite articulaire superieure du tibia droit. Cette extreniite se rapporte assez liien a la portion articulaire inferieure du femur que nous venous de decrire ; die n'offre pas de diffei'ence specifique avec des parties semblablcs que Ton de- couvre dans les terrains d'eau douce de Pezenas. La tele superieure de notre tibia est large , et I'epine ou crete fortement prononcee. Les condyles [sont egalement robustes et tres-developpes. II en est de meme de la tuberosite interne; quant au bord externe, il montre un grand developpement. Cette tete offre une surface articulaire d'une forme triangulaire ; au milieu de cette surface articulaire, on observe les deux condyles du tibia, ct de chaque cote les facettes destinces a recevoir les condyles du femur; en avant se trouvc ( 239 ) I'epine ou line crete tres-large , boaucoup plus forte que dans les tibias de nos bceufs domestiques , crete qui se diiige du cote externe en se prolongeant dans cette direction , autant que Ton peut en Ju- ger , notre os etant brise en grande partie. La force dc cette crete et sa largeur , ainsi que I'epaisseur de cet os , annoncent que notre tibia avait appartenu a un individu adulte , dont la taille et la stature exigcaient des points d'attaclie nombreux et solidcs. Quant aux autres os , que nous rapportons au cerf a bois gigan- tesque , et dont plusieurs sont entiers , au moins dans leurs sur- faces articulaircs , comme ils ne presentent rien de particulicr, nous croyons inutile de les decrire en detail. En effet , compares aux os du cerf commun (^ceiyus elapkus) actuellement vivant, ils n'en different que par leurs dimensions qui sont plus considerables, et presciuc gigantesques a cote de celles du cerf commun. 2' Petit Cerf. Outre le cerf a bois gigantesque , il existe encore une autre espece de cerf dans les calcaires quaternaires de Perpignan , a en juger du moins par la portion de bois dont nous donnons ici un dessin (pi. VIII, fig. 10), et qui annonce un cerf d'une petite espece. Nous ne yoyons pas trop quelle espece ce bois indique ; aussi faute de donnees, nous laisserons cette question indecise. 5° Mouton. Nous avons constate I'existence des moutons dans les terrains quaternaires dc Perpignan, par divers fragmens ; les premiers se rapportent aux extremites articulaircs infeiieures d'humerus; les seconds a la tete du femur , et les troisicmes enfin aux cotes. Ces divers fragmens annoncent des ruminans du genre mouton , d'une taille superieure , et d'une plus grande force que nos mou- tons ordinaires, tandis que les debris de Yillefranche-Lauraguais , qui se rapportent au meme genre , indiqucnt au contraire des moutons d'une plus petite stature. II y a du reste plus de rapport cntre les moutons de Villefranche et I'espece domestique , qu'il n'y en a entre cette espece etles ossemens des calc-aires de Perpignan; et pour ne parler que du femur, on observe quo la tete de cet os est ( -^o ) tinondie dans I'cspece de Perpignan, tandis que cette partie a la forme d'un orale allonge et irregulier dans I'espece vivante, forme que Ton observe egalement dans les moutons de Villefranche. Ces debris ont peut-etre appartenu a deux especes differentes de ce genre de ruminant ; mais sont-clles nouvelies on identiques avec le? especes vivantes? c'est ce qu'il ne paraitpas possible de decider sur les seuls fragmens que nous en avons observes. III. OlSEAUX. Gallinaccs. "Nous devons a I'obligeance de M. Jaubert de Passa , correspon- dant de 1' Academic des Sciences, les fragmens osseux que nous rapportons a des oiscaux. Ce sont deux os du metacarpe , I'un droit et I'autre gauche, qui ont appartenu a un oiseau de la force et de la grosseur du grand coq dore. Ces deux mctacarpiens, dont nous joignons ici le dessin (Pi. VII , fig. 7, 8 ) , nous donnent un excmple d'oiseaux de I'ordre des gallinaces dans les depots quaternaircs , oii ils deviennent de plus en plus abondans en comparaison surtout de ce qu'ils sont dans les terrains tertiaires. Les breches osseuses de Cette nous ont egalement offert des debris d'oiseaux qui se rapportent a la meme famille ; car ils appartiennent au genre pigeon {^Columba Linncviis). Nos cavernes a ossemens recelent de meme des ornitholithes ; mais ceux-ci se rapportent aux echassiers et aux palmipedes. Enfin ce qui est plus rcmarquable encore , c'est d'observer des debris d'oiseaux jusque dans les sa!)lcs et Icsmarnes argileuses bleues des terrains marins tertiaires, fait qui annonce que les debris d'oiseaux caracterisent aussi-bien les divers depots tertiaires que les terrains quaternaires, avec cette seule dif- ference qu'ils sont beaucoup plus abondans dans les derniers. ExplicatioJi des planches avec les dimensions des principaiix OS fossiles decriLs dans ce mcinoire, PtANCHE YII. Fig. 1. Tete d'ours a front aplati (Ursus metopoleainns) re- duit aux 3/4 de sa grandeur naturelle. On y distingue au sommet les ( 24» ) cmpieintes laissees Jans Ics os du cruiie. On volt cntre la fente qui se iliiigc vers I'apopliyse dc I'os jugal et la protuberance de Toceipital avec la saillie de cet os, les deux canines (n° i, 2) , ainsi que les niolaircs, placees vers le fond de hi Itouclie (n° 5). Fig. 2. Fragment du crane, oii Ton a fait ressortir les circonvo- lulions du calcaire moule dans le crane. Fig. 5. Machoire superieure vue par sa partie interne. (n° 1 et 2 ) Canines, (a) Premiere petite molaire placeeimmediatemcnt derriere la canine, [b] Deuxieme petite molaire. (c) Troisieme petite molaire. {(I) Premiere grosse molaire. (e) Deuxieme grosse molaire. [/) Troi- sieme grosse molaire. Fig. 4- Portion droite de la machoire superieure, oil la serie des dents est indiquee dans un sens different que dans la figure D. On les a ainsi figurees afin de ne laisser aucun doute, soit sur le nombre, soil sur la position des dents. Ainsi {a) est toujours la premiere pe- tite molaire placee immediatement derriere la canine, {b) La deuxieme petite mplairc. (c) La troisieme petite molaire. {d) La premiere grosse molaire. (e) La deuxieme grosse molaire. (/) La troisieme grosse molaire. (/) La canine. Dimensions du crilne de Z'Ursus metopoleainus. 1" Longueur du crane depuis la crete occipitale jusqu'aux incisives o°',32. 2" Largeur du crane entre les apophyses post-orbitaires du frontal. o , I o. 3° Distance depuis la crete occipitale jusqu'a la ligne qui joint ces apophyses o"", 10. 4° Distance de cette ligne aux incisives o°',i4. 5° Distance approximative de cette ligne au point de reunion des cretes temporales o^io. 6° Hauteur verticale de I'epine occipitale o'°,075. 7° Hauteur verticale approximative du point de re- union des cretes temporales o"", 12. 8° Hauteur verticale du point le plus eleve du crane . . o°',i2 3. 9° Hauteur verticale du milieu de la ligne qui va d'une apophyse post-orbitaire du frontal a I'autre o^jogg. 5. 16 ( 242 ) lo" Hauteur verticale du point le plus onfonw> a la ra- cine (In nez o^oS. 11° Hauteur verlirale du hord supcrieur ties narines. . . o"',07. planche vn. Fi"-. 5. Dent incisive d'un grand rongeur d'lme taille saperieure a celle du castor, vue par deux faces lateralcs et posterieures. Fig. 6. La meiiie dent vne par sa fare laterale et par sa face anlerieure. Fig. 7. Os du metacarpe droit d'oiseau de la force et grandeur d'un grand coq dore. Fi'^. 8. Fragment de I'os du metacarpe gauche d'un oiseau de la force et de la taille du grand coq dore. Planche VIII. Fi"-. 1 . Dent molaire de cerf a bois gigantesques , retiree des cal- caires de Perpignan. On y distingue le repli ordinaire qui s'eleve presque sur la couronne et le petit cone a place a la base des deux demi-cylindres. Cette dent a ete representee de grandeur naturelle. Fig. 2. Crane de cerf a bois gigantesques reduit au quart de la grandeur naturelle. Ce crane a ete retire des calcaires graveleux de Peztnas (Herault). Fig. 3. Omoplate de cerf:a bois gigantesques, dansliquellc il ne reste guere que la cavlte glenoide. Cette portion d'omoplate, qui proAient des breches de Pezenas , a ete representee un pen au- dessous de la grandeur naturelle. Fig. 4. Extremite supcrieure du tibia gauche du cerf a bois gigan- tesques de Pezenas, representee un peu au-dessous de la grandeur naturelle. Fi". 5. Extremite inferieure de tibia droit d'un ruminant du genre mouton , des calcaires fluviatilesjde "Villefranche-Lauraguais (Haute- Garonne). Fig. 6. Tete snperieure de femur droit de cerf a bois gigantesques, dc Perpignan. tig. 7. Extremite inferieure du meme femur vu par sa face pos- ( 9.45 ) tcricuic. Ccs doux portions du fomur du ceif ii bois giganles'iues sont representees un peu au-dessous de moitie de grandeur na- tiirclle. Fig. 8 et 9. Extremites inierieures de cnnon de cerf a bois gi- gantesqiies , vucs de face, et representees au-dessous de moitie de la grandeur naturelle. Fig. 10. Bois de cerf de petite espece avec le cercle de pierrure, ou du moins avec un cercle analogue a celui qui se trouve a la base des bois, mais dont la forme et la position sont bien particulieres. Fig. 1 1 . Tete superieure de femur gauche d'un ruminant du genre et de la taille du mouton , vue par sa tete anterieure. A I'exception de cet ossement qui provient deVillefranche-Lauraguais, les autres figures dans cette planche proviennent des environs de Perpignan. Dimensions du femur et du tibia de cerf ii bois gigantesques du calcaire graveleux de Perpignan. Largeur du femur dans sa partie superieure o"°,io2. Le corps de cet os manquant, on ne peut donner sa longueur. Largeur du femur dans la partie inferieure embrassant les condyles o°',095. Largeur de la tete du tibia o^joS^. Largeur de la partie moyenne du tibia o^joSS. LES ARBORISATIONS DES CALCEDOINES ET DES AGATES MOVSSEtJSES , PROVIEKNENT-ELLES, EN CERTAINS CAS, DE LA PRESENCE DE CON- FERVES FOSSILES? Daubenton (1) a le premier appele I'attention des geologues sur la deterniination de ces filamens ramifies verdatres, ou de differentes couleurs, qui donnent un certain prixaux echnntillons d'agates. Son memoire est acoompagne de 3 planches en noir representant les di- (t) Man. de I'Acad. des scierica , annce 178a, p. 667. (244) verses foiines qu'affectcnt ces ramifications , quand on Ics observe a la loupe ou a I'anl nu. Dciix ou trois figures son I dessinees au mi- croscope. Les figures grossics, on ne saurait en disconyenir, sc ressenlcnt de la negligence que les micrographes de cctte epoqiie apportaient a rexecutioii des details ; mais d'un autre cote la de- scription dn texte snpplee suffisaniment a I'insuffisance des planches'. Daubcnton reconnait , dans Ics agates , deux sortes iVher/wrisc- tions : celles qui sont Ibrmees par la presence des planles ou des zoophytes. II assure avoir reconnu dans plusieurs agates le Con- ferva des ruisseaux bien caracterise par ses filamens qui forment des mailles, et qui sont d'un vert aussi fonce dans I'agate que dans la plante vivante. Un de ces echantillons, dit I'auteur, etait conserve dans le cabinet du due de La Rochefoucauld. La figure qu'en donne Daulienfon n'est pas assez grossie pour qu'il soil possible de se former iiue idee des details microscopiques de I'echantillon dccrit; mais comme I'auteur avail soin de comparer les arborisaLions des agates avec les conferves vivantes ou dcssechces , il est assez pro- bable qu'il n'a pas etc dupe d'une illusion ou d'une meprisc. L'auteur a aussi decrit et fait dessiner une tige de mousse dans i'agate orientale, et ses dessins, cetle fois-ci, sont assez distincts pour confirmer sa description. M. Mac-Culloch (i) a embrasse I'opinion dc Daubenton, quant a la presence de restes de vcgetauxdans certaines agates. II a joint a son memoire 4 planches (36-3g) ren- fermaut unc serie de dessins joliment colories, mais trop peu grossis pour donncr uno idee exacte de la nature de ces arborisa- tions ; on y (lislingue pourtant tres-bien une tige de mousse analogue a celle de Daubcnton. La fig. 27 pourrait bien provenir d'luie den- tale ; et la fig. 3o, dans laquclle I'auteur voit des urnes de mousse, nous semble au contraire repr esenter fidclement un bouquet de vor- ticelles rameuses. Ajoiitons que Blumenbach , qui s'ctait d'abord prononcc contrc I'opinion de Daulxntun, a fini par I'adopter, et par annoncer avoir deccuYcrt, dans une agate du Japon, la fructification d'une plante inconnue, resseniblant assez a celle du Sparf^anium crectiiw. M. Ad. Brongniart (2) a repousse sans restriction tout ce qu'avait (i) Trans, de la Soc. gecl. de Londres , vol. 2, p. 523. (l) liisl. :!cs vcget.fossiles , t. I, 1'''' livr. , p. 29.. ( --^A^ ) admis Daubenloii : et (]U(ii(iu'il nc sc- pronoiuc que siir la r|uesliou tryptogamique, son silence absolu indiqiie assez qu' 1 a envcloppe la question zoologiqiie dans la meme comlamnation. Mais les ligures sur lesquellcs il a cntrepris d'ajipiiyer sa propo- sition , nous ayant paru au contraire militer centre ellc , et d'un autre cote les raisons que I'auteur apporte partant evidemnient d'un prin- cipe errone, nous avons cru devoir reprendre la question, verifier les I'aits par nous-menies, et soimiettre les argumens a repreuvc de la discussion. Le principe qui dirige toutes les determinations des ("ossiles dont la substance a disjiaru et ne se prete plus a I'analyse, c'est la ressemblance des Ibrnies avec les formes des analogues \ivans , pourvu toutefois que ces formes se representent frecjuemnient ; car il est impossible de supposcr que le hasard soil capable de reproduire si souvent les memes contours et les menics analogies. Si done les agates presentaient frequemment , et sans aucune mo- dification essentielle , des formes qui se retrouYcraient encore parmi les etres vivans de repo([ue actuelle, peisonne ne nie qu'il fallut admettre I'analogie et I'enregistrer dans nos catalogues de Palcvon- lographie. Or, si Ton obserA'e la serie la plus nombreuse d'ecbantillons d'agates mousseuses , on ne manque pas de retrouver jusqu'a cent fois la repetition la plus detaillee d'un type quelconque. Cela est si vrai meme , que si Ton prend la peine de dessiner avec une certaine exactitude un echantillon de ces arborisations, on pent elre sOr d'avance qu'il servirait au besoin a representer cent autres echan- tillons qu'on n'aurait jamais vus. Les couleurs, les contours, les dimensions , I'aspect , la disposition gcncrale , tout enfin s'y ren- conlrerait a la fois. Cependant M. Ad. Brongniart pretend ne pouvoir admettre dans ces arborisations qu'un effet des infillrations de substances mine- rales, et non celui de la presence de vegetaux; mais comme I'opi- nion de I'auteur tient moins a une conviction qu'on aurait tort d'at- taquer , qu'a une consequence qu'il est des-lors permis de Con- fronter avec les premisses, examinons celles-ci avant de rcpousser ou d'admettre celle-la. Parmi les dessins d'arborisaliiuis coni'ervoides (|ue I'auleur a fait lithographier sm' la planche 1, il convient que la figure dont ( 2/,G ) nous avons reproduit un rameau sur la plaiiche VI, fig. X, est la plus remarqualile par son aspect ngreable et par sa ressemblancc an premier coiip-d'ocil avec des conlcrves, et qu'elle lui laisse qucl- ques doutes. « Elle offre , dit-il , une regularite dans les filanicns qui la compusent et dans leur mode de division , qui rappelle assez bien plusieurs confer ves, et particiilierement quelques especes du genre Dangia , telles que le Dangia atroi'irens Lyngb. ; mais ce- pendant il serait possible que ce ne fCit encore qu'une inflltration plus reguliere, produite par des canaux tres-fins et ramifies avec ordre. Dans les plantcs confervoides auxquelles on pourrait com- parer ces fdamens, la matiere opaque, granuleuse et coloree, rem- plit toute la cavite d'un tube membraneux , mince ; la partie trans- parente, dcpouryne de cette matiere granuleuse, ne forme done sur les bords qu'un lisere ctroit, produit par I'epaisseur du tube. Ici, au contraire, la matitre opaque occupe une ligne centrale etroite, qui parait etre le canal lui-meme dans lequel la substance colorante a penetre, et tout autour de ce filet central se trouve une couthe demi-transparente , beaucoup plus epaisse que ne le serait un tube membraneux, et qui parait, comn.e dans les infiltrations vertes, etre le resultat de I'infiltration de la matiere colorante dans la sub- stance meme de la pierre. Malgre son apparence beaucoup plus ana- logue a celle d'une plante, je crois done encore que ce n'est qu'uno infiltration plus reguliere. Ainsi les recherches que j'ai faites n'ont pu jusqu'a present me faire reconnaitre , dans les calcedoines, des plantes bien caracterisees , soit comme appartenant au groupe des conferves, soit comme se rapportant a une autre famille. » ( p. 52-33.) On a pu se convaincre que la seule difliculte qui a empeche M. Brongniart de voir des conferves dans la figure X, c'est que dans nos conferves jamais la matiere opaque ne se rencontre ra- massee en un filet median distant des parois d'un tube transparent. Une seule reflexion eOt suffi pour resoudre la difficulte ; elle ne pa- rait pas etre venue a I'esprit de I'auteur a I'instant oOi il prenait la plume. On n'a jamais admis que les corps fossiles doivent se reprosenter dans le bel etat de conservation de leurs analogues vivans ; et en pro- cedant a leur determination, on ne doit jamais ecarler les circon- stances diverses qui sont capables d'imprimer quelques modifications a leur aspect extorieur. (>eltc reflexion n'avait pas ecliappe a lillustre ( --.7 ) Daubenlon, qui a grand soin de nous avertir qu'il ne s'est tlecidc a rapporter certaines arborisations des agates a la presence dcs eon- ferves fossiles , qu'apres Ics avoir comparees scrupuleusenicnt avec les confcrves fraiches et dessechees. Occupons-nous done, a son exeniple, de recherchcr ce qui arriverait, si Ton reproduisait quel- ques-unes des circonstances de la fossilisation a I'egard de nos con- ferves ordinaires. Les conferees, dans la supposition qu'on en trouve de fossiles, ont da supporter une conipression assez forte par le rapprochement des molecules de la silice de I'agate ; j'ai done clierche a ftiire sul)ir, a nos conferves , une compression analogue par le retrait d'une sub- stance transparente. J'ai place des rameaux de Confen'a runilaris dans une solution epaissie de gomme arabique que j'ai etendue sur une lame de verre. Je I'ai observee ensuite au microscope apres sa parfaite dessiccation ; les tubes de cette conferve y nffectaient tons la I'orme que j'ai dessinee fig. VIII, pi. VI. Si ces formes se presentaienl a I'etat fossile , y reoonnaitrait-on des traces de conferve ? La nia- liere verte (c/) s'y distingue tres-Ijien , quoique refoulce de diverscs nianieres; les articulations (A), l)eaucoup plus resistantes que les autres portions d'un filament, s'y relevent en bosse; mais le tube principal [d) dans lequel est logee la matiere verte jouit, conmie tons tubes vegetaux, d'un pouvoir refringent si analogue a celui de la gomme, que dans ce milieu desseche, il est souvent impossible d'en distinguer les bords; on en apercoit pourtant des traces (c) qui commencent ensuite a se perdre dans la transparence du milieu. Je pensai que par le seul retrait des tubes desseches, et sans le secours d'aucime compression etrangere, jepourrais bien obtenir un rcsidtat plus satisfaisant. Je ne me trompais pas dans mes esperances ; car ayant laisse dessecher des fdamens spontanement sur une lame de verre, j'obtins a I'observation microscopique les formes dont j'ai figure un ecliantillon tronque pi. VI, fig. VL On voit qu'ici la ma- tiere verte s'est retiree vers le centre du tube, de maniere a repre- senter, avec la plus grande exactitude possible , les rameaux fossiles (Fig. X), dans lesquels M. Ad. Brongniart , apres quelques hesita- tions, a fini par ne voir que des effets d'une infiltration inorganique. Cette observation met en evidence une circonstance anatomique qui ne laisse pas ([ue d'avuir des rapports immediats avec la (pieslion qui nousoccupe. On reconnait en eU'ct exidenunenl que le raaieau d'une ( •■^4« ) confcrvc ne se compose pas d'entre-noeiuls sondes lioiit a boHt , mais 1° d'lin tube cxterne incnlorc, d'lin tube interne aux parois duquel sont etroitement attachees les cellules allongees dont les ex- tremites en s'accoUant ensemble forment les articulations, et qui tapissees de substance vcrtc representent en petit les grandes cel- lules de Chara. Le tube interne est decoUc des parois du tulie ex- terne , par le retrait du liquide contenu ( ct sans aucun doute circu- lant) dans chaque entre-noeud, et on rapercoit alors comme mi canal plisse et vert fonce ( Fig. VI) qui traverserait dans toute sa longueur le centre de la conferve. Mais la compression et le retrait ne sont pas les seules causes qui aient preside a la deformation des tissus agatises. II ne parait pas invraisemblable que la silice des agates sc soit agglomeree soit par precipitation de sa solution aqueuse , soit par la decomposition de quelques silicates. Or, cette decomposition pent encore ctre attri- buce a la reaction d'un acide qui se scrait' empare de la base. Or Taction de cet acide ne se serait pas senlement portee sur le sel , mais encore sur les conferves et les plantes aquatiqnes. II etait done naturel d'examiner quel devait etre Teffet que produirait \\n acide affaibli sur I'organisation de la Conferva ihndar/s. J 'en laissai di- gerer dans de I'cau aiguisee avec I'acide bydrochloriqne ; il se ma- ^ nifesta une effervescence assez prononcee. Le carbonate calcaire dont sont incrustes et les parois et les entre-noeuds des tubes se dissolvit; et j'enfermai une certaine quantite de ces conferves dans un milieu de gomme arabique concentree que je laissai dessecher i\ I'air. J'obtins alors les deformations que j'ai dessinees (fig. V ). On voit que dans les tubes du plus fort diametre (a) , la matiere verte ne se montre plus , et qu'a I'etat fossile il serait bien difficile de de- terminer cctte forme. Dans les plus petits tubes {Ij), la matiere verte, par son retrait loin des parois de la cellule et de chacune de ses ex- tremites, iniite exactement les figures arborisees des agates (fig. X), dans lesquellesM. Ad. Brongniart se refusait, a cause de cette seule circonstance , de reconnaitre des vestiges d'une conferve. Ce qui empechait encore M. Ad. Brongniart d'admettre la pre- sence des vestiges confervoi'des dans ce qu'il appellc les infiltra- tions des agates , ce sont les anastomoses qu'on observe soiivent dans ces arborisations, et que I'auteur a representees sur une figure dont nous ne reprodnirons ici qu'unc maille, fig. IX; « Ce qui, dit- ( 2^9 ) il, tloigiie loute icK'O de planle con!or\nidc, puisque dans les seals cas oii de seml)Iables anastomoses existent pmuni les conferves, dies donnent lieu a un reseau fort regulier conmie celui de VHjdro- dj'ction , ou a un mode de reticulation , irregulier il est vrai , mats Lien distinct de celui des infiltrations, et tel qu'on I'observe dans les conjuguees, particulierement dans le Zjgnema genuflexum. » Ce que nous avons deja iait observer siir la premiere difficulte , explique assez bien la seconde; car la oii I'auleur voit dcs anasto- moses, il est permis de nc voir que des superpositions d'organes, qui, a la faveur de la compression, seml)lent s'anastomoser en- semble. Qu'on jette les yeux sur la figure VII, ne croirait-on pas voir des anastomoses et des reticulations ? eh bien, ce sont do simples cffets de superpositions des filamens de la Conferva rwu- laris que nous avons laissee se dessecher dans la gomme arabique , apres I'avoir layee dans une eau acidulee ; et nous pouvons garantir que nous avons dessine ce que nous avions sous les yeux avec toute I'attcntion dont nous sonimes capables. En reproduisant artificiellenieat les circonstances diverses de la fossilisation , nous avons imprime a une confervc vivante les formes qu'on observe sur les filamens confervoides fossiles , et par les- quelles seules elles semblent se distinguer des conferves vivantes. Rien ne nous parait done plus manquer a I'exactitude de la deter- mination; etil est naturel d'en revenir a I'opinion de Daubenton, qui du reste ne se prononcait pas en general a la legere. Apres avoir mis les raisons et les figures publiees par M. Ad. Bron- gniart en presence de I'experience directe , j'ai cherche a mettre les rcsultats de I'experience actuelle en presence des fails anciens ; j'ai examine un assez grand nombre d'agates mousseuscs , et j'ai rencontre dans un echantillon enchasse dans les vitres dcs fcnctres des galcries du Museum (i) , des filamens analogues a ceux qu'a dessines ^I. Brongniart. L'inspection de ces objets dont la litliogra- phic de M. Brongniart est bien loin de rendre I'aspectet les details. (0 (^cs obscrvaticiu sont iisscz iliificili-s ;i falro dcpuis quo M Al. Hnin- gniart, par tine mcsurc que ri'piouve le Lon golM , a lapi'sse les vitres tics fcnelres avec dcs cciiantillrms d'agates cnchrtsse's et enfennes pios.!es marchands dc couleuis. ( 25o ) a achevc de me confirmer dans iiion opinion. lis m'ont-offert les plus grandes analogies avec mes confcrves compriniees ou alterees, et jusqu'a ces petits points opaques que j'ai dessines d'apres ma conferve vivante, sur les parties transparentes de la fig. VI. Au reste, je ne sais pas comment M. Ad. Brongniart se repre- sentait la formation de ces infiltrations, et comment il en concevait la possibilite. Car, ou bien ces infiltrations sont posterieures a I'agatisation, ou bien elles lui sont contemporaines. Dans le pre- mier cas, est-ilpermis de concevoir qu'unc substance minerale se I'Qt menagee des canaux ramifies aussi reguliers, aussi bien arron- dis, dans une substance incapable d'eprouver des solutions de con- tinuite autrement que par des cassures. Supposerait-on que les dis- solvans de la silice se seraient introduits dans I'interieur de I'agate? Mais un dissolvant , eOt-il respecte les portions adjacentes pour ne se porter qu'en avant dans une substance homogene ? Rien de pa- reil n'est jamais arrive et ne pourra jamais arriver. Dans le second cas , la supposition est encore plus difficile a ad- mettre, puisque I'agate a I'elat de gelee presentant miiins de resis- tance encore, efit admis I'infiltration dans toule sa substance , et ne lui eut pas permis de se pratiquer aucun de ces canaux si delies et d'une regularite si remarquable. On repondrapeut-etre que la cause qui a produit ces arborisations pent s'assimiler a celle qui , dans la reduction des mctaux, produit I'arbre de Diane. Mais I'exemple meme serait une refutation; car jamais ces sortes de precipites ne se ferment avec les contours des corps organises; qu'on les observe a la loupe on au microscope , on ne manque jamais de voir qu'en derniere analyse chaque petit ramcan est une cristallisation. Au reste , ce que nous disons ici dcvient peremploire , quand on ob- serve comparativement les cchantiilonsdc cesprecipites et d'agates; car les yeux en pareil cas sont les meilleurs juges qu'il soit permis d'invoquer. Nous nous proposons, a notre tour, de figurer en couleur les diverses arborisations des agates. Car I'examen que nous ayons deja commence d'en faire, nous a convaincu que les substances sili- ceuses renfermaient non-seulcment desvegetaux, mais, en bien plus grand nomljre , des zoophytes tcls que ces scrtulaires , des ceufs de mollusques, etc. , etc. , dont tons les details soot si bien conserves, qu'il serait absurde d'en attribuer la configuration a des infiltrations ( 25i ) tie substances inorganuiuus. 11 nous sulTiia aujourJ'hui il'avoir an- nonce le fait principal. RASPAIL. SUR LA COMPOSITION ORGAISIQIjE DE LA COQUILLE DES ANIMAUX - MOLLI SQl ES (l)*, PAR J.-B. Robineau-Desvoidy. D. M. Considcrez cette liuitre immobile sur le banc qui la yit naitre, cette moule fixee an obapelet de ses inseparables compagnes; cc martea',1 enchaine contrc le roclier; ce caboclum a I'abri sous un casque pierreux; ce buccin qui flotte dans son cone en spirale; cet oscabrion plus ou moins bien protege paries tuiles deson test; con- sidcrez enOn ces anatifes et ces pouce-pieds qui ne secretent de substance calcaire que vers leur orifice oral, tous yiendra-t-il ja- 0iais dans I'idce que ces differentes pieces de figures et de modifi- cations si contradictoirement diversifices se rapportent necessaire- ment a un type primitif et immuable ? Ne serez-vous pas enclin ii regarder comme itn visionnaireWoTsmic qui etablira ce principe? Mais Totre mefiance sera encore plus grande , si je vous annoncc que ces pieces de la coquille representent les diverses pieces ou les t'lemens de la verlebre, telle que je I'ai definie ailleurs [Recherches sur Vorganisation verttbrale des crustaccs , arachnides el hi- secles), si j'ose ecrire que la coquille d'un mollusque eQt fourni le nombre exact des elemens d'un appareil vertebral quelcouque, en supposant que la science en fut encore a cette recherche. Ainsi ce memoire a pour objet VeLude des pieces solides qui compaent la coquille des animaux mollusques. Jenie permettral a peine d'y joindre quelques considerations qui ressortent essentielle- ment dii sujet, mais qui, pour etre plus doTeloppecs, exigeraient des digressions trop etendues. (i) Voy. les Aiiiicdcs des sciences d'obsen'niion , t. Ill , j>. jan^ ■vicr iiljo. ( 1.52 ) On scrait d'abi rd tcnti; do penser que la decouverte et que I'ela- blissement du principe indiquu out dCi nie couter des recherclies et des travaiix tres-longs. II ni'a sui'fi de me senir de nics ycux pour obtenir de suite cos resultats. Je me suis rendu dans les riches ga- leries du Mus<^um d'/iistoire na turf lie Ae Paris; et en quolques seances, la theorie , grace u son extreme simplicite, etait approfondie et redigce. 11 n'entre point dans mon plan d'etudier tons les details de la science , et de devenir Concliiliologiie. Aussi les nombreuses per- sonnes, versees dtuis cette partie de I'histoire naturelle, sent invitees a ne tie pas juger d'aprcs I'etat actuel de leurs connaissances, ni meme de leurs proprcs etudes. Depuis le dernier cours de M. de Lamarck (1818) je ne me suls nullement occupo de cettc inipor- tante section : d'autres etudes ne m'ont point permis de suivre les travaux publics depuis cette epoque. Je regrette surtout de n'avoir pu mettre a profit le traite public par M. de Blainville sin- la malacologie. Je ne me doutais pas qu'un jour je serais force dc poursuivre les elemcns de la coquille, pour faire suite a des tra- Yaux qui me seraient particuliers. Si done il m'arrive quclquefois d'emettre les opinions de mes devanciers , I'honneur j)rcmier doit leur en rester. Retire a la campagne, prive des ressomccs des grandes bibliothequcs et des collections, il m'est impossil»le de me mettre au niveau de la science , et j'attache quelque importance a ce que mes idees sur la coquille des animaux moUusques soicnt con- nues pour le moment. Les principaux resultats que je vais cmettre out etc communi- ques a la Socit'led'Histoire naturelle de Paris , en dccembre 1 827 ; j'aurais doncpu les livrer plus tot a la science; j'ai du attendre. La publication de mon principal travail {^ Recherclies sur rorganisatwn verU'brale, etc.) vcnait dc me placer dans la position la plus cri- tique. Encore tout froisse de I'accucil fait a cette production, ne pujs-je point me regarder comme un de ccs Parias de I'lnde qui sont condamnes a ne lever jamais la tete dans leur patrie ? IWes juges ne daignerent pas meme faire mention de moi dans le com])le rendu d'un concours public (i). Grande fut ma resignation : je me (i) Le present travail vicnt f conco'irs dc 1829) do joiiir des lioniieurs ( 255 ) coiitenlai dc m'ecrior : Tia^ homi/iiim transibunt, nlinain scrinla nostra tnaneant I J'aurais dQ renoncor a des travaux si ingrats et si malencontrciix pour nc plus rn'occiiper que de Mustidcs et de Curculio , on plutot pour f:;oritcr paisiblement Ics loisirs d'une existence qu'il est defendii au sage de tourmenter. Mais res memes Muscides et ces memes Clia- rancons me ramenaient sans cesse sur des obserA'alions et sur des pensees d'un ordre plus eleve. Chaque inserte nie montrait chaque jour ce que j'avais d'abord vu el annonce ; impossible a moi de nie guerir d'une opinifitrete si contraire a mon repos! Quand j'y songe ! j'ai etc sur le point d'abjurer toutes les illusions de travaux execu- tes, mais non divulgues! Enfin ma mauvaise etoile I'emporte : je crois me devoir a moi-meme, je crois devoir a la science, qui en- couragea si puissamment mes debuts , de poursuivre le cours denies etudes et d'en faire connaitrc les resultats. II y a done moins d'au- dace que de necessito dans cette determination. Si je nie trompe, la faute et non le ridicule retombera sur moi seul : scion moi, tout homme est comptable de ses opinions , pour pen qu'il les estime nouvelles. Je m'adresserai hardiment a I'opinion publique, notrc veritable juge. Par la patience de mes recherclies, par la perieve- rance dans les memes idees, je finirai peut-etre par persuader que j'ni rcellement travaille. L'idee que la coquille des animaux moUusques puisse etre rappor- tee a une vertebre, ou a iin appareil vertebral solide , semblait ne devoir pas entrer dans le cercle des etudes que je m'etais d'abord tracces. On ronroit aujourd'bui que, guide par les lois d'une se- vere analogie , je sois parvenu a retrouvcr sur les animaux articule's les divers organes solides des animaux vertebres ou siiperieurs. Ces animaux articules presentaient une foule d'appendices diversement brises , diversement constitues : ils etaient a leur peripherie entoures d'appareils egalement calcaires que la moindre conception pouvait laire comparer a la carapace , mais non aux ecailles d'une tortue. Les lois etablies ( d'apres cette theorie ) pour regler definitivement Ic mode de classification de ces memes animaux, cessent tout a coup du memo siienrc ct dn memo ck'Jain. P'us lanl , je publierai les causes do ce silence ct de ce de'ilain. ( 2"»4 ) lorsqu'on jette Ics ycux sur rimmense famille des moUusqucs, qui out leiirs organcs mous pltis ou moins bizarrement renfemies dans une enveloppe souvent informc. et qui meme ne sout susceptibles d'offrir aticune trace d'organes solides. Dans mes Recherches sur rorganisaiion vertebrale des animaux articule's, j'ai etabli que toute vertcbre ou tout appareil Tertebral est originairement composee de neuf pieces elementaires , anxquelles j'ai impose des noms nouveaux (^Basial, Costaux, Polergaux , Arlhromeraux , j4rihroceraux). J'ai pareillenient annonce que I'etude de la coquille des animaux moliusques demontre que le Ba- sial pent etre fomie de deux pieces, ce qui donne cinq paires de pieces elementaires. Dansle travail actucl nous devons done arriver aux memes resultats que dans Its recherches sur la vertebre des animaux arlicides. Nous allons retrouver tons les elemens de cette meme vertebre; mais, comme dans le monde exterieur, la vertebre d'un mollusque ne rcmplit guere d'autre role que celui de renfermer et de proteger le corps de I'animal , il en est resulte qu'aucun de ces elemens n'a pu ni se briser, ni se fracturer , et que meme ces ele- mens tendent sans cesse a former un tout, un ensemble homogcne, dont il devient tres-difficile de retrouver et de constater les pieces rudimentaires. Des noms donnes aux elemens de la vertebre des ani- maux articules peuvent convenir, dans ce sens que ces memes ele- mens representent sur ces animaux des organes charges de fonctinns differentes. Mais ces fonctions, et par consequent ces organes, dispa- raissent presque entierement sur le mollus(|ue ; les pieces de sa ver- tebre, quoique identiques avec celles de la vertebre des animaux articules et des animaux superieurs, devraient done subir une nou- Tellc terminologie. Je ne me permettrai point cette innovation : je continuerai d'employer les noms proposes. Dans la science actuelle il s'agit moins d'ajouter au luxe deja trop considerable des deno- minations, que de specifier nettement les faits. Aussi bien que qui que ce soit, je crois connaitre les inconveniens de plusieurs termes que j'ai essaye d'introduire ; je n'en ai fait usage que pour me rendre plus clair et plus intelligible. Aussi leur sacrifice ne me se- rait nuUement coClteux. Mais avant d'enoncer aucnnc proposition generale, je vais don- ner I'etude de la coquille sur plusieurs genres qui different entre cux par I'cnsemble do I'organisation , ainsi que pour les details ( .55 ) des formes ; c'est le mcilleur nioyen de me faire compreiulre. J'ai soigneusement etaldi ma thcorie sur les diverses sections de la collection du Jardin dii Roi, dontfai analyse prtsque tons Irs genres , el som'ent la plupart des esp'eces. Ainsi rien de plus facile que de verifier les faits que je pretends avoir reconnus. Le travail actuel s'applique a toutcs le? coquilles bivalves on univalves, ca- lyplrt-es, et a plusieurs aulres. Les coronulcs, les seches , les eu- crines et les serpules seront I'objet de memoires particuliers. Etude des Oscabrions. Les oscabrions, tres-curieux a etudier, nous fournissent les rc- sultats les plus satisfaisans et les plus positifs. Ces animaux, sous le rapport dn systeme solide , se distinguent essentiellement des autres mollusques , dont il est question dans ce memoire , par I'existence ordinaire de huit appareils solides a la suite les uns des autres sur chaque espece. Chacun de ces huit appareils solides est evidemment compose de trois couches ou etages de pieces superposees, c'est-a-dire dispo- sees comme des tubes. Ces trois couches ou etages sont elles-memes composees de neuf pieces solides. Le premier etage, ou le plus exterieur , forme d'une seule piece, est toujours superieur ou median sur les deux autres qu'il recouvre a peu pres comme I'cspece de tiiile , dite faltiere , recouvre les deux tuiles superieures et lateralcs du faite d'un batiment ; souvent il n'est pas soude , ainsi qu'on le voit d'lme manicre evidente sur le chiton cymba, ch. granosus , ch. fascicularis : cette piece pent me me se detacher sur ces especes ; mais elle est soudee avec le se- cond etage , et I'ceil ne peut que I'indiquer sur le chiton albidus , ch. biradiutus, ch. spinosus. C'est cetle piece qui existe seule sur le chitonellus levis Blainv. Cette piece correspond a ma piece basilaire ( le Basial) des ani- maux ai licules. Sur les diverses especes, le second eiage de cet appareil est forme de deux paires de pieces placees lateraiement sous la piece basilaire, trinngulaire, accolees I'une a I'autre, eid fibres inverses dans Icur direction ou disposition. Ces pieces s'clargissent de leur ( '25G ) hase a leiir sonimct ; cllcs formcnt un toit ou des cspeccs dc tuiles ;ui-dcssus (Ic I'animal, ou plulot elles formenl a elles seiiles comriie line vraie coquille. La piece basilairc, ou ccllc du premier etagc , est souvent soudce ayec elles. Ces deux paires de pieces correspondent a mes costaux et a mes jiolergaux des animaux articules. Lc troisi'eme etage, ou I'inferieur , ordinairement lateral, silue sous les pieces du second etage, est applique directement sur le corps de I'animal. II se compose egalemenl de deux paires de pieces transvcrses, mais placees I'une au-dcssus de I'autre. Ces pieces sont trcs-deve- loppees sur le chiton alhidus , oil elles occupent loute retcndue du dcssus de la coquille. Sur une esyece de la Nouvelle-Hollandc , elles sont portees au maximum de developpement , car elles dc- j)ordent le reste du test et semblent former elles seules une nou- velle coquilk. Mais ces deux pieces, parfois si exagerees, sont tres-pelites sur le chiton granosus. Elles peuvent exister rudimentaires et se trouver reduites a I'etat de simples epines, de simples points osseux, comme on le voit sur le chiton fascicularis , ch. squamosus. Alors elles sont dejelees sur les cotes exterieurs du second etage , qui s'applique ainsi dans sa largeur directement sur le corps de I'animal. D'autres fois, ces memes pieces paraisseni ne pas exister du tout, comme on le voit sur le chiton aculeatas , ch. biradiatus , ch. cjmba , ch. spinosus. On pent dire qu'elles sont alors sacrifices a une secretion particuliere qui couvre le reste du corns d'epines et d'ecailles calcaires. Mais leur existence n'en est pas moins certaine sur un grand nombre d'esptces, puisqu'elles y forment les pieces les plus considerables de I'appareil solide ou vertebral. Ces deux paires de pieces sont ordinairement nacn-es , fait qu'il importe de noter soigneusement. De ces deux paires de pieces , la superieure correspond a mes arthromeraux , et la seconde a mes aithroceraux des animaux articules. De ces diverses pieces des oscabrions, la hasilaire est la moins importante, puisqu'elle s'appuie toujourssur le second etage, qu'elle peut se detacher, et f-lre rcmplacee par ce second etage, dont les ( -^1 ) pieces s'etendent en pieces conchoidales sur I'animal : les pieces les plus internes, ou celles du ti'oisi^me etage, 'sont nacrees : il devait en etre ainsi , puisqu'elles correspondent exactement aux parties nacrees des coquilles , qui Aont nous occuper. Eludes sur les Palelles. L'animal de la patella differe essentiellement des oscabrions par la presence d'un seul appareil solide ou vertebral, conforme en bouclier antique, c'est-a-dire bombe k I'exterieur, et concave en dedans. Pourtant la coquille de la patelle est forraee absolument de la meme maniere qu'un segment vertebral d'oscabrion, ou, pour m'expliquer plus netlement, un segment vertebral d'oscabrion nous donne de suite I'explication de la coquille de la patelle. Rien de plus simple que cet expose. Les pieces de cette coquille qui couvre la totalite du corps de l'animal, sont disposees sur irois etages absolument comme les pieces d'un segment d'oscabrion; ainsi : Le premier etage, ou le basial , est superieur et au sommet de la coquille. Le second etage se compose de deux paires de pieces : les pieces de la paire superieure (qui correspond a nies costaux) entourent le basial 'd. I'exterieur, sont plus ou moins soudees avec lui, sont toujours soudees entre elles et avec le bord superieur des pieces de la seconde paire. Les pieces de cette seconde paire (qui correspondent a mes polergaux) inferieures aux pieces de la premiere paire, soudees avec ces memes pieces et de plus soudees entre elles, forment la majeure partie de la coquille exterieure, puisqu'elles en sont les pieces les plus developpees. De cette maniere, les deux premiers etages de la coquille de la patelle sont tout-a-fait exterieurs. Mais le troisieme etage est tout-a-fait inlerieur : car il se trouve place dans les deux etages precedens avec lesqueis il est soude par sa face superieure , tandis que I'inferieure s'appuie sur le corps meme de l'animal. Cet etage est egalement compose de deux paires de pieces, qui forment deux portions de couches distiactes , inlerieiires ii la cO(piill<: el nacrees ; elles coircs- 3. I? ( 258 ) pouJent aiix jJii'ces nacrties des oscabiions. ( Arthronicraux ct arlhroceraux des animyux arlicules. ) De cette facon, la coquille de la patelle est fontice de deux couches superposees et soudees ensemble, I'une exterieure />Z»5 gros.siere , et I'autre interieure pZ/« delicate. Car ces couches, au lieu d'etre separees par leurs bords lateraux, coinme cela a lieu sur les oscabrions, sont reunies et soudees par ces memes bords. II en resulte la figure que cette coquille affecte : on a unc coquille bombee a base beaucoup plus large que le sommel, et a valves soudees orbiculairement par leurs bords lateraux. Cette explication de la coquille de la patelle nous efit mis sur la voie d'expliquer les coquilles bivalves , si des I'aits plus clairs. plus precis, et pris parmi ces coquilles memes, ne nous don- naient pas la veritable theorie de leur composition. Etudes sur les Pholades. J'ai souvent entendu dire par les naturalistes que la science nc possede encore aucune theorie satisfaisante sur la composition organique de la coquille. Je suis d'autant plus surpris de cette assertion que la nature semble s'etre complu a detacher les pieces clementaires de plusieurs coquilles, et a nous les montrer isolees les unes des autres. Loin de vouloir cacher son secret , elle nous le devoile sans que notre esprit ait besoin de longues et d'ennuyeuses investigations; les pholades, les tarets resolvent parfaitement le probleme. Mais pour bien comprendre le sens de mes paroles actuelles , il Taut d'abord admettre que la plupart des pholades ne possedent qu'une seule coquille, tandis que plusieurs especes en possedent reellement deux, et que ce caract^re est meme distinctif sur les tarets. Je commence pour la coquille qui existe sur tons les moUusques coquilliers, et qui domine sur les pholades. Les pholades ont I'avantage de montrer les diverses pieces de cette coquille isolees, separees les unes des autres, et formant meme des appareils particuliers , auxquels les conchyologistes ont impose les noms de cJiarnieres , de nnlJies , de valves externcs , valves internes ou de cuilleron. Sur les oscabrions ct les patelles nous nvons vu une coquille ( ^% ) disposee et coiislniile vcrlicalement eii cgaid u rarraiigeinent dc ces pieces entre elles. La serie des patelles nous offre plusieuis especes sur qui le basial ou la piece basilaire tend a quitter le point apical et median du sommet de la coquilie, pour venir se placer contre un des bords : en sorte que la coquilie n'est plus exactement reguliere dans ses diverses regions. Sur ces races , I'animal est simplement reconvert par sa coquilie. Mais le moUusque bivalve est rcnferme dans sa coquilie , dont los valves affeclent souvent entre elles une etendue el une ressem- blance parfailes. Ces valves, qui peuvent effectiveuient renfermcr I'animal entier, ont la faculte de s'ouvrir, operation qui s'execute par I'ecartement egal de leurs bords libres et par le roulemenl des valves elles-memes sur leur charniere. Les oscabrions nous ont montre des especes de coquilles, ou plutut des coquilles reelles dont les pieces diverses sont libres par leurs bords lateraux ( I'antericur et Ic posterieur) , an lieu que ces pieces soudees par ces niemes bords donnent le cune de la coquilie dc la patellc. Cette forme conique plus ou moius prononcee devant necessai- rement avoir lieu a cause de la forme triangulaire de ces pieces, qui sont plus larges a leur base qu'a leur sommet De cette difference dans les usages de la coquilie , il est resulte une difference notable dans I'apparencc de la position respective des pieces de la coquilie sur les divers animaux mollusques. Ainsi le premier etage de la coquilie d'une patelle ou d'un osca- brion est constamment superieur, parce que toujours la coquilie est superieure a I'animal. Mais cc premier etage parait tout-a-fait inferieur sur le moUusque bivalve qui, pour ouvrir les deux valves de sa coquilie, est oblige de poser en bas son sommet ou son premier etage. Excepte cette apparence de difference quiprovieiit du plan de position de la coquilie, la coquilie d'un moUusque bivalve n'est que le bou-clier conique d'une patellc , dont les pieces du second et du troisieme etage, non soudees par leurs bords la- teraux, roulentsur la piece de leur premier ttage (sur leur basial), qui constitue la charniere ou une portion de la charniere. Si Ton place la charni*!re d'une pholadc en haut, de telle sorte qu'ellc represcnte la coquilie, on aura de suite le veritable segment d'un oscabrion. Cette coquilie ainsi placee nous laissera aisemcnl dislinguer Ici pieces signalees sur les genres anterieurs. ( 2G0 ) Lc premier etage d'line coquille d'oscabrion (le basial) forme ici une piece souvent remarqiiable par ses positions diverses et par ses modes de developpement. C'est unc charnierc exageree, et parfois entierement distraite de I'articulation. Cette piece est tres-Iarge sur une petite espece qu'on m'a dit etre le pholas terebra. Sur presque toutes les especes, ce basial est ouvert et comme bifendii en arriere, tandis qu'en devant il parait ordinairement forme d'une piece unique. Mais ce basial est forme de deux pieces bien distinctes sur le pliolas clavata : deja ces deux pieces sont moins exterieures ct penetrcnt dans I'articulation. Sur le pholas c/actj'-lus , ccs basiaux, egalement places dans i'articulation, forment deux pieces semblables aiix valves dhes internes ( mes arthroceraux ) ; ilsy sont encore distincts des pieces voisines. Mais sur le pholas dactj-lo'idea ils devienncnt tres-dif- ficiles a distinguer, parce qu'ils se soudent avec les autres pieces de la coquille qui viennent aboutir en cet endroit. On finit meme par ne plus distinguer ces pieces, tant elles sont intimement soudees; sur le pholas costata elies sont soudees dans toute leur etendue. Ce genre prouve done que le basial est originairement com- pose de deux pieces distinctes : Le second etage de la coquille d'un oscabrion forme ici les grandes valves ou valves exlernes. Les deux paires de pieces, qui le composent, peuvent etre independantes entre elles et inde- pendanles des pieces voisines : la plupart des pholades ne laissent aucnn doute a cet egard. La premiere paire de pieces de cet etage (les costaiix) , partie de divers points du bord infericur des basiaux, forme la portion mediane des valves, ainsi qn'on peut s'en assurer sur ]e pholas clavata, ph. crispala , etc. Sur le pholas crispata , ces pieces forment la moitie de la valve; elles en forment la presque totalile sur le pholascoslala. La seconde paire de pieces de cet etage (les polergaux) , partie egalement du voisinagc de la charniere (mais plus en devant) et du bord anterieur des costaux, forme toute la partie anterieure et prolongee de la valve externe. Dnns !o pins p;rand devflojjpomciil de? rostaMX, cnmmc sur !e ( -^(5' ) pholas costala, cos deux pieces ( les polcrgaux) roimeiil le Lord exterieur de la circonterence des valves. Le plus souvent les rides ou xlries de ces polergaux n'affectcnt point la meme direction que celle des rides ou slries affcctce par les costaux. Nous avons dejii rencontre celte meme disposition sur les pieces de cet etage chez les oscabrions. Ainsi les grandes valves d'une pholade sont principalement formees par les deux paires de cet etage. Nous avons vu que le basial peut s'y joindre en rentrant et en se soudant dans I'articu- lation. Bienlot nous verrons jusqu'a que! point nies arthromeraux vont s'y annexer. Sur le pholas ciisjuiu; les costaux en arricre tt les polergaux en devant semblent former la presque tolalite des valves : il est d'autant plus aise de s'en convaiiicre que leurs fibres calcaires ne descendent point dans la meme direction. Les deux paires de pieces du troisieme etage des oscabrions, internes dans la coquille de la plupart des mollusques, offrent sur celle des pholades des dispositions utiles a signaler. La premiere paire de ces pieces (les arthromeraux) constitue, sur les pholades, ces deux portions ou eminences exlerieures de la eoquille que les conchyologistes designent sous le nom do nathes. Parties du bord posterieur du basial , ces deux pieces se portent en arriere et en dessus, et peuvent venir s'etendre jusque sur le milieu des grandes valves, dont elles sont alors parties integrantes : meme sur plusieurs esptces, elles forment au moins le tiers^de ces valves. Ces pieces sont plus lisses que les pieces deja etudiees. Elles ne tardent pas a rentrer dans I'intericur de la coquille. Ces pieces ont pu etre dejetees tout-i-fait en dehors , et elles ue forment plus qu'une lame exterieure et rccourbee, telle qu'on la voit sur le pholas costala , le ph. dacijliis , et principalement sur le ph. crislata, qui permet tres-aiscment de constater ce fait. La seconde paire de pieces de cet etage (les arthroceraux) est tout-i-fait interieure. Souvent libre et detachee des pieces voisines, elle forme les valves dites internes. Mais adherentes et soudees par leur face superieure , elles forment le cuilleron de chaque valve. Toujourslafacc interne ou inferieure est nacrce. 11 en est de meme pour celle des pieces de la premlire paire, du moment que ces pieces^ lentreut dans I'interieur de la coquiUc. ( 36u ) En irsume , Ics pliohules nous offrent uu basial souvcnt librc, ct pacfois compose de deux pieces distinctes. Les costaux et les polergaux forment ordinaircmcnt la majeure partie et soiivent la presque totalite des grandes valves ou valves cxternes ; et alors leurs fibres peuvent suivre des directions op- posees. Les arthromeraux , ordinaircment informes chez les autres mol- lusques bivalves, peuvent ici constituer une paire de pieces tout- a-foit dislinctes , et memc extcrieurcs , qui forment les eminences nathes et qui tendent a rentrer en dedans de la coquille. Le plus souvent ils ont un aspect nacre. Les arthroceraux, ou values internes des auteurs, toujours na- crees, ont ici le privilege d'etre absolument libres; peu a peu on les voit se souder avec les valves externes , et former alors les cull- lerons des auteurs. En admettant que les appareils calcaires, que je viens de decrire sur les oscabrions, les patellcs et les pholades, correspondent aux tlemens vertebraux des animaux etudies dans d'autres ouvrages , il est evident que nous possedons les cinq paircs de pieces elemen- taires qui entrent dans la composition de la verthbre ou d'un seg- ment vertebral. Nousavons done la veritable theorie de la coquille: Je le repetc : la nature semble avoir pris plaisir a nous montrer chaque piece isolee et detachee ; elle nous a mis Ic doigt sur chacune d'elles. Rlais elle a voulu que nous nous donnions au moins la peine de faire usage do nos yeux. Dans la serie des animaux moUusques, elle n'a rien niglige, rien omis pour nous diriger sur I'expli- cation de leurs organes solides. Elle a meme fait davantage que pour les series d'animaux articules : car chez ces derniers, il faut avoir le rare bonlieur de tomber sur des individus speciaux, pour s'cxpliquer un seul point ou unc scule piece d'organe, tandis que plusieurs coquilles portent, dans chacune de leurs pieces , la solution cxacte du probleme si long-temps cherchc de leur composition. 11 etait done d'une importance presque decisive ce probleme de la theorie de la coquille ! La plus forte objection que des membres do I'Academie crureut devoir improviser, contre Ic principe ge- neral de la composition dc la vertebrc etabli dans mon dernier ouvragc, etait que ce meme principe Tie poiirrail nullement s'a- ( 265 ) dapler aux organes solidc.s cles animaux violliisqiies. Jusque-Li j'ignorais absolumeiit ce que c'etait qu'unc coquille. 11 ne fallait lien moins que la gravite de cette objection pour me determiner i la tentative de la resoudre. Elle fut aussitot tranchee qu'elle fut etudiee : et aujourd'kui je peux ecrire ces mots : « Si les autres animaux vertebres ou articules ne nous eussent pas deja per— mis de decouvrir le nombre des el^mens d'une vertebre, la co- quille des animaux mollusques allait immanquablement nous satisfaire sur ce point. » A la verite , la plupart des coquilles se refusent a se laisser deviner : mais toujours le plan et la marche de la nature apparaissent manifestes et ecrits sur certains indivldus comme privilegies. La carapace des seules galathees et scyllures a pu nous devoiler la Itheorie de cette plaque dorsale : sans la lan- gouste, je desespererais encore de I'exacte connaissance de I'estomac buccal des crustaces. Les pholades, les tarets, lesoscabrions etaient destines au meme role pour la coquille des animaux mollusques. Le voile, dont la nature enveloppe ses procedes, est toujours facile a lever pom* celui qui cherche serieusement a penetrer dans le de- dale des organisations. Theorie de la composition des coquilles bivalves. Rien de plus simple que cette etude de la coquille d'une pholade; egalement rien de plus simple que I'application de cette meme etude a la coquille de tous les mollusques soit bivalves , soit univalves ; car toutes les coquilles possibles, meme les appareils soli des in- ternes des seches et des poulpes , sont formees d'apres une coquille primitive , non ideale , mais reelle , puisque nous la possedons , et qu'elle est reconnue. Toute coquille, malgre les modifications infinies qu'elle est susceptible d'aflecter, doit done etre rapportee a la coquille que je viens de definir, et dont j'ai analyse les elomens. Ainsi les solens ne sont que des pholades dont les pieces internes sont re- trecies, tandis que les pieces externes ont subi un tres-grand al- longement. Sur ces animaux, le basial est encore exterieur, mais presque confine dans la charniere. Les oostaux et les polergaux constituent les deux lames du manche dont les costaux forment la partie antero-inferieure , et dont les polergaux forment toute ( 3G4 ) la parlie siipciicure et la partie anteio-superieure. Les fibres de ces diverses pieces sont dans des directions opposees; ce qui em- peche facilement de les nieconnailre ou de les confondre en- semble. La valve interne des pholades (les arthroceraux) constilue ici une petite epine situee vers la base de la coquille; mais les arthromeraux sont representes par la piece repliee vers la base de cette petite epine, tout-i-fait vers le bord posterieur de chaque valve. Sans cette theorie, je ne pense pas qu'il y ait moyen d'expli- quer les divers mollusques bivalves, qui bientot ne permettent plus de distinguer leurs diflerentes pieces, tant elles se soudent intimement enlre elles, et tant leur etude devient difficile! Mais qu'on suive bien la marche indiquee , on ne restera jamais en defaut : toujours on reconnaitra chaque piece u sa place assignee. Ces pitees affecteront les unes a I'egard des autres de grandes modifications pour le developpement , les formes et meme les teintes. Avec un peu d'atlention on ne les meconnaitra jamais ; et meme au milieu des genres les plus embarrassans, les plus com- pliques, on rencontrera les indices certains de I'analogie. Les spondyles ne nous en imposeront point avec leurs longs aiguillons, parce que leurs valves externes sont toujours formees par des pieces distinctes et separees ; j'en dois dire autant des cames, etc. Dans la scrie des mollusques bivalves, le basial est en general confine dans la charniere : les costaux et les polergaux a I'exte- rieur forment la portion ou la lame exterieure des valves. Les ar- throceraux a I'interieur constituent la lame nacree , qu'on nomme le cuilleron; et les arthromeraux, egalement nacres et internes, forment ordinairement la majeure partie de I'articulation; ils s'etendent plus ou moins snr I'interieur de la coquille. Dans leur plus grand developpement ils entourent le cuillei-on, et donnent lieu a V impression pallinle , qui indique leur vrai point de sepa- ration : de meme, les polergaux peuvent se contourner sur les costaux pour completer la lame externe des valves. Mollusques hi—coquillcs ou a deux coquilles. Je n'ai encore parle que de bivalves qui ont une seule coquille ou un seul appareil calcaire solide ; mais parmi ces memes ani- ( 265 ) maux, il cxiste pliisieurs genres qui possedent reellement deux coqiiilles, ainsi que je vais le demontrer. II faut absolumcnt ad- niettre ce fait , si Ton ambitionne de parvenir jamais a la theorie de la coquille. Selon moi, le genre taret {teredo) possede deux coquilles, I'une interne, et I'autre externe. La coquille interne, ou celle detous lesmollusques simplement bivalves, est I'exacte coquille deju decrite et predominante sur les pholades. Toutesles pieces en peuvent etre libres et detachees. Ainsi lebasial est unique, les costaux et les polergaux, bien dis- lincls sur le teredo clava , forment les grandes valves; les arthro- meraux se trouvent releves en dehors, comme sur le pholas costala; et les arthroceraux, de meme que sur les pholades, constituent deux petites pieces ou valves internes. Mais le long tuyau, qui enveloppe I'animal, ne pent etre ri- goureusement determine par lui-raeme sur les tarets. II faut done chercher d'autres animaux qui nous amenent sur la voie de ce long prolongement calcaire : le genre pholade est encore propre a lever cette difficulle. En effet, plusieurs pholades sont bi-coquillees, ainsi qu'oa pent s'en assurer au simple coup-d'oeil, si Ton veut faire usage de mon procede analytique. Sous les grandes valves de ces esp^ces, se trouve un nouvel appareil solide, remarque, dessine , mais non explique par plu- sieurs auteurs. Son etude sur les divers individus exposes au Museum de Paris m'a demontre la composition suivante : i°UnbasiaI situe sous la coquille contre le premier basial, entre les bords inferieurs des valves. II est allonge; il pent n'etre pas manifeste. 2°, 5", 4° Trois paires de pieces solides, souvent tr^s-petites et de formes differentes , suivent ou accompagnent ce basial. Elles representent les costaux, les arthromeraux et les arthroceraux. 5° En effet , les deux pieces , qui semblent constituer la presque totahte de cette coquille , se trouvent plus developpees et plus voisines de I'orifice oral. Ce sont les deux pieces anterieures de cette coquille , ce sont deux polergaux dans une grande exage- ration. .le le repete, il faut comparer ensemble les diverses especes de ( 266 ) pholades connues pour se bien convaincre dc I'existencc de cette seconde coquille, parce que la totalitc de ses pieces n'est pas toujours evidente sur les esp^ces qui en sont pourvucs. Cctte coquille peut meme n'offiir que quelques elemens reels. C'est cette seconde coquille, dont les polergaux, encore plus exageres, sont developpes en long, et forment le tuyau des tarets. Les cloisonnaires et les fistulanes reconnaissent la meme expli- cation , ainsi que je le demontrerai dans un travail ultcrieur. Tli^orie g^ntiale de la coquille vraiment univalve , ct de toutes- celles qiion nomme ainsi. Avec cette theorie de la coquille des animaux bivalves, celle de la coquille des mollusques univalves ( ou du moins de ceux au- jourd'hui reconnus comme tels ) n'est plus qu'un jeu : sans elle , il eOt ete impossible d'atteindre a un resullat satisfaisant. Ainsi les calyptrees, en prouvant ma theorie d'une maniere pe- remptoire, donnent I'exacte explication de la coquille, dite uni- valve, dont elles sont les parfaits et presque les uniques modeles, puisqu'elles n'ont reellement qu'une seule valve. Sur les clochettes et le« cabochons , le basial , superieur et bien distinct sur plusieurs especes , finit par disparaitre. Les pieces exterieures ou du second etage se disposent circulairement k I'entour de ce basial, tandis que les pieces du troisi^me etage, distinctes et toujours nacrees, se font remarquer en dedans. L'arthroceral de plusieurs cabochons se detache (ainsi que sur plusieurs pholades, o\x il forme la valve interne), et reste libre dans le capuchon : c'est lid qui commence a se conlourner. Bientot il s'unit a rarlhromeral, qui lui est voisin, continue de se rouler en spire, et forme ainsi I'axe ou la columelle. Les pieces exterieures se moulent sur cette spire. Sur les fissurelles qui ne sont que la suite des patelles, le basial manque, et il en resulte le trou ou I'ouverture qui donne le nom au genre. Dans cette coquille des calyptrees, ou dans cette coquille d'unc seule valve, nous avons done tons les elemens d'une valve des mollusques bivalves. Nous les avons dans les memes rapports de position et de composition ; ils ne varienl que dans leur direction ct leurs formes. ( 267 ) La plupart iles antics coqiiilles , dites univalves, s'expliquent mainlenant d'elles-mcines, si Ton veut bien admetlre que leur opercitle n'est qiiune valve rudimentaire^ dont on peut suivre les diverses nuances et les divers passages. Comme plusieurs auteurs ont deji'i avance ce fait, je n'y insisterai pas. Des-lors ces coquilles ne doivent plus porter un nom qui ne convient guere qu'aux ca- lyptrees. Je sais que parmi les coquilles univalves, qui sont de veritables bivalves dans ma theorie, il existe divers genres et plu- sieurs especes qui manquent d'opercule, et qui pourtant ne sau- raient naturellement etre placees dans une autre famille ou tribu. Ici j'indique I'extreme difficulte de bien classer les coquilles; je ne pretends point la resoudre. Dans un memoire subsequent je rechercherai, si parmi les co- quilles univalves, plusieurs races ne sont pas formees de deux co- quilles , comme les tarets et quelques pholades. Dans un autre memoire, je demontrerai que la seiche a deux appareils calcaires organises de la meme maniere qu'une coquille, quoiqu'ils affectent des formes qui semblent si eloignees; j'aurai en meme temps lieu d'examiner si toutes les pieces des animaux, dits ini/erltbres , sont toujours exterieures a I'animal, ainsi qu'on ne cesse de lesoutenir. Dans un autre memoire, je donnerai I'explication du systeme solide des animaux radiaires. Avant de passer aux considerations generales qui resultent du memoire present, je vais terminer I'etude de la coquille par un leger coup-d'ceil sur celle des anatifes. Les anatifes ont leurs divers organes renfermes dans un seul ap- pareil solide , ainsi dispose : 1° Le basial, piece simple, effilee, carenee, dorso-longitu- dinale. 2" Les arthromeraux, situes a la partie superieure, triangulaires et en forme de valve. lis s'ouvrent vers Ic sommet pour la bouche et lesbranchiesde I'animal. lis constituent quelquefois les pieces predominantes. 3° Les arthroceraux situes sous les arthromeraux, forment les deux pieces ordisairement les plus larges ct les plus developpcer : ils resscmblent a deux veritables valves; qui ne seraient compo- sees que d'un seul t-lemeut. ( a68 ) Toiijours ces deux paires de pieces ont un aspect lisse , el elles se ressemblenl entre elles. Plusieurs anatifes n'offrent que les pieces mentionnees. 4-5. Mais les costaux et les polergaux viennent s'y adjoindre. lis forment les quatre lames solides qu'on remarque sur un grand nombre d'especes au bas et autour de I'appareil signale. Souvent ils sont rudimentaires, et ne se montrent plus que sous foime de points ou de noyaux osseux plus ou moins nombreux. Les otions n'ont que le basial et les arthroceraux; on ne dis- tingue plus que les arthroceraux sur le cineras. Les coronules seront Tobjet d'un travail particulier. Considerations generates tirees de I'etude de la coqiiille. I. Si les etudes que je viens d'exposer sont consciencieuses, sf les resultats obtenus sont reels, il devient manifeste que la coquille des animaux moUusques confirme ce principe deju etabli , que cinq paires d'elemens entrent dans sa compos itio?i ; chacun de ces ele- mens etant facile a determiner. Le principe etabli pour la composition d'une vert^bre ou d'un appareil vertebral sur les animaux superieurs et sur les animaux articules se trouve ainsi parfaitement confirme : bien plus, il s'est enrichi de preuves plus claires, plus positives, plus fondamen- tales, puisque nous pouvons suivre la coquille dans les diverses phases qu'elle parcourt pour arriver de I'etat rudimentaire, lei qu'on I'observe sur les otions et I'oscabrelle, a cet etat parfait qui nous etonne sur les pholades et les oscabrions. L'analjse des pholades nous demontre que la nature en divisant le basial, travaille toujours sur des materiaux pairs dans leur en- gine. Sur les animaux articules, ce meme basial n'avait encore etc trouve double que chez les arachnides. n. Je n'insisterai done plus sur cetle composition de la coquille , qui, pour moi , est d'une evidence palpable, et d'une generalite sans exception : mais je m'arreterai un uiomeut sur cette ques- tion a laquelle se rattachent taut et de si hautes considerations. ( 269) Vne coqiiille unirjue rcnferme oidinairemenl la totalite ou la prescjiie lolalite cle l' animal mollies q ite ; elle n'est done plus dans la meme condition que les appareils solides multiples qui , sous les denominations de vertebres et de segmens caleaires , con- stituent le sjsteme solide des animaux superieurs et des animaux artieules ? Ici je me trouve sur un terrain deja sonde : les opinions d'autnii vont necessairement se renconlrer sous ma plume : que je les ap- prouve ou que je les combatte, je declare rejeter loin de moi toute idee de personnalite. Les premiers explorateurs onl pu e£ ont dQ se troniper ; c'est peut-etre sous I'ouibre de leurs tatonnemens et de leurs erremens que nous sommes parvenu a saisir quelque etin- celie de luraiere. Je glisserai d'un pied leger sur ces opinions de mes devanciers ; ailleurs j'ai pu me passer d'en rappelcr le sou- venir; ici la necessite m'en fait presque une loi. Aussitot que la pliilosophie anatomique eut declare que les ani- maux, dits vertebres, sont identiques entrc eux pour la nature des appareils solides, et qu'ils n'alTeclent que des modifications selon les races et les genres , on ne manqua point de s'elever contre celte doctrine; on lui signijia qu''elle eut a comprendre , sous V empire des memes lois d' organisations solides , et les animaux artieules et les animaux mollusques. Ces derniers surtout semblaient four- nir les armes les plus difGciles a combattre. Cesadversaires, dont plusieurs etaient de bonne foi, se croyaient certains dutriomphe; ils ne desiraient que connaitre par quelle immense etendue de re- cherches, ouplutotyjfl/- quel tour de force, I'imagination parvien- drait seulement a mettre la cause en simple litige. Trop confians en une victoire assuree, ils ne soupconnaient pas meme la possi- bilite de la lutte. II faut I'avouer, des etudes trop imparfaites, des apercus trop incoherens entre eux ne laisserent malheureusement que trop de prise au sourire des personnes qui ne pouvaient point se mettre dans I'idee qu'un insecte eQt des vertebres, a la maniere des ani- maux superieurs. Les theories proposees , les explications offertes ne lirent qu'elargir la lacune, le hiatus qu'on s'etait flatte de remplir. Que la plupart de ces theories dorment dans le sommeil du si- lence! Je n'en rappellerai qu'une seule qui, i la verite, exigeait encore un grand nombre de recherches ulterieures, mais qui re- ( 2;o ) unissait presque I'asscntiment de plusieurs hoinmes distingues parmi les partisans de la nouvelle doctrine; theorie tout-a-lait arbitraire. M. Geoffroy Saint-Hilaire dans plusieurs ouvrages avail avance que Vanimal ntollusque doit etre contenu dans sa vertebre. On travailla sur cette idee premiere. Les Annales dcs Sciences natii- relles , dans trois articles speciaux, nous apprirent que le crustace et I'insecte sont reellement renfermes dans une vertebre unique, sur laquelle on n'hesita point a chercher et a trouver les divers elemens assignes par M. Geoffroy a une vertebre quelconque. Le homard contenu dans une seule vertebre ! A la veritc on oublic de tenir compte d'une foule d'appendices , d'articulations, de se- parations , et memes d'organes qu'on ne regardait apparemnnent que comnie des objets de luxe, et qui auraient partrop entrave la facile generalite de I'explication. Pour plus de connmodite, on avait debute par refuser les organes des sens a ces animaux. Ainsi a partir des poissons et des reptiles, la nature se trouvait tout a coup avoir creuse un immense abime, a la surface duquel les organisations solides les plus rapprocbees ne surnageaient plus qu'avec un seul appareil vertebral! J'aime a croire que mes rc- cherches ont fait justice de cette theorie et des theories prece- dentes, en demontrant que I'organisation solide des animaux mentionnes est extremement compliquee , qu'on pent en tout la rapporter a celle des animaux superieurs , et que la nature n'a pas etabli ce brusque et long intervalle , dont on cherche en vain a I'accuser. Les fails que j'observai, les resultats que j'annoncai de- coulerent tous les uns des autres; ils se tenaient tous, pour ainsi dire, comme par la main. Des lors il m'a ete permis d'essayer une nouvelle classification , pour tous les etres que ces travaux embrassaient. Maintenant la scene change d'aspect : mais la nature reste im- muable dans ses lois de composition, j'ai oludie la coquille dcs mollusques, et de suite j'ai reconnu , avec M. Geoffroy, que Vani- mal est contenu tout entier dans un appareil solide unique , qui m'adonne les elemens positifs de la vertebre, defmie dans d'autrcs travaux. (271 ) III. Ce resultat d'une vertebre unique est decisif ; il doit tenir a des causes premieres prises dans I'essence meme desetresqiii le fonr- nissent. II tient a I'organisation des animaux mollusques qui sont prives d'organes solides des sens, et d'organes locomoteurs ega- lement solides ; des-lorsle systeme nerveux, charge de faire mou- voir ces appareils, et probablement de presider a leur secretion, a cesse d'exister. Cette iiuitre, a jamais clouee sur le banc qui lui servit de berceau , et qui lui servira de sepulcre, n'eutpas besoin de pattes pour une marche impossible, ni d'antennes pour recon- nailre des corps qu'elle ne saurait atleindre. Elle ne possede qu'une seule vertebre ; mais cetle vertebre est tout pour I'animal en rai- son des fonctions qu'elle rcmplit ; c'est un domicile, ouvrable a volonte, et qu'il est det'endu ;\ I'ennemi d'attaquer de vive force. Lespholades, lestarets, que leur instinct particulier porte a cer- tains deplacemens , et a I'art de forer , ont recu un appareil solide deplus comme pour servir a cette impulsion. Si I'animal ne doit se mouYoir que pour vaquer aux soins de la nutrition et a la double copulation, il n'offre aucun organe supplementaire. II pent meme etre prive de la majeure parlie de cet appareil solide, ainsi que les otions , les cineras et les limas le demontrent ; mais I'osca- brion , animal allonge, et non replie sur lui-meme, possede une serie de huit appareils solides qui indiquent des habitudes un peu differentes et plus locomotives. Ce systeme solide des animaux mollusques, nous rejette done loin de celui des animaux articules pour le nombre et la disposi- tion des appareils. Je viens d'en indiquer la raison, qui depend essentiellement de I'ensemble de I'organisation. Mais ce meme systeme solide n'est pas moins identique avec celui des animaux articules, pour le nombre et la nature de ses elemens : elemens a la verite bien peu scmblables en apparence a ceux qui forment les ailes et les pattes d'un insecte. Ainsi , que d'industrles, que de fonctions , que d'organes sur cet insecte ? Sur I'animal moUusque , tel que nous I'avons etudie jusqu'ici, la vertebre n'a d'autre role que de proteger les branchies et les organes buccaux. Deja sur les cyrrhipedes , elle sert a diviser I'aliment : sur les seiches nous le trouverons interne et essentiellement masticatoire. L'absence d'ap- ( 272 ) pareils solides pour la locomotion aerienne , terrestre ou aqua- tique, et pour I'exercice des industries, n'a point necessite le developpement d'un systeme nerveux dispose en renflemens con- secutifs. L'etude des annelides nous donnerales passages qui com- blent I'intervalle ainsi etabli, entre les organes des animaux arti- cules et ceux des moUusques conchiftres. IV. Cette organisation solide des animaux mollusques , comparee u celle des animaux articules, nous met aussitot sur la voie d'ap- precier Tavantage des zoologistes qui, dans leurs essais de classi- fications, ontdonne a ces organes la priorite sur les autres appa- reils. II est de la derniere evidence que, sous ce rapport, les mollusques sont frappes d'une telle inferiorite, qu'on n'aurait jamais dQ songer a leur octroyer un rang , qu'ils ne meritenl d'ail- leurs a aucun titre. Car celui-la est I'animal le plus compose , le plus favorise pour I'ensemble et pour les details de I'organisation, qui joue le plus grand role dans le monde exterieur , qui possede le plus d'industrie , et qui se met en rapport avec le plus grand nombre d'etres. L'appareil organique , qui lui Iburnira de quoi fournir a ces diverses modifications, devra done ctre etudie avec une predilection speciale , puisqu'il nous rendra compte de I'ani- mal lui-meme. De nos jours , on a voulu abaisscr les crustaces et surtout I'in- secte bien au-dessous des animaux mollusques. Qu'en est-il re- sultePdes etudes plus serieuses et mieux digerees eurent bientut retrouve, sur la longueur du tube digestif d'un simple insecte , toutes les parties intestinales et glanduleuses des animaux supe- rieurs. On vient de demontrer que les crustaces ont un appareil circulatoire tres-complique , et plus eleve que celui des conchi- feres. Je ne dirai rien du systeme nerveux, qui ne pent elre I'objet d'aucune comparaison , tant la superiorite des animaux articules est incontestable ! Restent done les organes de la respiration; mais la moindre etude sur les animaux articules, chez qui plusieurs lar\'es aquatiques respireiit par des Oranchies analogues a celles des conchifcres , eOt dd demontrer la constante inferiorite de ce mode de respiration, puisque I'organisation marche sans cesse du simple au compose, et puisque ce mcmc mode de rcspir.ilion. ( 2;3 ) trapres les experiences demon excellent ami llnsiiail, ani)ar- lient aux aninianx les plus simples, et qu'il semble faire pailie inlierente de nos tissus. Si tons les faits observes tendcnt a de- montrer, que plus un animal met d'energie en expansion, plus aussi sa respiration est active et puissante, quel zoologiste osera encore soutenir que la respiration des insectes cede le pas a celle d'une builre ? Comme a I'oiseau, parmi les animaux superieurs il fallut a I'inseele une respiration exageree, si on la compare a telle des crustaces ; car I'inseele parfait est un animal essentiel- loment aerien , et il porte toutes les conditions organiques de ce mode d'existence. Ainsi Tanimal mollusque est inferieur pour ces divers appareils; et M. Geoffroy, dans son dernier cours de zoologie (1828), eut pleinement raison de placer les animaux articules au-dessus des niullusques. Dans un travail particulier, j'examinerai si les anne- lides ne forment pas une classe tout-a-fait intermcdiaire a ces deux classes, sous le rapport des appareils solides, respiratoires cir- culatoires et nerveux. V. Quel que soil le nom dont on pretende faire usaj^e, il y a ana- logic, il ya identite parfaite dans la nature de I'appareil calcaire d'un mollusque, et dans celle d'un appareil calcaire qiielconque de I'animal aiticule. Chacun de ces appareils est designe chez les animaux superieurs sous la denomination de vertebre. J'adopte ce mot dans toute la rigueur de sa definition. Seulement j'etendrai I'emploi de la vertebre , et je ne la pretendrai point reduile a la seule protection du rachis. D'un autre cote, il serait absurde de dire que les appareils solides de la boite craniemi-; ct de I'ap- pareil laryngien des hauts animaux , sont composes par de veri- lables vertebres. La vertebre est pour moi un appareil calcaire quelconque forme de cinq paires d'elemens ; mais elle est infinic dans ses variations de formes et d'usages. VI. A Dieu ne plaise que je renire ici dans la qnercllc des zoolo- gistes, qui veulent que la veritable vertebre soit loujours inlerieure an systeme musculaire. Du moment qu'il y a idonlite de male- 5- 18 ( 274 ) riaiix dans Ics oiivrages de la nature , nous devons admctlreriden- tite de denomination generale. Sans ce point de depart, rien de fixe, rien de solide dans nos considerations generales, puisqu'un animal, selon qu'il appartiendra a telle ou telle classe , se trou- vera etre protege ou aide par dcs pieces de lerminologie variable. Mais je Ic deniande hardimeni aux adversaires de la nuuvelle doctrine, se sont-ils bicn assures que toules les verlehies des ani- niaux superieurs soient internes? Je n'aurais qu'un mot a dire pour prouver la faussete de cette assertion generalisee. De meme , sont-ils certains que tout appareil solide des animaux articules et mollusques soit forcement exterieur? Les appareils intra-buccaux des crustaces refutent victorieusement I'universalite de ce prin- cipe , puisque les pieces solides snnt tout-a-fait interieures aux muscles qui les recouvrent et qui les meuvent. Les os de la seiche sont-ils externes ou internes? Les pieces qui se trouveiit dans la bouche des annelides et de certains radiaires sont-elles en dehors des autres appareils ? En verite , plus je reflechis sur les principes de la zoologie actuelle , plus je suis etoniie de la legerete qui preside a leur etablissement et a leur admission; et pourlaul ce sont ces principes qu'on s'obstine a det'eudre avec le plus d'opi- niatrete. VIL On s'appuie encore sur les differences de composition chimique: fragile fondement ! D'abord, la chimie animale ne me semble pas assez perfectionnee jiour nous permettre d'etablir un veritable principe general, et ses principes memes ne tendent a rien moins qii'a fixer une tbeorie sur des bases solides. On sait que plus un animal s'eleve dans I'echelle des etres , plus sa charpente osseuse est riche en phospiiate calcaire. Aussi I'insecte est-il moins phosphate que le reptile, et le crustace I'est-il plus que le mollusque conchifere et surtout que le polype, qui offrent une enorme predominance de carbonate. Les os du foetus humain, nppauvris de phosphore , sont principalement composes de chaux carbonatee. De la un resullat posilif, mais auquel on n'avait pas encore faire attention. Les os plats d'un jeiuie foetus, tels que les temporaux, les occipitaux , les parietaux, se developpent absolument a 'iustar d'une coquille. Dans cette naissance de ( 2;5 ) rossification, les parties constitiianles dc chaque element tcndcnt sans cesse a affeeter line forme concho'idnle , c'est-a-tlire Irian- gulaire , les molecules etant plus concentrees vers la base, et visant toujours a s'elargir ou a s'eloigner en rayoniiaut vers le sommet. A cctte epoque , rien dc plus facile que de comparer notre vertebre occipitale a la coquille d'une pholade ou d'un oscabrion. Je n'ecrirai pas, « on dlrait que celle forme concho'i- dale est pour les as comme leur maniere parliculiere de cristal- liser si/r tons les animaux. » J'ecris positivenient que c'est leur loi; mais presquo toujours ils sont contraries dans ce mode de devcloppement. VIII. Avancer que le systeme osseux recoil une loi dc cristallisa- tion! Quel hiaspbemc ! Dans la marche actuelle de Tintelligence hamaine, deux bannieres sont arborees, ct se disputent I'em- pire ; I'une avec ces mots : Le monde phjsique ii'est qu^une ombre , qu'une grossiere figure du grand monde ou du monde inlellecluel. Sur I'autre on lit simplement : Etude directe des lois de la nature Necessairement la verite est d'un cote. Moi , j'ai le malheur de ne pas ajouter foi aux merveilles de la reg;ion des intuitions ; persuade qu'on ne peut voir les choses de trop bas ni de trop prespour lesbien juger, je redoute les espaces des regions superieures... Sans doute de nouveaux cris vont so faire entendre. Je n'y repondrai pas plus qu'aux clanieurs precedentcs. Je pcr- sisterai dans ma croyance , et je me livrerai paisiblemenl a d'autres recherches; car, si j'ai raison , rien au monde ne peut me faire avoir tort : si j'ai tort, j'aurai du moins payea la science le tribut de mon opinion. Les considerations suivantes termineront ce memoire deji'i fer- tile en resultats , et qu'il me serait aise d'agrandir encore si le moment d'exprimer la totalite dc mes pensces etait arrive. Les animaux articules , pour I'exercice de leurs industries, se trouvent constitnes de telle facon, que lenrs aithromeraux et leurs arthroccraux (qui fornient la plupart de leurs in.-trumcns) , sont le.s elemens les plus eloignes du basial, les plus developpes et les plus fractures : ils sont aussi les elemens les plus parfaits, puis- qu'en eux reside la perception premiere des objcts extcrieur? ct ( 276 ) rexeciitioii de la volonte. Lcs animaux nioHiisc|ucs soiit dans line condition tont-a-i"ail inverse : leurs arthronieraux elartliroceraux, toujours formes d'nne piece unique, sont internes et tres-rap- procbes du liasial : ces elemens n'ont pas besoin d'etre en rap- port avec les objets du dehors ; mais ils n'en sont pas moins d'une composition pbjs pure , lenr lissu est nacre, forme de mo- lecules moins grossiercs que celles des autres eleuiens de la co- quille. Je n'oserai point avancer que ces deux paires d'elemens sont en rapport avec des nerfs plus sensibles , ou doues d'une plus haute incitabilite ; mais tout me porte a presumcr qu'ils contien- nent nn pen plus de phosphore que les autres parties. Sur les animaux arlicules, j'ai plusieurs (bis montre le develop- pement des costaux et des polergaux , accompagne de I'atrophie des arlbromeraux et des artluoceraux. La predominance de ces deux paires d'elemens est une loi presque generalj sur les animaux mollusques. II en devrait elre ainsi , puisque dans la serie des etres, leur principal service est de reconvrir et de proteger, ils forment la presque totalite des valves. Cette predominance de ces elemens est I'indice certain de I'inferiorite systematique des animaux qu'ils servent a composer. WOTE DU REDACTEUR. Depiiis renvoi de la lettre de M. Robineau Desvoidy a I'Aca- demie des Sciences, et peut-Stre depuis la publication de cette piece, son nianuscrit a ete retrouve ; on ne peut pas dire que cette decoiiverte ait, pour I'anteur , le mirite de I'a-propos; mais c'est une preuve de plus de la puissance de la publicite et de I'inde- pendancc. ( Voy. Annul., t. Ill, p. i43-) Explication des figures I— IV de ia planche 6, Rept c'sentant le. Cryptostoma tarsale R. D. ( Voy. Ann. des Sc. d'obs., t. Ill, p. 122.) Fig. I. Animal de grosseur naturelle. Fig, II. Animal, prodigieusement grossi, vu sur le dos, avec ses enfoncemens et ses polls. Fig. III. Animal vu en dessous : i. L'oeil. a. Organes buccaux ( ^77) avcc les palpes. 3. Premiere pnirc de pales. 4- Seconde paire de pates. 5. Troisicme paire de pates. G. Qiinlrieme paire de pates. 7. Plaque ou serie sternale. 8. L'aniis. 9. Les regions laterales. Fig. IV. Orgaiies Ijuccaux. 1. Lamelle dii siicoir iioii distincte. 2. Paire de palpes. 3. La Ijase ou la portion basilaire et sternale des palpes. MONSTRUOSITiiS llEWARQL ABLES. Les monstres humains, dont la naissance etait anciennement une cause si puissante de frayeur pour le peuple, avaient tnenie alors fixe rattention des sages et des anatomistes , qui les decriyaicnt et les fai- saient figurer, toutes les fois que ces jeux de la nature presentaient d«s phcnomenes curieux d'organisation ou de degradations organi- ques. Mais ce n'est que dans ces derniers temps, que les savans se sont occupes de les soumettre a une etude speciale et systematique. Les Meckel et les Tiedemann en Allcmagne, les GeolTroy Saint- Hilaire en France, ont ouvert, par leurs nombreux travaux, la carriere a ces hautes investigations d'anatomie philosophique. En France une pareille innovation n'a pas ete introduite impunement; les devots (car I'Academie des Sciences a les siens) ont cru voir le ciel compromis dans I'etude des monstres que le ciel a fails; le journali.sme (]car la science a aussi ses ramcliilic uniiiuo , au travers duquel passait un cordon onibilioal cgalemeiit unique, qui servait a la nutrition simultanee de ces deux enfans , dans I'uterus. Cette corde tres-fermc a la partie supcrieure est due au prolon- genaent du cartilage uniforme du sternum , ou a I'extreniite du sternum. EUe jouit de peu de sensibilite ; car les deux junieaux per- mettent , sans paraitrc en souffrir, qu'on les tire par uno corde qui passe autour de leur lien nature!. Etant ;i bord , I'un d'eux grimpa un jour surle cabestan du vaisseau ; il entraina I'autre qui le suivit, sans se plaindre. Enfiu la substance de ce cordon ne fait sentir au- cune pulsation. La plus petite impulsion de I'un pour se mouvoir dans une di- rection , est immediatement suivie par {'autre; on les croirait animes des memes desirs et de la meme volonte. Mais cette har- monic, qui preside a tons leurs mouvemens, estnioins le resuUat de la volonte que celui de i'habitude, et d'une habitude si forte qu'ils seraient raalheureux, si I'art venait jamais a les separer. On les voit verser des larmes a la seule mention d'une operation, qui, pour parler le langage ordinaire, les rendrait a la liberie. Jusqu'a present on ne connait qu'un seiil cas, dans lequel la vo- lonte de I'un ait semble contrarier les gouts de I'autre. Ayant etc accoutumes a user de bains froids, I'un d'eux desira en prendre un, lorsque I'autre ressentait une impression desagreable de froid ; celui-ci refusa; mais ils furenf bientot reconcilies par I'interven- tion du commandant du vaisseau. On ne les voit jamais se parler entre eux, quoiquils causenl constamment avec un jeune Siamois, nomme Tien, qui est leur compagnon. lis se tiennent toujours dans la meme direction, cote a cote, et ne peu vent, sans inconvenient, se tourner dans une direction opposee. Ainsi dans leur maniere ordinaire de se lenir, Clang est sur le cote droit, et Aug est sur le gauche. Quoi- qu'ils ne soient pas places sur une meme ligne , ils ne laissent pas que de courir et de sauter avec une agilile surprenaute. Les battemens du coeur sont exactement seuililables ; ils sont meme isochrones, qiiand ces deux jeunes gens restent assis; mais si I'un se baisse, son pouls devient beauroup plus accelere que celui de I'autre. L'un d'eux fut allcint d'une fievre calarrhale le- gerc, avec toux, qui u'exercait aucune influence sur I'autre. ( aSo ) Ce couple reuiar.juable est ne dans le ro^'aume dc Siain, prcs de la ville de Baiigkock, d'liiie faiiiille paiivrc ; la mere a eii plii- sieurs cnfans ; elle a donne Ic jour a trois en une seiile couche. Le capitaine Coffin a repu les deux jumeaux Clang-Ang de leurs parens, avec Tengagement de les reconduire, aprcs leur avoir assure un fonds capable de suffirc a leur entrelien, et les avoir instruits dans la langue anglaise (i). Ruta-Cjistiiiu.—l\ii\a-Cv\stina, nee a Sassari en Sardaigne, agee de hi:it mois, monstre a deux tetes et a double corps, est morte , suivant 31. Geoffroy, en grande parlie victime d'une inhospitalite deplorable. II parait que sa mort a ete determinee par une inllamnialion du rectum, causee par une accumulation de matieres fecales , et probablement occasionee par le peu de soins que ce double enfant recut de ses parens. Ritta etait plus faible que Cristina , et possedait en moins ce que cellc-ci posse- dait en plus ; elle paraissait plus faible , et son aspect indiquait la souffrance. A son ariivee a Paris, elle avail a la face une teinte bleuatre plus ou moins cadavereuse ; cependant eel elat s'etait ameliore, et on pent dire que cet enfant etait presque ressuscite par la puissance vitale de sajumelie. Cependant cet ctat satisfaisant ne se soulint pas, et Ritta retomba bientot dans la menie position ou elle etait a son ariivee. A la suite des fatigues du voyage , son etat deviutde plus en plus facheux, sans que sa jumelle parQt le moins du monde en etre affectee : enfm la respiration de Ritta s'embarrassa, et elle peril ; au meme instant, Cristina, qui ve- nait de teter et qui conservait encore toule sa gaiete, s'eteignit. Ce monstre a etc disseque le 21 novembre 1829, au Jardin des Plantes, par MM. Breschet, Caslel, Cuvier, Ant. Dubois, Du- meril, Geoffroy Saint-Hilaire , Ilard, Portal et Serres. Ce monstre etait compose de deux busies supportes par un seul bassin; il y avail deux colonnes tpinieres, un seul tronc, et deux extremiles inferieures appartenant cbacune a un des sujets du cote correspondant. La mere I'avait reconnu en rcmarquant que lors- (i) Un des premiers mimeros de Janvier i83o de la Gazette Utteraire ■vient d'annonccr Tcxistcnce d'lm couple semblable, d.ins les Indes Onen- tales pris de Pondiclu'iy. ( .8. ) qu'on piiicait une Jes jambes, c'clait la letc du menie cute qui scule en percevail ia sensation. Cetlc observation a ete vcrifiie par MM. Uibcs et Larrey. A la partie posterieiire el int'erieurc du tronc setrouvait un gros bourrelet sur leqiiel on voyait la cicatrice d'une excoriation ancienne, que fllM. Serres et Geoflioi-Saint- Hilaire regardent comme la trace de I'atrophie des deux membres abdoniinaux qui manqiient. Les organes sexuels sont ceux do sexe feminin ; il n'y en avail qu'un, lequel teriuinait anlerieurement une rainure qui se trouvait dans le bourrcift poslerieur. Deux fesses exislaient et etaienl separees chacune par une rainure de la region sacree , sur laquelle se trouvait comme une fesse mediane; au-dessus du bourrelet, dans une fosse profonde, se Irouvaient deux anus ; les matieres fecales ne sorlaient que par une seule de ces ouvertures; I'autre allail s'ouvrir dans le vagin; un intervalle tres-peu considerable separaitces anus de la vulve, qui avail deux petites et deux grandes levres. Lapeau incisce el la premiere couche musculaire mise a nu, on a ete frappc de Telat de maigreur de Ritta , tandis que Cristina avail le volume et rembonpoint des enfans de son age. II y avail duplicite des individus a la partie supcrieure ; ils se confbndaient a mesure que Ton approchail des parties inferieures. Les colonnes vertebrales etaient legerement deviees. Les deux bassins et les os des iles des deux enfans etaient rapproches et reunis, comme s'ils eussent ete I'objet d'une coupe verticale, en sorle que chacun d'eux avail perdu un tiers de son etendue. La poitrine etait divisee en deux parties par un seul mediaslin, et de chaque cote se trou- vaient deux poumons; un pericarde unique contenait deux coeurs qui se touchaienl par leur pointe. Cel adossement avail lieu dans une longueur de six a huil lignes ; le coeur du cote gauche etait celui de Cristina, et celui de la droite apparlenait a Ritta. II en resullait que le ventricuie droit du coeur de Ritta se trouvait corn- prime. Celle disposition explique peul-elre les accidens de la ma- ladie bleue observes par instans chez Ritta. On n'a trouve qu'un seul foie, mais il y en avail deux en realite; car il y avail deux lobes de Spigel et deux vesicules biliaires tres-distinctcs; deux esto- macs el deux inlestins greles qui se reunissaienl a douze pouces environ de leur origine; I'anus etait unique ainsi que la totalite du gros iutcslin. II y avail deux matrices ; Vunc communiquait ( -.S-. ) directeincnt avec le vagin et occupait la place orJinaire; I'aulre etait tleiriere le rectum et ahoiilis!res marques de vitalite. II s'eleve enfin tres-fortement centre I'usage de tenir les noyos dans unc position renversce , et centre I'usage des lavemens de tabac qu'il conseille de rernplacer par ceux d'eau chaude salee. Les memes proccdeset la meme perseverance ont parfaitement reussi au doc- teur Bourgeois, dans un cas d'une asphyxie opiniatre par la va- pour du charbon. M. Bourgeois siguale une diflerence enlre I'ac- lion de la braise employee innocemment, et celle de la braise ou charbon homicide allunie de dessein premedite et dans une inten- tion criminellc. Le danger de la premiere estd'autaut plus grand, que I'odeur speciflque du charbon ne vient pas en avertir les im- prudens qui font usage de ce combustible : une douce chaleur, un penchant irresistible au somraeil, un sentiment de bien-etre, la torpeur des muscles, les livrent sans obstacle comme sans de- fiance a Taction perfide et mortelle des emanations. Dans le se- cond cas au contraire, au lieu de ce sommeil graduel et paisible , on ressent un malaise aflVeux, une violente cephalalgie, des dou- leurs generales ou locales plus ou moins vives, des vomissemens, des convulsions ; la stupefaction et I'asphyxie n'arrivent que plus tard; et alors il est impossible de rallumer le flambeau de la vie. M. le docteur Bourgeois ne nous parait pas avoir l)ien connu la cause de cette difference. Dans le premier cas , il ne se produit presque que de I'oxide de carbone qui asphyxie et n'empoisonne pas; dans le second cas, c'est-a-dire quand le charbon commenro a s'allunier, il ne so produit presque que du gax acide carbonique. Or ce dernier gaz, ainsi que Ta dcmoalrc le premier Fonlaua , ( 29J ) agit comme un poison doletcre el proJuit toiijours sur rcconoinie animale tie violentcs convulsions. R. Cas intercssant d' asphyxia par la vapeur de charbon ; uclion de fair pour ccmballre eel accident. Dans les premiers jours de Janvier 1829, M. Ballot , medecin a Gien (Loiret), fut appele vers quatrc heures apres midi, ;i la mai- son de campagne de M. de C... distante de Gien d'envirou une dcmi-lieue, pourdonner ses soins au fils aine du jardinier, qui, tombe de dessus un tilleul d'environ quinze pieds de hauteur, s'etait fracture la cuisse et la jambe de ce cote. Ayant trouve le jeune homme dans une chambre depourvue de cheminee et a demi trans! de froid, M. Ballot fit apporter une cbaudiere remplie de braise ardente. Au lieu d'apporter une cbaudiere, on placa la braise dans un vaste pot de fleurs, qui, perce par la base, per- mettait a I'air de circuler a travers la braise et d'en activer la combustion. Aprus plus de deuxbeures consacreesa uncoperation penible, 31. Ballot sentit desbattemensde coeurassez forts et un mal de tete caracterisc parleresserrementdesteuipes. L'operation ter- minee,il traversa sans accident les corridors, et arriva dans une cour vaste et bien aeree. Lavoulant satisfaire a un besoin d'uri- ner, il commenca a eprouver des palpitations d'une violence ex- treme : au nieme instant un vertige tenebreux obscurcit sa vue; le battement des tempes et le sifilement des oreilles devenaient iasupportables; les jambes flecbirent^, etsansun point d'appui qui se trouvait la, I'auteur serait tombe sur la terre ; ses idees se troublcrent; I'air qu'il respirait lui semblait d'un poids enorme; mais comme lie a la pierre qui le soutenait, il lui deveuait impossible d'aller a la recherche d'un air qui lui paraissait devoir etre plus pur. Enfin quelqu'un etant arrive a son secours, le debarrassa du manteau dont la constriction augmenlait son anxiete. Alors il sentit sa poltrine se dilater graduellement, le.* battemens du cceur cesstirent d'etre tumullueux; et bientot un frisson intense avec claquement^ de dents annonra le retour pro- chain et regulier des fonctions. L'n violent mal de tele, qui dura toute la soiree, fut leMernier symptome de cet elat affreux. M. Ballot avail eu pour aides, outre le perc du blesse, deux ( ^OG ) liommes tie peine employes habituellemenl dans la maison; el une quatrieme personne d'nne sanle delicate. Celle-ci, une heure apres, quitta la chambre, et alia immcdiatement respirer le grand air; elle ne ressentit pour toute incommodite qu'un mal de tStc asscz violent, qui ne fut completement dissipe que le lende- main, Le p6re du malade quitta beaucoup plus tard que le me- decin la chambre de son fils , qui etait restee ouverte apres le depart de M. Ballot; et il ne s'exposa au grand air qu'apres avoir passe quelques heures dans la maison; il en fut egalement quitte pour une cephalalgie mediocre et un leger mal de coeur. Les hommes de peine au contraire qui, presque immcdiatement apr^s le depart de M. Ballot, allerent reprendre leurs travanx i I'air libre, eprouverent I'un et I'autre des vertiges, des tintemens d'oreille, et de plus, I'un des vomissemens, et I'autre un evanouis- sement analogue i celui du medecin. Forces de rentrerau logis, ils furent tourmentes d'un violent mal de tSte toute la soiree et toute la nnit. Quant au blesse, jeune homme de quinze a seize ans, d'une constitution vigourense, et qui , couche horizontalement sur unlit peu eleve , dut etre , par cette raison , en contact presque continuel avcc les couches viciees de I'air, il n'eprouva, pour tout accident, qu'un mal de tete peu considerable et quelques batte- mens de coeur, qui ne tarderent meme pas a se dissiper, des que la braisse eut ete enlevee. La consequence immediate qui decoule des faits precedens, parait etre que I'introduction soudaine et brusque d'un air tres-vif et tres-pur dans les voies respiratoires, lorsque celles-ci sont en partie remplies par un gaz deletere, developpe rapidement les phenomenes de I'asphyxie, tandis qu'une transition plus lente et plus menagee d'un air vicie a un autre plus pur, met a I'abri de cesaccidens. [Archh'. gf'ner. de medecine torn. XXL dec. i8»g, p. 364). ( ^9; ) CORRESPONDANCE. I" LETTRE A UN SAVANT DE PROVINCE. DECOrVERTES DE MM. PaTRIX , CotJERBE ET DtTROCHEx! OrDONNANCE RELATIVE AUX ChAIRES DU MnSEBM. Mon cher docteur, Vous me demandez des nouvelles scientifiques, et vous m'en demandez souvent. Vous perdez sans doute de vue la modcstie de vos revenus ; car I'independance de voire caractere ne me permet pas de croire que le moindre petit cumul doive jamais vous servir a couvrir les frais d'une active correspondance. Mon cher doc- teur, vous avez beaucoup fait pour la science ; mais qu'avez-vous fait pour les savans ? Vous avez redresse leurserreurs; cen'estpas la le moyen d'obtenir, lorsque vous voudrez ecrire a vos amis, le convert bienfaisant de I'lnstitut, des Bibliotheques, de la Mon- naie, du Museum ou de tout autre ministere. Consolez-vous pour- tant; avec un leger sacrifice nous reparerons cet inconvenient. Au lieu de vous ecrire par la poste , je vous ecrirai par la voie de nos Jnnales. Mes lettres, comme vous le voyez, vousparvien- dront toutes deeachetees. Mais que vous importe a vous et a moi qui n'avons jamais riendeguise, et qui n'avons jamais trahi notre pensee? Vous m'invitez a vous donner des renseignemens positifs sur les decouvertes que M. Patrixafait annoncer, il y a deux ou trois mois, dansla Lancetle franc aist,&\. qu'il a presentees a I'Academie royale de Medecine ; vous me faites remarquer que le redacteur de la Lancelte a souligne le mot de decouvertes et qu'il n'a rien explique de plus. Vous me demandez encore comment il s'est fait que les Annales de chimie et de physique aient admis dans le numero de juillet 1829, sans I'accompagner de la moindre note, un plagiat de M. Couerbe au sujet des deux substances renfermees dans I'albumine de I'oeuf de poule. L'nfin vous desirez que je vous instruise des motifs qui onl porte M. Dutrochet a rendre le ve- nerable M . Lebaillif plagiairc a son insu, au sujet du mecanisme de ( 298) 1.1 circulation des charas; quant aux experiences deM. Dutrochct vous me dispensez de vous en dire mon avis, vu, ajoutez-vous, que remplacer des mots par d'autres mots, ce n'est pas faire des decouvertes. Je vais vous repondre sur ces Irois chefs d'une maniere metlio- dique, c'est-a-dire par trois articles separos; vous pourrez plus facilement, de la sorte, me lire en trois fois. Mystification vendue (i); decouvertes de M. Pat rex surVin- secte de la gale. — Vous aviez pense , comme-moi, que M. Gales etait seul interesse A donner un dementi a mes assertions, sur son travail relatif a la gale; eh bien! M. Gales a garde le silence; et c'est M, Patrixqui seul s'est friche; voici comment : Fatigue de n'etre pas cru sur parole , et desirant vivement ven- ger I'honneur de la commission, dont cependant il ne faisaitpas partie, M. Patrix sollicita d'abord aupres de M. Alibert pour que des experiences publiques fussent faites sur Ics galeux de I'hopi- tal Saint-Louis. M. Alibert qui est un hommed'un grand tact et de beaucoup d'esprit, ne voulut jamais consentir a cettc nouvelle lutle, a moins que I'arene ne fQt loin de son hopital; 31. Patrix s'adressa a d'autres membres de la commision qui garderent le silence. M. Dumeril fut moins meticuleux; non-seulement il re- pondit a M. Patrix; mais encore il autorisa ce dernier a donner toute la publicite qu'il jugerait convenable a sa lettre. M. Patrix s'empressa de la faire inserer dans la Lancette fiaticaise, en I'ac- compagnant d'un petit preambule triomphant. «J'ai lu, ecrivait en substance M. Dumeril, la diatribe de M.Raspail; mais je n'en ai pas encore verifie les assertions. J'ai garde le silence tant que I'insecte de la gale a ete nie par des homines qui n'ont meme jamais manieune loupe; mais aujourd'huiqu'unauteurexerce au microscope se range de leur avis, je ne puis me dispenser de repondre. J'ai vu, il y a trente ans, a la loupe, i'insecte d'une gale que des phascolomes avaient communiqute a M. Delalande. Jel'ai meme montre aux assistans; on le voyait courir a I'ceil nu. Je ne medecideraijamaisa faire des experiences en public sur cet objet. Mais on ne me persuadera jamais que jen'aic pas vuce que j'ai vu. » (t) Voy. Ann. des Sc. d'obs. , t. 11, p. 458. ( 299 ) M . Duineril reponJait de celte manicre a la queslionpar un autre question. II ne s'agissait pas ici de prouver qu'on a vu un insecte quelcunque, a la loupe, dans la gale des phascolomes; inais tout simplement que M. Dumeril et ses honorables coUegues n'avaient pas etc mystifies par M. Gales, et que I'insecte dessine par le peintre de ce dernier n'etait pas la mite du fromage. Or, M. Dumeril ne touchait point a cetre question; et apres I'avoir tout-a-fait depla- cee, 11 dcclarait qu'il ne se soumettrait jamais a faire des expe- riences en public. MM. les membres des Academies nc font, il est vrai , leurs experiences qu'en secret; ils prononcent ensuite en public; et des lors leurs jugemens ont force de chose jugee; de- fense de raisonner, ils ont parle , pour ainsi dire, excathedra. Mais en cette circonslance, M. Dumeril aurait pu, sans deroger, consenlira un peu de publicite ; M. Patrix elait seul responsable. Je repondis a M. Dumeril par la meme Lancette, que, bien loin d'eviter un grand concours de temoins , je m'engageais au contraire a prouver publiquement, que M. Dumeril, ainsi que ses honorables collegues , avaient ete dupes d'une mystification; que M. Gales au lieu de la mite de la gale, leur avail montre la mite du fro- mage, et que tous les entomologistes francais avaient copie la figure publiee parM. Gales, comme type du sarcople de la gale. M. Dumeril ne repondit plus; mais M. Patrix se chargea du soin de le faire repondre a son insu. N'allez pas croire que M. Patrix ait surpris la signature de M. Dumeril; M. Patrix a moins de mal- adresse; il se contenla de reprendre la lettre deM. Dumeril; et de la faire inserer, sans notre reponse dans la Clinique, Bien des lecteurs penserent que cette lettre etait une reponse a la notre et que M. Dumeril ne se tenait pas pour battu. Vous concevez laci- lement qu'il ne m'etait presque plus permis de repondre dans la Clinique. Le redacteur aurait ete en droit de se dispenserd'acceder a mon invitation, en me faisant observer que ma reponse etait deja imprimee, et que, quant a lui, il lui etait permis prendre dans la Lnncelte ce quiluiparaissait le plus conveuable aux interets de son journal, et de laisser le reste. Avouezque la politique envie- rait quelquefois i'adresse de la science! M. Patrix n'en resla pas la; I'insecte de la gale etait devenu son idee fixe ; il voyait le sarcopte partout; il voulait le relrouver A lout prix. Quelque.-- join;- plus tard la Lanceile antionce qu'en- ( 3oo ) fin M. Patrix a relrouve I'insecte de la gale , qu'il invite le public A assister le 22 octobre a la demonstration, et que M. Delestre avaitete prie de tenir sespinceaux tout prets, pour saisir les traits du sarcopte tant desire. Des lettres d'invitation furent expediees aux savans de la capitale , a MM. Lngol, Alibert, Dumeril, La- treille, Raspail, etc. La seance devait avoir lieu a I'Hulel-Dieu, dans I'amphitheatre de M. Dupuytren; et M. Dupuytren devait la presider. Le 22 octobre, MM. Lugol, Alibert, Dumeril, Latreille ne s'y rendirent pas ; M. Dupuytren ne presida pas ; mais une foule nombreuse se pressait autour des appareils de M. Patrix. « Car un vaste bain de sable avait ete dispose d'avance : on y voyait un thermometre Reaumur, pour indiquer la temperature de vingt a vingt-quatre degres , temperature a iaquelle fut soumis le produit de la gale expose au soleil , pendant la celebre expe- rience de 1812. Vingt-sept verres de montre remplis d'eau dis- tillee examinee au microscope , etaient places en neuf rangees surce bain de sable. Chaque rangee correspondait a une etiquette , portant indication de I'etat des pustules, dont on devrait extraire le ciron de la gale. » Yous pensez sans doute que je viens de vous ecrire apres coup une partie du proces-verbal de la seance ; je n'ai fait au contraire que transcrire presque mot a mot , et en conservant exactement les memes termes , une petite brochure de six pages que M. Patrix distribua avant la seance, (^ette brochure , ou plutot ce proces- verbal par anticipation , portait en titre : Extrait de Vlconogra- phie pathologique. Get extrait n'a jamais paru dans ce dernier recueil. Un second litre portait : Nouvelles recherches sur Vln- secte de la Gale huniaine , commericees li V Hotel - Dieii de Paris , dans V amphitheatre de la cliniq tie chirm gicale de M. le baron Dupiijtren , le 22 octobre 1829; parE. G. Patrix. On ne fit pas d'abord trop d'attention a la brochure , et le piege passa inapercu ; on s'attendait a une autre espece de piege : aussi tous les nez etaient au vent pour demeler I'odeur du fromage ; mais des argus entouraient les verres de montre et les galeux. Gin- quante ou soixante pustules furent examinees; un fatal il n^ « rien, prononce par M. Thillaye ou par moi, glacait de frayeur M. Patrix, a chaque nouvel cssai. La foule, que d'abord I'assu- rance de M. Patrix avait presque electrisee , s'ecoula sans bruit (3o. ) pen a pcu de b sallc , et les aulres assistans ennuyes d'attendre en vain la mite de la gale, demanJerent a examiner les rapports des figures de la these de M. Gales avec la mite du fromage, ce qui fut amplement verifie ; M. Patrix, moins desabuse qu'alDattu , nous pria de revenir a la recherche, le 25 du meme mois. M. Dupuytren presida cette seance, la foule fut moins nom- breuse, Ics" recherches furent tout aussi steriles; rideiitite de la mite du fromage avec I'insecle de M. Gales fut egalement demon- tree ; et Ton se retira avec une troisieme invitation au samedi suivant. Cependant on ne manqua pas de demander a M. Patrix, par quels motifs il avait distribue le proces-verbal de la seance du a2 avanl cette meme seance ? M. Patrix repondit que c'etait un programme et non un proces-verbal ; mais M. Dupuytren lui fit observer qu'un programme se redigeait au futur et non au passe, et qu'il fallait reparer cette faute un peu grave. Le samedi suivant il n'y eut point de seance; mais au lieu de reparer la re- daction singuliere et insidieuse du programme, M. Patrix se con- tenta d'ajouter a la brochure, les mauvaises figures qu'il avait pu- bliees du sarcopte pretendu de la gale, c'est-a-dire de la mite de la farine ou du fromage, dans I'article Gale du Dictionnaire dc.% Sciences me 2° Decouverte des deux substances de Vallmmine. — Le nom de M. J. -P. Couerbe ne m'etait pas plus connu qu'a vous. Peut- Gtrc ne I'etait-il pas davantage pour MM. les redacteurs des Jii- nales de chimie et de physique. Vous allez sans doute vous eerier: Un plagiat est done un moyen de se faire connaitre a ces mes- sieurs ! Vous allez sans doute me rappeier, 1° nos Coteries scien- tifiques {Aiinal. tom. Ill, pag. i56, lign. 19); 2° la lecon dans laquelle M. Gay-Lussac, fidcle a mes previsions, honora d'une citation flatteuse le plagiat de M. Guibourt [Annal., tom. II, p. 92, lign. 3i, et p. 453, lign. 14) ; 3° la couronne academique que M. Mirbel a fait descendrc sur Ic plagiat de M. Brongniart {Annal., tom. I, p. 236, lig. 6). Que voulez-vousy fair;?, mon pauvre docteur? nous laissons aux intrigans les places, les lion- neurs , les salaires du pnuvoir; nous no rbcrrhons quo ce pen dc ( 3o3 ) fumec qui nous levient pour avoir dccouvcrt dcs fails noiiveaux , et Ton nous ravit jusqu'a ce peu de funiee ! II faut I'avouer, les savaiis ont I'aine envahissante ! lis nous raviraient jusqu'a nos pluines, si jamais le despotisme venait a leur confier ses longs crochets de fer. Le plagiat de cet auteur inconnu n'est pas complct, et il faut s'attendre a un article supplementaire que M. Gay-Lu?sac ac- cueillera sans doute avec la meme faveur. J'avais dit , dans men niemoire sur les Tissus organiquesi^i) , que i'albumiiie de I'oeuf de poule se connposc de deux substancesdistinctes , d'un tissu in- soluble dans I'eau, et d'une substance s'oluble ; que les tissus, qu'on nous dit etre azotes ne le sont pas par leur composition elemen- taire, mais par I'azote qui leur est etranger. J'avais ajoute, dans mon niemoire sur VJwrdeiue et le gluten (2) , que ces substances? azotees pourraient bien n'etre que des substances renfermant des sels ammoniacaux. Je viens de developper ces idees dans mon cours ; et je crois avoir fait voir, que les nombres obtenuspar I'a- nalyse, s'accordent admirablement avec cette theorie, tandis que la theorie gent-ralcment admise par les cbimistes est en contra- diction avec les fails. Car I'albumine renferme , en tres-grande quantite,derhydrochlorated'ammoniaque et d'autres sels ammo- niacaux, qui s'y trou vent formes de toutes pieces. Que devient cette ammoniaque dans I'analyse ? Les chimistes s'en inquietaient fort peu ; ils ne I'avaient pas apercue. Mais aujourd'hui qu'ils pourront en constater I'existence , il faudra bien quils s'en occupent. Or on sait que I'amnioniaque se decompose a la chaleur rouge , lors- qu'elle est en contact avec le charbonou I'air almospherique. Dans I'analyse elementaire, son azote sera done mis en liberie, etsnn hydrogene ira augmcnter la quantite de I'hydrogene de la sub- stance organique. Ces idees recevront un plus grand developpe- ment dans un memoire prochain. Alors M. Couerbe auraeu sans doute le temps de les ajouter a sa premiere note ; et apr6s avoir dit que le tissu de Talbumine ne lui a pas fourni d'azote , ce qui est cerlainement une erreur (5) , il avancera que I'azote de ^I) Mem. dc la soc. tl'hist. nat. de Paris, t. Ill, p. 80. (a) Mem. da Miisrum , 1827. (3) Ce tissu expose ;'i la clialciir reiiani! uiie fiimce alcalincj in.iis il (5o4) Taiilre substance peut etre sans inconvenient considere commc element d'un sel ammoniacal. II n'a pas de temps a perdre ; Ic cours de M. Gay-Lussac approche. 3° Plagiat de M. Dutrochet pour son proju-e compte et pour celui d'autrui. — Je me sers ici des expressions de voire lettre ; elles paraitront un pen dures i nos savans laureats: leurs oreiiles ne sont pas habituees a entendre de telles veritcs ; les impoi Laiiles observations I les theories ingenieuses .' les niagnifiques expe- riences du ceVebre auteurl ce sont la en general les epithetes dont on les salue, et qu'ils savent ensuile rendre avec usure a leurs juges et a leurs protecteurs. Vous me I'avez dit assez souvent, mon cher docteur! on ne parvient point sans faire des dupes; mais avouez qu'ici le seul dupe c'est le public ; quant aux juges et aux laureats, pensez-vous qu'ils puissent se rencontrer sans rire ? Quant a moi , je suis certain qu'ils ne le peuvent pas , dans la circonstance dout vous me forcez a vous expliquer les details. Le mecanisme de la circulation des cJiara, (jue vous avez lu dans nos Annales (torn. II, p. 4oo) , avail ete deja xinnonce publique- ment sous mon nom, depuis plus d'un an. Ce fut au mois d'aoQt 1828 que j'en fis la communication a la Societe Philomatique. M. Larrey, aujourd'hui membre de I'lnstiUit, presidait; M. Bec- querel, egaiement membre de I'lnslitut , lenait le petit appareil, et repetait I'experience de concert avec MM. Bussy, Villermc,etc. Quelques jours avant j'avais repete I'experience chez M. Lebaillif, en presence de MM. Saigey et Legrand, professeur de physique au college de Nancy. Deux on trois semaines apres, je la fis con- naitre a I'Academie des Sciences, par une lettre que j'accompagnai du petit appareil, lequel circula dans la salle des seances. M. Du- trochet etait present; le Globe insera textucllenient la lettre. M. Dutrochet bISma ces experiences dans une brillante soiree de M. Cuvier, au milieu d'un groupe principalcment compose des membres de la coterie. Je developpai ensuite ces idees dans un second memoire, insere dans le i"n'' (1829) du Repertoire general d'anatomie. Le manuscrit etait remis le 1" Janvier 1829. potirrait arrjver qu'apn's I'avoir lave avec un acide, fon alcaliriite fiH masque'e pendant Topc'ration. { 3o5 ) Eiifin I'cxlrail do nos -Innnles avail c-t/; aclresse a rAcadiMiiic cl depose dan* sa l)il)liotlK-que au mois d'»>cto!)re 1829. Yoil'i sans doiite des nioyens iiifaillihics do constater unc priorite ; iin plagiat devient difficile avcc tant de lemoinset d'ecrits. CependantM. Dii- trochet commenrait a trouver I'idec juste, depuis que la curiosile I'avait porle a observer la circulation des chara; etquand M. Du- trochet trouve une idee juste, il faut qu'ii s'en empare , qu'il la brode , qu'il en change quelques termes, qu'il renoplace, par exemple, rimbibition des tissus par endosmose , le repos du li- quide par le sommeilon Vhibernalion du liquide ; cnfin (ju'il s'ap- proprie le fond en alterant un pen la forme. Cela fait, 11 aocourt a rinstitut, annonce a ses savans amis sa decoiiverte , mais dans le tuyau de I'oreille ; un murmure flatteur I'accompagne dans ses nombreuses promenades d'un coin de la salle a I'autre; le presi- dent cede a ses sollicitations, pour lui accorder la pai'ole avant son tour de role, et M. Dutrochet enivre bientut I'asscmblee do ses belles theories et de ses ingcnieiises conceptions. Comment faire cependant dans cette circonstance? M. Becquerel el M. Larrey suivent assez regulierement les seances de I'lnslitut; le litre du travail snr les chara avail ete lu en presence de tons les habitues de ce corps academique. Quoi! se voir force de cilerce M. Ras- pail, cet epouvantail des physiologistes ! Cette citation eut porte malheur. Or vous avez appris que la place de M. Lamarck est devenue vacante; une fournee de botanistes s'est precipitee au bureau de toutes parts, pour oblenir la faveur dc lire de petits bouts de memoires ! et M. Dutrochet, commc vous lesavez bien , n'est jamais le dernier a se mettre sur les rangs; places d'agricul- ture, de zoologie, de physiologie, de botanique, tout lui con- vient, il concourt a tout; on pent dire que c'est le candidal uni- versel. Mais imaginez-vous M. Dutrochet prononcant le noni dc M. Raspail comme auleur d'une modcste decouvcrtc; qnaranle suffrages lui eussent etc rivis d'un seul coup. M. Dutrochet a su echapper a ce double danger; et le nom du venerable 31. Lebailsil" s'est presente sous sa plume, pour subir tout I'odieux du plagiat. M. Lebaillif possede parmi les membres de I'lnslitut beaucoup d'eleves , sans compter M. Dutrochet, qui n'est que correspou- dant. Ccs eleves savcnt bien que M. Lebaillif a professc unc opi- nion toutc contraii'j, mCme long-temps aprcs la publicalion dc ( mS ) la iiiieiine. i\lais Ic meiisonge est paidoiine di.s qu'il conipiomct im lulversaire; et si ce mensonge est un plagiat, il oblieiit uiic couronne. II me semble vous entendre lue dire : « Je vous vois enfin couronne dans'Ia personne de M. Lebailiif; apres I'avoir etc dans la personne de M. Brongniart et meme dans celle de M. Tur- pin, si touletbis Irois rapports valent'une couronne! »Yousvous trompez, mon cher docteur : la chose eflt ete possible, si M. Du- trochet avail conunis le plagiat pour son propre compte. Mais on ne recompense pas sciemment celui qui est etranger a la bonne a'uvre; on se conlenle de Ic placer dans une position difficile, de torturer son coeur en effrayant son esprit. Ces paroles vous pa- raitront sansdoute s'ecarler un peu de la plaisanterie ; j'eprouvc le besoln, mon cher docteur, de vous ouvrir mon coeur ; le conp qui vientde le frapper etait trop inattendu, pour que la blessure n'ait pas etc profonde. La Icttre que j'ai adressec a I'lnstitut dans I'intention d'arreter, dans sa course, Ic stratagemc de M. Dutrochet, a ete mentionnce par plusieurs jonrnaux de la capitale, a I'exception du Globe (\v\t s'en est bien garde. La coterie se Irouvait'de la;sorte gravemcnt compromise a son tour; niais on n'est jamais embarrasse, quand on a pris la resolution de faire usage de tons les moyens qui se pre- sentent. Les redacteurs des Jnnales des sciences naturelles ont accompagne le pretendu trayail de M. Dutrochet, de la note sui- vante (nov. 1829, p. 276) :«M. Raspail ayant adresse a 1' Academic des Sciences, dans la seance suivante, une lettre par laquelle il reclame la priorite de cette observation (■j-'oj-es cette lettre , qui est inseree textuellcment dans la Revue, a I'article dc;r Academic des Sciences, seance du 5o novembre (1)), nous avons cru devoir, avant de citer cette reclamation, demander a M. Leiiaillif lui-memc des renseignemens a cet e^ard. Get habile et modeste observateur nous a adresse la reponse suivante, qui renferme', sur I'histoire des observations faites sur ce [sujet, des renseignemens qui nous pa- (1) Co renvoi est faux; la lettre n'l.'st nullcmcnl^inscre'c il.ins !;t /n/i.- de cette livraison de ce journal. Des liommes de boune foi auraient trans - crit la leltre dans cette note et nnn dans la revue : le public|a bcsoiti (I'nvoir les pieces sous les yonx. ( 5o; ) raisseiU de nature a ititeriesser nos lecleurs, et que uousalloiis lapporlcr textucllemcnt : ;• Le merite ( dc cettc decouverte) appartiosit exclusivcmcnt a JM. Ic comte deRnmibrt, ainsi qu'il est also de s'cii assurer, taut par la lecture de ses nombreux menioires surlarhaleu:- et sur Temploi du calorifpie, tons imprimes chcz M. Didot en i8o/j, que par le tenioif^nage de Thomson , dans sa Chimie, edit. 1 8 1 8, t. I, p. 61... Imaginez une sorte de verre , formee d'un second carreau dc vilre applique au chassis d'une fcnetre et bien maslique ; une leg^re solution de potasse dans I'eau remplissait a peu pres I'inter- valle des deux carreaux , et le fond etait garni de poudre de karabe ou ambre jaune. Si quand le soleil eclairait la feuelre, on inter- posait un ecran , de nianiere a ne laisser arriver ses rayons qu'au has de la boite de verre , aussitut on voyait les molecules d'ambrc s'agiteret former des coiirans , ascendans et desceiidans, jusqu'a ce que toute la li([ueur fut arrivee a la meine temperature.... Pro- liablcment des personnes qui m'ont fait I'honneur de venir admirer au microscope la circidation du chara, se ressou\iennent d'avoir yu. independamment de deux autres appareils destines au meme objet, un tube rempli aux trois quarts d'alcool, et contenant du liege rape tri'S-fin (I'experienee et I'essai de plusicurs autres substances me I'ont fait substituer au karabe ) ; mais j'avais le plus grand soin dc presenter cette experience comme deja anciennc, et comme ne pouvant donner qu'unc idee extremcment imparfaitc de la circu- lation. Vous Toyez, monsieur, que je ne merite en rien d'etre cite comme premier observateur du mouvcment des molecules dans I'eau et dans des tubes verlicaux. » Vousnepourrez pas vousresoudre plus que moi, men cher doc- teur, a regarder celle lettre comme authentiqne ou comme n'ayani pas etc essentiellement altcree. Elle serl, par tant de faux-fujans, lamauvaise foi de nos adversaircs, qu'il me serail impossible dc supposer que M. Lebaiilif en soit I'auteur. Car il ne s'agissait nullement, danscetle tirconstance, du mou- vement quelconque imprime par la chaleur aux molecules sus- pendues dans I'eau. Cette decouverte n'appartient pas plus a Rumfort qu'a tout le monde ; I'enfant qui a assisle une Ibis a la preparation d'un potage, le sail tout aussi bien que nous. La de- couverte n'est done pas la; la decouverte consiste a avoir saisi I'analogie qui existe enire les deux courans inverses et confinus ( 3o8 ) (ill lube tic c/inr.i , cl eiilre Ics dciix roiuans inverses et cmuinns (Ic I'eau renfeilnte dans nn tube dc vciie reiiiic par les deux bouts. Cetle analogic est si parl'aile, quant an mccanisme el a la lignc de demarcation des deux courans, que si I'Dn employait un tube de verre tapisso a Tinterieur de matiere verte, I'illusion se- rait complete. Celte analogic n'avait ete signalee par personne; les deux courans de I'eau qui se meut dans un tube n'avaiont ete observes ni par ruimlnrt, qu'on cite si mal a propos, ni par anciin autre auteur, quoique rinstrument ITit entrc les mains de tout Ic monde. 31. Lebaillif elait si loin d'avoir enlrevu celte analogic, qii'il montrait a tons cenx qui Ic visitaicnt, un appareil bien dif- I'ercnt, pour expliqucr la niarche des deux courans. II prenail un tube de verre, qu'il entourait de ficellcs disposces en spiralc el cloignoes les unes des autres d'un centimetre environ. II enlon- rait ce tube a frottement dans un autre tube de verre. II versait de I'eau dans un inlcrstice des ficellcs, du vin dans I'autre inter- stice. Ces deux subslances separees par une ficelle ne se melaient pas, et representaicnt ainsi, d'apres M. Lebaillif, les deux cou- rans du chara qui nc se mOlent pas enlre eux. Mais dans le chnrii nulle cloison ne separe les deux courans; les courans out lien dans la capaoitc d'un scul tube, ct non cntre les parois de deux tubes emboites. C'est a I'instant on M. Lebaillif venail de nous expliqucr son idee , que je lui communiquai la miennc en presence de MM. Sai- gey et Legrand. Je demandai a M. Lebaillif un lube rempli d'al- cool et de granules de graisse ou de sciure de bois. Le hasard fit que sur les murs du cabinet se Irouvait suspendu un de ces tubes fermes, que i'on rencontre si sou vent dans les boutitjues de cuiio- sitcs,ct que Ton tient a la main pour roconnaitrc les differences individnelles quant a la production de cbaleur. Quoique la grande sensibilite de cet instrument soil peu propre a rcprcsenter la marchc lenfe des deux courans inverses et superposes du sue des chara, cependant il ne laissa pas que de rendre la demonstration suffisante; et depuis ce temps M. Lebaillif a eu sans doute sou- vent I'occasion de faire remarquer, ;\ ceux qui le visitent, un phe- nomene bien commun, niais pourtant qu'on n'avait observe que d'une manierc grossiorc, ct donl on n'avait jamais saisi I'analogic avcc la circulation du tube des claia. Maintenant que ( So.) ) I'explicalion parait simple ct I'acilc , qu'on suivc la marche qu'ori: biiil eiivers nous depuis quatie ans, qu'on feuillelte tons les mc- nioires, pour y trouvcr, bon gre mal gre, un mot qui ait le rapport Ic pins indirect avccce que nouspuhlions ; ce soul la Ics jouissances des coteries ; ce sont la les consolations de la meJiocrite et dc la jalousie; mais qu'on prete d'aussimiserables suljlcrfogesaceluique nous avons cru si long-temps notre ami , ce sont la des actes dont nous n'aurions jamais pense cessortes d'adversairescapaliles. Vous medemanderez de vous faire connaitre les raisons sur lesquelles je loode mon incrcdulite ; les voici : M. Lebaillif a rer.u depuis long- temps les deux memoires dans lesquels j'ai consigne celle expli- cation de la circulation des chara. II m'ecrivait le 26 ocl. 1829 : a Poire Mcmoire sur le cliarn ni'a presenle nn interet d'aulant plus vif que le microscope avait ete souvent mis a contribution pour cette admirable circulation; il sera le manircl des amateurs qui se torment tons les jours et que vos travaux guident si bien. » II nous ecrivait le4 nov. 1829: « Je vous dois taut de connaissances et d'experiences a repeter et oi'i je puise les momens les jjUis doux, qu'enverite j'ignore comment il me serai t possible dc m'acquitter.w Je suis confus, mon cher douleur, de transcrire ces paroles trop flatteuses; mais il s'agit dc preuves, je ne dois pas les alterer. Vous vous souvenez sans doute, d'une autre lettre que les redac- teurs des Annnles des sciences rinliirelles ont inserec, sous le nom de M. Lebaillif, dans le nmnero d'octobre 1828, ct dans laquelle ce venerable vieillard semblerait croire ;'i la spontaneile des mou- vemens des celebres animalcules spermatiques du pollen. Or voici ce que M. Lebaillif nous ecrivaitle 23 septembre 1828, a peu pres a la meme epoque : « // est impossible de refuler les violecules vivantes de M. Brown avec plus de talent et deveritc que vous Favez fait dans votre Mcmoire ad hoc. » Pour croire en conse- quence que M. Lebaillif soil I'auteur des deux leltrcs des Annates, il faudrait boulcverser toutes nos idees . tons nos sentimens; il faudrait pouvoir croire que des manieres si donees soient de la duplicite, qu'une modestie si franche ne soil que du jesuilisme , que des demonstrations si affectueuses ne soient que de la dissi- mulation ; or, de semblables suppositions sont inadmissibles pour moi; a moius qu'on no doive se condamner a croire que la coterie soit devcnuc assezpuissantc. dans les bureaux des ministeres, pour ( ■'"» ) jt'lci' 1 fiVidi dans Taiuo d iiii aiicicii cl vciiorable adiiiiiiibliaieiir, el po:ir troiibler ;\ ia fois ses soisYcnirs et ses affections. Je me bate de bannir de mon esprit de pareilles pcnsees , aussi vile que je leponsserai toiUe Iiypolhese qui senibleiait insulter a I'es- time eta I'amitie que vos liavaiixet voire caraotere m'ont toujours iiispii'ees. PosT-scRiPTUM. Ordotmanceconcertiantles chaires dii Museum. — A I'instant que j'allais clore ma lettre par la civilite d'usage, j'ai appris une nouvelle qui aura pour vous tout I'interet d'une uiesure deplorable. La ehaire de M. Lamarck a ete divisee en deux, I'une d'entomologie et I'autre de conchyiiologic. Mais un des considerans de I'ordonnance , porte (\\i'aulant que faire se jjourra , les professeurs du Museum scroiit pris pavmi les mem- hres de Y Academic des Sciences. La lecture de cette ordonnance contresignee Montbel, a produit, a la seance de Flnstitnt, une im- pression pen flatteuse. Les mcmbres se sont vus ibrces d'en uiur- murer, comme les habitues dont les murmures n'etaieut pas equivoques; les flatteurs eux-memes ont manifeste du mecon- tentement ; car les flatteurs n'aiment pas encore les sinecures. Diverses interpretations ont circule dans la salle ; les uns preten- daient que, par cette mesure , le niinistere avail voulu se debar- rasser des importunitys d'une famille dont le chef voudrait en- vahir lout le Jardin des Plantes pour ses gendres et son fils. Mais cette opinion n'est rien moins que probable; car, quelque idee que nous ayons de la faiblesse du ministere actuel , cependant nous nepourrons jamais nous resoudrea penser qu'ilsoit si dillicile atix ministres de fermer les portes de bronze de leurs palais a des intrigans , i qui nous fermons si bien les portes de nos man- sardes. D'autres ont cru que les ministres apprenant par leurs nmmis, que leurs devanciers n'avaient jamais manque, dans les ens extraordinaires , de consulter les membres de I'lnstitut, landis qu'aujourd'hui surtout, les membres du Museum ne sont pas meme consulles en agriculture, ont fail preuve d'interCt pour eet elablissemeut, en ne le dotant plus que des immortels de I'Academie. Je ne refuterai pas cette opinion ; elle m'a trop Fair d'uue cpigramme. Enfm, d'apres une troisieme version , il parai- Iraitque le ministere, ayant besoin d'elayer sa faiblesse, chcrche -.:. ( 5.1 ) a reudre ses appuis aussi forts que possible. I u savant paiivre e?l uii triste appiii pour un gcuiverneinent, non-seulemenl parce que la pauvrete est la sceur [de la philosophic , mais encore parce qu'elle met des entraves terribles au devouement. Quels services rendre, quand il faut aller A pied a travers la boue de Paris? Quelle influence peut-on exercer sur les esprits , quand on euiet des opinions dans une salle deserte, ou qu'on n'a point a ses ordres lafoule des journalistes, pour se faire vanterauxoreilles cre- dules de vingt-quatre mille abonnes ? 60,000 fr. de cumuls prc- tent au contraire a un savant un ascendant pour ainsi dire ma- giqi>e ; ses volontes deviennent des ordres, et ses pensees des oracles ; on les recueille avec une sorte de veneration religicuse ; on les ecrit sur des album dores ! et si a ces Go, 000 tV. de revenu. ils joignent lepouvoir de distribuer des places subalternes, vojez de quelle armee de sollicileurs ils peuvent disposer a leur gre ; les uns craignent de perdre , les autres esperent obtenir; tous ont I'oeil fixe sur les traits du maitre et du dispensateur des faveurs du pouvoir. D'un autre cote, plus les places seront concentrees entre les mains de quelques-uns, moins le ministere aura de frais a faire pour gagner les recalcitrans ; car, suppose/, qu'en vertu d'une loi , qui me parait encore bien ajournee, il arrive qu'un savant soil condamne a ne plus gerer qu'une place ; vous voyez que pour gagner le parti savant, il faudra pniser daris la bourse du ministere. Dans I'elat actuel de notre legislalion, au contraire, on gagne ce parti avec le revenu de la place elle-meme; ce triompbe ne coQte pas une obole au porte-leuille , et il est durable ; car la place est toujours la, et elle ue disparait pas, comme le ferait une gratification pecuniaire. Systeme des cumuls! ruine d'un etat ! ruine de la science ! foyer de corruption ! I'indignation publique te reprouve d'une maniere energique et solennelle ! les cris de cette indignation parviendront encore cette annee aux oreilles des mandataires reunis de la nation I puissent-ils ue pas conserver les dispositions de la session passee, et ne pas se laisser desarmer par les lamentations de queiques membres interesses! Les membres del'Iustitut, dit-on, se sont dixlares tont-a-fait etrangers a cette nouvelle mesure. Sans doute (|uelques-uus d'entre eux n'ont rien a se reprocher : Jl. Legendre salt se faire destituer et priver de pension ,^'plutot que de manquer a «a con- ( 5'2 ) science ! il sail se passer de la puissance du journalisme , de? soirees , et des anlichambres minislerielles ! 11 en est meme jiis- qii'a trois, ( soyons moins siveres) , Jusqu'a dix (jue je poiirrais citerXch que lui. Blais , adieu, mon cher docteur, je m'ai- rete , la transition serait trop brusque ; il est des ycux qui la supportcnt diflicilenient. Dans uia prochainc , je crois pouvoir -vous entretenir avec de- tail d'une discussion qui vient de s'elever, ou plutot dc se relever entreM. CuvieretM. Geoffroy Saint-Hilaire, al'Institut. Vous avez dc'jii lu dans les feuilles quotidiennes, que la plupart desjournaux sc sont d'abord ranges du parti de M. Cuvier. Mais dcpuis Jesuis,etc. RASPAIL. BULLETIN ANALYTIQUE ET BIBLIOGRAPHIQUE. Physique. Recherches sw la difj'raclion. M. de Haldat a reconnu que ni le calorique , ni I'electricite , ni le magnetisme, ni les courans electriqucs, ni les affinites chimiques, agissantau moment memo oii Ton fait les experiences de la diffraction , ne sont capablcs d'altercr les franges colorees. ( Aiinal. de chimie el de phrsiq. , t. XLL) Eleclvicilc di'veloppee par le simple contact des melaiix. Ori sait que M. Delarivea renouvele dernierement I'opinion qnclc courant electrique de la pile, et meme relectricitc developpec an contact de deux metaux, doivcnt ctre attnl)ues a Taction chimi- que des liquides ou des gaz sur ces metaux. M. Piaff a repete de- puis I'experience du contact des metaux, soil dans le vide, soit dans differens gaz. Un clectrometre a feuilles d'or, munid'un con- densateur cuivre et zinc , se trouvait sous une cloche portant deux holies a cidr ; par I'une de ces boites passait une tige de laiton qui permettait d'ailleurs ou d'abaisser le plateau superieur ou cuivre ; par i'autrc boitc passaient deux fds de laiton , joints ( •'■>'3 ) ensemble par leurs bonis exterieurs, ct qui pouvaicnt veiiir tou- cher, cbacun I'un des plateaux tin conducteur, par leurs bouts iu- tcrieurs. A I'aidc d'un robinet visse a la partie supcrieure de la cloche, on pouvait I'aire penetrer dans celle-ci , quand elle etait vide, un gaz quelconque , sec ou humide, et observer le deve- loppement de I'electricite. C'est ainsi que I'auteur a trouve que dans I'air, dans I'oxigene , dans I'azole, dans I'acidc carbonique, dans I'hydrogene el dans Thydrogene carbone , liumides ou des- seches, la tension eleclrique, due au contact du zinc et du cuivre , etait toujours la meme ; ce qui confinue pleinement i'hypothese de Volta, en ce qui concerne la production de I'eleclricile par le simple contact. [Ibid. , t. XLI, p. aSG.) Sur Uclectricile de la torpille. H. Davy dit n'avoir pu recon- nailre aucun effot eleclrique , produit par la torpille, si ce n'est la commotion qu'on ressent lorqu'on louche cet animal vivant. II a essayc vainoment de decomposer I'cau , et de faire mouvoir Taiguille des multiplicateurs galvaniques, par I'electricite de la torpille. D'apres cela, il serait porte a regarder cette electricite comme etant d'une espcce particuliere , distincte de I'electricite de nos machines. [Transact. P kilos. , 1829.) Quelqites j)roprielcs phj-siqites du plaline. D'apres M. "Wollas- ton, la densite du plaline est, terme moyen , de 21, 25; mais il a pu I'amencr jusqu'a 2!, 5. Onze experiences faites pour deter- miner la tenacitt; des fils de plaline, onl conduit a ce resultat moyen, qu'un fil d'un dixiemede pouce anglais de diametrc exige, pour se rompre, un poids de 58f) livres anglaises ; les poids ex- tremes onl ele 480 et G45. La tenacile de I'or est representee, pour la meme grosseur du fli , par 5oo, et celle du fer par 600. ( Ibid. ) Chimie. Action de V ammoniaque sur les mctaux. Bertholet fils a de- couverl que le gaz ammoniacal est decompose , en hydrogene ct en azote, par le fer incandescent, et que ce metal devient cas- ( 3i4 ) sant, quoique son poids n'ait pas varie. M. Theiiaida ensuile n'- marque que le cuivre, I'argent, Tor el le platine jouissent de la mOme propriete que le fer , mais a un degre moindrc ; et il a attribue I'etat cassantde ces metaux a un nouvel arrangement de leurs molecules. M. Ampere supposait que, par Taction des me- taux sur Tamraoniaque , il se formail un azoture de ces metaux, lequel se decomposait immediatement apres. Le jour oii M. Despretz annoncait a I'Academie des Sciences Ics premieres experiences qu'il avail failes sur ces singuliers phe- nomenes, M. Savarl communiquait i\ cette societe savante des recherches analogues , par lesquelles il avail constate que le poids du cuivre s'accroit de i/5oo, el celui du fer de i/65o, accroisse- ment qu'il attribuail a la combinaison de I'ammoniaquc , ou de I'un de ses elemens , avec le cuivre ou le fer; et que la densite du premier de ces metaux diminue alors de 8,86 a 7,79, et celle du second de7,78 i 7,66. M. Despretz ayant soumis le mgme metal i Taction repetee du gaz ammoniacal, a trouve que le poids de ce melal augnSenlait de plus en plus, et que le poids du fer pouvail augmenter ainsl de plus de 1 1 pour cent. Voici des resultats de quelques expe- riences faites avec ce dernier metal : 5,928 gr. deviennent 6,612 ou 100 deviennenl 101, 538 9,427 10,102 ou 100 107,162 6,587 7»o95 ou 100 . . . . , . 107,728 •29,960 31,472 ou 100 io5,o46 7,955 8,553 ou 100 107,517. M. Despretz evitail Taction de Tair en faisant passer le gaz ammoniacal dans Ic tube de porcelaine contenant le metal, long-temps avanl de chauffer ce dernier, et jusqu'a son refroidis- semenl complel ; celle de Teau , en dessechanl le gaz par son pas- sage dans un lube de verre d'un pouce de diainelre, d'lm metre ) Quant ail platinc ct a I'or, ils n'cprouvent aucune alluration sen- sible. lAnnal. dc chim. el de phjiitj. , torn. XLIl, p. 122.) Action dii chlore siir quelques sels. On sail que M. Berzeliusii explique la combinaison du chlorure avec les oxides alcalins, en admettant que le cblore est alors transfonne en un acidecliloieux, reniermant tiois alomes d'oxigcne suv un atoine de chlore. Les experiences que M. Liebig vient de publiera ce sujct, ne resol- vent pas la question d'une maniore decisive, comnie il I'avouc lui-meine. En melant une dissolution d'acetate neutre de plomb avec du sulfo - cyanure de potassium, M. Liebig a obtenu des cristaux jaunes formes de 36,19 ^^ cyanure de soufre et de 63,8i dc plomb. En employant le sous-acetate de plomb, il se forme un precipitc blanc, que Ton peut considerer conmie forme dc 59,G5() parlies du sulfo-cyanure dc plomb precedent, et de4o,3Gi d'oxide de plomb. En fondant du sulfo-cyanure dc potassium dans un courant de chlore sec, on obticnt vers la fin de ropt'ralion, une epaisse \a- peur rouge qui se condense sous forme de lamelles. C'est un sul- fure de cyanogene, renfermant 57,o5 pour cent de soufre. La matiere louge combinee avec la potasse laisse des flocons jaunes insolubles dans I'cau. Cette nouvelle matiere est analogue a celle que M. "Woehler a nommee acide [hjdro-sul/o-cjanu/uc Aidfurc, et qu'on obtient en plus grande quantite en faisant bouillir une dissolution d'hydro-sulfo-cyanate de potasse avec dc I'acide nitrique etcndu. L'analyse prouvc que cette matiere jaune est le radical de I'acide hydro-sulfo-cyanique , c'est-a-dire un sulfure de cyanogene, forme de 55,09 de soufre, et de 44,91 de cya- nogene. M. Liebig a de plus obtenu un nouvel ether, qu'il noinme clher sulfo-cjanique.W le forme en distillantensemble, 1 partiede sulfo- cyanure de potassium , 2 d'acide sulfurique , et 3 d'alcool a 0,80 , puis lavant a I'eau le produit de la distillation; cet ether parait sous forme d'une huile legerement jaunatre, et repand une tres- forle odeur d'assa-foctida. II bout entre 06 et 70 degres de tem- perature. L'autcur suppose, d'apres les proprietes deed clher, quo (3i7) c'cst line conibinaisoii do sulfiirc dc cyanngone ct de carburc d'hy- drof;i-nc. En Faisant passer dii chlorc luimide siir du oyanitc d'argent pen desseche, on oblientdcsvapeiirs blanches, qui apres avoir etc con- densiies . cristallisent dans I'eau par refroidissement : ces cristaux blancsct brillans sont I'acide cyaniqne de M. SeruUas. Un coiirant de chlore conduit a travcrs le fuhninate d'argent rodnit en bouillie avec I'eau , donne naissance a une huile jaune , qui distillee avec toute la masse laisse degager un corps huiieux incolore qui estle chlorure de oyanogene. L'acide nrique sec cbauffe dans le chlore aussi dessechu, donne bcaucoup d'acide cyanique et d'acide muriatique avec un leger rcsidu charbonneux. Ala temperature ordinaire, il se decompose aussi avec le chlorc, si Ton a eu soin de I'humecter ; alors il y a de"-a"ement d'acide carboniquc et d'acide cyaneux, ct la dissolu- tion renferme de l'acide muriatiquc, de ramnioniaque etbeaucoiip d'acide oxalique. L'auleur est portu a croire que ce dernier corps existail deja dans l'acide urique, encombinaison avec quelque autre matiere organique. En effet, si Ton broie de I'acide oxalique cristallise avec du cya- nite de potasse sec, on sent d'abord I'odeurde l'acide hydro-cya- nique, puis celle de l'acide cyaneux, et il sc dcveloppe beaucoup d'acide carbonitpie. En traitant le residu par I'eau on obtient beau- coup de flocons blancs, insolubles dans I'eau mCme bouillante, mais solubles dans la polasse, d'ou Ton retire ensuite par l'acide acetique, des cristaux d'acide cyanique ou de cyanate de potasse; les eaux-meres contiennent en outre de l'acide oxalique. Le cyanitc de potasse melc avec de l'acide acetique concentre , se transforme en ime bouillie epaisse, qui, traitee par I'eau, donne un residu blanc, soluble a chaud, et qui, par refroidisse- ment, donne des cristaux de cyanate de potasse. L'auteur annonce que M. Woehlcr vient de trouver que l'acide pyro-urique n'est que l'acide cyanique. II croit que l'acide piu- puiiquc, forme par la reaction de l'acide nitricjue sur l'acide ace- tique, pent elre considere , d'apres sa composition, comme une combinaison d'acide cyaniqne avec I'hydrogcne ; l'acide urique serait de memo une combinaison d'acide cyaneux et d'hydrogene. Les acides tartriquc ct bcnzoique sont a peine attaques par le ( ^>8 ) chlorc; mais Tacidc acelique conccntn'' , rhauffo dans iiu coiiraiU dechlorc, degage line odeur insupportable dont on n'a pu lecon- naitre la cause. L'auteur n'a point analyse les produits de la decom- position, par le chlore, de I'acetate, dii tartrate, du formiate ct du citrate d'argent. Les substances vegelales neutres, comme le Sucre, la gomme et I'amidon, sont i\ peine attaquees par un cou- rant de chlore. Le bleu de Prusse chauile dans une solution de chlorite de chaux, se decompose, en degageant de I'acide cya- nique ou du cyanogcne , et la solution laisse deposer des ciistaux de cyanure double de calcium et de ler au maximum, avec du chlorate de potasse , dont la presence demonlre que le bleu de Prusse le plus pur contient encore de la potasse. {Ibid. , t. XLI, p. 182 et 225.) Obxcvvolions siir Vacide sulfuieiix condense. M. Delarive ayant fait passer un courant de gaz acide sulfureux a travers trois eprouvettes , environnees de melanges rcfrigoraiis , et communi- qnant entre elles par des tubes pleins de chlorure de calcium, a obtenu, dans la premiere eprouvette , des cristaux formes d'en- V iron un cinquieme de leur poids d'acide sulfureux et de quatre cinquiemes d'eau , et dans les deux eprouvettes suivanles, de I'acide sulfureux liquide et sans eau. Ces cristaux sont d'un beau blanc ; ils ont un gout acide ; leur forme est en lames tr6s-minces; ils restent solides jusqu'a 4 ou 5 degres centesimanx au-dessus de zero. Quant i I'acide sulfureux liquide , son evaporation produit un tel degre de froid , qu'il consolide le mercure sur lequci ou le verse : c'est ainsi que l'auteur a pu reconnaitre qu'un globule de mercure gele conduit mieux I't'lectricite galvanique, que lemtMiie globule liquide. L'acide sulfureux liquide uc laisse passer aucune trace du courant vollaiqne , qui ne le decompose point; mais cette decomposition s'opere aussitut qu'ou verse quelques goutles d'eau sur l'acide. ( Bihlioih. imh'ers. de Geneve, mars 1829. ) Chloro-Phosphure de soiifre. En metlant 7,965 grammes dc perchlorure de phosphore en poudrc; dans un lilre de gaz bydro- ct'ue sulfure see. ou bicn fais.".!i1 lurixr;- mi; ccurnul dc. ( c ^a>. . ( 5i9 ) sur la pouih'C cii (iiieslioii , M. Serullas a obtenu un compose iiouveau forme d Chlorc 2,555 ou 5 atomes. Phosphorc '>5i4 — i Soutre i?370 — i Ce cliloi'o-phojphiire cic soufre est liquide, incolore et transpa- rent, plus pesant que I'eaa qui le decompose Icntenient ; son odeur est un peu piquanle et aromatique ; il bout a i25 degres. Pendant sa formation , il se degagc de I'acide muriatique. Le pro- to-chlorure de phosphore traite de meme par le gaz li_ydrogone sulfure , donne une matiere blanche et cristalline , mais que I'auteur n'a pas examinee. [Annnl. de Chiniio et de Phyx. , t. XLll, p. 25.) ANNONCES. Flobe et Pomoke fran^aises ; par Jaime SAiNT-HitAiRE. 24 — 52'" livr. , in-4°. Prix : la livr. 2 fr. ^5 r. papier Jesus; 5 fr. papier velin in-4°- Paris, i83o , chez rauteur , rue de Furstem- berg , n° 6. Ces dernieres livraisons renferment des saxifrages, des com- posees , des rameaux de ponmiiers et plusieurs varietes dc poircs. Synopsis hepaticartim ecrop^arum, adnexis oBSERVATioisiBrs, et ADNOTATIONIBITS CRITFCIS ILLUSTRATA ; aUCt. J.-B.-C. LiNDENBERG , in-4° , i55 pages avcc 2 pi. lithogr. Bonn, 1829. Catalogb? plaktarum horti regii parisiensis, ccm annotationibus DE planus novis aijt MINUS coGNiTis ; auct. R. Desfontaines. Edit. 5% in-S", 4iG pages. Prix : 7 fr. Paris, 1829, Chaude. FtORE DE TeRRE-NeCVE ET DES ILES SaINT-PiERRE ET MlCLON", ]Kir M. Delaptlaie. Grand in-4°, i" et 2' livr. sur beau papier velin, 128 pages. Paris, 1829, Firmin Didot. >;ous nous emprcsscrons de donncr uuo analyse de cet ouvr.tge ( 5oo ) dcs que ks planches, que I'auteiu-cst sur Ic point de fnirc paraitrc ;'i I'appui , nous seront parvenucs. Nous pouvons annonccr d'avance quo peu dc publications peuvcnt lutter avcc cctto Flore sous le rapport du luxe typographique. Lc long sejour de M. Dclapylaie a Terre-Neuve nous permet d'esperer que I'auteur nous i'era connaitre d'une maniere complete, mais sans doubles cmplois, la vegetation de cette region ingrate. Ces deux premieres livraisons commencent I'histoire des Algues , et renferment la description dcs Fucacecs. MeMOIRE SVR l'eMPLOI des bains lODliRES DiNS tES MaLADIES SCRO- FCLETJSES ; par J.-G.-A. Ltjgol, medecin a I'hopital Saint-Louis. In-8% VITI, 54 pages. Paris, i85o, Baillere. Apres avoir constate I'heureux effet de I'iode pris ;\ I'interieur (1), M. Lugol vient de soumcttre a un grand nombre d'experiences qu'il rapporte dans cet ouvrage ses effets a I'exterieur. II resulte dc son travail, que I'iode administre pai- le vehicule des bains produit des effets infiniment salutaircs. L'ouvrage est terminc par un tableau synoptique des quantites d'iode ct d'iodure de potassiima contenucs dans les bains iodures, par litre de liquidc. Nous allons en extraire la formule de composition pour les bains d'enfans et pour Ics bains d'adultes. Composition des bains iVenfans. N" 1. N" 3. N° 3. N" 4- lode 3. ... 2 1/2. . 5. ... 4 scrupules. lodure de potassium. . . 4- • • • 5. . . . 0. . . . 8 Composition dcs bains d^adultes. N" 1. N" 3. N° 3. N- 4. lode 2. ... 2 1/2. . 5. ... 5 1/2 gros. lodure de potassium. . . [\. . . . h. . . . Q. . . . '] (0 Voy. nos Aniuiles, t. IH, p. iijS. j'l. r. ' Uf- I . Fii). .), ■/{' (ti /frfy/f//' f/ /■, • p.irA.hu ^htn. des Scienc . tCohs. Tom.JU. ^v^.vv/.,- .u. /./rn- r/...f'f" ■^' ^" '"/'""' '^'" ^inn . Je.f Stye/it^. i/'obj-yi'/n JJI /'/ . 17. f-f\ ' in/p/o.ftortm tarsa/c /i J) ■ If"'/'c-rrpl jcn^ Fl. 7. Ft, {^•z-- Fto: S . nnl.Ar .ir Jet, Tc r/.s. n^ 2 4:^:J «v.- 3. ,.. — y,--. Ajuu>/.A.r.rC'r:'"f:r.nr. r/ s. J/ffYz/fC^i.J'Oj-.iVii.r:'^/' ^i^^^^i^z^i^- ( 52. ) SUR LA RliDUCTION AU VIDE DES VIBRATIONS D'UN PENDULE INVARIABLE; PAR LE CAPITAINE SaBINE. ( Exlrait. ) (I Lorsqu'on apprit a Londres que M. Bessel vennit Je prouver, par le laJsonnement et par I'exp^nence , I'inexactitude de la reduction despendulesauTide, telle qu'on 1' avail calculeejusqu'alors(i),le Bu- reau des Longitudes decida qu'il serait fait des observations directes a ce sujet, observations que Ic copitaine Sabine fut charge de din- ger. « L'appareil avec lequel il les entreprit, est compose de six pieces principalcs , sans compter la piece de fer qui fixe a la mu- raille l'appareil de suspension. Le piedestal est en fonte de fer de 2 pouces d'epaisseur; e'est un cjlindre d'un pied de haut et d'un pied de diametre interieur , ouvert par le haut , ferme par le has au moyen d'une plaque horizontale de 3 pieds de long sur 16 pou- ces de large , reposant sur 4 vis qui permettent de la rendre hori- zontale. Un tube metallique venant de la machine pneumatique , aboutit a un trou situe a la moitie de la hauteur du piedestal. Ce tube est muni d'unrobinet par le mojen duquel on peut rompre la communication de la machine pneumatique avec I'interieur de ce piedestal. Les trois pieces qui reposent sur celui-ci sont des cylin- dres de verre legerement coniques, ayant leurs bouts uses les uns dans les autres. La piece de suspension qui s'eleve au-dessus de ces tubes de verre , est unc plaque metallique dans laquelle pe- netrent les vis qui doivent fixer l'appareil de suspension avec ses plans d'agate, et qui est percee a son centre d'un trou pourlaisser passer le pendule. Cette plaque est bordee d'un anneau metallique dont la partie inferieure enveloppe exactement I'extremite supc- (i) Voyi-z Annides, t. II , ji. 3ac) 3. ( 522 ] rieiiie de la colonne de verie, et doiit la paitio superieuie leroil une tloohe de voire qui termiiie I'appareil. L'anneau doiit il vient d'etre cpieslion , est traverse par une vis horizontale, an moyen de laquelle on pent avancer on reculer un coin destine a elever le pen- dule sur ses fonrchettes, on a I'abaisser sur ses plajis d'agate. Le piedestal est aussi perce pour recevoir une vis horizontale qui porte a son extremite interieure, et perpeodiculairement a sa longueur, une petite tige destinee a mettre le pendule en niouvement ou a I'arreter. » Le piedestal etant place aussi cxactenient que possible dans la position qu'il doit avoir , on fixe un arc gradue eontre une piece de bois posee horizon talement dans I'interieur de ce cylindre ; et pour que Tare puisse etre vu du dehors, il s'eleve de deux pouces au-dessus du cylindre. Ensuile on empile les trois cylindres de verre, en ayant soin de garnir de graisse leurs points de r«'!union. Par le moyen des vis qui soutiennent le piedestal, on amene le bout superieur du dernier cylindre de verre precisement a la hau- teur qu'il doit avoir relativement a la piece de fer qui joint le haut de I'appareil a la muraille. On pose enfin la piece de suspension sur ce dernier cylindre de verre , sur lequel clle presse de tout son poids, et assure ainsi le contact parfait du verre et du metal. De plus, apres avoir place la cloche qui fcrme I'appareil , on y tait le vide, pour que la pression exterieurc de I'atmosphere acheve d'e- tablir tous les contacts. Avant de laire rentrer I'air, on tourne 4 vis qui tiennent a la piece de fer fixee a la muraille, jusqu'a ce que ces vis viennent presser fortement et egalement centre l'anneau qui horde la plaque de suspension. Cette piece de fer environne l'an- neau , et s'appuie par ses deux bouts eontre les pierres de taille de deux pans de murailles opposes , auxqucUes ces bouts sont joints par de forts ecrous. Des bras de fer places dans le plan des oscil- lations du pendule , s'elevent des deux pans de muraille pour sou- tenir cette premiere piece. >> Ce n'est qu'apres avoir ainsi assure I'invariabilite de I'appareil, qu'on y laisse rentrer I'air, qu'on enleve la cloche de verre , qu'on met en place les plans d'agate, sur lesquels on suspend le pendule, qu'on introduit barometre, thermometre, eprouvette, pour re- mettre ensuite la cloche et fermer I'appareil , qui ne peut plus poidre on recevoir d'air que par le tulie metallique aboutissnnt an ( 320 ) piedestal. Coninie les trois cylindres de verre sont tellement presses enlrece piedestal et la |>iece de suspension, qu'ils ne peuvent point sc dilater, on nc pourrait peut-otre pas evilcr la chance de leur fracture , en faisant jouer les vis du piedestal aussi long-temps que la temperature subirait de notables changemens; il faut pour e\i- ter un pareil accident, desserrer un pen les vis qui joignentia piece de suspension a la piece de lamuraille, les serrer de nouveau (|uaiid la temperature redevient constanle, et retablir rhorizontalite des plans d'agate. » C'estainsi que I'appareil fut disp!)se a Greenwich; mais on I'avait fixe d'une maniere un pen difl'erente dans la maison de M. Browne, oil le capitaine Kater avail fait ses observations, et on le capitainc Sabine fit ses deux premiers essais. Comme les residtats de ces observations different notablcment de ceux que M. Bessel a obtenus d'une autre maniere, et ces der- niers s'accordant mieux que les premiers avec la seule explication theorique qu'on en puissc donner, il est bon de suivre et d'appre- cier exactcment toutes les circonstances au milieu desquellesde ca- pitaine Sabine a dO faire ses observations. Aprcs avoir constate, par une experience preliminaire, que sou npparcil fonctionnait assez bien ; aprcs avoir surtout constate la po- sition invariable des couteanx du pendule et rhorizontalite des plans d'agate, il fallait discuter les indications du thermometre. II est evi- dent que le volume de cet instrument devait augmenter quand on faisait le vide ; il arrivait en effet que la meme temperature indiquee a I'exterieur par yi°,^ F. , sous une pression atmospherique de 29,845 pouces, etait indiquee a I'interieur par 70°,7 sous une pres- sion de 7,08 pouces. Pour verifier ce resultat , on mit le thermo- metre dans de la glace fondante , et il marqua 52° : on fit le vide dans le recipient de hi machine pneumatiquc 011 le thermometre avail ete place, et il indiqua 5i°,35, a une pression d'un demi- pouce , pour revenir a 02° lors de la restitution de I'air. II avail done marque o°,75 de moins ; il perdit o",7o a 7 pouces de pres- sion; o%5 a i5 pouces; et o°,4 a 20 pouces; telles furenl les cor- rections employees par la suite. Toutefoisil fut reconnu que I'appareil ne teuait pas parfaitement le vide , et conunc on crut qu'il etait un peu ebranle par les oscil- lations du pendule , on raffermit toutes les parties du systeme par ( 324 ) (Ic nouveaux liens, oA Ton cimenta mienx les joints du piedesl.'il, Une soconde experience prcliminuire ne laissa rien a desirer. Alois on transporta I'appareil a Greenwich, oii il ful dispose coinine on I'a dit au commencement de cet article. On n'employa qu'une lumiere reflechie, provenant d'une lampc d'Argand. On mit dans I'interienr de I'appareil , une eprouvette de dix pouces et un barometre a cuvette. Outre le thermometre libre, dont on vient d'indiquer la marche, on introdnisit dans cet appareil, deux nou- veaux thermometres places eux-menies dans un tube de verre ferme par les deux bouts et prives d'air ; enfin lui quatrieme thermometre donnait la temperature de Pair exterieur. Les experiences ont toutes etc faitcs de la maniere suivante : On iaisait osciller le pcndule dans I'air a la pression ordinaire, puis dans I'air rarefie, et une seconde fois dans I'air ordinaire. On rame- naitcestrois series d'observations a une temperature uniforme, cx- primee en nombres ronds. Ainsi , les nombres d'oscillations indiques dans le tableau suivant ont ete calcules , les premiers pour la tempe- rature de 72° ; les seconds pour 70° ; et tons les autres pour 56°. En- suite on prenait lamoyenne entre les deux experiences faites avant et apres I'emploi de I'air rarefie : ce sont ces moyennes qui sont rap- portees au tableau pour I'air ordinaire. Les deux premieres expe- riences ont ete faites dans la maison de M. Browne ; toutes les autres ont ete faites au moyen d'un autre pendule, scmblable au premier, a I'observatoire de Greenwich , et avec I'assistancc dc M. Taylor. Les deux dernieres , comme on le voit, ont ete faitcs dans le gaz hydrogene, comparativcment a I'air atmospherique ; on produisaitle vide aussi exactement que possible; on introduisait I'hydrogene ; on faisait de nouveau le vide ; enfin on introduisait pour la seconde fois de I'hydrogene , qu'on pouvait alors considerer comme parfaitement exempt d'air. Les pressions sont exprimees en pouces anglais de mcrcure a 32° F. ; les tempernlures sont en de- gresdn thermometre Fahrenheit; et les nombres iVoscillations sonl ceux que le pendule executerait en a4 heures de temps moyen. Prcssioiis. Temperaluros. OscJIlalions. Air ordinaire 29,845 72,01 85957,47 Air rarefie 7,08 72,5 85944»85 Differences 22,765 7^38 ( 525 ) Preisioiis. Trni|i>:ialurc.<. Osrill^liolii. Air ortlinaire 29,431 ^{9,7 8595o,85 Air rarefie 1,71 69,09 85959,915 Differences 37,721 9?o65 Air ordinaire 29,839 35,89 863o/|,59 Air rarefie 3,38 36,5 863i3,93 Differences 27,459 g,54 Air ordinaire 29,728 32,37 Air rarefie 3,59 33,45 Differences 26,1 38 Air ordinaire 29,762 36,4 863o5,85 Air rarefie o,653 36,52 863i6,3i Differences 29,109 io,38 Air ordinaire 30,196 35,67 863o5,645 Air rarefie i4,ii6 36,63 863 11, 35 Differences. ....... 16,080 5,7o5 Air ordinaire 30,193 38,i 863o5,57 Gaz hydrogene 5o,i935 39,32 863i4,o85 Difference 8,5 1 5 863o4,o3 863i5,2o i'. Air ordinaire. . . 2. Gaz hydrogene . . 3. Hydrogene rarefie. Differen. entre 1 et 2. Differen. entre 3 et 3. 3o,ii3 4>j25 3o,i2o 39,75 0,872 40^7^ 29,248 863o6,39 863 I 4,95 863 1 6,90 8,56 ( 526 ) AvanI: que tie passer a la conclusion finale de toutes ces expe- riences, il est cuiieux d'observer le rapport qui cxiste entre la resistance que I'air et I'hydrogene apporteiit aux mouvemens du pcndule. D'apres les dernieres experiences, 29,348 ou 5o ponces d'hjdrogene donnent un retard de i,g5 ou 2 vibrations : par con- se(|uent 863 16,95 serait le nombre d'oscillations que le pendule I'erait dans le \ide, en partant de I'experience faite dans I'hydro- gene. En second lieu ce pendule execute 865o6,59 oscillations dans I'air ; en retranchant de ce nombre le nombre precedent , on a 10, 56 vibrations pour exprimer le retard qu'apporte I'air aux mou- vemens du pendule. Le rapport des resistances de I'air et de I'hy- drogene est done de io,55 a 2, pour la temperature de 4o° «^t 1^ pression de 5o pouces. Le meme rapport, derive de I'avtuil- 'er- niere experience, est de 10,41 a 2 ; la valeur mpyenne est done de 5 1/4 a 1 , tandis que le rapport des densites de I'air et de I'hydro- gene est d'environ i3 a 1. On tire de la cette consequence tres- remarquable , que les resistances de I'air et de I'hydrogene , et pro- bablement de tons les autres gaz, sont loin d'etre proportionnelles a leurs densites respectives. Arrivant enfin aux experiences du tableau precedent, on trouve qu'en prenant les moyennes des differences de pression, des tempe- ratures et des nombres d'oscillations du pendule, la reduction de ce pendule au vide est de io,56 vibrations par jour, pour I'air a 45° F. de temperature, et a la pression de 5o pouces de mercure au point de la congelation de I'eau. En partant de cette valeur moyenne , pourcalculer toutes les donnees de I'observation, on trouve que la plus grande erreur n'cst que de o, i4 vibration par jour. La meme reduction, calculce en ne tenant compte que de la perte du poids du pendule dans Tnir, d'apres la fornmle usuelle, n'est que de 6,26 vibrations par jour (la densite du pendule est de 8,6 ). Par conse- quent, la reduction vraie est a la reduction faussement calculee jusqu'a present, comme io,56 est a 6,26, ou comme i,655 est a 1. Quant il M,. Bessel il trouve que ce rapport est de 1,9459 a 1 (Yoyez Jnnales , t. 2. p. 335) ; et la theorie montre que ce rap- port doit etre de a a i. La valeur obtenue par M. Bessel approche tres-pres de cette derniere, et devicnt ainsi tres-probable ; celle du capitaine Sabine s'en ecarte notablement ; quelle en est la cause ? .Vavais era d'abord que les parois de la colonnc de vcrrc, cntrc les- ( J'-^7 ) quellcs Ic pendule Dscillait dans los experiences en question, de- vaient acceieier le mouveinent du penilule dans I'uir ordinaire, en vertu de la tres-petite compression de cet air sitiie entrc les parois et lependide; compression que I'on eiit pu assimiler a I'aclion d'nn ressort qui, frappe par le pendule, eflt abrcge la course de ce der- nier, tout en lui conservant sa vitesse acqiiise. Le capitaine Sabine a eu soin de lever tous les doutes a cet egard ; en faisant osciiler son pendule dans la colonne dn verre, puis dans I'air libre , il n'a pu trouver aucune difference appreciable dans la marche de eel instrument. Le capitaine Sabine ne parle point de la compression du pendule par I'air atmospherique ; il est clair que ce pendide est plus long dans le vide que dans I'air, a egalite de temperature. Je ne connais que I'experience de M. Galy-Cazalat sur la compression cubique du laiton, qu'il porte u 0,00000709 par charge atmospherique; la compression iineaire qui en est le tiers, c'est-a-dire o,ooooo236, indiquerait que le pendule est plus allonge dans le vide que dans I'air de 0,00000128, et que par consequent il faut augmenter d'un cinquieme d'oscillation le nombre des oscillations qu'il fait en un jour moyen dans le vide, pour le rendre compai-able a lui-meme lorsqu'il oscille dans I'air. Ainsi , au lieu de io,56, la correction du pendule au vide sera de 10, 56, et le rapport de la correction vraie a la correction faussement calculee jusqu'a present, sera comme 1,687 est a I. Mais poiu- elevcr ce rapport a la valeur que lui assigne M. Bessel, ou a la valeur theorique qui en differe tres-peu, il faudrait supposer au laiton une compression cubique de 0,0001 5 par atmospliere, c'est-a-dire presque trois fois ct demie plus grande que celle de I'eau , supposition inadmissible. II faut done que la discordance qui existe entre les resultats trouves par IMiM. Bessel el Sabine, tienne a la difference de leurs appareils, ou a quelque er- reur d'observation. Dans un autre memoire , le capitaine Sabine consigne un fait encore plus surprenant ; charge d'examiner la marche d'un pen- dule invariable, a Greenwich et dans la maison de M. Browne , afin de lier ces deux points importans dans les Annates de la science , il a obtenu par deux comparaisons success! ves, les nombres d'os- cillalions suivans . rapportes aux menies circonstanccs almospjie- riques : ( 328 ) Londres 85973,57 85969,34 Greenwich 85974,09 85969,78 Differences o,52 0,44 La difference moyenne 0,48 indiquc une acceleration dans la niarclic dii pendnle a Londres ; et neanmoins Greenwich est de 2' 28" phis au sud , et de 5o pieds plus eleve au-dessus du niveau de la mer. La correction pour ccs deux causes reunies etant de 0,27 oscilla- tion, Londres I'emporte sur Greenwich de 0,75 oscillation, toutcs choses d'aiileurs egales, savoir latitude , tennperature, pression ba- rometrique. II y a done des inegalites bien grandes dans les couches terrestres, pour qu'elles deviennent sensibles en deux stations si rapprochees I'une de I'autre. Enfin le capitaine Sabine a repris les observations du pendule nieme dont le capitaine Rater avail fait usage. Place dans le vide , ce pendule a indique une acceleration totale de i5,7 oscillations quand son gros bout etait en has, et de 16,1 oscillations quand le pendule etait retourne; la correction que le capitaine Kater em- ployait a la place de celles-lii, n'excedait guere 7 vibrations. Ce pendule de Kater est termine a ses deux extremites par deux tiges de hois de sapin, ayant chacune 17 pouces de longueur. En leur substituant des tiges en bois de 6,4 pouces de longueur , les re- ductions au vide sont 13,4 et i4j9; enfin des tiges en laiton, de 7 pouces de longueur, abaissent ces reductions a ii,8et 12,8, qui comparees a 7 , sont dans le rapport assigne par les precedentes experiences du capitaine Sabine. II attribue les anomalies des tiges de bois a I'humidite dont elles s'impregneraient a I'air libre, et qu'elles perdraient ensuite dans le vide. Le capitaine Rater avail deja remarque que son pendule marchait irregulierement quand rhvuiiidite de I'air eprouvait de fortes variations. {Philos. Transact. , 1829, p. 83, 207 et 33i. ) ^ — ( Voyez la discussion de toutes les observations du pendule, Annalcs^ t. I , p, 343. ) ( 529 ) NOllVELLE EXPLICATION DES COULEURS ACCIDENTELLES ; PAR C.-J. LeHOT. L'ttil , apres avoir recu certaines impressions , n'est plus affecle de la meme manierepar les lumieres colorees, en sorte que les corps qui nous envoient ces lumieres ne nous paraissent point de la meme couleur que lorsque cet organe est dans son etat naturel. Ce sont ces couleurs ainsi modifiees par I'organe, qu'on designe sous le nom de couleurs accidenlelles. Si Ton regarde fixement un carre rouge peint sur un fond blanc, on voit un carre vert. En general , quelle que soit la couleur du carre primitif , le second sera toujours de la couleur complementaire. Sclicrffer, et tons les physiciens de I'epoque actuelle , expliquent ce phenomene , en disant que I'impression d'une lumiere colorce rend I'oeil incapable de nous faire sentir celles de la meme couleur qui sont faihles, ou que I'ccil fatigue par unc couleur ne pent plus nous en faire percevoir la sensation. Ainsi , lorsque I'oeil a recu I'im- pression du carre rouge, s'il se dirige vers le fond blanc, la lumiere blanche qu'il recoit etant composee de lumiere rouge et de lumiere verte , et la premiere n'ayant plus d'action sur I'espace impressionne par le carre rouge, cet espace ne nous transmet que la sensation du vert (i). Cette explication parait pen satisfaisante ; car il est difficile d'ad- mettre (jue la fatigue puisse etre exclusive plutot pour I'impression d'une lumiere que pour celle d'une autre. D'ailleurs le resultat de I'insensibilite de I'ceil, qui peut provenir d'impressions fortes de la lumiere, quelle que soit sa couleur, doit conduire a un eilet uni- que, et c'est ce que I'experience confirme ; car la fatigue de Ta-i! est toujours suivie de I'apparcnce d'une teinte noire. Si Ton regarde long-temps un carre d'une certaine couleur, peint (i) V')yi'Z Ic Judina/ c/c /i/iy iifjuc dv i^SS. ( 33o ) sur iin foiul blaiic, on le voit entoure d'une Ijorduie de la coulenr complementaire. Si Ton place entre la lumiere et I'oeil un morceau de papier rouge , et que Ton presente une petite bande de carton blanc , parallele- ment a la surface anterieure du fond colore, et trcs-prt-s de celte surface , le carton parait alors vert. L'auteur de la Mecanique celeste suppose qu'il cxiste dans I'oeil une certaine disposition , en vertu de laquelle les rayons rouges com- pris dans la blancheur de la petite bande , au moment oii ils arrivent a cet organe, sont comme attires par ceux qui forment la couleur rouge predominante du fond, en sorte que les deux impressions n'en i'ont plus qu'une, et que celle de la couleur verte se trouve en li- berte d'agirconmie si elle etaitseule. Suivant cette maniere de con- cevoir les choses , la sensation du rayon rouge decompose celle de la blancheur; et, tandis que ces actions homogenes s'unissent en- semble , Taction des rayons heterogenes qui se trouvent degages de la combinaison , produit son effet separement. Cette explication n'a manifestement pu se propager qu'a I'ombre de la reputation de sou auteur ; niais elle est trop eloignee des principes de la saine phy- sique pour qu'il soit necessaire de la refuter (i). NOUVEAUX FAITS RELATIFS AUX COULECRS ACCIDENTELLES. Si, apres avoir jixt un carre rouge, onporte lesj-eux sur un fond noir, on voit un cane vert , mais dont la teinte tire sur le noir. L'explication de Scherffer est done inexacte , puisque le carre vert parait aussi sur un fond noir qui ne reflechit pas de lumiere blanche. Si Ton fixe un carre rouge, et qu'ensuite on dirige les yeux sur mi fond blanc , on voit un carre vert ; mais ce carre parait plus petit , egal, ou plus grand que le carre rouge, selon que le papier blanc sur lequel on porte la vue est plus pre s , a meme dis- tance, ou plus eloigne que ce dernier. 11 ne paroit point qu'on ait jusqu'a present remarque que la graii- (i) Voyez Truile dc physiqiir , par Haiiy , I. II , p. 271- 1 ( 53. ) deur de I'image secondaire fiit vaiiable avec la distance du fond. On fait ordinairement cette experience en plarant un carre colore sur un fond blanc, et Ton jette les yeux sur ce fond qui, se trouvant a la menie distance des yenx que le carre colore , offre un carre de la couleur complenientaire egal au pren^ier ; aussi trou\'e-t-on dans le memoire de Buffon (i), et dans les autres ecrits qui ont ete publics sur les couleurs accidentelles , que ces deux carres sont toujours egaux ; nials en faisant varier la distance du fond , je me suis assure de I'inexactitude de cette assertion; cette observation, conune on ya le voir, m'a conduit a la \eritable explication des couleurs accidentelles. Si apres avoir fixe le carre rouge , on jette les j-eitx sur un fond colore, le carre qu'on apercoit ojjre une couleur composee de la couleur produitepar U impression secondaire et de celle dufond. Par exemple , si Ton fixe un carre jaune, et qu'on regarde en- suite un fond yert , le carre secondaire paraitra de la couleur coni- posee, suivant la loi de ^'ewton (2), du violet et du vert. On avait deja remarque que les couleurs accidentelles etaient mo- difiees d'apres le fond ; niais conformement a la theorie de Scherffer, on enoncait la loi de ces modifications de la maniere suivante : le carre vu sur le fond colore , sera de la couleur du fond dont on aiu-a retrancbe la couleur du carre priniitif. Je place un ro/id rouge sur unfond blanc , et , apres Vavoir fixe long-temps avec un seul ceil, fapproche cet ceil du discfue rouge et je vols sur ce disque un second disque rouge , mais d'une teintebeaucoupplusfaihle, et qui diminue de diametre a mesure que man ceil s'approche du premier. II resulte de la que , si Ton fixe un corps colore , il parait de plus en plus pale pendant un certain temps ; resultat encore contraire a la theorie de Scherffer; car la couleur du corps, au lieu de p;llir , devrait paraitre plus foncce on melangee d'une portion de noir, tandis quelle parait plus blanche. A la verite, apres un long inter- vallc de temps , elle devient plus foncee , mOnie plus que dans son etat priniitif, parce qu'alors I'ceil est veritablement fatigue; mais (1) Memoires rfe iAcadcnue , 1743. (a) Optic/iie do Newtm , liv. I , part, -i . f'" Prop. ( 532 ) tctte circonstancc laisse toujours la theorie de Scherft'or insullisanlc pour expliquer I'affaiblissement de la couleur dans le premier mo- ment de rexperience. Ce fait curieux me parait devoiler la veritable theorie des cou- leurs accidentelles ; car I'apparence du rond plus pale sur an fond rouge, qui diminue umesure que I'oeil se rapproche du fond, resulte manifestement de I'impression qui fait naitre une image verte lors- que I'oeil est dirige sur un fond blanc. En effet, le rond rouge pale passe par les memes degres de grandeur que le rond vert qui parait sur le fond blanc , comme je m'en suis assure en mesurant la gran- deur de I'un et de I'autre, pour des distances egales de I'oeil au plan sur lequel les ronds se dessinent, Enjin, si au lieu d'approcher V ceil du disque rouge , on I't- toigne , on voit ce disque entoure d'une bordure verte ; et si Von mesure le diamelre exterieur de cet anneau vert, on le trouve egal au diametre du disque vert qui parait sur unfond blanc , I'oeil etant a la jveme distance. Ce fait nous fait connaitre la cause de la bordure verte qu'on apercoit autour d'un carre rouge que Ton fixe pendant quelque temps, et dont on n'avait point donne I'explication ; car si I'oeil s'eloigne apres avoir recu I'impression du rouge , I'image verte etant plus grande que I'image rouge la depassera; ou, si I'oeil etant reste a une certaine distance constante , il change de position late- ralement, I'image verte qui resultera de I'impression secondaire sera plus grande que I'image rouge ; enfin , dans I'experience de la bande blanche vue sur un fond rouge, I'oeil apres avoir recu I'im- pression du rouge du fond doit voir cette bande d'une couleur verte, puisque la lumiere blanche reflechie par la bande blanche ne pent que diminuer I'intensite de I'impression verte produite par le fond, sans en alterer la nature. A la verite , cette explication suppose que la partie de I'oeil qui recoit I'impression do la bande blanche, a recu auparavant I'impression du rouge; ce qui n'arriverait pas, si I'oeil, le fond et la bande blanche restaient toujours dar\s une position constante. Aussi dans ce cas la bande ne parait-elle pas verte , et le moyen de lui donner cette couleur est de I'agiter. D'apres ces diverses observations, je erois pouvoir etablir que tons U's phenomencs relatifs aux coulcurs accidentelles peuvent s ex- pliquer par les principcs que je vais exposer. ( 553 ) Theorie des cowletrs accidenteli.es. iJceil prive pendant qiielque lemps de luniit-re , dei'ieni jjlu.i sensible a son action. On pent priver une parlie de I'oeil de lumiere en regardant dcs objets noirs, et alor.s la seule partie que la lumiere ne frappe pa.s devicnt plus sensible. On pent encore priver I'ceil de lumiere en se placant dans un lieu obscur, et alors I'organe immediat de la vue devient plus sensible dans toute son etendue. Si Ton regarde un cane noir pendant un certain temps, et qu'en- suite on jette les yeux sur un papier blanc, on voit sur ce papier im carre blanc d'une teinte plus vive que le reste du fond. On salt qu'en passant d'un lieu eclaire dans un lieu presque com- pletement obscur, on ne distingue aucun des objets environnans; mais an bout de quelque temps , ces objets deviennent suffisam- ment distiucts pour que Ton puisse juger de leurs formes. Sans doute la prunelle augmentc beaucoup de diametre apres un sejour plus ou nioins prolonge dans un lieu obscur, et par consequent I'oeil recoit plus de lumiere ; mais cette circonstance, a laquelle on attribue la cause du phenomene que je viens de decrire, n'est pas la seule , et je crois qu'il faut admettre aussi que Tceil devient plus sensible. Des traits traces sur un fond blanc, exposes a une faible lumiere, ctaient a peine visibles auTravers d'un tres-petit trou ; apres avoir ferme I'oeil deux ou trois minutes, et I'ouvrant de nouveau, ces traits etaient parfaitement distincts. II est evident que, dans cette experience, I'agrandissement de la prunelle ne pent produirc aucun effet, puisquc la vision s'cffectue au travers d'un trou plus petit que cette ouverture. Lne impression produile par une forte lumiere rend I'organe moins sensible, et les objets qui form ent ensuite leurs images dans cette partie de I'ceil paraissent de leur couleur , mais me- langees de noir. En effet , si apres etre reste dans un lieu tres-e(?laire , on se trans- porte dans un autre qui le soit beaucoup moins, on est ebloui et on ne voit point les objets environnans. Si I'on fixe un carre blanc , ot que I'on jettc les yeux sur un fond obsciu- . on vena un carre ( 334 ) plus sombre. Si Ton icgarde fixenient un papier blanc expose aux rayons solaires, on vcrra promptement une tache grisatre sur le papier. L'impression dans Vceil, que produit la sensation d'line ccr- taitie coideiir, se modi fie d'elle-meme ; de maniere qu^apres un certain temps , ellefait naiire une sensation de la couleur com— pletnentaire. Cette impression modifiee , dure non-seulement pendant que l'impression primitive s'exerce, mais encore un certain temps apres que celle-ci a cesse , par suite de la dispa- rution du corps qui la produisait. Jc ne chcrclierai point ici a expliqucr comment l'impression pri- mitive pent donner naissance a l'impression secondaire , ni com- ment ces denx impressions peiivent exister simultanement , parce que ces explications ne pourraient etre qu'hypothctiques. Je rcmar- querai seulement que , d'apres la theorie de la Vision fondee sur la perception des images a trois dimensions , on ponrrait supposer que ces deux impressions n'occupent pas le meme lieu dans le corps vitre et qu'elles existent simultanement, comme j'ai fait voir que deux impressions primitives dues a des couleurs differentes existaient en meme temps dans des lieux differens de I'oeil. Quoi qu'il en soit, cette simultaneite des deux impressions est le principe fondamental de la pouvelle theorie que je propose pour expliqucr les couleiu's accidentelles (i). On sait que la lumiere plus ou moins jaune de la flammc d'une lampe ou d'une chandelle , faitparaitre les objets jaunes de la meme teinte que ceux qui sont blancs ; que dans une chambre fermee par des ridcaux de taffetas verts, les objets verts et blancs paraissent de la meme teinte ; enfin on sait que flionge a remarque que les corps blancs et rouges, vusau travers d'un verre rouge, paraissent dc la meme couleur. Du reste , ce phenomene qui a lieu aussi avec des verres d'autres coulciu-s , mais moins parfaitement , se manifeste d'autant mieux que les corps que Ton regarde an travers du verre colore sont plus eclaires. Co celel.re physicien explique ce pheno- mene d'une maniere qui est bien loin d'etre satisfaisante. 11 etablit ) Mais quand bien meme on pourrait admettre I'existence de ces couches invisibles sur le verre, on n'aurait point une explication des couleurs magnifiques que presente un cristal naturel , et du nvyvport qin" exisli^ entrc sa coulcur et son axe de double rel'raction. Que quclque principc physique et incnnnu soil la cause de tons ces phenomencs, c'est ce qui scr.i rendu beautoup plus probable, i ( 3^3 ) lors(Hu; jo soumtUiai i\ la Socictc royalc iin nieiiioirc sur Ics uienies series [ii;iiodi(|>ics de coiilcurs, pniduites sous des incidences analo- gues, [Kir les surfaces des metaux ct dcs solides transparens, lors- que ces corps agissent isolement sur la lumiere, » L'action des surfaces des corps cristallises sur la lumiere, pre- scntc plusieurs phenomenes remarquables , dont je me suis fort occupe. Je publierai mes resultats en deux memoires ; le premier traitcra de l'action des surfaces des corps sur la lumiere , comme d'un caractere raineralogique , et contiendra la description d'un [ilho- scofe, propre a faire distinguer les mineraux les uns desautres; le second contiendra mes recherches relatives a rinfluence des forces de la double refraction sur les forces ((ui produisent la reflection et la polarisation. Mes premieres experiences faites dans ce but, se trouvent citees parmi les Transaclionsphilosophiqites y)Quv 1819; mais dcpuis, je les ai resumees, et j'ai obtenu des resultats d'un grand interfit'). {Philos. Transact., 1829, p. 187. ) ?^OTE SUR L'ACIDE LACTIQUE. Dans la seance de rAcademie des Sciences , du i5 mars dernier, M. Chevreul a communique I'extrait d'une lettre que lui ecrit M. Berzelius, relativement a I'aclde lactique. Pour refuter I'opinion des auteurs qui pensent que I'acide lactique n'est qu'un melange ici comment nous expliquons I'ex- p«^rience de M. Berzelius. 1 " L'ammoniaque et I'acide se saturent difficilement I'un par I'autrc lorsqu'ils sont etendus; or, dans I'acide lactique, I'acide acetique est necessairement assez etendu d'eau et d'albumine pour que la combinaison u'ait pas lieu en totalite. Nous avons dcja eu I'occa- sion de remarquer que l'ammoniaque ne precipitait pas I'albumine de notre acide lactique artificiel , et par consequent ne saturait pas i'acide acetique , commc le font les autres bases caustiques , telles que la baryte, etc. 2° On *rait que lorsqu'on distille une solution aqueuse d'acetate d'ammoniaque , il passe d'abord de l'ammoniaque , puis de I'acide acetique , et que ce n'est qu'a la fin que le sel hii-meme passe avec un cxces d'acide. Que sera-ce si I'acide acetique est combine avec I'albumine ? 5" L'ac»3tate d'ammoniaque ne se sublime ct ne devicnl ainsi reconnaissablc qu'avec un exces d'acide, A I'etal neutre il rcste ( 347 ) (lissoiis dans I'eaii de la distillation ; on sent done qu'il passera inapcnu , s'il n'cxiste j)ns en quantite considerable et que I'animo- niaque soit en exces. 4° Enfin nous avons compose de toutes pieces une combiuaison intinic d'acide acetique rectifie et d'albumine de I'ceuf de poule ; nous avons vu que I'acide acetique finissait par se combiner telle- ment avec I'albumine, que I'ebullition la plus longue ne I'eliminait pas. A la distillation il ne se degagera done pas une grande quantite d'acide. Or, si on a verse de I'ammoniaquc dans le melange, pense-t-on que I'ainmoniaque rompe entierement une aflinite aussi intinie, et ne partage pas au contraire la fixite de la combinaison? Tout ce qui precede confirme le contraire. 5° Si I'acide acetique a de I'affinite pour Tall-umine , I'ammo- niaquc en a aussi pour la meme substance ; la fixite que I'alljumine commumique d I'acide acetique , elle la communiquera aussi a raminoniaque, et I'acetate d'ammoniaquc se degagera diflicilement. \oila tout autant de raisons capables d'expliquer I'anomalie que signale M. Berzelius , anomalie qui tournerait encore plus contre scs prenaieres experiences que contre notre decouverte ; mais enfin en laissant de cote cette anomalie , je ne vois pas ce que M. Berze- lius peut repondre a cette experience : qu'on verse de I'acide acetique dansde I'albumine de I'oeuf de poule, qu'on fas^cbouillir le melange en ayant soin de fdtrer tant qu'il se produit un coagu- lum; on obtiendra par evaporation une substance tres-acide, qui sera soluble dans I'alcool et dans I'eau, deliquescente , et produi- sant tous les sels de I'acide lactique ou nanceique. Voila deux acides ideutiques par toutes leurs proprietes, et qui ne le seraient pas par Icur composition intime ! Pour([uoi done tant torturer la nature, pour obtcnir un nombrc imagiuaire deproduits, quand , a I'aide d'experiences simjjles et faciles, on explique si bien les phenomenes et qu'on aj>lauil tant de difficultes ? On a done bien peur de riduire les siibslanccs ! si Ton veut en cela salislaire des gouts, nous nous garJerons de le* coutraricr; mais si I'ou veut faire de la science, qu'on nous per— mcttc de declarer (jue ce n'est plus ainsi (|u'il luut y proceder. HASP AIL. ( r>/,8 ) MEMOIRE SlIR LES SULFliRES, lODlTRES, BROMURES , ETC., METALLIQUES ; PAR IM. Becqtierel. ( Annlj-se. ) M. Lecquerel obtient ces composes a I'etat crislallin , do la nia- niere suivante. II prend deux petits tubes ouverts par leurs deux bouts, ct remplis a Icurs parties iulerieures d'argile Ires-fine, Icgere- nient humectee d'un liquidc londucteur de I'electricite. Au-dessus dc oetle argile on verse, dans cliaque tube, des dissolutions me- talliques, on viennent plonger les deux extremites d'une lame de metal. Les deux petits tiilios sont places chacun dans I'une des branches verticales d'un troisitme tube en U, contenant nn li- quide destine a ctaljlir la communication electriquc dans I'appareil. L'argile sert ici aretarder autant que possible le melange des liqui- des renfermes dans les deux petits tubes. Sulfure d' argent. On verse dans I'un des petits tubes une disso- lution satin-ee de nitrate d'argent, et "dans I'autre luie dissolution d'hydro-suifale de polasse, en partie decomposee par le contact de I'air, afin d'avoir une action moins forte; puis on reunit ces deux liquides par une lame d'argent. Le nitrate d'argent est decompose; son argent se depose a I'etat metalliquc sur le bout de la lame qui plonge dans cette dissolution; et dans I'autre tube il se forme de I'eau et du sulfure d'argent qui se combine avec du sulfure de po- tassium. Ce double sulfure, qui cristallise en beaux prismes, se decompose peu a pen par i'action de I'acide nitrique, qui n'arrive qu'en dernier lieu. II se forme alors du sulfate de potasse , et le sul- fure d'argent cristallise en octaedres, tant sur la lame d'argent que sur les parois du tube. Ces cristaux ressemblent parfaitement aux crlstaux dc sulfure d'argent natif. Sulfure de cuivrt. Si I'on rcmplace le nitrate d'argent par le ni- trate dc cuivre, et la lame d'argent par une lame de cuivre, on ob- tient d'abord un double stdfme de cuivre ct de potassium, qui se decompiisc onsuite, ct donnc des cristaux dc sulfure de cnivrc, a faces triangulaires, parcils ii ceux que Ton Irouve dans la nature. ( ^% ) O.fi siilfiiie d'antivioinc ou kcnvis. En cmplnyant [os mOnie-; li(|iii(les que daiis roxperience precedentc , ct en clablissanl la com- numitation an moyen d'un arc nioitic! ciiivie et moilie antinioiiu- , Ic picniior metal plongeant dans le nitrate, ot I'autrc dans I'hydro- snlfatc; on oblient sur Ic cuivrc du cnivre metalliqne, et sur I'anlimuine , d'abord un precipite brun-rouge, puis de pelits cris- taiix ct dcs lames cristallisees de memo nature, qui out tons les ca- racti'rcs du kermes. Suffiires d'ttain , de plornb el de merciire. L'autcur a obtcnu de la mcme maniere, le sulfure d'etain en tres-pelits cristaux cu- biques d'un bianc brillant ; mais les experiences relatives aux sul- fures de plomb et de mercure ne sont pas encore terminies. Siilfitres defer et de zinc. Ces sulfures, qui sont facilement de- composables par le contact simultane de I'eau et de I'air , nc peuvcnt se former que dans le cas ou Ton ferme hermetiquement le bout du tube qui contient I'bydro-sulfate alciilin. L'autcur est parvenu deux fois a obtenir, sur la lame de ler qui plongcait dans cette dissolu- tion, une multitude de petits cristaux cubiques de fer suUurc, sem- blables aux pyrites. II n'a pu encore obtenir le sulfure de zinc. loduies metalliqne.';. Pour les obtenir, on subslituo I'liydrio- date depotasse et de soude a I'liydro-sulfate alcalin. Avcc le plomb, on oblient d'abord un double iodure de plomb et de potassiimi, en aiguilles blanches soyeuses tres-fines ; pen a ])eu cette combinaison se decompose et fournit un grand nombre de cristaux dcrivant de I'octaedre regulier, d'un jaune d'or et d'un aspect brillant; c'est de I'iodure de plomb. — Le cuivre donne d'abord un double iodure en aiguilles blanches, puis on obtient des cristaux octaedriques d'iodure de cuivrc. — Les bromures et les seleniures peuvcnt sans doule etre obtenus d'une manierea nalogue. {Annal. de Chim. et de Phjsiq.\ t. l\'i , p. 225.) NOTE SUR LES ANALYSES CHIJIIQUES DE M. THOMSON. M. Thomson a public dernieremenl en Angleterrc un livrc inti- tule Priiicijjcs Joudaitienlnux de hi Chimic, donl Ic but est de confumcr I'hypothese du doctcur Prout, que les atonies de tons les corps soiit des multiples de celui dc rhydrogcnc. Les analyses du ( 35o ) doctcvir Thomson ne semblcnt meriter aucune confiancc , du inoins a en iu^er par les nombrciises circnrs dans lesqncUes il est tonibc. MM. lire et BcrzoIUis ont relcvc plusieurs fois, mais avec un pcu d'aigi-enr, dcs inexactitudes qui sembleraient annoncer chez le doc- teur Thomson, rincapacite absolue de faire une bonne analyse. Voici encore I'un de ses compatriotes, 31. Turner, qui lui an- nonce, en termes extremement polis, que i'analyse du chlorure de barium, snr laquelle sont basees beaucoup d'autres analyses du livre des Principes , est erronee ; c'est-a-dire que si Ton melange 106 parties de chlorure de barium avec 88 parties de sulfate de potasse, il n'y aura point, comme I'annoncc M. Thomson, une complete decomposition reciproquc , mais qu'il restera environ deux et quart pour cent de chlorure de barium indecompose , comme M. Berzelius en avait deja fait la remarque. {Philosoph. I'mnsat., 1829, p. 391-) RECHERCHES MIR I'N NOUVEAU MINERAL ET SUR TNE NOUVELLE TERRE QU'lL RENFERME] PAR J. -J. Berzelius. [Suite de la page ai5 cle ce tome. ) Thorium et soiifre. En chaiiffant un melange de thorium et de soufre, ce dernier corps commence par se sublimer, apres quoi le metal s'enflamme dans le gaz, sulfureux , presque avec le meme eclat que dans I'air. Le resultat de cette combustion est une poudre jaune qui devient brillante par la compression , sans neannioius ac- querirun eclat metallique. Chauffee dans un tube de verrc ouvert , cette poudre laisse un residu de thorine , et le soufre est sublime, meme apres que le sulfure de thorium a etc rougi dans un conrant d'hydrogene ; mais ici la combustion n'a aucune vivacite. Si Ton verse sur la poudre jaune quelques gouttes d'lm acide etendu , clle degage d'abord une faible odeur d'hydrogene sulfure ; mais elle ne |iarait pas se dissoudre, meme a chaud ; I'acide nitrique I'altaque faiblement. Dans I'eau regale froidc , ellc reste indissoule ; mais a chaud elle s'y dissout sans residu et en dcgageantde I'oxido d'azotc; 4a solution conlient du sulfate do thorine. ( 55'. ) Thorium el phosj)lwre. Si I'on cbaiift'c du tlioiiuni dans la va- pem- tie phosjihorc , il y a inflammation el ('onibinaison. Lo phos- phurc de tlinrium est gris fonce , d'lm eclat metallique , scmblable au graphite ; il n'est pas attacpie parl'eau ; chauffe , il brflle et forme nn sel dc phosphore. Sels de Thorium. Tons les sels de thorium ont un gofit fort et astringent, sans ar- rierc-gofit acide, doux ou amer, mais semblable a celui du tanin ; ce caractere les rapproche des sels de zirconium. lis sont precipites en blanc parl'acide oxaliquc et le eyanatc dc potasse, et troubles Icnternent par le sulfate de potasse. Ces trois reaclifs les distingaenl de tons les autres genres de sels, excepic de reux de rnxidule de cerium ; mais ils different de cenx-ci , en oe qu'ils donnent par I'al- cali caustique lui preoipite incolore qui ne jaunit pas a I'air, comme celui qui provient de I'oxidule de cerium. Les sels de tborinc se de- composent a la chaleur rouge, et laissent pour residu la thorine (|ue les acides abandonnent plus facilement que la zircone. a. Sels hnlo'ides. Le chlorure de thorium s'obtient en melangeant la tborine avec du Sucre pur, carbonisant completement le melange dans nn crenset de platine , et cbauffant ce cbarbon dans un tube de poioelaine tra- verse par un courant de cblore tres-sec. La decomposition est fort lente, et le chlorure de thorium qui se forme etant pen volatil, sc depose la oii le tube cesse d'etre rouge, en un anneau ])Ianc, epais ciistallin, de consistance demi-fondue, au devant duquel se trou- vent quelques ecailles detachees. Pendant I'opcration, le chlore est accompagne irune vapeur blanche , qui se depose dans le recipient adapte au tube , en une masse non cristalline, soluble particllement dansl'eau, et laissant sur le verre une couche transparcnte de tho- rine. Cette couche ne peut etre enlevee ni par I'eau , ni par I'acide muriatique, ni par I'acide nitrique, mais seulement parl'acide sul- furique concentre. Le chlorure de thorium neutre s'echaufTe fortemciit dans I'eau ^ et s'y dissout completement, si I'on a pris la portion de ce chlorure qui est compacte et demi-fondue pendant I'operation. L'hydrate de thorine se dissout facilement dans I'acide muriatique. Si la solution est concentrec jusqu';\ un certain point, et surtout si elle conticiU un exces d'acide qui rend le scl moins soluble, elle- ( 552 ) tlonne par rofroidisscmont mic nia?sc ilc ciislaiix aciciilairos ; mais coiiffnlrt'C jiisqii'a ilossiccalion par iino chaloui- douce, cllc fuurnit tme masse deliqucsccute , iiicnstallisablc, el qui ne pcul sccher, menie dans un air sec. Eii continuant achatiffcr, cetle masse so decompose ; la thorine se forme, et I'acide niuriatique s'echappe. Le chloriirc de thorium qui contient de I'eau , se dissout dans I'acide muriatique concentre, mais plus lentement que dans I'eau; le chlorure de zirconium est au contraire presque insoluble dans cet acide. L'alcool dissout aisement le chlonu-e de thorium. Le chlornre de thorium forme avec le chlonnx' de potassium un scl double, tres-soluble , et presque deliquescent , qui pcul Ctrc seche et rougi dans un courant dc gaz acidc muriatique; dans cette operation, il y a une petite partie de chlorure sublimee et unc autre separee de Teaii qui y ctait encore contenue , mais la plus grandc partie demeure sans alteration. Je me sers de cette projuiete enlrc autres pour reduire le thorium par le moyen du potassium (i). On pent ohtenir ce sel double cristallise, mais fort irregulierement , a cause de sa grande solubilite. Le bronnire de thorium s'oblicnt en dissolvant I'hydrate de tho- rine dans I'acide hydrobromique. La solution acidc , en se conccn- trant librement par evaporation , tburnit une masse Yisqueusc, sem- blablc a de la gomme, et qui, par la decomposition de I'exces d'acide, se colore en jaune fonce , couleur qu'ellc conserva sans alteration par une exposition de plusieurs jours aux rayons solaires, a 5o degres centigrades (2). Si Ton ajoute un peu de bromure de (1) Une tentalivc que j'ai fails pour oblenir , de la m^me manit-rp, un chlorure de potassium et d'aluminium exempt d'cau propre u la retliiction, a camplctemcnt echoue , parce qu'il ne lestaqu'une quanlite cxln'mcmonl faible dc chlorure d'aluminium qui ne fut pas dcconipose'e. (2) J'ai trnuve que cetle coloration derive d'une propriete que posscdp riode au plus haul degre, le brome a un degre' inferieur, ct que le chlore no possede point du tout; savoir celle de procurer des combinaisons pbis fortes que cedes qui correspondent aux oxides. L'iodo les donnu avec les plus foiles bases , le sodium ct \c. potassium ; il y a aussi de fortes combi- oaisons de I'iode avec Ic calcium , le magnesium , etc., qui se dissolvent et cristallisent aisement , el qui forinent , avec Thydrale de la terre , dcs composes salins . insolublrs , el qui rcdonneut la lerre quand on les clend dc beaucoiqi d'oau. Ce n'ost ((u'avec dcs bases metalliques fadiles , ct surlout avec le broniiue de calcium , que le brome donnc ccs foiles c (Taulre region que I'ecorce de la grnine. q3. Pour parvenir a la solution de la question que nous clierchons a resoudre, il faut d'abord se faire une idee generate de ranatonii<> d'une graine de cereale. On s'assure par une coupe longitudinalo ( fig. 1 1 , que I'embryou (i^) est applique immediatement au-dessous d'une large empreinte en ecusson que Ton remarque a la base de la surface convexc de la graine ; que cet embrjon est cntoure , a I'exception de sa face anterieure , d'un perisperme blanc {d) ; que ce perisperme occupe toute la capacite du pericarpe rougeatre et resineux. 94. Or si Ton pratique dcs coupes transversales sur toute I'e- tendue du perisperme, on pent facilement constater que le gluten existe dans toute sa substance. Car en humectant d'une goutio d'eau ces tranches, on parvient, a I'aide de deux pointes d'aiguille, a malaxer cette tranche : la substance se tiraille, sc dechire en repandant des flots de grains de fecule , s'attache d'un cote au porte-objet, et de I'autre aux deux pointes, sous forme de filamens fibrineux. g5. Dans I'alcool , chacune de ces tranches reste cassante ; dans I'ammoniaque , I'acide hydrochlorique et dans I'acide acetique , an contraire, elle se ramoUit et se dissout en grande partie; car il fau( faire , dans cette experience , la part de I'amidon qu'emprisonne le gluten (i). 96. II est encore juste dc ne pas oublier qu'ordinairement dans les experiences en grand, on constate la solubilite du gluten dans les menslrues dont nous venous de parler, par le moyen de la clia- Jeur; 11 faudradonc, dans les experiences microscopiques, coni- (^^ Pour repe'ter ces expdriences , il faut se scrvir de deux James do verre, dont I'uno possede une cavite en segment de sphere, et qui soient susceptihles dc s'appliquer I'une sur I'autre a frottement. On a ainsi drs espt'ces de flacons bouche's a Temeri, dans lesqucls il est facile d'observer, au microscope, la marche des phe'nonienes plus ou moins lents des disso- lutions. On trouve de ces lames de verre toules pretes, chez Deleuil, luc Dauphine , n" ■Jij, ( 3?. ) penser par la tlurco, la tlialeur qu'oii no pounait pas y employer. 97. On ne rencontre vine substance analogue au gluten ni clans I'embryon, ni dans le pericarpe. En consequence, le gluten, dc meme que I'aniidon, appartient exclusivement a cette substance blanche et le plus souvent farineusc, que Ton nomme le perisperme. 98. La region qu'occupe le gluten dans la graine etant une fois determinee d'une maniere precise par les reactifs et la dissection , il reste a decouvrir le role que cette substance y joue. 99. Si Ton place, sur le porte-objet, une tranche transversale tres- mince du perispemie ((/) de I'orge , on n'apercoit dans sa substance , rien qui annonce d'une maniere sensible , qu'on a sous les yeuxun tissu cellulaire vegetal, meme apres qu'on I'a humectee d'eau, 100. Mais, au lieu d'une coupe transversale, qu'on pratique une coupe longitudinale et qu'on place a sec, sur le porte-objet, une tranche non par trop mince, on ne manquera pas de rencontrer des occasions favorables, pour reconnaitre que le perisperme se compose de grandes cellules allongces affectant 1/7 de millimetre en longueur et 1/20 en largeur (fig. 5 ); on decouvre en meme temps que les grains de fecule remplissent la capacite de chacune de ces cellules, et si Ton cherche a malaxer avec deux pointes d'aiguilles, on se convainc que les parois de ces cellules jouissent exclusivement des proprietes du gluten. 101. En praticpiant des coupes transversales du perisperme, on n'obtient pasunresultat aussi satisfaisant, parcequela coupe nepeut y interesser qu'une petite fraction de la longueur de la cellule gluti- neuse , que les parois si minces, si pen susceptibles d'etre appreciees d'une cellule se trouvant alors placees de champ , n'offrent que leur tranchant a I'oeil de I'observateur, et que les gros grains de fecule encombrant toute la capacite des mailles dece reseau achevent d'cii rendre le tissu inapcrcevable. Par des coupes longitudinales, an contraire , on voit la couche des cellules de face , et a la favour de la transparence des interstices qui les separent les lines des autres, il est facile d'en reconnaitre les contours et d'en mosurer le dia- metre. On doit pourtant s'attendre a ce que les contours de ces cellules si elastiques et si faciles a se deformer, et dont les in- terstices ne se sojit inCltres d'aucune parccUe de substance verto, ne soieiit j.aniais Aussi ncttement dessints que les contours des ccl- lulles de^ autres tissus vegetaux. ( "^T^ ) 102. Si le gUileii n'est que le tissu cellulaire des rercales , d'oi'i vient que parmi les coreales, les unes fournissent du gluten a la malaxation, et les autres n'en offrent pas la moindre trace? Ceite objection qui, au premier coup d'oeil, parait specieuse, est suscep- tible de recevoir rexplioalion la plus simple. Les lissus vegetaux varient a I'infini , sous le rapport de leur elasticite ; les tissus les plusligneux out commence par etre elastiques et giiitineux, et ils ont passe insensiblement par to us les intermediaires do ces deux etats extremes. Nous expliquerons plus tard la theorie de ce passage de I'etat glutineux a I'etat solide et ligneux; ce sera lorsque nous aurons a nous occuper du role que jouent les sels dans I'organisa- tion des tissus organiques. Nous nous contenterons aujourd'hui de poursuivre I'application du fait que nous venons de signaler, a I'ano- malie que presentaient les giaines des cereales sous le rapport dn gluten. io5. On sait que la graine du froment fournit en abondance du gluten, que I'orge en donne fort peu. Cependant il est aise de s'assurer au microscope que le tissu cellulaire dont la fecule occnpe les vesicules, ne differe aucunement dans le ptrispcrnie de ces deux plantes. Mais dans I'un les parois de ces vesicules sont elastiques , dans I'autre elles sont cassantes ; que dis-je ? dans le mSme grain d'orge, il est assez facile de trouver des coucbes de ces cellule.; glutineuses et susceptibles de se souderparla malaxation, et d'an- tres qui se refusent , par leur rigidite , a ce genre de rapprochemciit ; les premieres occupent de preference le centre, les secondes son I placees vers la peripherie. 104. On sait encore, par les experiences de Beccari, que la meme espece de grains peut ofFrir on refuser du gluten, selon la nature du sol et la diversite des expositions. On sait d'un autre cote que ces deuxespeces d'agens influent encore sur la nature et les modific:!- tions des tissus ; il ne paraitra done pas ctonnant que le gluten, f|ui reste le meme a I'observation microscopique , paraisse et disparaisse tour a tour dans I'analyse en grand. C'est ainsi que VAvena sativn possede du gluten dans un pays et semble en etre prive dans un autre. io5. Mais une circonstance frappante qui vient encore a I'appui de ce que nous venons d'etablir, c'est que lorsque le gluten d'une cereale ne se presente pas dans la malaxation sous forme du gluten. ( :5:5 ) un est siir ile le ictruuvcr, d;ins Ic coins de la maui])ulation , sons forme d'albiimine vegetale. M. Davy trouve 6 pour loo de gluten dans Vyii'Pna saliva, tandis que M. Vogel trouve 4,30 d'albumine et point de gluten dans la farine de la mCme plante. 1 06. Pour Jeter un plus grand jour encore sur ce double plieno- niene, il est bon de chercher a reconnaiti'e, a I'aide de quel mecanisme, le gluten manifeste sa presence dans I'acte de la manipulation. (^)uand on i'ait rouler dans Teau, et sur le porte-objet, les divers tleniens confondus par la mouture dans la I'aiine de froment, on voit les parcelles diaphanes, blanches ct extremement minces des cellules ghitineuses, se rencontrer par les faces de leurs parois , sans s'associer; mais lorsqu'un mouvement un peu brusjue a rapproche les bords de deux parcelles voisines , d^s ce moment , on voit ces deux parcelles rouler de compagnie et sans se desagreger, dans le li(|iiide. On peut produire en grand le meme effet. Soient deux masses de gluten obtenues isolement par la malaxalion : si Ton ( hercbe a les reunir par le simple contact , elles ne contractent au- cune adherence; mais si on pratique une entaille dans Tepaisse'-u- de chacune d'elles , et qu'on mette ensuite en contact ces deux solutions de continuite, le moindre effort suffira pour operer I'asao- ciation de ces deux masses. 107. Le but de la malaxation est done de pressor les unes centre les autres les parcelles glutineuses de la farine par leurs bords de- chircs. Aiissi la quantite de gluten variera-t-elle selon qu'on em- ploieratel outelmode de malaxation. Ainsi Beccari, qui se contentait de deposer la farine sur un tamis , et de la tenir , en cet etat, sous un filet d'eau , obtenait moins de gluten que Kessel-Meyer qui avait soin de former d'abord une pate avec la farine, et de la petrir continuellement sous le fdet d'eau , jusfiu'a ce que I'eau ne passat plus laiteuse. Dans le premier procede , le poids de I'eau qui tombe rapproche qnelques parcelles, mais en eloigne , en isole ou en des- agrege un plus grand nombre qui passent en consequence a travers le tamis ; dans le second procede , au contraire , la main comprime , roule en tous sens, rapproche par tons les points de contact les parcelles eparses, et ne permet a I'eau d'eniporter presque que les grains arrondis et glissaus d'amidou. J'ai meme constate que Ton obtenait plus ou moins de gluten, selon que Ton pressait la pate de telle ou telle manierc. Ainsi . on en perd une plus grande quantity ( J74 ) qiiand on se contente de pressor peipencUculairement la pate , rpic lorsqu'on la roule siir elle-meme avec effort. 108. Les phenomenes que presente le gluten, dans I'actc dc la malaxation, ne different done pas des pheliomenes que presente la gomme elastique (caoutchoiic) , donit on ne peut agglutiner les lambeaux que par leurs bords rafraichis a I'aide d'Une lame tran- rhante ; et cette propriete n'est pas exolusivementaffectce aces deux substances, mais encore a tons les tissus qui , par leur elasticilc, se rapprochent dii gluten. MM. Amussat, Velpeau et Thierry viennent de constater qu'en dechirant et tordant les artercs, on s'opposait aux hemonhagies bien plus puissamment qu'a I'aide des simples li- gatures. Ce fait trouve son explication dans ce que nous venons de dire : la ligature ne met en contact que les parois des membranes ; la torsion , au contraire , en met en contact les bords dechires , et le rapprochement a lieu d'une maniere plus intime. log. Mais si la malaxation a ete inhabile a produire ce rappro- chement des parcelles du gluten , si les molecules d'eau (jui les humectent , n'ont pas eu le temps de se combiner assez intiuiement avec elles pour leur rendre ou leur preter la propriete de Telasti- cite ; il est possible que , pendant I'ebullition et I'evaporalion de I'eau avec laquelle on a cherche a epuiser les principes de la larine, les parcelles de ce tissu reprenhent leur elasticite en s'imbiljant, et deviennent susceptibles non-seulement de s'associer aux parcelles homogenes, mais encore de former avec elles et sans malaxation un tout plus resistant; en d'autres termes, le tissu cellulaire, qui avait refuse a froid d'apparaitre sous la forme de gluten, apparaitra a chaud sous la forme d'albumine vegetale. On voit comment I'a!- liance des observations anatomiques et des experiences en grand fait naitre tot on tard I'explicalion des anomalies les plus foites en apparence. 1 10. Le gluten n'est pas tellement affecte a la graine des cereales, qu'on n'en trouve quelques traces dans beaucoup d'autres plantes ; les petales, les bulbes, les tubercules , lestissus jeunes et verdatres, et, ainsi que nous le verrons plus tard, le pollen , en renferment des quantites suffisamment appreciables, quoique avec des variations accidentelles d'elasticite et de consistance. m. Une nouvelle difficulte reste a resoudre dans I'explication que nous venons de donner. Si le gluten n'est qu'nn tissu cellulaire , ( 3rr> ) susceptible, dans ccilailis vO^clauv, do dcve ir ligiieux, coimnenl se fait-il que ce gluten soit si foitement azote , tandis que le ligneux Test si peu; que le gluten enfin, soit, par toutes ses proprietcs , une sul)stance animale ? Comment un tissu animal elabore-t-il dans son sein des globules prives d'azote, comme le sont les globules d'a- midon ? Cette difficulte ne tire sa force que de I'idee , je puis dire arbi- traire, que nous nous sommes fonnce du role que joue I'azote dans la combinaison des tissus azotes. Parce que I'analyse elementaire nous a ("ait cOnstater la presence de I'azote dans le tissu d'line sub- stance organique , nous en avons conclu que I'azote formait un des elcmens de sa combinaison. II n'est venu dans I'esprit a per- sonne de se demander, si cet azote ne pourraif pas etre considere comme etranger au tissu lui-meme, et comme y existant, soit libre mais condense, soit combine avec une autre substance egalement clrangere a la premiere substance. Ces deux suppositions meritent pourtant d'etre I'objet de rechcrches speciales ; nous les aTons eu- treprises , et nous croyons avoir obtenu des resultats satisfaisans. 1 1 2. iNous avons deja vu ( § 34 ), que I'empois mis en contact avec Pair atmospherique se change en substance azotce. Ne serait-il pas possible que I'azote du gluten reconnflt pour cause la meme absorption de Pair aimospheritjue ? On salt que les corps poreux sont capables de condenser les gaz qu'ils absorbent , et par consequent de les combiner; M. Lonchamp a rendu plus que probable la formation de I'acide nitri([ue, aux depens de I'oxigene et de I'azote de I'air at- mospherique absorbe et condense par les pores de la craie. Or le j;luten absorbe de Pair, non-seulement dans Petat de vie et de de- veloppement de Povaire, mais encore pendant I'acte de la malaxa- tion ; ce dernier point est d'unc verite incontestable. Or si I'on re- cueille les gaz que le gluten laisse degager les premiers jours de son contact avec Peau . on trouve , comme Pa constate Proust , que ces gaz ne sont que de I'acide carbonique et de I'hydrogcne pur. Qu'est devenu I'azote de Pair atmospherique ? 1 1 5. Pour evaluer le genre d'infliicnce que Pair atmospherique cmprisonne par la malaxation exerce sur la decomposition du glu- ten , i'enlrepris les experiences suivantes : i° je placai de la farinc de froment dans un sachet a doubles parois d'une toile serree ; jc plongeai ce sachet dans Peau d'un grand bocal muni a sa base d'unc tiibiiluic. Lc lendemain j'ouvris la tul)ulurc dp la l);i.sc . cii ayant soin «le reniplacer I'eau (jiii en sortait par iine quantite t'gaie d'ean qui'coulait dans le bocal par I'ouverture superienre ; de maniiie que le sachet rempli de farine n'etait jamais en contact avec Pair. Afin d'accelerer le rapprochement des molecules du gluten, j'avais soin de faire f'rapper le sachet centre Ics parois du vase; la fecnle sor- tait a travers les mailles du sachet de menie que les substances so- lubles dans I'eau. Je repetai cette operation pendant plusieurs jours, a differentes reprises. J'ouvris alors le sachet; je scparai en deux portions ce gluten ; je deposai I'une dans un bocal plein d'eau de 8 cent, de hauteur (n° i ) ; je malaxai I'autre avec les mains et au contact de I'air, je le deposai ensuite dans iin godet plein d'eau de 3 cent, de hauteur (n° 2) ; d'un autre cote , je pctris de la I'arinc pendant un quart d'heure, sans chercher ;> en extraire le gluten; jc la deposai dans un bocal plein d'eau ayant les memes dimensions que le premier (n° 3) ; enfin je jclai, dans I'eau d'un bocal sem- blable, une egale quantite de farine, qui en se deposant au fond du vase, y formait une couche de 2 cent, de haut (n°4)- Quinzc jours apres le n° 1 repandait seulement une odeur acetique , el rougissait le tournesol ; le n° 2 repandait une odeur fetide et rame- nait au bleu le papier rougi par les acides; le n° 3 un peu fetide donnait des signes ambigus d'acidite et d'alcalinite ; le n° 4 fade, acidule, rougissait le tournesol. 20 jours plus tard le n° 1 repandait la meme odeur acelique, rougissait le tournesol; le n° 2 trcs-felide, bleuissait forlement le tournesol rougi par un acide;le n° 3 devenu acetique et un peu alcoolique, rougissait faiblement le tournesol; le n° 4 de meme , quoique avec une odeur vaguement fetide. Ainsi le meme gluten se comportait de deux manieres differentes selon qu'il avait etc malaxe avec ou sans le contact de I'air. La farine se comportait de deux manieres differentes selon qu'elle avait etc soumise a I'une ou I'autre de ces epreuves. On aurait pu croire que les deux glutens n°' i et 2 n'avaient tant differe I'un de I'auti'e, que parce que le second avait ete petri avec les mains, circonstance dont les chimistes n'ont jamais tenu aucun compte, mais qu'il m'importait d'evaluer. Je malaxai done deux quantites egales de farine, I'une a I'aide d'une cuiller en fer et sur un tamis en crin , et I'autre avec le secours des mains; je deposai une egale quantite de chacun de ces deux glutens dans uur /gale ( 5;; ) ([uantilc d'eaii. Le> deux gluteus niaicliereiit toujoiirs de front sous le rapport de I'alcalinite ; seidcnient le gluten nialaxe avec le secours des mains repandait line odeur fetide et spermatique , tandis ([iie I'autre n'avait contractc, meme quinze jours apres, qn'une odeur de lait gate. Ainsiles mains, par leur transsudation et les debrisepider- miques qu'elles cedent au gluten, nc peuvent qu'accroitre I'inten- site , mais non changer la nature de la decomposition de cette sub- stance ; ce n'etait done pas ;\ cette circonstance qu'on eut ete en droit d'attribuer la difference des produits n°' i et 2 de la premiere experience. Enfinlc gluten cxiste avec tons ses caracteres dans la farine avant la malaxation : d'oi'i \ient cependant que la farine simplemcnt de- [losee dans Teau ne donne presque jamais des signes d'une fermen- tation alcaline ? On pourrait dire que dans la farine, il existe des substances heterogenes, I'huile, le Sucre, la gomme, la resine, etc., (!ont le melange est susceptible de masquer ou de paralyser la fer- mentation glntineuse. Pour repondrc a cette objection, j'ai place , le 5o mars 1S26, de la farine dans un bocal de 8 cent, de baut et de 5 d'uuvcrture , rempli d'eau distillee jusqu'au goulot. La farine Ibrmait an fond du vase une couche de 2 cent, et demi. Lorsque toute la farine me parut deposee , je decantai le liquide que je rem- plarai par ime egale quantite d'eau distillee, danslaquelle j'eus soin d'agiter et de delayer avec un tube de verre toute la couche de fa- rine. La meme operation fut repetce, et souvent deux fois par jour, les 2 , 4 , 8 , g, 1 1 , 1 2 et 1 8 avril, en sorte que ces divers lavages ont pu s'elever au nombre de 12. La couche de farine avail diminue d'un centimetre; car I'eau que j'enlevais tenait souvent en suspen- sion des tegumens et des couches de cellules de differente nature , ainsi que j'avais eu soin de m'en assurer an microscope. Or, ce ne fut que le 21 avril qu'une odeur fade de hit aigri commenca a se inanifester, et ce ne fut que le [\ mai que le papier tourncsol indiqua des traces d'une acidite qui devint de jour en jour plus prononcee ; I'odciu- a fini par se monlrer avec tons les caracteres de I'odeur ca- seique qu'exhale la fecule bouillie, et placee dans les conditions que j'ai decrites < i-dessus ; mais jamais les papiers reactifs n'y ont re- vele le plus leger indice d'alcalinite. Cette acidite ne pouvait dtmc J lus etre attribuee a la presence des substances etrangeres au glu- ten ; car il est facile d'admcltrc qu'a la fa\cur de tant de lavages ( 57« ) lepetes, j'etais parvenu a les cnlever toiitos ; el qii'il no icstail en consequence dans I'eau que des grains inallerables d'auiidon et (les parcelles du gluten. Les bulles de la fermentation s'elevaient avec rapidite , depuis le ai avril, de la couchc farineuse; ces bulles etaient done fournies par la decomposition du gluten. Le gluten pent done, surtout lorsqu'il n'a pas ete malaxe a I'air, fournir des produits acides et non ammoniacaux. Supposerait-on que la nature acide de ces produits pourruit en- core etreattribuee alapresence de ces quantites inappreciablesde sub- stances solubles, dont les lavages les plus nombreux ne parviennent jamais tout-a-fail a depouiller les substances insolubles de la farinc. Mais alors, le gluten obtenu par la malaxation, devrait fournir des produits bien plus acides que la farine lavee ; car il est evident "que, pendant le cours de la malaxation, le gluten emprisonne, dans ses mailles factices , un tres -grand nombre de parcelles avec les- quelles il etait melange avant la manipulation. L'lmile, le Sucre, le son , la fecule surtout , ainsi qu'on le constate au microscope , y existent en grande proportion. Et pourtant la presence de toutes ces substances n'empeche pas le gluten malaxe, de donner, en peu de temps, des signes evidens d'alcalinite et de putrefaction. Done I'in- tensite de ces deux circonstances doit etre attribuee a la presence de I'air atmospherique dans les mailles naturelles ou factices du gluten malaxe. li4- Ce n'est pas que, dans la fermentation acide de la farine, il ne se produise pas de I'ammoniaque ; car nous avons vu que I'acide caseique ne tardait pas a manifester son odeur. et , ainsi que nous I'avons vu en parlant de la decomposition de I'empois (§ 34), I'acide caseique n'est qu'un sel a base d'ammoniaque , un acetate par exempleplus ou moins melange. Mais piiisque, apres la malaxation, il se produit assez d'ammoniaque pour masquer la presence des acides, il est naturel de conclure que cette difference tient a une espece d'elaboration de I'air atmospherique. Dans le gluten malaxe, le sel ammoniacal tendrait de plus en plus a devenir avec exces de base. Dans la farine non malaxee , au contraire , il resterait avec exces d'acide. L'experience suivante vicnt encore a I'appui de cette theorie. ii5. Le 17 juillet 1826, j'introduisis 1 gros de gluten malaxe, dans un flacon plein d'eau distillee , et bouche a I'emeri. Des le ( 379 ) lendeniain le gluten etait souleve, des bulles de gaz s'ecliappaient de sa substance interieure, et finirent par former, en se reuiiissant, une grosse bulla sous le goulot. Je debouchai le flacon, j'aihevai de le remplir d'eau distillee et je le bouchai de nonveau. Le gluten se souleva encore, laissa degager force bulles de gaz jusqu'au 28 jiiillet, epoque a laquelle la masse commencaa se tasser au fond du vase , et a y former un gateau compacte qui n'adherait aucune- ment au verre, et qui, lorsque je renversai le vase, retombait en entier sur le goulot. Aucune buUe d'air ne se degngea plus apres cette epoque; mais peu a peu le gluten commenra a noircir. Le 26 octobre , le gluten n'avait pas cbange de forme ; j'ouvris le flacon , il s'echappa de tons les points du liquide une multitude do pctilcs bulles vers le goulot; I'odeur etait si fetide, qu'elle me causa un mal de tete violent. Je rebouchai le flacon. Le 26 novembre, je rouvris le flacon qui, depuis le 26 octobre, n'avait pas donne les moindres signes de fermentation, quoiqu'il eutete un instant en con- tact avcc Fair atmospherique. L'odeur qui sortit fut si fetide et si insupportable , que je ne me sentis pas le courage de recueillir les gaz qui s'en echapperent pendant plus de deux heures apres I'ou- verture du bouchon. Pour me delivrer de cette odeur , je rejetai I'eau du flacon, et je versai, sur le gateau de gluten, de I'acide by- drochlorique' etendu. Aussitot le gluten reprlt sa blanchenr primi- tive, et, au lieu de l'odeur insupportable dont je viens de parler , iL exhala une odeur agreable d'acide caseique. Je jetai le gateati sur un fdtre, je le lavai a grande eau, et j'obtins une masse blancbe pulvorulente , sans odeur prononcee , qui , observee au microscope, ne m'off"rait que des parcelles de gluten , telles qu'on les reconnait dans la farine delayee dans I'eau. Or quel rule a joue I'acide hydrochlorique dans cette circonstancc? n'est-ce pas evidemment d'avoir sature I'exces de base du sel am- moniaral, qui des lors s'est fait sentir avec son exces d'acide. 1 16. Et qu'on n'objecte pas que la quantite d'air atmospherique que sa masse est capable d'absorber ne soit pas en rapport avcc la quantite de produits amnioniacaux que fournit le gluten par sa decninposition spontanee, ou que la quantite d'azote qu'il fournit parTanaiyse elementairc; car le gluten soit pendant la vegetation, soit pendant la malaxation , joue evidemment le role d'un corps poreux. Or, si les corps porcux inorganiques ou desorganises sont ( 58o ) susncptibles d'aljsorber, en les coiidensant , des quantitt's considt'- raljles d'air, pourquoi refuserait-on cette menic propriotc a un corps urganique encore done de toutes les proprietes que lui communique sa structure et sa vitalite, si je puis m'exprimer ainsi? pourquoi lui refuserait-on ce que rcxperience nous force d'accorder a la craic ct au charbon? Or, si le gluten pent condenser I'air atmospherique, il peut en combiner Icselemens non-seulement entre cux, mais en- core avec sa proprc substance. L'azote et Thydrogene du tissu loinieront I'ammoniaque , I'oxigene avec le carbone et I'liydro- gene du mcnie tissu , ou I'oxigene et l'azote suiTiront a toutes les combiuaisons atides auxquelies I'ammoniaque \iendrait s'associer. 1 17. Quoique les principaux produits ammoniacaux de la decom- position du gluten puissent etrc attribues, sans blesser les regies de I'analogie, aux combiuaisons du tissu et des elemens de I'air al- niosplierique qui se trouve emprisonne dans ses maillcs, par reflet soit de la vegetation, soit de la malaxation ; on est encore en droit d'en indiquer I'origine dans la presence des sels ammoniacaux qui , pendant les phases de la vegetation , se seraient combines avec le tissu, et qui peut-etre contribucraient autant a lui conserver sou elasticite, que les sels calcaires, comme nous le dirons plus tard, contribuent a communiqner une solidite ligneuse aux tissus organi- ses. Que ces sels ammoniacaux existent de toutes pieces dans le gluten, meme avant la malaxation, c'est ce qui paraitra plus que probable , par ce que nous allons exposer sur I'histoire de I'al- bumine animale, substance avec laquelle le gluten a de si grands rapports. 1 1 8. Albimiina animale. — Quand on observe une couche de I'albumine de I'oeuf, placee avec assez de precaution , surle porte- objet du microscope , pour (ju'on soit en droit de penser que les dc- chiremens n'en out pas essentiellement altere I'organisation, on j)arvient use convaincre que I'albumine n'est pas une substance homogene. Car en faisant mouvoir de droite a gauche le miroir ro- flecteur, on voit, par I'effet du jeu de la lumiere, des reseaux nua- geux s'entrecroiser ; ce qui n'aurait pas lieu si I'albumine ne se com- posait pas au moins de deux substances heterogones. Lorsquc la eouche albumineuse est restee quelque temps ap})liquee coulre le porle-objet, et siu'tout a I'epoque a laquelle la dessiccation com- uience, on voit ce tissu transparent se bosseler, ct oflVir des globes ( 58. ) plus oil muins ag{;lulini's (i). Cftlc cirronstancc n'a pas lieu, lors- ((u'on observe l;i goimne arabique purifice a travers plusicurs filtres reunis. D'uii autre cote, ces tlcux substances heterogencs ne pou- vaient etre supposees exister clans Talbumine sans oidre ct d'uiie luaniere confuse ; puisque cet effet de luniitre produit par le mou- vemcnt du niiroir reflecteur a lieu avec la nieme intensite, sur tons les points de la surface observee. A I'oeil nu une masse d'albumine de I'oeuf, pourvu qu'elle ne soit pas alteice, offre par reflexion, commc par refraction, la meme homogeneite de structure , et la meme diaphaneite dans toute sa substance ; ce qui acheve de prou- vcr que les substances beterogenes que I'obscrvation microscopiqiie perniet d'abord d'y supposer, doivent s'y trouver dans un arrange- ment regulicr et non associees pele niele et sans ordre; car autre- nient, au lieu de paraitro diapliane, ralbumine aurait I'aspect laileux et opaque des liquides qui tiennent en suspension des substances de nature diverse. iig. L'analogie me porta ii penser que ces deux substances al- bumineuses se trouvent I'une a I'etat de tissu, et I'autrc a I'etat de liquide renferme dans les cellules du tissu. Pour m'en convaincre, j'agitai , dans I'eau distillee, de Talbuniine fraiche de I'ceuf de poule. L'agitation rendit I'eau laiteuse, et Ton y voyait flotter une quan- tite assez considerable de larges fragmens de tissus blancs et uieni- braneux; je fdtrai a travers plusieurs fdtres ; I'eau passa limpide et incolore ; le filtre resta reconvert de tissus blancs , qui agites dans I'eau refuserent de s'y dissoudre, et la rendirent de nouveau lai- teuse. Le liquide filtre evapore spontanement sur une lame de verre, olfrait au microscope la meme homogeneite, les memes ondulations et les memes cassures qu'une couche dessecliee de goiiinie ara- bique (2). Si on I'exposait a Taction de la chalcur, il devenait laiteux et se coagulait ; si on I'abandonnait au contact de I'air, il se cor- rompait el se couvrait de monades. En consequence I'albumine de I'oeuf se compose d'un tissu insoluble, organise regulierement et renfernianl dans ses cellules une substance soluble , beaucoup plus alterable que le tissu. Ce dernier lui-meme s'est organise de toutes pieces et successi- {i)f^oy. fig. 14 'il t'lail pdssiliie de ciinslaler. «5 ) ." C. :■' c. .;■ c. 'C,Ti-l)om> 1",88i ^2,ii4 4'-«,'i4 S \-"^"-^ ^^'-' .^^^' 30,58: eau. H Hydrogcne.. 7,9^4 j ^^f^ } J j Azote 16,988 ifi',()88 ■■■ I ao,58o ammon. 'S f 0,952 d'hydr I - , 1 'J \ 5,767 de carbon, i ^-''O ''3'J'-- carbon. 100,001) 100,000 IOO,OOu Carbono 53,36o 5i,o56 5i,o56 tij I Oxigeni- . . . . i9,6>5 i9,6S5 j - ^ -^ " 'I 4.'9& / , Azote i9,9J4 19,934 j 24,i3o ammon. ".^79 d'hydr. ... „„., , , , 2,3o4 de carb. \ 2,68-, hydv. carbon . 100,000 100,000 100 000 ^ 'Carbono 52,883 44,4 >o 44,45o ^lOxigenu 23,872 2j,»72 ( ^ 1^ I Hydrog.'.ne . . 7,540 } ^;°^7- ;;;••;••••• ^ j Azote 15,70% 15^703!..'.'!!.'.'.'!! I '8.99G amnion. "j f ',392 d'bydr ( o f- . , , 100,000 100,000 /Carbon,. 59,781 5o,;6i 60,761 I Hydros.^... 7,4^9 1 l^^ ! ; ; ; ; ! ] ; ] | ^ ! < j Azote 2T,38i 2».38i ( U 1,489 d'bydr | _ , , 9,020 de carbon. 1 '"^i? ^'y^'- '^"'••'"n- 100,000 100. 000 125. Je ne pretends pas que les choses se passent exacfcment dans la nature, comme ces combinaisons de nombres senibleraicnt I'indiquer. J'ai voulu seulement faire voir, qu'cn employant tout I'azote, on trouverait dans la qiiantitc u'hydrogenc de qiioi fonner de I'animoniaque , et qu'ensuite en employant I'autrc moitie d'liy- drogene a former de I'cau, il resterait une quantited'hydrog;tnequ'()n pourrait supposer oombinee avec le earbnne. Mais on concoit ponrtani , >>. 25 ( 586 )" qu'iiu lieu dc sc repiesenter lo lissu tngaui({ue comme une rombi- naison de 42? ii^ide carbone et 3o,587 d'eau par exemple , on poni- lait penser qu'une certaine quantite de ce carbone est combiiice avec une partie de I'oxigene et avec I'hydrogene restant, piur former un ucide qui saturerait rammoniaque. Mais en definitive, on conceit que rien ne s'oppose a ce qu'oii admette que I'azote dcs substances animales n'existe pas dans celles- ci , comnie element qnatrieme dc leur combinaison, mais comnle un element de I'ammoniaque qui se forme de tonics pieces dans I'acte de la vie soit vegetale, soit animale, et qui sc combine ensuile comme base, ou avec les tissus , ou avec les aeides qui se fornunt simultanement sous I'influence des memes circonstanccs. En admettant cette tbeorie, les tissus n'offrent plus les anomalies que nous avons dejii eu I'occasion de signaler; ils pourront devoiiir et cesser d'etre azotes , sans cbanger de nature et sans rien perdre de leur composition. Le ligneux aura pu comnienccr par etre gliili- neux, par le seul fait de I'cchange d'un sel ammoniacal ou de I'ammoniaque centre un sel terreux ou contre une base terreuse. {^Lft suile (III juinn'i-o inocJmhi.') EX A MEN CRITIQUE TES RECHERCHES CHIMIQIIES QUE M. H. BRACONNOT VIENT DE PUBLIER ( I ) STJR LE POLLEN DU TYPHA LATIFOLIA [MaSSClle d' eau) . Nous avons deja plusieurs fois ramene I'attention des observa- teurs sur le vice inherent essentiellement aux analyses en gran. I des substances organiques; en meme temps nous avons fait prevoir par quelle methede plus pbilosophique il sera possible de parvenir a des resullats plus sftrs ; et quoique les exemples d'analyse que nous avons soumis 11 la meditation de noslecteurs , ne soient pas encore tres- nombreux, nous nous plaisens a croire que les esprits desinteresses se sent cenvaincus de I'avantage de ces sortes d'investigations. Cependant il ne faut pas s'attendre u ce que les chimistes connus ^t) Anna}, de cli'nn el ife pkys. , septcml)io 1829, p 91 I ^«; ) par lies publications autt-rieuies, soiciil disposes a voir di-s a pre- sent toute la portre dc cette innovation , et a en introduire les pro- cedes dans leurs recherchcs ; on ne rcfait pas son education ; Ics nouveautes nous trouvent toujours mefians; la mode nous trouvo meticuleux et faciles; il n'y aura que deux classes d'hommes qui possederont les dispositions d'esprit necessaires pour secouer le joug dc la chimie pharmaceutique et medicale, et pour se soustraire aux influences des acadeniiques prejuges : ceuxqui forment la genera- tion actuelle et qui commcncent d'entrer en scene, et cnsuite les chimistes de province dont la celebrite ne vise point a I'ambitiondes places, et qui par consequent ne voient dans la science que la science. M. Braconnot, le chimiste le plus distingue de nos provinces, parait Touloir entrer franchcment dans cette nouvelle carriere. Mais pourtant I'ancienne methode le domine encore et I'entraine, comme une ancienne amierers laquelle I'habitude nous reporte, alors meme que la connaissance de ses defauts a refroidi notre attachement. Dans Tanalysc chimique que nous allons soumettre a une critique raisonnee et comparative, I'auteur a cherchc a faire usage deux fois du microscope ; niais plutot pour reconnaitre des formes que pour constater des reactions. Le physiologiste est reste en lui tout- a-fmt isole du chimiste; examinons les divers ecarts que cet isole- ment a fait faire a tous deux. Sur ioo parties de pollen du Tjpha lalifolia , M. Braconnot a trouve : 1° Eau 4r>oo 2° Pollenine d'une nature particuliere 1 23 q6 5* Matiere colorante jaune ) 4" Sucre 1 5" Maliert! peu azotee - i8,5a 6° Gomme ' 7° Saif forme de stearins etd'oleine 5,6o 8° Aniidon a,o8 9° Phosphate de magnesie et de chaux 1,28 10° Phosphate de potasse retenant un peu de muriate et des traces de sulfate 1,38 J 1° Malate de potasse 0,40 12" Silice o./|o iS" Oxide do fer » » ( r,8H ) Aliri tie proit'dcr il'mu' manit'fe plus simple , nous piisserons en revue chacune de ces i3 fractions du resultat, en evaluant les pro- cedes par lesquels elles ont ete obtenues. Je negligerai les sels de I'analyse; on les trouve presque dans toutes les substances analo- gues; et leur quantite est si peu determinee ou si I'aible, qu'il pour- rait bien se faire que des sels d'un autre genre aient ete meles avec eux, a I'insu du cliimiste. 1° « 100 parties de ce pollen ont perdu par la dessiccation 48 parties d'humidite, ce qui est d'autant plus remarquable que cette poussiere a unc apparence si seclie qu'elle semblc couler d'un vase i'l I'autre sans y adherer. » Le fait est moins remarquable, lorsque, par la manipulation mi- croscopique, ont est parvenu a se rendre compte des regions qu'oc- cupent, dans un grain de pollen, les diverses substances que les reac- tifs y veveleut. Les cellules de toute la peripheric sont rcmplies des substances insolubles dans I'eau ; les sul)stances aqueuses sont emprisonnees dans le centre , comme le gluten el I'amidon dans le pericarpe resineux du ble. Taut que la chaleur on un effort me- canique ne parvient pas a rompre I'cnveloppe , la prt'scnce de I'hu- midite interieure ne se manifestera pas an dehors. La fermentation interienre pourra produire sur les enveloppes le meme effet quo la chaleur exterieure ; c'est ce qui explique pourquoi M. Braconnot a vu cette poussiere s'humecter et se pelotonner, apresdeux ou trois jours de sejour dans un flacon bouche. 2° Polh'nine particitUerf. « La portion dii pollen insoluble dans » I'eau et priveepar lapotasse caustique, de I'amidon , de lamatiere » grasse , et d'une partie du principe colorant , prcsente ime maticre » azotee, mais bcaucoup moins que I'albumine, insoluble dans les al- » calls caustiqueset dans I'acide hydrochlorique concentre bouillant, » et dissoluble dans I'acide suU'urique concentre, d'oi'i elle est pro- » cipitee par I'eau. Elle se dissout aussi , quoique avec peine, dans » I'acide acetique concentre bouillant ; mais I'eau Ten precipite en » flocons blancs qui ressemblent a du fromagc. Ainsi divisee, elle est » soluble dans I'ammoniaque et dans la potasse caustique, desquels » elle pent ctre separee par les acides sous la forme d'un coagulum » blanc op.nque ; mais si Ton fait bouillir sa dissolution dans la po- » tasse, elle eprouve une alteration telle que les acides ne pcuvcnt » plus la s/'parer; dans cct elat, rile est pn'-cipitre do la liquoui- sa- ( 580) » turee, par ralcool et par riiilu-iion de gallc. (k'llc nialit-re ainsi ob- » tenue de sa dissolution acetiqiie par I'eau , se dissout aussi dans » I'acide hydrochlorique concentre bouillant, d'ou clle pent etre )) encoie precipitee par I'eaii. Dessechee, clle est d'une dcmi-trans- » parence cornec. A la distillation , elle se boursouflc et donne un » prodnit huileux et legerement ammoniacal , qui rappelle au bleu » Ic papier rougi par les aeides, mais sans aucun indice de carbo- » nate d'ammoniaque sublime. Quoique cettc matierc ne contienne « point de soufrc, et paraisse bien moins azotec par I'albumine , » cependant, traitce par I'acide nitrique , elle fournit de I'acide car- >> bazotiqueet point d'acideoxalique... Le pollen du/j/v/m, depouille » de sa matiere soluble, et expose surun papier a fillrer, a repandu, » a la verite, une tres-lcgere odeur putride qui bientot a disparu ; » il s'est ensuite convert de moisissure, mais sans^se ramoUir en au- )) cune maniere. Je I'ai lave avec un pen d'eau, la liqueur n'etait » point sensiblementtroublee par I'acide nitrique; et du papier rougi » par les acides que j'y ai plonge pendant quelque temps, a pris une )) legere nuance bleuatre. Cette portion insoluble du typba , ainsi » abandonnee a la decomposition spontanee, etait tout aussi pulve- )) rulente qu'auparavant. Delayee avecdu sucrc etde I'eau el exposee » a une douce temperature , la fermentation ne s'est point etablie xd'abord; mais, apres plusieurs jours , elle s'est manifestee assez » vivement, «t il en est resulte une liqueur vineuse qui a i'ourni de » I'alcool. D'apres les principales proprietcs que je \iens de signaler » dans cette substance, ou si Ton vent dans la pollenine du Tjpha, » on voit que sa constitution differe de celle du dattier, en ce qu'elle » est beaucoup moins azotee, et pour ainsi dire imputrescible. » Quant i\ la matiere colorante jaune (5°) qu'elle retient tres- forte- » ment , et qui est fixee comme sur un tissu , elle lui est tout-a-fait » etrangere , puisque je suis parvenu a Ten degager. » John (i) designa le premier sous le nom de Pollenine une sub- stance decritc avant lui par Bucholz, et qu'il avait tronvec dans lo pollen du Piniis abies. Cette substance, selon John, est jaune, insi- pide , inodore etne s'altere point a I'air; elle est insoluble dans I'eau, Talfool , I'ether, los liuiles grasses et volatilcs , etegalenient dans Ic (i) Chemiciil reicarches , t. IV ( ^90 ) polrole ; clle se dissout dans les lessives alcalincs, etla tlissoliition est brune ; elle briile conimc Ic pollen du Ljco podium clavitltim et conime le pollen du Piniis. Fourcroy etVauquelin (i) decrivirent dans le pollen du dattier une substance qui tient le milieu entre Ic gluten et I'albumine. Gotthus (2) designacette substance sous le nom d'albuniine vegetale dans le pollen de la tulipe. M. Braconnot , oomme on \ lent de le voir, la trouve dans le pollen du Typha avec des caracteres assez particuliers pour la regarder comme substance nouvelle; et si Ton confronte son analyse avec celle de ses devan- ciers , I'on ne pent manquer de croirc son opinion fondee. Cependant on voit que M. Braconnot se mefie, a la fin du cbapitre, des carac- teres qu'ila traces, ctqu'en definitive toute la difference qu'il signale entre celte substance particidiere et la poUenine des autres vegctaux, c'est que celle-la est moius aiotee et qn'elle est pour ainsi dire im- putrescibte. Mais si Ton jctte un regard philosophique sur la marche que Ton suit dans les analyses vegetales , on conviendra qu'en vertu de la methodc actuelle , la creation de ces substances finirait par n'avoir plus de bornes; et Ton s'etonnera sans doute que jusqu'a present les bons esprits se soient laisse entrainer a admettre comme vraies des consequences d'un principe aussi pen raisonnable. Une seule idee, qui leur echappe sans cesse, qu'ils dedaignent on qu'ils redoutent d'evaluer, est pourtant bien propre a rcnverser tant do bizarres echafaudages ; c'est que la manipulation altere et modifie inunensement les proprietes d'une substance organique ; d'oi'i il est aise de conclure que non-seulement telle substance ne sera plus la meme apres qn'avant la manipulation, mais encore que ses ca- racteres varieront a I'infini selon les diverses circonstances de I'ana- lyse et les divers procedes du manipulateur. Donnons pour exemplc ie gluten en general, en prenant pour type de sa nature chimique , les proprietes qu'on a rcconnues dans celui qu'on extrait de la fa- rinc, par la malaxation sous un filet d'eau. Cette substance est inso- luble dansTeauetralcool, elastique, putrescible, soluble dans I'acide acetique et I'ammoniaque ou dans les alcalis caustiques. Cependant le gluten obtcnu par la malaxation sous I'eau et sans le contact de (I) Ann. du Mas. , 1, ^i-]. {l) Schweigger's journal , XI, 281. ( 31)1 ) I'.iir, irestpaspiUresciblctoiiuuecchii(iu'oiiiioliloHupinlaniala\ation ii I'air; celiii que I'on nialaxe avec les mains est plus putiescible que celui qu'on malaxe avec une cuiller cu fer (i). Mais iniaginez une substance que vous serez force dc depouiller de ses eleniens so- lubles par Taction de certains menstrues energiques, avant de Tob- tenir sous forme de gluten , n'est-il pas evident que ce gluten aura contracte, sous I'influence de ces menstrues, des proprietes nouvelles '- ci-i'essiis , pag. 376. ( -^O'-^ ) socit', niais encore aux proportions de pliospluitcs avec lestjuels i! est combine. Le gluten variera done en raison de ces deux ciicou- stances; le plus jeune differera du plus age; et comme ses proprie- tes ne sont en definitive que des proprietes d'elasticite et de solu- bilite , il s'ensuivra que I'on croira avoir des especes differentcs de gluten, selon que ses molecules oiganiques se seront plus imme- diatement rapprochees et resisteiont davantage an reaetif qui tend a s'insinuer entre elles. Ajoutez a ces causes la presence de telle ou telle substance que le gluten emprisonne dans ses mailles : huile , gonime, resine, sucre ; et vous aurez encore des causes abon- dantes d'illusions etde creations chimiques. Le pollen a son tissu glutineux, comme le perisperme des ce- reales ; c'est cc tissu glutineux qui sort en forme de boyau, dans I'explosion, ainsi que nous I'avons demontre pour la premiere fois dans notre analyse microscopique du Pollen (i). Mais ce tissu glu- tineux varie taut sous le rapport de son elaslicite , qu'en suivant les principes de la vieille chimie organique on pourra creer autant de poUenines qu'on analysera de pollen. 4° Sucre. — Dans notre travail sur les reactifs du sucre , de I'huile et de I'albumine, nous avons deja indiquc le sucre dans cer- tain pollens (2). 5° Matiere pen azolce. — Cette matiere pen azotec est evi- demment un douldc cmploi de la poUenine que la presence d'un acide rend egalement soluble dans I'eau et dans I'alcool. Ces dou- • bles emplois sont inevitables dans la vieille chimie organique. 6" Gornme. — Le sucre, la gomme etla matiere azotee formaient 18,100 de la substance. On voit combien les nombres des analyses vegetales sont approximatifs et partant inutiles a la physiologic. Comment faire ensuite la part de chacune des trois dans une ana- lyse comparative? et comment meme peut-on assurer que la sub- stance obtenue par le procede de M. Braconnot, soit de la gomme? ;7° S II if forme de stearine et d'oleine. — Sans parler ici de I'alteralion que I'cther sulfuriquc fait subir a I'aide de la chaleur (1) Mem. sur les tissus organii/ues , t. Ill des Mini, ile la Soc, (PhisC. iiat. tic Paris , 1827. (a) Ann. des Sc. d'obs. , janv. 1839. ( ^ip ) .1 line sul)Staiicc (lU'agineuse, ii'cst-il pas evideul qu'a la fiivctir dc I'evapoiatiou de ce nu'iistrue on pomni oblenir un rcsidii com- pose non-sculenicut d'huile alterec , nuiis encore de resiiie et d'huilc essentielle dont la presence communiquera a la substance oleagi- ncuse des caracteres nouveaux? Or M. Braconnot a constate la pre- sence et la nature de ce suit' par I'evaporation de I'ether ; en le com- primant ensuite dans du papier gris, il a vu que cette substance y laissait des laches huileuses et qu'elle prenait plus de consistance, d'ov'i il a conclu que, comme ie suit", elle est formee de stearine et d'oleine. On concoit qu'a I'aide de ces pelits essais , un melange d'huile grasse, d'huile essentielle et de resine incolore pourrait ol- I'rir les caracteres dusuifavec sa stearine et son oleine. Nous revien- drons sur la stearine ct I'olcine dans le cours de nos publications de chimie niicroscopique. 8" Aniidon. — C'est ici I'article le plus curieux et le plus im- portant a discuter dans I'analyse de M. Braconnot. Nous sommes les premiers a avoir constate que I'iode colorait I'intericnr des gra- mdes de pollen du meme bleu que les grains de fecule. Ce fait se trouve consigne dans les Annales des Sciences nalitrelles , Oct. 1825, page 10 de notre travail; ibid., nov. i825, pag. 41 ^ explic. des pi., fig. 1 bis ; dans le Mcinoire sur les lissiis organiques § 66 , 1827, etc. Mais nous nous sommes bien gardes de penser que cette coloration indiquat la presence de I'amidon dans le grain de pollen. Nous avons au contraire cite ce phenomene, comme un de.ceux qui tendent a prouver que la coloration en bleu de la fecule par I'iode , est due a une substance etrangere ii la fecule , et dont celle- ci pourrait se depouillcr sans cesser d'etre fecule ( Ann. des sc. d'obs. lorn. II, p. 99, 1829). Examinons les precedes que M. Bra- connot a mis en usage pour demontrcr que I'amidon existe dans le pollen, comme semblait I'indiquer ccttc coloration. « 12 grammes » de pollen recent, dit M. Braconnot, out ete mis en digestion avec » de I'eau, a une temperature de 40 a 45°; il en est resjdte une li- » queur jaunatre qui n'ctait point troublee par I'ebullition, et n'a » produit aucune reaction sur le papier teint par le tourncsol. Le )) pollen ayant ete ensuite epuise par I'eau bouillante, ces nouvelles » liqueurs n'ont donne aucun indice de la presence de Tamidon. » Reunies ct evaporecs avec toules les precautions convcnables, ') elles out laisse 45 granmies d'un residu nn pen mou , d'un brun ( 394 ) » jaunritre, ct d'nne savciir douce el sucioe, uilIoc d'liuc legere )i iislrictioii. )) L'can botiillantc n'enlove rieu au pollen qui ail les proprietes de I'aniidon; le poUon no rcnfeiiuc done pas nn alome d'amidon. On pourrait objccter que les cnvcloppcs out enqtechc I'eau de pcnetrer dans les cellules qui renfcrnient la substance Cc- culente. Mais ces cnveloppes ne se sent pas opposees a ce que I'eau enlevat un residu mou, jaunatre, etc. Done les cnveloppes, ainsi que I'indique du restc I'analogie, ne forment point un obstacle a I'eau. « Pour apprecier la quantite d'amidon contenu dans le pollen, » ajoute M. Braconnot, 12 grammes de cette poussiere, prealable- » ment epuisee de ses principes solubles, ont ete trailes par I'eau » bouillante aiguisee d'acide hydrochlorique, et on a filtre a Iravers 1) un linge sur lequel on a pu laver la niatiere insoluble malgrc son » extreme tenuite L'alcool y a forme un depot gelatincux inco- » lore, lequel, bien lave a I'eau alcoolisee, ressemblait a de I'empois, « et pesait 0,25 grammes apres sa dessiccation. II s'est redissous » en partie dans I'eau froide. C'etait de I'amidon un pen modifie » par i'acide hydrocblorique. » C'est la la seule circonstance qui, dans I'analysc de M. Braconnot, rappelle un caractere de la focule different de la coloration. Mais comment M. Barconnot n'a-t-il pas observe que I'acide hydrochlorique ayant la propriete de dissoudre Jc gluten ( ou poUenine), cette espece d'empois pouvait bien n'etre ;iutre chose que le gluten ! II est vrai que M. Braconnot ajoute (jne cet empois s'est redissous en partie dans I'eau froide ; mais quand .on reflechit sur la difllculte qu'on eprouve pour separer un acide tl'une substance organique , on n'a plus beaucoup de peine a sonp- it'onner que cette dissolution partielle dans I'eau ( si toutefois co n'etait pas unc suspension ) , n'clait due qu'a la presence opiniiltre tie I'acide hydrochlorique. L'acide tartrique bouillant , d'apres M. Braconnot, mis en contact avec le pollen, fournit une liqueur incolore (jui prend luie l.ellc coideur bleue foncee avec la tcinlnre iiqueuse d'iode. Mais M. Braconnct ne nous dit pas si cet acide tar- trique renfcniie unc substance gommeuse. Nous n'avons pas bien d'agatc pom-ecraser et dissoudreles grains de pollen, alors la lein- » ture d'iode y developpc une belle couleur bleue ; d'oii il re'sulle » que V euveloppe sperniallque dii grain de pollen est iapissee » interieuremeut par de I'amidon , ce qui est d' nutant plus re- >• marquable que les grains de ce dernier, lels que le ivicrO" » scope les a fails connailre , ne seniblent guere plus pelits que » ceux du pollen du Tjpha. » II est assez probable que, si M. Braconnot avail eu presentes a I'es- prit les di verses figures et les experiences que nous avons publiees snr la fcciile, il aurait decouvertla cause du phenomene qu'il a de- crit dans la premiere partie de I'alinea que nous venous de tran- (i) Dans ranalyse c!e M. Ciaconnot , il n'est fait aiiciinement nicniiou ) N'est-il pas Ires-probable que ces phdnoni'enes ne sont dus » qua In fennenlatiun de la liqueur iucree contenue dans les » grains de pollen? It Cettc explosion a lieupresqne immediatement apres le contact du pollen etde I'eau ; la fermentation n'est pas si vite etablie , surtout lorsqiie les oiganes sont intcgres et n'ont pas ete alteres ; il faut bien que I'eau ait eu le temps de mettre en contact toutes les substances necessaires a la fermentation, et qui aup;ira- vant etaient separees par des cellules differentes. La fermentation n'a pas lieu dans I'ammoniaque et dans I'acide hydrocldoriqiie con- (^entre ; et cependant , ainsi que nous I'avons annonce d;uis notre analyse du pollen, I'explosionalieu dans ces deux menstrues. Enfin la fermentation se n.anifeste par un degagenient de bidles de gaz ; ces buUcs sont infiniment reconnaissubles an microscope. Or, dans I'explosion du pollen, il ne s'en degage pas une seule. Cette explo- sion si inexplicable aux yeux du physiologiste comme a ceux du chimistc, tient a nn simple phenomene mecanique; les cellules glu- tineuses de I'interieur du pollen etant avides d'eau, d'ammoniajiie et d'acide hydrochloriqne , s'en imltibent pen a pen ; a mesure qu'^Ues se combinent avec ces menstrues, ellcs augmentent de vo- lume; la capacite du tegument cxterne ne sufTit plus pour les con- tenir , et elles s'elancent an dcbors avec plus ou moins de violence j selon que leur combinaison est plus ou moins energique. L'cxamen critique de cette analyse de I'un de nos plus habilcs chiniistes de la province, jest un peu etendu. Mais les idees nou- velles que Ton oppose aux anciemies , ne peuvent etre appreciees qu'a I'aide de certains developpemens; si la prolixile fatigue I'altention, d'un autre cote le laconisme decourage ou cgare I'intelligencc; le second defaut est plus grave , nousavons cherche al'eviter; on nous cxcHscra, sans doute, si noussommes tombe dans le premier, RASP AIL. MEMOIRE SIIR LES OSSEMENS ET LES VEGETAUX FOSSILES DECOUVERTS DANS LE CALCAIRE MARIN GROSSIER DE LA COMMtNE DE NANTERRE ET Dl' PtATEAU DE PASSY (l); PAR M. EiGENE Robert. II y a pies de deux ans que je decouvris des ossemens fossiles do mammiferes tencstres, au milieu du calcaire marin grossier de la commune de Nanterre , dans le voisinage des carrieres du Loup , si bien connucs aujourd'hui. Plus tard , je fus encore assez heureux pour faire une observation du nieme genre , dans le plateau calcaire eleve de Passy. J'aurais peut-etre du m'en tenir a la note que M. Cordieralue a I'Academie des Sciences, dans sa seance du 3 aoCit 1829, sur les ossemens fossiles de Nanterre; mais I'existence aujourd'hui bien averee de ceux de Passy, dont ce professeur n'a pas fait mention, et la decouverte nouvellc de plusieurs autres fossiles tres-importans, provenant des mcmes localites, m'engagent aujourd'hui, en m'e- tayant de I'autorite de ce savant geologue , a en donner la descrip- tion et a faire connaitre leurs gisemens. 1" Gile d' ossemens, dans I' une des carrieres ditcs du Moulin, commune deNanlene, pres de la route de Paris , appartenanl a M. NczGl. (pi. 9.) Nous remarquiimes pom- la premiere fois dans cette localite , deux grandes machoires inferieures, a moitie engagees dans le cal- caire grossier. Files etaient presque entieres, et I'une d'elles montrait a decouvert, 6 on 7 molaires , separees d'une forte canine, par un intervalle assez considerable. (l) Vny. ^nn. ties Sr. tl'oh cru devoir en dessiner qiiclqnes-unes, qui different sous quclques .rapports, de celles qu'a reproduites le grand ouvrage dc M. Cu- vier. Co sont : i" une aniere-molaire , probablement la penultieme (fig. 1 ), 2° une molaire anterieure ( fig. 2 ), enfin une petite arriere molaire (fig. 5), qu'on ne pent pas considerer comme un germe el qui, par consequent, ne doit etre rapportec qu'a une petite espece de lophiodon. Nous pensons que ces molaires appartiennent a des lophiodons , parce qu'independamment dcs caracteres tires de leur nombre et de leur disposition a I'egard de I'os maxillaire , la plupart d'cntre elles ont, comme M. Cuvier I'a indique pour ces pachydermes , la couronne traversee par des collines ; que le collet est pourvu d'un beurrelet tres-saillant , et que plusieurs ont encore un talon bien prononce ; en un mot qu'elles offrent tons les caracteres de celles de lophiodons ((u'on a decouverts a Montabusard , pres d'Orleans , a Bastberg(Bas-Rhin}, etc. Quant aux canines, nous nous abstenons d'indiquer les caracteres de celles que nous possedons , attendu qu'elles se trouvaicnt toutes aux machoires on dans les fragmens de pierrc , d'ou Ton a extraif les molaires ci-dessus. Tous les autres OS sont trop mutiles, pour que nous essayions ici de les retracer. Nous en possedons cependant un grand nombre que nous pourrons faire connaitre plus tard et qui , des a present , ne nous laissent pas douter, que la carriere de Nanterre est le gite do plusieurs grandcs especes de lophiodons, et meme d'autres especes plus petites, ce que semblent indiquer la petite arriere -molaire (fig. 3) et des ossemens assez greles , que nous avons recueiUis. Toutel'ois, au milieu de ces nombreuses depouilles animales, que nous avons exhumees de Nanterre, il en est qui sortent du groupe des lophiodons et qui rentrent tout-a-fait dans le domaine du gj'pse, ou de toute autre formation; tels sont: 1° Une machoire inferieure de VAnoplolherium lepon'nitm. Ce fait, tres-iniportant , lie aux observations recentes de M. Bil- laudel celles de M. Regley, qui a decouvert, il y a deja long-temps, des ossemens de palaeotherium, dans la partie superioure du gics coqniilicr marin de Beanchanip. { 4<>' ) La m/ithoirc donl il s';igit n'ofTir plus que la derniere , la pi'iiul- tienio et deux anleritMiics molaircs; les aulros ayanl dispani , rii laissaiU topeiidanf des cmpreiiites^arfaitcs. Toules ces molaires ont leurs pointes usees. On doit en conclino que I'animal auquel elles ont appartenu etait adulte. Enfin j'ai trouve cette machoire brisee immediatement apres la premiere anterieure molaire. EUc est par consequent depourvue de ses canines et de ses incisives. 2° line dent de crocodile; elle est conique, a bords tranchans, creuse a sa base et d'un aspect chatoyant. 5° Des debris de cheloniens, qui appartiennent probal>lement a des tryonix ou a des tortucs d'eau douce , dont les congeneres nc se rencontrent plus que sous la zone torride. Le rapprochement de ces divers fossiles ne donnei-ait-il pas a pen- ser que parmi les ossemcns que nous n'avons pu reconnaitre, ou qui sont encore enfouis dans le calcaire grossier dc Nanterre, il en serait qui appartiendraient au genre pala>otherium et complete- raient ainsf la lacune que laisse encore dans ce terrain le passage (les anoplotherium aux lophiodon. Quoi qu'il en soit, nous ajouterons que ce premier gitc ossifere, devait receler les depouilles d'un grand nombre d'animaux, a en jnger non-seulement par la multiplicite des debris de tons genres, mais surtout par les restes d'une vingtaine de machoires que nous avons ete a meme d'observer. Mais au milieu de ce charnier de I'ancien monde, si recemment decouvcrt, on n'a point encore ete assez henreux pour rencontrer un squelette complet , comme dans la formation gypseuse , que Ton explore depuis long-temps. Doit-on conserver I'espoir de retrou- ver un pareil fait a Nanterre , quand on y voit les ossemens grou- pes, pele-mele, et qu'un tres-petit nombre d'entre eux seulemenl y sont en connexion evidente ? Gisement. Tons les OS fossiles designes ci-dessus , occupent environ o^jSo d'epaisseur dans la couche generalement connue sous le nom de banc deroche. lis gisent tantot dans un calcaire tres-tendre, tantot tbns un calcaire inferieur tres-tenace. 5. 2G ( 4<>2 ) Cc caloaire ossifere, est en outre traverse, en tons sens, par do nombreuses et belles einpreintes de plantes nionocotyledonees , en- core recouvertes de leur propre detritus, et aont le plus grand nonibre peut elre facilement rapporte u la famille dc? Palmiers. Enfin on y observe les mollusques suivans : le genre Ccrithiwir en grande quantite, quelques individus des genres Valuta^ Natica, Liicina , et tres-rarement une grande espece de Melanie. Ce premier gisement ossifere est recouvert immediatement par un caloaire de o^SS d'epaisseur, rempli de cerithes, de potaniides, et snrtout de pahidines , de lymnees, et de cyclostomes d'une petite espece, dont lalevre a un rebord ; tous les monies de ces coquillcs conservent encore une grande partie de leur test (i). Enfin ce calcairc ossifere, ou bien le banc de roche, repose sur le calcairc a miliolites , si puissant dans cette localite. IP Glte d'ossemens et d'aulresfossiles dans I'une des cairicrrx du plateau elei'c de Passj , pres dii hois de Boulogne, ap- partenant a M. Thorel aine. C'cst plutot par analogic qu'autrement que nous sommes par- venus a reconnaitre des ossemens dans cette seconde localite. lis y ont ete tellement ranioUisparlamarne constammenthumide qui les renferme, qu'ils tombent en poussiere aussitot qu'on vent les en extraire; et, sans une anterieure molaire tres-usee de lophio- don, que M. Lenfant trouva a cote de nous, et qu'il nous fit I'a- mitie de nous donner , et sans des ossemens d'une tres-grande es- pece de chelonien (entre autres des fragmens de la carapace assez bien conserves ) , que nous avons recueillis depuis, nous n'aii- rions su preciscment ;i quelle classe d'etres organises , rapporter les premiers et nombreux debris observes ; tant ils etaient profondement al teres ! Cependant on peut , • I'apres cette dent , conjecturer que les nom- breux ossemens de cette localite appartiennent en grande partie a des pachydermes, analogues a ceux de Nanterre. lis s'y trouvciit {\) Cette couche a pour e'quivalente , dans les cairiercs voisines, un lit do silcx riirni;, lenfertnaiit A la fois des coquillcs marines et d'oau dotice. ( 4o5 ) ;ui mOmc etat ilc dispersion ; qnelques-uns menic sont: d'une assez gi-andc (limension pour qu'on y soupconnc enlbuis les rostes d'linc tres-giande cspoce de I'un de ces ancieiis habitans dii globe. Gisenient. lis gisent ail milieu d'une couche de o"", i5 d'epaisseur d'argile verdatre (i), sablonneuse dans sa partie inferieiue, tres-humide, et offrant, dans sa partie superieure , un petit lit de coquilles bivalves tres-mutilees , qui enveloppent quelquefois les ossemens. On peut y reconnaitre des Lucines concentriques , des Cj-tht'rces, etc. Cette marne, qui est quelquefois remplacee par des rognons cal- careo-niarneux , repose immediatement au-dessous d'un banc dc calcaire de o", i5 de puissance reconvert lui-meme par Ic banc de roche et analogue a celui qui recouvre ie calcaire ossifere de Nan- lerre. II renferme d'ailleurs a peu pres les memes coquilles d'eau douce , notamment le Cjclostome que nous avons deja designe. Cette couche est verdatre dans sa partie inferieure, et elle offre dans cette region seulement, quelques fragmens d'os que nous n'a- vons pu determiner. Enfinla principale couche ossifere repose sur un calcaire marncux dans sa partie superievue , tres-sablonneux et friable dans sa partie inferieure, d'une epaisseur de plus de 2 metres, rcnfermant des lits nombreux de silex corne, ou de calcaire sablonneux agglutine. C'est dans la partie superieure de cette couche fortement noircie par la decomposition des nombreux vegetaux dont les feuilles sont encore tres-nettement empreintes, et contrastant singulierement, par leur couleur sombre, aveo I'aspect nacre d'une petite espece de (1) Nous nous sommes assures que cette couche d'argile verdiJf re se retrouve partout, aux environs de Paris, enlre les divers bancs de calcaire grossier , niais avcc une epaisseur si variable, que souvent on a de ia peine a la distinfjuer; son epaisseur a Gentilly varie jusqu'u dix fois sur un cspace de 5o toises. Elle est imme'diatement placee , a Gentilly comme a Passy , au-dessus d'un banc un peu friable, renipli de vdgetaux fossiles, que les ouvriers, a Montrougir , nous ont designe sous lu nom de banc roy.il ; et elle repose sous un calcaire dont la partie superieure ou banc de roclie corr-'spniid exartpnient a la conrlip ossifrro de Nanferre R A,SPAIT<. ( 4o4 ) mjtiliix nncrcc tres-abonilante, (|u'on rencontre des debris de pois- sons, de reptiles, etc. 1° Les premiers et les plus abondans sont des opercules, des pctites macboires de poisson , etc. Nous y avons rencontre I'aiguil- lon d'une raic ou d'un poisson du sous-genre des pastenagues. Ce fossile a o",o9 do longueur , o-",oo5 de largeur ;i sa base. En unmot il est un diminutif de I'aiguillon de raie que M. Faujas de Saint-Fond a decrit et fait dessiner (i). 2° Nous avons trouve a cote de cet aiguillon , et dans d'autrcs circonstances , deux especes differentes de dents de sanriens. Les unes, qui appartiennent sans doute a des crocodiles, son! coniques, un peu arquees, a peine striees et creuses a leur base. Nous en avons fait dessiner une. (Fig. 4- ) Lesautres, tres-petites, sont droites, coniques, un peu com- primees, striees regulierement et longitudinalemcnt , ct creuses a leur base. Toutes ces dents se rencontrent assez frequemmcnt dans cette partie de la couchc sablonneuse ; elles sont generalemcnt noircs , les premieres sont tres-fragiles , et les secondes so fendent facile- ment en deux. On trouve encore, dans la meme region, des ossemens d'une con- texture toute particulierc , tres-friables , qui appartiennent proba- blement aux reptiles que nous vcnons d'indiquer. Nous avons recueilli aussi une patte de crnstace. Les moUusques que renferme cette couche , ne sont pas moins remarquables. lis sont tres-nombreux , et generalemcnt assez bieu conserves. Les bivalves y sont entieres , et il arrive meme d'y voir quelquefois une grande espece de Venus, et des Lucines encore or- nees de leurs couleurs primitives, et avec le ligament qui reunis- saitleurs valvules, al'etat vivant. Plus bas, toutes ces coquilles sont a"-atisees, les bivalves renferment des concretions de calcedoine, el presque toutes sont recouvertes d'un retepore. Parmi ces moUus- ([ues , nous devons citer des Pahtdiiies et de petits Planorbes qui out la plus grande analogic avec le Planorbfs spiralis decrit par (l) Annales du Museum, t. XV, pi 24, fig- • ft 2. ( ^1')5 ) Draparnaiifl (i), (|nc I'on voil dans la parlit- siipt'iiciirc, cl nnc f^raiulo csi>ice dc fljclanie, tres-nombreusc ilans la parlic inferieiirc. T^tgtlaitx Jbssiles. A cc melange evident de corps marins , d'eau douce ct terreslrcs, succede un calcaire a niiliolites tres-puissant , dans la partie siipe- rieiire duquel nous avons trouve, au milieu d'une quantite piodi- ijieuse d'empiTJnles de plantes de tout genre, dcs nioules parfails et tres-remarciuables de grands vegetaux monocotyledones. Ce sont des pseudouiorphoses xiloides a I'etat calcaire. On en a trouve jusqu'a present quatre grands fragmens, qui nc proviennent pas de la menie ligc. lis sont tons de forme comprimee. Nous possedons le plusparfaitde ces quatre echantillons (fig. A). II a o^jSo de longueur sur o^jaS de circonference, et conserve ces dimensions dans toute sa longueur. La plus grosse de ces pseudomorphoses est celle que possedo M. Walferdin. Elle a o^jSS de circonference a sa base, et est de forme un pen conique. Cette derniere tige a une de ses extremites cngagee dans la gan- gue, immediatcment apres la cassure naturellc; en sorte que nous pouvons assurer que ces plantes fossiles out ete jusqu'a present trouvees sans racines ni feuilles petrifiees. Bien que ces monies soient presque entierement formes de milio- lites, leur surface, malgre la presence de ces moUusques micro- scopiques, oifre parfaitement I'insertion des feuilles, representee par line infinite de petits enfoncemens qui doivent , dans I'origine, correspondre aux fibres attachantes de la fexiille; de meme que dans I'etat vivant, on remarque des traces semblables sur les tiges d'yucca, d'aloes, de dracaena, etc. , depourvues de leurs feuilles. Mais toute la partie interne de ces modes n'offrc pas la moindre trace du tissu fibreux, ordinairement petrifie dans ces sortes de pseudomorphoses, comme dans les palmiers agatises. Les feuilles n'etaient done par portees par un petiole distinct , comme dans les palmiers , mais bien sessiles , comme dans les lilia- (i) Hiitolra iks Mnlluxqiics . \^. '^5 , pi. i3, fi^. 7, ( 4o6 ) cees (aiborcscentes) , tiimille a laqiielle nous rapportons ccs pseu- domorj)hosGS. Leur analogie avec les tigcs d'yucca, est telle que nous n'hcsitons pas a leur attribuer unc origine scmblable. Nous ferons encore remarquer que ces moules sont poses ho- rizontalcment, et qu'a leur partie inl'erieure, se trouvent appliqiiees des nunmudites. On aura enfin inie idee plus exacte de ces pseudomorphoses xiloides, par la representation parfaite du premier de ces echan- tillons, que je dois a I'amitie de M. Decaisne, qui a bicn voulu des- siner la planche de ce memoire. Ne pourrait-on pas , pour expliquer la petrification remarquable de ces vegetaux et leur forme comprimee, supposer qu'ils ont ete long-temps le jouet des eaux; que ces eaux ont avance la destruc- tion de leur tissu fibreux interne, assez tendre, et meme I'ont fait disparaitre poury laisser dcposer desmiliolites ; que ces vegetauxainsi a moitie detruits , ont ete ensuite entraines au fond des eaux , oi'i ils ont ele definitiTcment cnveloppes par d'enormes depots dc moUus- ques marins qui se seront modeles sur eux, et qui dans I'ctat de mollesse oii lis etaient I'auront facilement comprime ; que des lors la partie exterieure de ces vegetaux, d'une plus grande tenacite que le centre, apres avoir long-temps resiste a la destruction, aura eu le temps de se detruire elle-memc dans le calcaire grossier ? En effet, ces fossiles jouaient dans leurs moules , au milieu d'une pousslere noiratre, seul reste de leur ancienne organisation. Enfin , pour completer la designation des fossiles de Passy , nous devons citer des empreintes de poissons, qu'on rencontre quelque- fois aupres des vegetaux fossiles. M. Alex. Brongniart en a fait extraire dernieremcnt unc em- preinte bien conservee , que nous lui avons indiquee et qu'il destine au Museum. M. Walferdin, avait aussi trouve a Nanterre, dans le calcaire a miliolites, lui ichtyolite, qui parait etre un Sar ou Sparnis de Lace- pede ; ce poisson etait littoral (i). II a o",27 de longueur, ct o°,o8 de larceur. (i) Voir dans les Annates du Museum, (. II, la lettic tie IM. Barry a M. Faujas de Saint-Fond, sur hu ichtyolite aussi trouve a Nanterre. ( 4o7 ) Dd'ensemble des Tails fjuc nous venous d'exposcr, ressortent a nos yeux, certains rapports d'identite, (\w pcrmettcnt d'attriinicr a une cause commune le gisement ossiiere de Nantene et celui de Passy. Quoique les ossemens y reposent dans un milieu de nature diffe- rente, quoique I'un soit forme d'une couche solide calcaire, et I'autrc d'une marne argileuse, le plus grand rapport d'analogie n'en cxiste pas moins entre eux, quand on considere qu'ils sont tons les deux reconverts par un meme Ciilcaire, nieles avec des mollusques d'cau marine et d'eau douce , qu'ils offrent I'un et I'antre de nom- breuses empreintcs dc plantcs monocotyledonees appartenant genc- ralement aux lignites da calcaire grossier , et qu'enfin ils reposent non loin du calcaire a miliolites , que diffcrcntes observations nou- velles tendent a faire considerer comme un depot littoral. E. ROBERT. EXPLICATIOM DES FIGURES 1 7 DE LA PLANCHE Q. Fig. A. Fragment du tronc fossile d' Yucca de grandeur naturcUe, trouve dans le calcaire de Passy (i). Fig. 1. Arriere-molaire ; Fig. 2. Molaire anterieure ; Fig. 3. Aniere-petite molaire de Lophiodon. Fig. 4- Dent de crocodile trouvee dans le calcaire de Passy. Fig. 6. (loupe de la carriere de Nanterre. Fig. 7. Coupe de la carriere de Passy. (i) 11 existe sur I'e'chantillon qui a servide modele a la fig. A, un carac- tere dont les ge'ologues n'ont pas fait usage, et qui cependant peut fournir des donne'es importantes a la de'termination : c'est la disposition en rangees obliques et paralleles, des points quirappellent la direction quesuivaient les fibres, au sortir de la tige et en entrant dans la feuillc. Sous ce rapport , les vestiges des empreintes rransversales de lechantillon fossile ont la plus parfaite analogie avec les empreintes des feuilles des liges dc nos Yucca vivans. Les Aloe n'offrent rien de semblable. RASPAIL. ^,o8 ) NOTE SDR LE ROLE Qu'oN A FAIT JOUER AUX FOSSILES, DANS LA DETERMINATION DE l'aNCIENNETE RELATIVE DES COrCIIES QUI COMPOSENT LA CROUTE DU GLOBE. Les mcmoires publics dans les recueils acadcmiques nc s'adies- sent qu'aux savans, et ils ne parviennent vciitablement qu'axiprt'S d'cux. Quels qu'ils soient , bons ou niauvais , lour influence n'est jamais nuisible a la science. Les autcurs parlcnt a leurs pairs , soul juges par leurs pairs et souvent par leurs rivaux; leurs opinions ne circulent qu'aprts avoir subi une epreuve severe; les erreurs qu'ils emettent sont arretees au passage , on ne conserve que les fails constates. Un ouvrage ex-professo , an contraire, exerce une toute autre influence; il s'adresse et il parvient a toutes les classes; et comiiic il renferme rensemble des verites que les devanciers out decouvertes surcesujet, les erreurs nouvelles qui se trouvent dis- seminces au milieu de taut de faits incontestables, acquicrent, par ce voisinage, une importance qui les recommande a I'attention des lecteurs. Car ceux-ci ne pouvant pas faire la part de ce qui appar- tient en propre aux auteurs de I'ouvrage, et portes naturellcment ;'i attribuer la decouverte de tous les faits qu'il renferme, a ceuxqni les leur presentent reunis en un seul corps , ne se sentent pas Ic courage de soupronner que certaines theories qu'ils y rencontrcnt soient sujettes a discussion. L'csprit est paresseux, les recherchcs sont longues , les verifications difliciles ; un ouvrage general offre le travail tout prepare , il devient bientot classique ; on I'apprend en debutant dans la carriere de la science, on le consulte quand on y a fait quelques pas ; et si ses auteurs occupent un rang cleve dans la hierarchic scientifique , jugez de I'ascendant de leur ecrit! Qu'on se rappelle I'epoque a laquelle parut la Description gco- logifjue des environs de Paris, les annonces des journaux dont die fut I'objet, les jugemens des auteurs qui se formaient a cettc ecolc, et qu'on compare ce temps a I'epoque actuello ; on aura devant les yeux un contrastc dont les reflexions precedcnles peuvent sculcs ( 4o9 ) lendre raisoii. Duliic, Giiellaid, Dcsniaiest perc, etc., etc. , avaietit depiiis long-temps tellement bien deciit les roches de nos environs, que le plus souvent MM. Brongniart ct Cuvier n'ont fait qu'en le- produirc les descriptions tcxtuelles ; la determination des fossiles est due presque cntierement a robligeance desinteressee de M. De- france; et pourtant le terrain parisien sembla alors etre decrit pour la premiere fois. Cette masse imposante dc faits depuis long-temps observes, servit meme pour ainsi dire de couvert a un principe qui appartient en propre a M. Brongniart, savoir : que la determination des iossiles doit contribuer a caracteriser les formations, et a une theorie qui appar- tient en propre a M. Cuvier, et qui n'est qu'une application de ce principe, savoir : que la mer s'etait retiree jusqu'a trois ou qualrc fois du bassin de Paris (i), et que les animaux de la craie etaient plus anciens que ceux de I'argile, ceux de I'argile que ccux du cal- caire grossicr, ceux du calcaire grossier que ceux du gypse, etc. ; que la craie et le calcaire grossier s'etaient deposes dans la mer , I'argile et le gypse dans I'eau douce. « II est certain, disait M. Cuvier (2) , que les quadrupedes ovi- pares paraissent beaucoup plus tot que les vivipares. Les crocodiles de Honfleur et d'Angleterre sont au-dessous de la craie. Les moni- tors de Thuringc seraient plus anciens encore , si , comme le pense I'ecolc de Werner, les schistes cuivreux qui les recelent au milieu de tant de sortes de poissons que Ton croit d'eau douce, sont au nombre des plus anciens lits du terrain secondaire. Les grands sau- riens et les tortucs de Maestricht sont dans la formation crayeusc meme , mais ce sont des animaux marins. » « Cette premiere apparition d'ossemens fossiles semble done deji'i annoncer qu'il existait des terres seches et des eaux douces avant la formation de la craie ; mais , ni a cette epoque , ni pendant que la craie s'est formee, ni meme long-temps depuis, il ne s'est point incruste d'ossemens de mammiferes terrestres. « Nous commencons a trouver des os de mammiferes marins , c'est-a-dire, de lamantins et de phoques, dans le calcaire coquiller (1) Desir. i;tol ,c ) , ci- lies surleurs bords. Dans les trois paires anterieures (fig. i5), les hanchcs sont tres-grosses , et moins longues que leurs deux bran- ches, tandis que dans les quatrc poslcrieurcs (fig. 14) cllcs sont ( 422 ) de plus en plus allongees, plus greles, et leurs lames terminalcs pro- portionnellemcnt plus eourtes et non cilices. Dans les hanches des unes et des autres on voit distinctemcnt , au travers des tcgumens , les muscles qui mouvent Icf* appendices. Les deux fausses pates de la premiere paiie sunt fort rapprochces, et les autres d'autant plus ecartees qu'elles sont plus posterieures. Le canal alimcntaire ( fig. 1 5 ) n'est compose que de deux parties bien distinctes, I'oesophage et I'intestin : le premier {fi,b) , entiere- meut contenu dans la tete , est grele et court , se porte verticale- ment en dessus, se recourbe legerement en arriere, et s'abouche avec I'intestin dans le trou occipital. L'intestin [l),d), qui ne fait aucime circonvolution , forme dans les quatre premiers segmens du tronc luie tres-forte dilatation de- primee {l>,c) qu'on pent considerer commele gesier, mais qui d'ail- leurs ne renferme aucun appareil de rumination, comme on en remarque dans beaucoup d'autres Crustaces, et se continue insen- siblement avec le restede I'intestin, sans que rien n'indique le point oil finit I'un et ou commence I'autre , tandis qu'au cardia cette es- pece de gesier se distingue de I'cesophage par sa dilatation subite , et c'estJa aussi que s'ouvrent les canaux excreteurs du foie. L'intestin proprement dit [c,d]^ qui s'etend du quatrieme seg- ment du tronc jusqu'a I'extremite de I'abdomen, est tres-gros , par- tout du meme calibre, et se trouve forme, ainsi que le gesier, d'une membrane epaisse et musculeuse, tapissee interieurement d'une muqueuse pen distincte. L'anus s'ouvre a I'extremite du dernier segment abdominal, comme cela est ordinaire chez les Crustaces. Dans le septieme segment du tronc , le canal alimentaire presente de chaque cote un large ligament fibreux (e,e) qui va se fixer aux parties laterales du mCme segment, et sert a maintenir l'in- testin en place. Nous n'avons pu apercevoir qu'une seule espece de glande de- pendant de I'appareil digestif, qui est probablement I'analogue du foie [b,/,-^). Elle forme autour du cardia un petit anneau {lj,f), de chaque cote duquel part un long appendice en forme de vais- seau [fig) , longeant la face laterale de l'intestin jusqu'au septieme segment du tronc, oCi il se termine en cul-de-sac. Get anneau, ainsi que ses prolongemens, out une couleur jaune d'ocrc, et pre- sentent unc suite de retrecisseniens assez reguliers qui les lont pa- { 4--i3 ) laitrc commo artioulcs. Uv 'haquc cult- lu caiilia raiMica\i luinic nil canal cxcrctenr excessivenient conrt , qni s'onvie dans la partic la plus voisine de I'intestin. Qnoique nous ayons en I'occasion de voir nn asscz grand nom- 1)10 d'individns de resptcc donl nous donnons ici les details aiia- toniifpies , nous n'cn avons pas rencontre un seul qui ne liit charge, d'ajoi's; soil que nous les ayons trouves dans riulerieur du corps , soil (ju'ils fussent places cntre les laines membranenses ipii ad- herent aux pates, oi'i ces animaux portent lenrs ceufs apres la pontc jusqu'a ce qu'ils soient eclos; et nous somnies de la dans Tiinpossi- hilite de donner quelques details sur la difference des sexes. II n'est touteCois pas probable que ces animaux soient hermaphrodi- tes , carnous n'avons apercu aucun organe qui puisse etre considere comme secreteur du sperme. Les ovaires, dont nous n'avons pu voir que des fragmens , ont la forme d'une grappc tres-complexe , remplissant toute la cavite du corps, et penetrant jus(|ue dans les hanches des pates ; mais nous n'avons jamais pu apercevoir I'orifK^c de I'oviductus. Les oeufs sont tres-petits, parfaitement ronds et d'une couleur rouge pale. Le systeme ncrveux (fig. i6) est compose, comme dans tous lesCrustaces a corps multiarticule, d'un encephale [a,a,h,h) situe dans la tete, au-dessus de I'cesophage , et d'une suite de ganglions places le long de la face ventrale du corps, et formant la moelle epiniere , de laqnelle partcnt tous les nerfs du corps. L'encephale est forme de deux ganglions separes pai' un fort etranglemcnt, et dont chacun est compose de deux renflemcns pla- ces au devant I'un de I'antre {n,l)^nj.'). Des deux anterieurs naissent les nerfs optiques {c,c) qui egalent chacun le cerveau en grosseur. Ces nerfs sont d'aillcurs tres-courts, et s'elargissent bicntot pour se diviser en une infinite de petits nerfs simples (ent point rigoweiisement clans leurs scgmens resjjeclif; , el d' ordinaire plus en cwant. Cepenilant on conceit que ce n'est point d'apres un seul exemple qu'on pout ota- blir une loi : et il faut attendre que d'auties animaux , dont Ic corps se trouve dans le menie cas que celui des Hiella , viennent conflr- mer ou modifier I'enonce de la loi que uous venons d'indiquer. Dans les quatre premiers segmens de I'abdomen qui sont bicn mobiles , et distincts dans leurs regions sternales , on trouve une paire de ganglions, mais plus petits que celle du tronc, et dont la derniere paire fournit les nerls des quatre segmens posterieurs , qui sont fort petits et tres-mobiles , ainsi que leurs appendices ; c'est- a-dire que dans cette partic du corps la moelle epiniere suit egale- ment la cinquieme loi que nous avons indiquee, et les ganglions des trois derniers segmens sont portes plus en avant et confondus avec ceux du quatrieme. Les lliella approchant des Isopodes plus que tout autre genre d'AMPHiPODEs, nous les placons en tete de ce dernier ordre , imme- diatement a la suite des Spliceruma, qui terminent ceux-la. Ces animaux ont beaucoup de rapport avec le genre ThemisLo , re- cemment decrit par M. Guerin. (Voy. Ann. des Sc. d'obs. , t. I, p. iSa, pi. 4 )> dont ils different toutefois d'une maniere notable : les Themislo n'ayant que douze segmens , dont cinq a I'abdomen, desantcnnes, dont la derniere partie est multiarticulee , et des pates tout-i-fait differentes ; mais d'ailleurs la forme generale du corps et les organes de la botiche ressemblent beaucoup i\ ccux des Hiella. Ce dernier genre parait avoir aussi beaucoup d'analogie avec un petit Crustace que M. Latreille a figure dans V Encjcl. inelh. , Crustaces , pi. SaS, fig. 17 — 19, sous le nom de Phro- nime , et deja figure par Montagu ( Trans, linn., t. XI, pi. 2 , fig. 3 ) , sous le nom de Cancer monoculoides , mais qui n'a que cinq paires de pates an tronc, au lieu de sept. Plus tard , M. Latreille fit de ces Crustaces un genre a part sous le nom A'Hj- peria , dont M. Desmarest a le premier indique les caracteres de la maniere suivante, d'apres une communication de M. Latreille lui- meme : Quatre antennes setacees , les dix pieds , proprement dits y mediocrement longs , et tons termines par un article simple at pointu ; tele assez petite, ronde , plane au devant, point prolongce en n^slr.:: corps conif/iic , termini' par deux lames (437 ) triangulaires, allongees', horizontals {Desm. , Cons, gcncmlcs sur la classedes Cms lace's , p. 258 ). Quoique la forme geneialc du corps des Hrperia approche ( d'apres la fjgure de rEncytlo- pedie) beaucoup de celle des HieUa, les caracteres queM. LatreiUe lui assigne montrent suffisamment combien ces deux genres dif- ferent, Nous caracterisons le genre Hiella de la maniere suivante : TSte hemispherique , quatre antennes courtes en alene dt qualre articles; bouche saillante , composie dhm lab re , d'une paire de mandibules , de deux paires de mdchoires et d'une Vevre mfirieure lerminee par deux lobules ; le tronc et V abdomen cha- cuTi de sept segmens mobiles ; sept paires de pates ambula- toires, dent qualre dirigees en avant et trois en arrihe; une paire de fausses pales a chaque segment abdominal. H. Orbignii mihi. Cette espece, type du genre, a ete decouverte dans I'Ocean, pres dela Rochelle, par M. d'Orbigny, a qui nous la dedions. Sa longueur est de coiS^au plus; sa couleur d'un brun pule. Ces animaux ont ete trouves dans les oyaires d'une espece de Rhisos- lome. Explication de la planche id. Fig. I. Hiella Orbignii, de grandeur naturelle, vueendessus. Fig. 2. La meme deux fois grossie,' vue de cute. a,b La tete. «,c Le tronc. c,f L'abdomen. b La saiUie que forment les organes ) gene, qui se converlit en aciile carbonique, doniiant o,G8 pouce cube par minule ; 5° qu'enfin si I'animal ne recoil que tie Vo.ri^i-ne, une partie do ce gaz disparait et se trouve remplacee par unc cgale qnantite d'azote ; dans cc cas , il n'y a que o,3o ou 0,55 pouce cube d'acide carbonique produit en une minute. Mais si la premiere experience dans I'air prouve que I'animal ne prend et ne cede rien a ce fluide, et que le carbone dont son sang parait etre surcbarge, est seulement brule par I'oxigene de cet air; il ne faudrait pas conclure de la seconde experience //ans Voxigt-iic tt dans Vhj-dros;iiie, que cet hydrogene est absorbc par le fait de la respiration; et de la troisieme experience dans I'oxigene, que cc gaz soit absorbe, et de I'azote degage , par cette meme fonction ri- tale. Ces conclusions prouveraient, chcz les auteurs du memoire que nous venous d'analyser, soit ignorance complete des lois pby- siques de I'equilibre des fluides , soit oubli de ces principes qu'il csl bon de rappeler ici. Un gaz renferme dans une enceinte on se trouvent des corps ajj- sorbans, comme les liquides et les corps poreux , se parlage en deux portions : I'une , qui penetre dans ces corps absorbans, et r'autre qui compose une atmosphere en dehors. Ces deux portions du meme gaz se font equilibre par leur elasticite, qui est modiflee pour la portion absorbee , et mesurable au manometre pour la portion libre. La portion libre empeche la portion absorbee de s'echapper des corps absorbans, et la portion absorbee fait obstacle a la porliun libre qui tend a penetrer dans ces memes corps : de telle mauieie qu'il existe un rapport a peu pres invariable entre les densitex de. ces deux portions de gaz. Si, parexempie, la densilc de la portion libre est reduite a moitie , celle de la portion absorbee devra aussi etre reduite a moitie; et si Ton enleve foiile la portion exterieiuc , I'aulre fonrnira de quoi recomposer une atmosphere, dans le rap- port menlionne tout a I'heure ; mais si I'espace est illimite, il est loml< . en aimiillos blani hes . s'oblient par ( 438 ) raclioii du biome et de I'eaii sur le minium. Le broinale d'ai- genl deflagre sur les charbons, comme le salpetre. Le bromate de poiassc melange avec du soufre, s'enflamme par le choc ou par fraction de I'acide sulfurique. On peut former I'hydrate dc brome , en faisant passer de la vapeur de brome dans un tube mouille d'ean. Le bromure de potasse eii\.o\\i-',i-h\i analogue au chlorure de polasse; i! detruit aussi promptement les couleurs. M. Lowig, ;i qui ces observations sont dues, a fait beaucoup d'essais infruc- tucux pour obtenir un acide bromeux, moins riche en oxigfene que I'acide bromique. Cependanl on pent admeltre I'existence de cet acide , comme M. Berzelius a admis I'existence de I'acide chlo- reux. Pareilles remarques pour le broraure de chaux. \oicl comment M. Lowig extrait le brome des eaux-raeres qui le renferment. II reduit ces eaux a un quart par evaporation ; al)andonnees ensuite plusieurs jours a elles-memes, elles depo- sent du chlorure de calcium. Le liquide surnageant, est repris par I'euu, puis par I'acide sulfurique qui occasionne un precipite, leqnel est soumis a la presse. On reunit tous les liquides, qu'on evapore a siccite. Enfin on reprend le residu final par I'eau , et cette nouvelle dissolution, traitee par I'acide sulfurique, et le pe- roxide do manganese, laisse degager I'acide hydro-bromique. [Annal. der Phjs. und Chem. , t. XIV, p. 485.) Preparation du brome. M. Hermann qui retire le brome des eaux-meies de la saline de Schonebeck, soutient une opinion contraire a celle de M. Luvig (voyez I'article precedent) ; il pense que I'acide hydrobromique ne peut se degager par Taction de I'acide sulfurique sur les eaux - meres du brome , avant qu'on n'y ait ajoute du peroxide de manganese , afin de degager le chlore des chlorures qui s'y rencontrent ; qu'on n'ait separe par cristalli- sation les nouveaux sels ainsi formes, et qu'on ne traite le liquide surnageant par une nouvelle dosed'acide sulfurique. Eh effet2oli- vres d'cau-mere tres-concentree ayant etc distillees avec un poids egal d'acide sulfurique, ont donne i5 livres d'acide hydrochlo- riqnc , sans brome. Le liquide reste dans la cornue a ete saturc par le carbonate de ma:?nusie, et le sulfate de magnesie ainsi produit. ( 4^9 ) i\ etc separu par voic de cristallisaiiou. L'caii-mcre restanlc, liai- tee comme precedemment , a donne aussitot une quantite coni.i- derable de brome. ( Ibid., p. 6i3.) Action dcs acides muriatiijue et sulfurique sur I'acidc hjr- drocyaniqiie. Parties egales d'acide muriatique et d'acide hydio- cyanique , melangees ensemble, donnent, au bout de 12 heures environ, des ciistaux blancs de muriate d'ammoniaque ; ces cris- tanx sont jaunes quand I'acide muriatique est mis en moins grande quantite. M. Kuhlman, a qui cette observation est due, trouva qu'on n'obtenait du sulfate d'ammoniaque , en melangeant par- ties egales d'acide sulfurique et d'acide hydrocyanique , que lors- qu'on chauffait le melange, et qu'il se degageait alors un gaz inflammable, probablement de I'hydrogene carbone. {^Annales dc Chiniic et de Physique , t. XL, p. 44 1- ) Prtparalion de V i-tl:erhjdi indique. Get ether, comme toutes les combinaisons de I'iode , pouvant recevoir quelque application en medecine, M. SeruUas propose le procede suivant pour I'obtenir. On introduit dans une petite cornue, par sa tubnlure, 40 gr. d'iode ct 100 gr. d'alcool a 38; on y projette, par petits fragniens et en agitant, 2,5 gr. de phosphore, ce qui fait une partie de phosphore sur seize d'iode. On distille par ebullition jusqu'a la fin : on arrele ct Ton ajoute 26 a 3o gr. d'alcool pour continuer la distillation , et cesser lorsqu'on est revenu au meme point. De I'eau melee au pro- duit distille en separe a I'instant I'ether qui va au fond; on lave tomme de coutume, et Ton redistille sur quelques fragmens dc thlorure de calcium [J bid. t. 42 , p. 119). Acide carbazotique et acide indigotique. On saitque M. Che- vreul , en traitant I'indigo par I'acide nitrique a chaud , avait ob- tenu un principe cristallisable qu'il avait nomme nmer dUndigo. En traitant I'indigo par 8 ou 10 fois son poids d'acide nitrique, a une chaleur tres-modeiec , M. Liebig avail depuis obleuu des cristanx par rcfroidissement , qu'il avait purifies par des cristalli- ( 440 ) sations reju'lecs, qu'il avail ensuile combines avcc la polasse pour faire ciistalliser de nouveau le prodiiit salin qui en lesulte , et le decomposer finalement par un acide : les cristaux que la dis- solution donnait etait Vamer de M. Chevreul, a un plus grand elat de purete, et leur composition etait la suivante , moyenne de deux analyses : Carbone 5 1,9245 on 35 atonies. Azole _ 14,9902 ou 5 Oxigene 53,o853 ou 32 Cette substance reput le nom d'acide carljazotir/iic. Mais bien- tot apres 31. Liebig remaiqua que cet acide est volalil a la tempe- rature de I'cau , et comme il I'avait analyse apres I'avoir desstche a cette temperature, il tira cette singuliore conclusion que son analyse precedente devait etre fautive; aussi la moyenne dequatre nouvelles analyses donna : Carbone 35,o4i ou 10 atomes. Azote 16,172 ou 2 Oxigene 48,787 ou 11 Vint ensuite M. Buff qui, etendant I'acide nitrique plus que ne I'avait present MM. Chevreul et Liebig, ot decantant a chaud le liquide produit par Taction de cct acide sur I'indigo pulverise, obtient par refroidissement de nouveaux cristaux d'acide indigo- tiqiie, que Ton purifie en le combinant plusieurs fois avec I'oxide de plomb. La moyenne de trois analyses , donna pour la composi- tion de cet acide : Carbone 4^193 1 Azote 7,352 Oxigene 4^5678 Hydrogene 2,059. Mais M. Buff ayant ensuite mieux purifie cet acide, le trouva forme de Carbone 49j575 ou i5 atomes Azote 7,588 on 1 Oxigene 4^,837 ou 10; ( 441 ) c'esl-a-dire quo rucidc indigotique conliendrait , pour la nitnic quantitc d'oxigene, environ la moilie de I'azote qui se trouve dans I'acide carbazotique , ct unc fois el demie plus de carbone. Mais lous ces resultats meritent peu de confiance, malgre rcxtreme pre- cision que MM. Liebig et Buff, a riniitalion de M. Chevreul, affec- tent de mettre dans leurs analyses. II faudrait bien s'assurer de I'cxistence de ces singuliers acides, avant que de s'occuper de leur composition et de leurs pretendus sels. Aclde pecliqup. el mcine de carol tr. M. Vauquelin a trouve que le sue de carotte contient de I'albumine , une niatiere grasse resineuse , de la mannite, un principe sucre tenant en dissolution une matiere organique , euGn de I'acide nialique et quelques sels de potasse et de chaux. Le marc de carotte est forme de fibre ve- gctaie et d'acide pectique, sans compter le phosphate et le car- bonate de chaux obtenus par incineration. L'acidc pectique , chauffe doucement dans un creuset avec un exces de potasse caus- lique , se transforme en acide oxaliquo. Nous reviendrons plus tard sur ces recherches dont nous avons voulu sealement signaler ici I'existence. ( Aniiales lie Chimie et de Phj-siqiie , t. XLI, p. 46. ) Action de la polnbse sur les niati'cresofganiqiies. La transforma- tion de I'acide pectique en acide oxalique, par la potasse, ajant suggcre a M. Gay-Lussac I'idee d'essayer semblableujent diverses niatieres organiques, voici les resultats auxquels il estpar\euu. Le coton , la sciure de bois , le sucre , I'amidon , la gonime et Ic sucre de lait , ont ete f ransformes par un exces de potasse caustique , en acide oxalique, avec degagement d'hydrogene. L'acide tartrique se convertit en acide oxalique, sans degagement de gaz. Les acides citrique et mucique donnent aussi beaucoup d'acide oxalique. On en obtient avec I'acide succinique, mais non avec I'acide benzoique. L'acetale de potasse et I'huile de colza n'cn ont point donne. Parmi les substances de nature animale, la soie, I'acide urique, la gelatine tint fourni plus ou moins d acide oxalique. La potasse caustique peul eire reniplacec par la sonde caustique , mais non par la chaux. ( 442 ) 111 nieme par le CJiiboiiate ile potasse. L'aiileur j-ovieiitlia sur cetlc production artificiclle d'aeide oxalique, surtout pour ce qui con- cerne I'acide tartrivjUe, ( I bid, , t. 4' 5 P- ^qS). Sur la nature dii pi'cromel. Cette substance decouvertc par M. Thenard dans la bile delaplupartdes animaux, etprincipalenient dans la bile du bceuf, n'est plus, d'apres I'examen que vient d'en t'aire M. Braconnot, qu'un compose acide de plusi'eiirs sul/slancei lices enire elles par une puissante affiniti. Cette expression est evidemment destineea couvrirla meprise du maitrc ; car 1° il a ete facile a M. Braconnot, d'extraire , par I'ether, une substance grasse du picroniel de bceuf, laquellc comprimee dans du papier gris s'est partagec en acide margariquo ct en acide oleique ; 2° ce picromel contenait une rcsinc dont I'existence s'est manifestee a M. Bracon- not, soil par I'eau de baryte, soit par un peu de savon et d'aeide ace- tique auxquels on ajoute ensuite beauconp d'eau; niais pour se- parer cette resine en totalite, M. Braconnot a laisse pendant 11 jours , du picromel en digestion dans I'acide sulfuiiqne concentre ; I'acide, en attirant rhumidilc de I'air, a abandonne une masse rouge et tres-consistante , qui, mise jusqu'a 8 fois en ebullition dans I'eau, a fini par y former une emulsion; cette matiere evaporee, purifiee par Talcool et par la baryte, a donne fmalement 8,7 gr. de resine sur 10 gr. de picromel employe; 3° saturant par le car- bonate de chaux, le liquide acide precedent et celui qui provenait des lavages de la resine , et reprenant le precipite par I'alcool , on en a separe une matiere amere et un peu douceatre , qui a la pro- priete de dissoudre la resine de picromel et de regenerer ce coips. Mais cette matiere aniere est necessairement formee d'un principc franchement amer , et d'une matiere sucree ; en effet , en la trai- tant par I'alcool melange d'ether, on obtient une substance inso- luble plus sucree qu'amere, ct une substance soluble parfaitement amere. La matiere sucree precipite un peu par I'infusion de galle , ce qui annoncerait la presence d'une matiere animale etrangisre. — En resume le picromel de bceuf, jadis maliere inimediale , doit ctrc considere comme un sm-on ou comme une puissante combi- naison ; 1" d'une resine acide particuliere, qui en constitue la plus grandepartie; 2° d'aeide margarique ; 3° d'aeide oleique; 4° d'une ( 445 ) nialit-re aniniale; 5° d'une malierc tres-amere de nature alcaline ; G° d'un principe sucre incolore , qui devient pourpre, violet et bleu par I'acide sulfurique; ^"enfin d'une matiere colorante verte (Aii- n/il. de Chim. et de Phj-siq., t. 42, p. 17' )• Note dii redacteur. Lesdiffeientes colorations dont parle M. Bra- connot, n'offrent plus rien de particulicr, apres les recherches pu- bliees a ce sujet par M. Raspail ( Annal., t. 1, p. 72), c'est-a- dire depuis que tout le monde, a I'exception de M. Braconnot, sail qu'un melange d'huile, de Sucre et d'acide sulfurique concentre , prend une magnifique tcinte purpurine, qui s'eft'ace pen a peu par I'absorption de I'liumidite; tandis que I'acide sulfurique, avec ou sans huile et sucre , dissout la resine en jaune on en jaune verdatre , suivant la couleur propre de cettc resine. Supposons maintenant que le picromel contienne des hydrochlorates et de ralbumiuc ; comme le picromel renfermc en outre de I'huile et du sucre, on voit que par I'addition de I'acide sulfurique concentre , le picro- mel deviendra d'abord purpurin , parce que cette couleur cffacera toutes les autrcs ; que , par I'humidite de I'air , cette couleur s'affai- blissant , la teinte violelle apparaitra comme im melange couvenable de purpurin et du bleu, que I'acide hydrocblorique degage par I'acide sulfurique imprimera a ralbtniiine ; que le purpurin etant finidemenl dctruil, la couleur blexip: dominera; que par le progres de la dis- solution de la resine jaune , le melange deviendra ensuite vert ; et qu'enfin 87 parties de resine sui- 100 de picromel, ayant ete com- pletement dissoutes dans I'acide sulfurique, la dissolution doit etre d'un ]aune Icgerement verdatre : degradations de couleur effecti- vemcnt observecs par M. Braconnot. S. Note SUV le pollen du Ccdre; par W. Macaire Prinskp. L'au- tcur a eu principalcment en vue de comparer I'analysc du pollen du cedre , avec I'analyse du dattier par Fourcroy et Vauquelin, la seulc qui soit parvenue a sa connaissance. ( f^oj-^z ci-de.ssiis , pag. 589. ) Ccs deux derniers autcurs avaient avance que la sub- stance animale qu'ils avaient trouvee dans le pollen du dattier de- vait aussi exister dans les autrcs pollens. M. IMacairc Prinsep s'esl assure par I'analyse que le pollen du (•('•dre se compose de 40,0 de carbone , 48,3 d'oxigenc .el 11 .7 d'bydrogeue sans un atomed'azole. ( 444 ) Noils aoiis sdiumes a.-i.siirf do iiotre cute que la ruuiee du pollen dri cedrc no ramene pas au bleu ie papier tournesol rougi par un acide. €ependant la niatierc que Fourcroy et Vauquelin avaieiit desi- };nee sous le nom de matiere animale, existe tout aussi bien dans Ie pollen du cedre que dans le pollen du dattier;c'est cette substance glutineuse et elasti((ue qui sort du pollen sous forme de boyau dans I'acte de I'explosion. Done, conime nousl'avons dit, cctte matiere, soit glutineuse, soil albumineuse, n'est pas azotee {voj. ci-dessus, pag-. 585) par elle-meme, mais par les sels ammoniacaux dont ellc est quelquefois saturee. Cependant ce pollen non azote, produira de I'ammoniaque par sa fermentation; done encore les substances po- reuses non azotees peiivent devenir azotees par la combinaison des oleniens de I'air qu'elles absorbent. Ce pollen renferme : malate acide de potasse, sucre, sulfate de potasse, silice, gomme, resine jaune, phosphate de chaux. Du reste, cette analyse n'offre pas d'autre fait plus interessant. [Biblioth. iinwers. de Gcnei'c, Jan- vier i85o, p. 45. ) R. MiNERALOGIE. Deux nom'eanx ijliospha les de niangaiitse et defer. On ne connaissait qu'un phosphate dc fer et de manganese, lorsque M. Al- hiau decrivit deux nouveaux phosphates de ces bases, auxquels il donna les noms de Hnraidile et de Heltpozile. M. Dufrenoy vient de determiner les formes et la composition de ces nouveaux mi- neraux. D'apres lui , VHuraiilite a pour forme primitive un prisme rhom- boidal oblique dont les angles sont de 117° 3o' et 62° 3o'. Ces crislaux sont tres-petits , et les faces laterales en sont cannelees dans le sens de la longueur; ils sont jaunes rougeatres et transparens ; ils rayent la chaux carbonatee et sont rayes par I'acier ; leur den- site est de 2,270; ils sont tres-fusibles en un bouton uoir , d'un aspect metallique. L'huraulite forme de petites veines dans les gra- nites des environs de Limoges; 1' analyse a donne pour sa composition. Acide phosphorique. . . o,38oo ayant 8 at. d'oxigene. Protoxide de fer o, 1 1 1 o . . . 1 Protoxide de manganese. o,5285 ... .5 Eau 0,1800 . . . 6 : ( 445 ) C'est-i'i-tlire que Toxigeiie des bases est moilie de I'oxigene de I'acide ; d'apies cela , sa formule sera 3 Ma P " -j- Fe P' -|- G Aq. Le noni de Huraiilite vienl de ce que ec niineral a ele liouve dai • la commune des Hureaux. 'L'Htti'pozilc est en masses lamelleuses, presentant un clivage dans trois sens , par lequel on reconnait que la lornie primitive de ce mi- neral est un prisme rhomboidal oblique sous Tangle dc loo a loi degres; sa couleur est gris-verdatre , legtrement bleuatre. C'est la couleur du centre de la masse; et il parait que celle de la surface s'altere a Pair et devient d'un beau violet. L'hetepozite non alterA raie le verre et non le ([uarz ;'mais quond il est altere, il pent etre raye par I'acier. La densife du premier est de 5,524 » ct*lle du se- cond 5,5go. 11 fond an cbalumeau , en email brun fonce. Son ana- lyse a donne : Acide phosphorique. . . . 0,4177 ayant 6 at. d'oxigene. Protoxide de fer 0,3489 ... 2 Protoxide de manganese. . 0,1757 . . . i Perte au feu (eau). . . . o,o44o . ■ ■ i Silice 0,0022. L'oxigene des bases est encore ici moitie de I'oxigene dc I'acidc. L'hetepozite a done pour formule 2 Fe P' -|- Ma P' -\- Aq. L'ancien phosphate analyse par M. Berzelius est forme d'acide phosphorique 0,3280, de protoxide de fer 0,3190, de protoxide de manganese 0,3260, de phosphate de chanx o,o32o, [yimiales He Chini. et de Physicj. , t. 41 ? P- 337). BoTAisigrE. Especc. prelendue nouvelle de Mnis. — M. Bonafous a cru trouver de grandes dififerences entre nos varietes de mais et une autre espece venue de Californie, et qu'il a cultivee en 1828 a Turin ; il I'a nommee en consequence 7.eii hirta . en Taccompa- gnant de la phrase suivante : Folii's hirtis et dependenti/jits ; sni— cii'is niasculis ses.silibus , diandris truindrisi'e; aiillieris sitbau- reis. [Ann. des Sc. not. , torn. XVII, juin 1829. ) Luc figure colorice accompagnee de details anatomiqnes a ('te joinie a ce me- ( 44« ) moire. Mais cette reunion ile moycns sc tournc contri'. cette espccc, et acheve de nous prouver que M. Bonafous est dans I'erreur. Les analyses des organes fcmelles sont controuvees ; I'autenr les aura dessinees a peu pres d'idee. Les poils q^ui recouvrent les gaines, les spathes, tout raides qu'ils peuvent etre , se manifestent souvent sur certaines varietes de nos mais cultives ; ct du reste on salt que le changement de localite ou de climat fait naitre souvent des poils sur la plante la plus lisse. Les feuilles pendent sur nos mais tout aussi bien que sur le mais hirta. L'insertion immediate des epillets m;lles sur le rachis ou I'axe de la panicule , si , comme tout I'an- nonce , I'auteur entend par lii un ram'eau simple , se rcpresente sur un grand nombre d'individus. II faut en dire autant des locustes mrdes qui ne seraient pas ecartees, comme dans I'espece ordinaire, et qui seraient sessiles, « tandis que , dit I'auteur, dans I'espece ordinaire, I'un des deux ( I'auteur ajoute, ou irois , c'est une er- reur) de chaque groupe est porte sur un pedicelle »; car ce pcdi- celle varie en longueur et semble quelquefois disparaitre. L'auteur a observe des fleurs ne renfermant que deux etamines au lieu de trois. II est probable, et la figure acbeve de le prouver, que I'au- teur n'aura examine ces fleurs que lorsque les etamines sonl pen- dantes de la fleur, epoque a laquelle lagitation de I'air ou tout ^utre accident fait tomber une ou deux antheres. La couleur des antheres, d'un jaune dore, estuncaractere momentane. Lagraine, d'un blauc nacre jaunatre, et un peu allongee et translucide , n'offre en cela aucun caractere qu'on ne retrouve d'une maniere plus ou moins variable sur les nombreuscs variations de nos mais. R. ZOOLOGIE. Macroscelides , nouveoti genre de mawmiferes inseclivores. — Les auteurs s'etaient accordes a ne voir qu'une caricature gros- siere d'une musaraigne du Cap , dans le Sorex araneus maxiivn.-; capensis figure par Peliver ( Opcr. Hisl. iial. sped.). MM. Smith et Isid. Geoffroy Saint-Hilaire , ont decrit chacun de leur cote un animal qui vient d'etre trouvc au Cap ]>ar M. Jules Verreaux. ct qui se lapporte exactement a la figure de Petiver. M. Smith I'a surnomme Macroscelides , nom qui rappelle I'extreme developpo- ment des membres posterieurs. Ce caractere, tout nouvean dans la ( 447 ) ramille ties insectivoies, el par consequent tres-remarquable , sufTit^ avec I'excessivt; longueur du nez, pour dlstinguer les niarrosce- lides de tons les auUes mamtnileres. Le genre niacroscelide j eut etre caracterise de la maniere suivante : Vingt dents a cbaque machoire ; membres pentadactyles , non palmes , les inferieurs etant beaucoup plus longs que les superieurs ; pouce posterieur tres-court ; queue longue : oreilles tres-amples ; yeux de grandeur ordinaire ; nez extremement allonge , et formant une petite trompe grele , cylindrique , qui termine un petit mufle. Pelage compose de polls longs et dous au toucher. [Jniial. des Sc. mU. , octobre 1829, p. i65. Zoolog. Journal, Janvier et mai 1829.) Anlilope a corne.t dc'primees ( Anlilope depress ico?-nis ) ; par MM. Quoy et Gainiard. — A. cornibus recti's, subidalis , nis^ris , basi depressis , rugosis ; corpora crasso nigra aut cinereo ; pilis raris. On connaissait depuis long-temps des tetes de cette antilope dans les collections, mais on ignorait sa patrie. M. Hamilton Smith a donne le premier une figure au trait, de deux tetes. M. Diard avait parle de ces animaux dans une note manuscrite ; MM. Quoy et Gaimard I'ont fait dessiner Yivant par M. Sainson. lis I'ont trouve dans Tile de Celebes, 01^ il A'it dans les bois. {Ann. des Sc. nat. , aoOt, 1829. ) ylnlilope h qnalre comes {Antilope chickara , Hard^vicke ) ; par Rob. Hills. — L'auteur vient de publier une description avec une bonne figure d'un individu vivant de cette espece que Ton a vu derniercment pour la premiere fois en Angleterre. ( Frans. of the Linn. Soc. of London , vol. XV, 2' partie, p. 5i 1. ) Antilope gibbosn , Savi.^ — Cornes noires , grandes, avcc denx, courbures contournees en lyre, annelees dans leur moitie inl'e- rieure , et depourvues d'angles ; point de larmiers; point de dila- tation ni de nudite a I'extremite du museau ; point de pores ingui^ naux; point do touffes de polls aux extremites antorieures ; une ( 4'^8 ) proemineiice cii I'ornic ilc bossc sur Ic erle d'ltnc noin'clle especc dc plcrodactylc, des cxcrc- ntens d'ichthj-osaurus, et d'tine substance ressemblanl a de la sepia ou a de Vencre de Chine ^ dans le lias a Lime-Regis; par M. W. BrcKLAND. \° Pterodactjlus macronjx. — Differente des deux espojes de Soleuholen par la longueur de ses grifles. D'apres I'auteur , les OS trouves a Stonesfield, a Tilgate , et qu'on a pris pour des OS d'oiseaux, soiit aussi des os de pterodactyles ; et les oiseaux n'auraient commence a exister qu'a I'epoque des terrains ter- tiaires. 2° Les pierres connues a Lime-Regis sous le nom de Bezoard ( Bezoarslones) et qui se trouvent dans les memes couches que les ossemens d'ichthyosaurus , sont considerees par M. Buckland comme les excremens de cet animal. Elles out la forme de pommes de terre, portent les traces des ciroon\'o!utions des intestins, et renl'erment dans leur iiilerieur des os et des ecailles de poissons. On a Irouve de ces sortes de Bezoards dans les squeiettes de jeune ichthyosaurus, dans une position qui correspond aux intestins. 3° Sepia fossile. — Cette substance animale qu'on trouve dans le lias a Lime-Regis, est dure , semblable a celle du sac a encre de la seche ; sa teinte est identique , meme au lavis; elle est brillante comme du jayet; elle s'offre en petites masses de la grosseur et de la forme d'une petite vesicule biliaire, entouree d'un etui mince et naore. Cette nacre semble avoir double une ecaille ou coquille mince qui se prolongeait au-dela du sac d'encre en forme de cone, comme le cune d'une belemnite , et presente meme des plaques transversales comme les cloisons de I'alveole d'une belemnite; mais au-dela de cette alveole on ne voit aucun corps solide et spathique. L'auteur serait porte a considerer ces sacs d'encre comme provenant d'un cephalopode inconnu, plus voisin des be- lemoites que des ammonites et des nautiles. Cette opinion est au moins un peu hasardee quant a I'alveole ; car pour les belemnites, on se rappclle ce que nous avons decrit rclativement a leur or- ganisation. {Proced. of. geol. soc. 6 fevr. 1829.) ( 454 ) Phcenicopterus inipalliatus , nouvelle espece; par MM.Des- sALiNES d'Orbigny ct IsiD. Geoffroy-Saint-Hilaire. — La cou- leur des ailes de celte quatrieme espece d'un genre qui a lui seul forme une famillc, est tout-a-fait celle d'un charbon ardent. La tele, le cou , la queue , le dos et les parties inferieures sont g6- neralement, chez les adultes, d'une couleur rose pale; quelques- unes des plumes du dos sont d'un rose plus fence ; les remiges sont noires, les jambes sont d'un rouge-brun dans la plus grande partie de leur longueur, mais d'un rouge vif dans le voisinage des articulations. Les doigts sont en entier de cette derniere couleur; le bee est celui du Qamant ordinaire; mais le noir s'etend de la pointe jusqu'au-delii de la courbure. Les jambes sont beaucoup plus courtes que chez le flamant ordinaire ; I'ongle du pouce est tres petit. La longueur tolale depuis le bout de la queue Jusqu'a I'extremite du bee est de 4 pieds i pouce. Ce flamant est commun a Buenos-Ay res jusqu'a Bahia blanca ; il est tres-rare a Corrientes. Les Espagnols le x\ou.\m&x\\. jlamingo ; mais quelques Guaranis le connaissent sous le nom de Nahaiia, et les Indiens Buticud du Bresil I'appelent ponchen. ( Annal. des sciences nat. aoCit 1829, page 455. ) Faisan dore, sa patrie. — M. Gamba, consul de France k Tiflis, assure avoir tu et chasse Ic faisan dore dans les chaines du Caucase, qui s'etendent vers la mer Caspicnnc. Les compagnies en existent en grande quantite a cote de cellcs du faisan vulgaire. Cette assertion s'accorde tres-bicn avec celle de Pline qui place cc faisan in Colchis. Buffon et Gueneau de MontbeiUard I'avaient cru originaire de Chine. Scarabceus sacer retromxi en Libje.~La note suivante a ete. communiquee au redacteur de la Gazette litteraire, par un voya- geur qui vient de parcourir la Libye ; elle est extraitc de son jour- nal, ct datec du 12 oct. 1829 : <. Cette nuit , pour la premiere fois depuis mon sejour dans ce.s contrces , j'ai vu le scarabee sacrc ( Scaraba-us sacer ou chafer) s. ( 455 ) veucre des auciens Kgyptiens. I ii leger bruit qui se fuisait entendre tout a cote de moi attira d'abord nion attention , et, a travers I'obs- curite de la nuit , je finis par decomrlr une boule assez grosse rou- lant vers moi. Persuade que ce ne pouvait etre qu'un crabe de terre ou une petite tortue, je pris cette boule dans ma main; et , a ma giandc surprise , je trouvai que ce n'etait qu'un crotin de cheval. Quelqiies instans apres, j'apercus une autre boule qui s'avancait vers moi en roulant. Je dirigeai sur cet etrange objet la lumiere de ma lantcrne, et un examen attentif me fit decouvrir qu'il cachait un gros scarabee noir. Cet insecte , a I'aide de ses longues pattes de derriere, trainait cette boule, qui augmentait graduellcment de vo- lume par I'agglomeration du sable et de la poussiere, qui s'accroit ainsi au point de cacher entierement I'animal. II est plus que probable que les auciens pretres egypticns tiraient parti de cette trompeuse apparence pour abuser de la credulite du peuple, et accroitre sa veneration pour le scarabee. Je decouvris eusuite plu- sieurs autres de ces l)oules animees, dont qnelques-unes avaient plus de troispouces de diametre. Les Arabes qui m'accompagnaient ne parurent faire aucune attention a ce phenomene. » Anatomiede dijji'renles especes d^iiisectes; memoire posthume de Lyonnet. — Le manuscrit de Lyonnet a ete achete par I'edi- teur des Mtmoires du Museum ; et il occupe a lui seul les 10° et 1 2* cahiers du tom. xviii : il est accompagne de i3 planches. L'auteur y decrit le pou du mouton , les poux d'oiseaux, les mites, la tique de la fouine qui n'est pas, d'apres lui, la meme que celle qui s'attache a la peau de I'honuue ct du chicn ; la mouche d6 saint Mare dont les vers se trouvent rassembles par centaines dans des nids prati- ques dans les allees des jardins ; des araignees et des scarabees. Puplna, iioui'eau genre de coquiUes; par M. Vignaru. — Co- quille turbinee , ovale; ouverture prol'ondement fendue ; colvuiielle recourbte , tronquee. L'espice unique (]ui a servi a I'etablissement de ce genre un pen hasardo, n'atteiut pas 5 lignes de longueur, l'au- teur la nomme Pupina Kcraudivni. L'animal est inconnu ; les b.i- ( 45r. ) bitans de la NcuvcUe-Guincc en portent comme omemeiis. {Ann. iles sc. nat. dec. 1829.) Jcroslome. , nom-eau genre de vers vesiculaires , troiwe sitr la vienihrane de r amnios de la vaclie [Jcrostoma amnii); par M. Lesauvage. — L'auteur ayant presente son menioire en 1828 a laSocicte philomatifiue , ainsi que des individus de cesvers, le rap- porteur declara qne ces corps n'etaient pas des aniniaux; et entrc aiitres niotils , il se fonda snr ce qu'aucun des anatojiiistes qui se sont occupes du foetus de la vache n'avait parle de cet animal. L'auteur avoue ne savoir comment expliqucr ce silence de la part des anatomistes. {Annal. des sc. nat. dec. 1829.) L'auteur ainsi que le rapporteur sont dans I'erreur ; les anatomistes ont decrit et figure ces caroncules que I'on trouve dissemjnees snr la surface in- terieure de Tamnios et sur le cordon ombilical du foetus de la vaclie et de la brebis meme. N 'ayant pas d'autre ouvrage sous la main en ce moment , nous nous contenterons de citer ce qu'on lit pag. 732 torn. 1 de la Biblioihecn anatomica de le Clerc et Manget : Cor- pnscula silt generis , qnalia eliam in ove , mnlta , alhicanlia , parva, magna, varia: forma; adhairebanl interior! parti ( id est quoi fee turn respicil) tnnnii , imo etiam illi parti, quce vasa umbdicalia cingebat , usque ad extremitatem uretri ubi om- mium minimaerant. Mais comme on le voit, les auteurs se sont bien gardes de trou- ver dans ces caroncules la moindre apparence d'un ver vesiculairc. Nous avons eu tres-souvent occasion d'examiner ces caroncules qui se rencontrent toujours sur les membranes de I'amnios et du cor- don ombilical du foetus de la vache et de la brebis. II ne nous serai t jamais venu dans I'esprit que Ton dut nous les decrire et nous les representer comme des entozoaires. La figure qu'on public est unc exception; la description est plus exacle, Au reste,si ces caroncules avaient ete des vers, il eut fallu les rapportcr au genre Monos- toma , au lieu d'en faire un nouveau genre. R. IMedecine. Emploi du chlorure d'o.ride de sodium dans les maladies ( 457) .scrophiileuscs ; par M. Godier. — L'aiitcu)' ctcnd dans unc pin((; d'cau un gros de solution dc chloiurc d'cjxide de sodium de La- barraque, (jui contieut par litre environ 4 onces dc soude pure combinec avec onze a dt)uze litres de chlore gazeux. II fait prendre la premiere quantite chaque jour a ses malades sans inconvenient. II cite a I'appui de ce traitement cinq cas qui attestent Ics puissants effets de ce medicament centre les maladies scrophuleuses. [Joitrn. gcner. de med. tom. CIX , p. 2o5, nov. 1829.) Sulfates de cuivre et de zinc introduits dans la panification, — L'Academie royale de Medecine a eu dernierement a repondre a une question ministerielle relative a I'emploi que les boulangers dc certaines contrecs viennent de faire du sulfoto de cuivre, pour fairc lever les farincs, lesquelles, depuis la cherle dos grains, ilsprenaienl soin de mehuiger avec lalecule de pois verts, de feve, etc. Leconseil de salubrite de la ville de Paris, qui arrive toujours le dernier dans les circonstances urgentes, s'occupc aussi du meme sujet; mais il ne parait pas que ses recherches aient eclaire Tautorite sur I'abus que les boulangers de la capitale ont pa faire de ce sel de cuivre. Pour reconnaitre la presence du cuivre dans le pain, il faut incinerer, trailer par i'acide nitrique , et precipiter par I'ammoniaque qui co- lore le cuivre en bleu ; le cyanure double de fer et de potassimn le colore en brun. ACADEMIE DES SCIENCES DE PARIS. Seance du 21 Decembre 1829. — M. Pellclicr annoncc qu'il a fabrique en grand du sulfate et du carbonate de magnesie avec les calcaires niagnesiens de France. On lit un memoire de 31 . Darcet fils , sur la propriete qu'ont les rhlorures de preserver de la peste. iM. dc Boisbortrand fait part a r.\cadomic d'un proccde qu'on lui a propose pour rendre impossible la fabrication ile faux billets dc banquc. ( 458 ) M. Poisson fail un rapport tres-favorable sur Ics nova fiimla- mentatheorice funcliomim elliplicarum dc M. Jacobi. M. Chevreul fait un rapport tres-favorable sur les recherches de M. Serullas roncernant les composes de I'iode. M. Serullas lit une note additive sur I'acide iodique obtenu cristallise. M. Dumeril fait un rapport favorable sur I'anatomie dc la my- galeaviculaire, par M. Straus. 28 Dtcembre. — M. Serullas est nomme membre de la section de chimie. M. Durand adresse un memoire sur la naissance d'une fille bice- phale , dans le departement des Pyrenees. M. Cordier lit un memoire de M. Marcel de Serres, sur la_ decouverte de plusieurs ossemens fossiles dans les cavernes de Fauzan. ( Voy, Annal. , p. 44g. ) M. Heron de Villefosse presente un memoire du major Muller, sur les inondations de iSaS. M. Geoffroy Saint-Hilairc fait un rapport favorable sur le livre de M. Bourdon , intitule : Lettres a Camille sur la physiologic. W. Dnpin lit la deuxieme partic de son memoire ( 14 dec. ) sur la vente des cereales. 4 Janvier i83o. — M. Girard president etM. Dumeril vice-pre- sident. M. Guerin presente le dessin d'une ponle sans os maxillaires. M. Thenard fait un rapport surle precede de M. Chevalier pour nettoyer les murs par I'acide muriatique. Le rapporteur craint que cette operation nc fasse noircir plus vite les pierres. Le meme fail un rapport defavorable sur le degre de cuisson du platre, propose par M. Payen. M. Cauchy fait un rapport favorable sur un memoire de feu M. Voisard, relatif a I'analy^e mathematlque. M. Adolphe Crongiiiart communique des observations faites par lui, sur le developpement du charbon dans les graminees, et sur les modifications qu'il apportc dans les parties de ces plantes qui en sont attaquees. L'auteur arrive a cette conclusion que le char- bon est un cham{)ignon parasite , et non le resultat de la decompo- sition des organes de la plante. 11 Janvier. — M. Herpin annonce que les murs que Ton a net- toyes par I'acide muriatique , atlircnt rhumiditc ; il propose d'y ( 459) substituer I'acide sulfiniquc qui ii'aurait pas le meme inconvenient, tout en rendant les pierres plus blanches. M. Mathieulit une lettrc de M, d'Aubuisson sui' les froids qu'on a ressentis au midi de la France , du 26 decembre au 3 Janvier, et dont le maximum serait de i5°, 1 au-dessous de zero; tandis qu'a Paris ce maximum n'aete que de i4''j5. M. Payen vient de nouveau soutenir son opinion sur la cuisson du plutre. II fera de nouvelies experiences a ce sujet. M. F. Cuvicr rend un compte favorable du precede de M. HIo- lard pour ecrire et lire dans I'obscurite , et servir i I'instruction des aveugles. ftl. Dupin lit la troisieme partie de son memoire, intitulee : vi- cissitudes operees dans la valeur des boissons et dans les revenus qu'elles ont procures, depuis 1818. 18 Janvier. — M. Despretz annouce que le nickel, le cobalt, le zinc et I'etain possedent, comme le fer, la propriete de decom- poser soit I'eau , soit I'acide carbonique , a la temperature rouge, en enlevant a I'eau son oxigene , et reduisant I'acide a I'etat d'oxide de carbone ; et qu'a la meme temperature, ces metaux sont reduits par I'hydrogene et par I'oxide de carbone. 11 prepare I'acide ace- tique cristallisable en chauffant I'acetate de plomb avec I'acide sul- furique concentre , et prepare un sulfure de zinc , tres-ressemblant au sulfure naturel, en chauffant fortement un melange de soufre et d'oxide de zinc. M. Chevalier ne pense pas que le nettoiement des murs par I'a- cide muriatique rende ces murs hygrometriques; il rejette I'em- ploi de I'acide sulfurique propose par M. Herpin. M. Mathieu fait un rapport favorable sur un memoire de M. d'Aussy , ayant pour objet la determination des positions du Caire, d'Alexandrie et de quelques points de la Mediterranee, fon- dee sur les observations que Nouet fit pendant la campagne d'E- gypte , et en se servant des tables astronomiques les plus modernes. M. Dutrochet lit un memoire relatif au mouvement circulaire qu'on observe dans I'eau renfermee dans des tubes inegalement ex- poses a Taction de lachaleur et de la lumicre. (Voy. Annales, t. 3, p. 5o4. ) M. Julia-Fouk'ncUc prescute un memoire sur la conservation des groins ct la fonualion des silos. ( 46o ) M. Dumas en adresse un sur la presence dii pus dans les vais- seaux lymphatiqucs de I'uterus et dans les ganglions prelonibaires, a la suite de trois accouchemens. 25 Janvier. — M. Becquerel annonce qu'il a produit des cristaiix de soufre , de carbonate de polasse , de carbonate de plomb , de sulfate de chaux, do sulfate de baryte , semblables a ceuxque Ton trouye dans la nature ; il a de plus obtenu une belle cristallisation bleuatre de carbonate double de cuivre et de potasse. M. Dutrochet adresse de nouvelles recherches relativement a I'influence de la lumiere sur le mouvement des liquides. M. Cauchy lit un memoire sur la determination des racines pri- mitives des nombres. 4 i-L'vrier. — Le ministre de Finterieur adresse a I'/Vcademie un memoire de M. Bretheau Parrant, medecin a Frontignan, conte- nant la description d'une machine qui a pour but de preserver de la phthisic pulmonaire les ouvriers qui travaillent aux pierres a fusil » et qui perissent tons a la fleur de I'age , victimes de cette maladie. M. Jaume Saint-Hilaire presente un memoire sur la nature des^ terres qui , sans culture et sans engrais , sont plus ou moins favora- bles a la croissance des vegetaux. M. Cassini fait un rapport favorable sur un memoire de M. Adrien de Jussieu, relatif au groupe des meliacees. L'auteur est aussi d'avis qu'aux regies etablies a priori , pour determiner les fa- milies, il faut substituer I'analyse qui exige une revision minutieuse de chaque groupe de vegetaux. Le resultat de ses recherches a ete le partage des meliacees en deux families ; celle des meliacees pro- premeut dites et celle des cedrelacees ; la subdivision de la pre- miere en deux tribus, les meliees et les trichiliess , et celle de la seconde en deux autres tribus , les swietenie'es et les cedrelees. M. Adolphe Brongniart lit un memoire sur la structure des feuillcs et sur ses rapports avec la respiration des vegetaux dans I'air et dans I'eau. 8 Fevrier. — M. Jacobi est nomme membre correspondant pour la section de geometric, et M. Herschel pour la section d'astro- nomie. M. Navier lit une lettre de M. Duhamel sur la formation de la glace au fond des eaux. M. Raucourt lit un memoire sur la vitcsse de la Nowa, a Saint- (46. ) Prtorsbourfj , ct sur les moycns dc I'apprccicr dans differentes par- ties de son cours. M. Robert, modecin dii lazaret de Marseille, ecrit nnc lettre dans laquelle il considere la vaccine conime une simple petite- verole locale. M. Villerme fait part a 1' Academic d'un travail de M. Qnctelet, qui a trouve la taille nioyenne des hommcs plus grande dans les villcs que dans les campagnes du Brabant meridional. M. Magcndie presente un appareil du docteur americain Ogden, destine a guurir des difformites de I'epine. IM. Chevreul lit une note sur le principe colorant de la gaude, qu'il decore du nom de luteoline. M. Lembert lit un memoire sur le principe du mouvemenl cbez les animaux. i5 Fevrier. — M. Raucourt envoie une lettre sur la temperature de la Newa et sur la formation de la glace au fond de ce fleuve. M. Augusle Saint-Hilaire envoie a I'Academic le premier volume de son F'ujage au Brtsil, et un memoire sur la famiilc des Poly- galees. MM. Robiquet et Boutron-Charlat annoncent qu'ils out trouve de I'acide benaoique a I'etat de combinaison , dans I'huile des amandes ameres. M. Barbier presente un moyen d'instruction pour les sourds- muets, d'aprcs le mouvement des levres. M. Puissant fait un rapport favorable sur les globes et les cos- mopheres de M. Miller. M. Desfontaines fait un rapport favorable sur le memoire de M. Cambecede*, relatif a la famille des Capparidees. M. Geoffroy Saint-Hilaire en fait un pai-eil sur un memoire de MM. Laurencey et Meyranx, relatif a I'organisation des cruslaces. Les auteurs ont pour but de prouver que I'organisation de ces ani- maux, et des cephalopodes eu particulier, n'offre rien qui ne soil en harmonic avec ce que presentent les animaux supcrieurs. — M. G. Cuvier annonce qu'il n'a point change d'opinion sur ce su- jet, et qu'il se propose de publicr un traite dans lequel il develop- pera ses idees. M. Navier fait un rap port tres-favorable sur un travail de iM. Beau- dcmoulin , intitule : Rerherches iheoriqiies et pratiques sur la ( 462 ) fondatlon par immersion tics outrages hjdrauliqiics , et parli- culicrement des t'cluses. 22 Fevrier. — M. G. Cuvier lit un memoire intitule : Considt- j-ations sur les molliisques et en particulier sur les cephalopodes. II y a deja 55 ans qu'il a fait une etude particuliere de ces animaux; il n'a jamais admis que le plan qui, jusqu'i'i un certain point, est commun aux vertebres, se continue chez les moUusques. II rejctle done Vuiiite de composition admise par M. Geoffrey Salnt-Hilairc. II pense que ce principe, restreint comme il doit I'etre, appartient a Aristote , et se trouve subordonne a un autre bien plus fecond , i celui des conditions d" existence, de la convenance des parties^ de leiir coordination pour le role que V animal doit jouer dans la nature. M. Cuyier discutc cnsuite I'opinion de MM. Laurencey et Mcyranx qui considerent les moUusqucs comme des especcs de vertebres replies en arriere a la hauteur du nombril, de manierc que les deux parties de I'epine du dos se mettent en contact ; il fait voir par I'exemple du poulpe que cette supposition est sans fonde- xncni. — M. Geoffroy Saint-Hilaire dit qu'il est enchante que la discussion s'ouvre sur le grand principe dont il proclame I'existence, el qu'il repondra prochainement aux remarques de M. Cuvier. M. Mirbel fait un rapport favorable sur un memoire de M. Ri- chard , relatif aux families des plautes i\ placentaires paritlaux. i" Mars. 31. Geoffroy Saint-Hilaire lit un memoire intitule : Du Caractere de la doctrine d'uniformite d' organisation , ap- peleeTheorie des analogues. II est destine a repondre aux objec- tions de celui que M. Cuvier a lu a la seance precedente. Pour lui , V unite de composition ou de plan, est I'abrege de Vunite de sfs- teme dans la composition et V arrangement des parties orga- niques. Aristote n'a eu qu'un pressentiment vague de cette unite dc composition, et il s'est presque toujours borne a decrire les formes et les fonctions des organes , mais non a rechercher les ana- logues des diverses parties de ces organes dans tons les animaux. Ainsi M. Geoffroy n'a pas elargi les bases de la zoologie, posees par Aristote et suivies par ses successeurs; il les a tout-a-fait changees, en comptant pour rien et la forme des organes et leurs fonctions , parce que les unes et les autres sont fugitives. La main de Thonnne, par exemple, devient la palte du chien, la griffe du chat, uno .iiie chez la chauve-souris, une raoie chez le phoque, une par-tie de la ( 463 ) jambe chez les rumiiians ; ct pourtanl cct organe est forme du meme iiumbre de pieces, asscmblees de la memc manicre. Au lieu done de s'arretcr aux formes et aux foncdons, M. Geoffroy descend aux parlies menies des organes qu'il retrouve dans tous les animaux. II cite pour exemple I'os hyoide. M. Dalton est nomme membre correspondant de la section de chimie. 8 Mars. iM. Auguste Saint-Hilaire est nomme membre de la section de botanique. (Voy. Annal. , torn. 3, p. iGo. ) M. Puissant lit un memoire intitule -.Application du calculdes probabililes a la mesiire de la precision d'ltn grand nivellement irigononietriqite. Cette application est relative au grand nivelle- ment que MM. Coraboeuf et Pcytier viennent d'executer entre rOcean et la Meditcrranee , a travers les Pyrenees , et sur trois lignes differentes ; il en resulte une difference de niveau I'gale i o,88 metre, en plus pour la Medilerranee ; difference qu'on peut considcrer commc nullc , ou du memo ordre que les erreurs d'ob- servation. M. Becquerel annonce (ju'il a trouve dans les carrieres de Mont- martre, un sulfure de chaux au milieu d'une couche d'argilc. M. Freycinet fait un rapport favorable sur le voyage du capitaine Dillon , a la recherche du naufrage de Lapeyrouse. M. Cauchy lit un memoire sur les diverses methodes a I'aide desquellcs on peut etablir les equations qui representent les mou- vemens des corps solides ou liquides. M. SeruUas en lit un autre sur Taction mutuelle de I'acide io- diquc el de la morphine, ou de I'acetale de cette base. Le docteur Cascnave presente des instrumcns de son invention, relatifs a la lilholrilie. M. Lembert acheve la lecture de son memoire sur la cause du mouvement des animaux. i5 Mars. — M. Chevreul lit une lettre de M. Berzelius , qui annonce avoir trouve de I'acide butirique dans Turine humaine, et avoir fait une experience qui prouverait que I'acide lactiqne est un acide particulier, et non une combinaison d'acide aceli((ue et d'une maliere organique fixe. (^\oyei ( es Annales , pag. 345.) M. Beautemps Beaupre fait un rapport desapprobatif sur le pro- cede (le M. Pouillot pour preserver les navires du naufrage. ( 464 ) M. Scrullas lit dcs observations sur Ic chloruie d'iodc. M. Segiilas prescnte iin instrument nomme porle-causiir/ue , a I'aide duquel il pent appliquer Ic nitrate d'argent sur un point qucl- conquc du canal de I'uretrc. M. Roussin fait un rapport I'avorable sur I'ouvrage de M. Bel- trami , relatifau Mcxique. M. Rogniat en fait un pareil sur un ouvrage du colonel Paixhans, relatif a la defense des frontieres des Etats, contenant une applica- tion du systeme de I'auteur a la defense des frontieres de la France. M. Girou de Buzaraigue lit, au nom de son pere, des experiences sur la generation des plantes ; d'oii il resulterait que la reproduc- tion du chanvre peut avoir lieu sans le concours des fleurs mrdes. M. Gerdy lit mi memoire sur le mecanisme des mouvemens des membrcs et do corps dans le phenomene du saut. M. Milne-Edwards adresse a I' Academic im memoire rclalif a une disposition particulierc de I'appareil branchial chcz quelqucs crustaces. 23 Man. — M. G. Cuvier lit des considerations sur I'os hyoidc. II se felicite d'avoir oblige M. Geoffroy Saint-Hilairc a preciser le sens qu'il attache a Vunile de composition. Puisque M. Geoffroy a cite I'os hyoide, M. Cuvier se propose de prouver, i° que cet OS change de nombre , de parties , meme d'un genre a un genre voisin ; 2" qu'il change de connexions ; 5° que de quelque maniere qu'on entendeles termcs vagues employes jusqu'a present, d'«/i<7- logie., A' unite de composition. A' unilt de plan , on ne peut les appliquer a I'os hyoide d'une maniere generalc ; 4" (I»'i' J ^ une foule d'animaux qui n'ont pas meme de trace de cet os ; de cette maniere il pense avoir montre le peu de fondement du systeme de M. Geoffroy. Jll. Geoffroy prend ensuite la parole pour lire un memoire sur ['application de la theorie des analogues a I'organisation des pois- sons. II faut etudier cette classe avant que de passer aux mollus- qucs, pour suivre plus aisement Ics degradations des orgaues, et retrouver avec plus de surete les pieces qui entrent ilans leur com- position. Ce n'est pas sans etonnement qu'il a In dans VHisloire des Poissons de M. Cuvier, qu'il n'y a de resscmblance entrc les organes des poissons et ceux des autres classes d'animaux, qu'au- tant qu'il y en a dans les fonctions; et neanmoins M. Geoffroy iivnil ( 465 ) demontre qu'il ne se lencontrait pas un os chez Ics poissons'dont on ne pOt assignor I'analogue chez les classes superieures des ver- tebres. 2^ Mars. —31 Cuvier demande la parole; niais M. Geoffroy ia reclame pour repondre aux critiques de son adversaire , relati- vement a I'os hyoide. II entre dans des considerations generales sur satheorie des analogues, dont il prevoit le triomphe sur celle des ressemblances dans les formes et les functions. Ces deux theories ne sont pas au fond les memes , comme on I'a voulu insinuer ; M. Geoffroy se refuse a faire de pareilles concessions, puisqu'il est persuade de I'exactitude et de la fecondite de ses principes. De- puis que cette discussion s'est elevee , une foule d'auditeurs se pres- sent a I'entour des fuuteuils academiques, pour observer de plus pres les progres de cette lutte scientifique ; malheureusement elle louche a sa fin, moins par epuisement que par le ton d'aigreur et de persiflage que les illustres champions ont pris dans les dernieres seances. Le combat ne peut plus se continuer dignement qu'entre les partisans de ces deux systemes opposes. CORRESPONDANCE. BECtAMATION CONTRE LE RAPPORT ACADEMIQUE REtATlF AUX VAISSEAUX LYMPH ATIQUES (l). Monsieur, L'esprit de justice qui preside a la redaction de votre estimable journal, et I'aversion que vous manifestez contre toute coterie, ne me permettent pas de douter que vous ne soyez prct a publier ce que vous reconnaitrez comme etant une injustice en matiere scien- tifique. Je n'hesite done pas a vous prier de vouloir bien donner une place ;i ma lettre dans vos Annales. M. Lippi a ete couronne par I'Academie des Sciences, pour un (<) Voy. Ann. dti sr. ilohs. , t. II, p. 3i3. 3. ( 466 ) travail dans lequcl il annonce avoir decouvert une foule de com- munications ( autres que celles par le canal thoracique et la grande veine lymphalique droite) entre des troncs lymphatiques et vei- neux. La commission pour le prix de physiologic lui ayant prouve qu'il y avait erreur, en ce que cette communication se fait dans les glandes , et entre des vaisseaux capillaires , il est evident que la commission n'avait dans cette occasion fait qu'admettre une yerite enlrevue depuis long-temps par quelques anatomistes, mais de- montreepar une foule d'experiences par M. Fohmann en 1 820 et 1 82 1 et par moi en 1824. M. le rapporteur nous fait I'honneur de nous citer, il est vrai, mais voici comment : il dit que M. Fohmann a constate la liaison des chyliferes avec la veine porte , et que je me suis occupe de ces rapports dans les oiseaux. Le premier merite d'un rapport sur I'etat actuel'de la science, c'est exposer succincte- ment, mais clairement, ce qui appartient a chacun : il resulte de la, que ceux qui ne connaissent la question des communications des lymphatiques avec les veines , que par le rapport de M. Geoffroy- Saint-Hilaire, seront portes a croire que M. Fohmann n'a vu que la communication des chyliferes avec la veine porte , et que je n'ai vu ces communications que chez les oiseaux. En opposition a ce que dit le rapport, je crois etre en droit d'affirmer : 1° Que je me suis specialement occupe des communications des lymphatiques avec les veines dans I'homme et dans les mammiferes, et que ce n'est que sous forme de digression que j'ai traite de cet objet dans les oiseaux. Je prouve mon assertion en vous envoyant ci-jointmon Essai sur les vaisseaux lymphatiques, publieen 1824? et anterieurement k mon memoire sur ces vaisseaux dans les oiseaux auquel seul M. le rapporteur semble faire allusion. 2° Que M. Fohmann s'est occupe des communications' en ques- tion tant surl'homme que sur une foule d'animaux, et non-seulement entre les vaisseaux chyliferes et la veine porte , mais bien entre les lymphatiques et les veines en general , partout oii il y a des glandes. M. Fohmann a fait connaitre ces faits en 1820, et il est revenu sur cet objet avec beaucoup plus de details en 1821 , dans un ou- vrage ecrit en allemand sous le titre de Jnatomische Unlersu- chungen iiber die Verbindung den Saugadeni mil den Venen (re- cherches analomiques surles communications des lymphatiques avec les ueines). Je rcgrette de ne pas pouvoir vous envoyer cet ( 4^7 ouvrage a I'appui de mon assertion ; mais j'ai t'requemnienl tile co traite dans ma dissertation. Jusqu'ici, je crois avoir seulement demontre que M. le rappor- teur a fait preuve d'ignorance, ce que M. Fohmann ct moi nous lui pardonnons de bien bon coeur; mais ma reclamation aupres de r Academic etant restee jusqu'a present, que je sache, sans resultat, je vais prouver que M. le rapporteur a ete de maiivaise foi. J'aurai done a faire voir : 3° Que M. le rapporteur avait connaissance de ce que je viens d'avancer. II ne m'appartient pas d'examiner ce qui a pu le porter ■Adissimuler: je crois etre en droit de retablir les i'aits ; je ra'abstieus pour le moment de scruter les intentions. — Pensez-vous, par exemple, monsieur, que les passages que je mets en regard aienl quelque analogic? M. Geoffroj Saint-llilnire. En supposant que telle soit la structure des glandes , le mer- cure s'epancherait dans les cel- lules, et ce n'est que dans le plus petit nombre des cas qu'il entre- rait dans les radicules des vais- seaux sortans; le plus souvent ce metal s'intiltrerait dans le tissu cellulaire de la glande , au point d'y determiner des ruptures ; ce qui est contredit par I'experience. Par consequent si Ton suit, chez les jeunes embryons, la for- mation des ganglions lympha- tiques, on voit qu'ils n'existent point jusqu'a la fin du premier tiers de la gestation. A leur place on trouve un la- cis de vais^eaux oii leur conti- nuite ne peut etre revoquee en doute Or , si cette continuite etait in- terrompue cbez I'adulte par des cellules , il faudrait que ces vais- M. Laulh. L'observation et le raisonne- ment nous conduisent a rejeter, dans la structure des glandes, les cellules distinctes des vais- seanx ; en les injectant , le mcrrure s'epan- cherait dans les cellules ; et ce n'est que dans le plus petit nom- bre des cas qu'il entrerait dans les radicules absorbantes des vais- seaux sortans (suppose qu'elles existent) ; le plus souvent ce me- tal s'infdtrerait dans tout le tissu cellulaire de la glande , au point d'y determiner une rupture , ce qui est contredit par I'experience. Les glandes lymphatiques n'exis- tent pas encore dans I'embryon; A leur place on trouve de sim- ples plexus, oil la continuite des vaisseaux ne peut pas etre revo- quee en doute; Or, si cette continuite etait in- terrompue dans Tadulte par les cellules des glandes, il faudrait ( 468 ) M. Gcoff'roj- Saint-Hilaire. seaux continus dans I'embryon cessassent de I'^tre plus tard , ce que lien ne fait presumer. . L'examen des vaisseaux lym- phatiques des oiseaux, jette un nouveau jour sur la structure de ces corps. On ne rencontre, dans cette classe, de veritables gan- glions lymphatiques qu'a la par- tie superieure du thorax. Dans tout le reste du corps , les glandes sont remplacees par des plexus nombreux. . . . De plus on voit manifestement, sous les plexus lymphatiques des oiseaux, qu'il existe des dilata- tions aux points de jonction des Taisseaux. Ce sont evidemnrient ces dila- tations qui auront fait naitre I'i- dee qu'il existait des cellules dans I'interieur des glandes lympha- tiques. M. Lauth. que ces vaisseaux continus dans I'embryon , cessassent de I'etre apres la formation des glandes , ce qui n'est pas vraisemblable. L'examen des vaiss6aux lym- phatiques des oiseaux jette urt nouveau jour sur ce point de dis- cussion. On ne rencontre , dans cette classe d'animaux , de veri- tables glandes lymphatiques qu'u la partie superieure du thorax, par oCi passent les lymphatiques du cou. Dans tout le reste du corps les glandes sont remplacees par des plexus considerables oii Ton re- marque les dilatations des vais- seaux aux points de leurs re- unions ou divisions. 11 est evident que ces dilata- tions sont ce qu'on a pris pour des cellules dans les glandes , oi^ cette structure ne pouvait pas etre aussi distincte qu'elle Test dans les oiseaux , oi'i ces plexus ne sont pas reunis en un corps solide. He bien , I'une des colorines ci-dessus est extraite du rapport de la commission , tel qu'il m'a ete transmis par les journaux ; I'autre Test de ma dissertation dont je vous prie de vouloir bien consulter la page 29. M. le rapporteur m'ayant done fait I'honneur de me lire, il a dfl savoir si je n'ai travaille que sur les oiseaux, et il a surtout pu se convaincre par les nombreuses citations que j'en fais , que M. FoHMANN a dit des 1820 et 1821 tout ce que 1' Academic a sanc- tionne plus tard , en couronnant I'ouvrage de M. Lippi. Tout cela n'cst-il pas deplorable? J'ai annonce que pour le moment je ne voulais pas scruter les (4^) intentions; mais je crois devoir declarer avant de terminer, que je crois tenir le fil d'une intrigue que je saurai devoiler, si I'on vicnt a m'y forcer. Je suis, etc. Strasbourg, 3 mars i83o. E. AL. LACTH, Agrege en exercice et chef des travaux anatomiques a la Facultc de Mede- cine de Strasbourg. IP LETTRE A UN SAVANT DE PROVINCE. QUEI- EST L'AUTECR DU FAMEUX COWSIDERANT DE l'oBDONNANCE ? RAPPORTS ACADEMIQVES FA^TS DE COMPLAISANCE. Mon cher docteur, r Le coupable est connu ; il a fait I'aveu de sa faute ? que dis-je ? ils'en glorifie coninied'un joli tourd'intrigue ; et j'ose tous garantir qu'il serait le dernier a se plaindre de I'indiscretion que je vais com- mettre , en tous communiquaot ses expressions : (■ Vh des candidats a la chaire de conchjliologie. — Vos voeux sont enfin satisfaits; TOtre nomination est sanctionnee. M. de Blainville. — Ce n'est pas sans peine. Le candidal. — Ce qui signifie ce n est pas sans intrigue. M. de Blainv, — On n'obtient plus rien qu'a ce prix. Le candidal. — C'est pour cela que I'opinion publique vous .savait tant de gre d'avoir, jusqu'a present, obtenu si peu de chose. M. de Blaini'. — J'ai enfin vu que j'avais affaire a des intrigans ; j'ai dQ combattre a amies egales. Le candidal. — Et vous avez si joliment combattu que , sans aucun doute, vos adversaires vous envient encore plus le succes que la place. M. de Blainv. — Vous trouvez ? Le candidal. — Certcs; votre coup d'essai est un vrai coup de maitre ; et , pour me servir d'une expression qui doit etro acadc- mique, puisque M. Cuvier s'en est servi a I'Academic : vousdevcz en conscience leur rendre des pions. ( 470 ) M. de Blairw. — Vous connaissez done cette affaire ! Le candidal. — Je serais le seui a I'ignorer. M. de Blaim'. — Yraiment! on en parle? Rapportez-moi done ce qu'on en dit. Je vous I'avouerai franchement, si Ton se trompe. Le candidal. — On dit que le fameux consid^.rant de I'ordon- nance, qui exclut du Museum loitl savant qui ne\ serait pas Tvembre de VAcadewie, est votre propre ouvrage; que vous I'avez glisse apres coup , de concert avec le commis ministeriel charge de la rediger, commis avec lequel vous etes autant lie que M. Audouin I'etait avec M. Lourdoueix meme; que le ministre, romme c'est I'usage lorsqu'on debute, a signe de confiance ; qu'i'i la faveur de ces quatre mots , vous avez ecrase , comme d'un seul coup, toules les batteries que le beau-pere avait, de si longue main, disposees dans toute 1' Academic; et qu'ainsi les bulletins des dix-neuf papas qui, dans la derniere seance de I'lnstitut, se sont partages entre les fils de MM. Brongniart et de Jussieu , vous sont revenus, sans coup ferir, et, pour ainsi dire, d'eux-memes. M. de Blainv. — Que voulez-vous, mon brave et genereux ad- versaire ? dans ce monde , il n'j- a que des moutons el des loups ; je ne veux pas elre rnoulon. Le candidal. — Excusez mon erreur. Monsieur; j'avais tou- jours cru que, parmi les diverses facultes ailegoriques des animaux (|u'il etudie, au lieu de la rapacite du loup , le zoologiste ne devait ambitionner que le vaste coup d'oeil et la sublime fierte de I'aigle. » Tout s'explique , comme vous le voyez , mon cher docteur. Lorsque, en 1828, M. de Blainville accusait publiquement un au- teur de lui avoir refuse, au mois de fevrier, des zoophytes qu'on ne pent se procurer tout au plus qu'au mois d'avril , lorsque pour reclamer la priorite d'une decouverte , il renvoie un auteur a un article du Dictionnaire des Sciences nalurelles , dont il n'a pas encore livre une page a I'impression , ce n'est pas en mouton que M. de Blainville agit de la sorte. Mais lorsque ses confreres de I'lnstitut, tout en permettant a M. de Blainville de se plaindre en public, condamnent les reclamations les mieux fondees li n'etre lues qu'en comite secret , ce n'est certes pas en loups qu'ils se t oiiduisent a leur tour. ■1" Rappofls acitdemiques fails de complaisance. Que dirait- 011 J'un jugc qui , dans une affaire meme de cinquantc francs. ( 47' ) jugerait par complaisance , c'est-ii-dire en faveur de la partie cou- pable? On aurait droit de le prendre a partie et de reclamer de sa part des domniages-interets, sans compter la degradation qui lui arriverait de fait, si la culpabilite etait demontree. A I'Acadeniie, nos immorlels peuvent se rendre coupables de semblables forfai- tures , sans etre responsables de leurs actes ; ils sont inviolables , encore plus meme qu'infaillibles ; et ils ont tellement la conscience de ces deux privileges, dignes presque d'etre appeles divins, que, si toutefois des rivalites academiques ne conimandent pas I'attention a quelqnes menibres de ce grand coi-ps , le rapport n'est presque ecoute de personne, et que Ton vote les conclusions sans avoir pris la moindre idee des considerans qui les motivent. Cependant il ne serait pas difficile de prouver que ces rapports de complaisance sont tout aussi odieux et prejudiciables que les jugemens obtenus par corruption. Sans parler ici de la gloire qui ne pent s'acheter an poids de I'or, elle que le philosophe aime plus que la vie, et que d'un seul mot un membre de I'Institut arrache au merite pour en grati- fier un protege on meme un intrigant ; posons des cas oii il ne s'agisse presque que de ces interets materiels et tout terrestres qui font I'objet exclusif de la plus grande partie de nos lois. Placons done en concurrence deux horticulteurs; I'un forme la pioche a la main, et devenu justement celebre sous la bure et la belouse , qui, tout en cultivant le choux et la pomme de terre pour la table du pauvre, la giroflee pour la fenctre des mansardes, sache aussi, de ses serres couvertes de chaume et crepies a chaux et a sable, faire sortir tous les ans des milliers de superbes plants exo- tiques, destines a decorer les palais et les chateaux, a se naturaliser sur nos grandes routes et dans nos forets, a fournir aux arts de nouveaux produits, a preter aux constructions une solidite plus grande, enfin un Cels, un Noisette, un Vilmorin, etc. ; I'autre, homme de cour la veille, et jardinier le lendemain, mais jardinier en jabot avec des gants et des pantoufles, et qui prenne soin d'opposer au merite modestement rustique de ces nonis europeens , I'intrigue des salons et des academies , les annonces payees des journaux, les invitations aux banquets quotidiens, des fetes, veritables miniatures de cclles deLucullus, on plutot de celles de Louis XIV, auxquelles les Muses de I'Opera, les ApoUons du Conservatoire, les (iOmus de la capitaie, accourent, a la lueur d'une illumination noc- ( 47^ ) turne qui le dispute a I'eclat du soleil, metamorphoser le sejour des Fauneset des Sylvains en un palais enchante et feerique; que, pour voiler, aux yeux du credule public, le neant de cette somptuosite futile et ruineuse, et u la faveur d'une retribution prelevee sur le salaire de chaque pauvre jardinier, il fonde dans cet etablissement , auquel le plaisir yient d'acquerir tant de suffrages, des Cours pompeusement steriles de botanique et d'agriculture ; je le demande maintenant , si , au sortir de I'un de ces banquets , un membre de I'lnstitut ajoutait a des moyens deja si trompeurs par eux-memes, I'influence qu'un rapport academique exerce sur I'opinion publique, ne de- Trait-il pas etre considere comnie coupable de forfaiture, et comme passible de dommages et interets? car enfin n'achalanderait-il pas ainsi juridiquenient le charlatanisme au detriment du merite et du labeur ? Or, vous savez, mon cher docteur, que tout ceci n'est plus une allegoric , et vous savez qu'on n'en rougit pas. Et les rapports en faveur des pures speculations de librairic , doit-on les considerer avec moins de severite ? II est vrai que , dans ce cas, ce n'est pas un marchand qu'on achalande au detri- ment d'un autre; inais ne trompe-t-on pas I'acheteur? car je ne parle pas ici du savant ou de I'eleve qu'on abuse : la loi ne prevoit pas ce genre d'abus de confiance ; je veux me renfermer exclusi- vement dans la classe des interets tout materiels de la societe. Vous avez lu le rapport pompeux que M. Labillardiere a fait sur les Decades ducedes icones lilhographicce planlariun Juslrulasice rariorum; ce rapport annoncait un travail de longue haleine ; il devait I'etre , si I'auteur avait eu en vue de rendre utile a ta science la munificence d'un protectenr eclaire de la botanique qui a fait tons les frais de I'impression. He bien ! cet ouvrage se compose de vingt planches dessinees depuis vingt ans, auxquelles, aprescoup, M. Guillemin ajoute un texte de quatorze pages litteralementcopices dans le Prodromus de 1\I. R. Brown, et une preface en latin ma- caronique. Vous avez lu , dans tous les journaux, le rapport que M. Dcyeux a fait sur un Dictwnnaire des Drogues , en cinq gros volumes, dont on pourrait en retrancher trois , sans nuire aux interets de I'acheteur droguiste , ouvrage dedie A M. Deyeux. Je le demande, I'Acadcmie doit-elle descendre jusqu'a sanctionner d'un cncoura- ( 475 ) gement qu'on n'accorde qu'aux decouvertes, une compilation du Codex , de Lemery, de Baume, du Dictionnaire des Sciences natur. , etc., pour la confection de laquelle Ics deux auteurs, au lieu d'un troisieme collaborateur, n'ont eu besoin que de s'associer un intrepide copiste ? Que la compilation soit bonne ou mauvaise , qu'importe, ce n'est en definitive qu'une compilation, qu'un tra- vail a la page, une simple speculation de librairie. Helas ! mon clier docteur, qu'est-ce done que la gloire aujourd'hui, puisqu'on I'acquiert avec si peu de peine ? Le troisieme collaborateur, depuis qu'il a obtenu des deux premiers la permission de signer ses articles par les deux lettres G. n. (Gnillemin) , et non plus par la lettre R. , a si largement use de cette permission , que sa signature se ren- contre m?me au bas des articles de deux lignes. En voici un exemple qui n'est pas le plus piquant : «Pachydermes. Septieme ordre de la classe desmammiferes, ren- fermant les animaux dont les doigts sont recouverts d'un ou de plusieurs sabots; exemple: I'elephant, le cochon, le cheval, le bceuf, etc. V. Mammiferes. » (G. N. ) M. Deyeux, venerable ami de Parmentierl pourquoi compro- mettez-vous ainsi vos complaisances ? mefiez-vous de votre coeur ; n'en appelez desormais qu'a la justesse de votre esprit ! voyez-vous comme un premier rapport en appelle un autre? iM. Chevallier pharmacien ne vous laisse pas meme reprendre haleine , et il adresse presque aussilot a vos louanges academiques : LES PASTES DE LA PHARMACIE FRANgAISE!!! ouvrage piiblie sous la direc- tion DE M. A. CHEVALLIER, par M. M. P. de Meze ( son epo„se. ). Que pensez-vous qu'un titre aussi fastueux annonce, mon cher docteur ? I'histoire des decouvertes utiles que I'on doit aux pharma- ciens ? I'expose de leurs actes de desinteressement ? les preuves de la bonne foi avec laquelle ils composent Icurs drogues , de I'horreur qu'ils montrenl pour toute connivence lucrative avec le medecin , de la severite avec laquelle ils out banni de leur officine les remedes secrets ou de bonne fcmme , aprts avoir traduit devant les tribu- naux tons les rivaux qu'ils ont pu surprendre en semblables delits et jusqu'a leurs propres confreres? Nous en sommesbien loin, mon cher docteur. Les Pastes de la Pharnjacie/rancaise renfermentla liste seche et aride de tous les petits bouts de memoires, de notes souvent plus courtes que leurs litres, de lettres meme que le$ phamiaciens ( 474 ) seulement ont publiees dans les Annales et les Mimoires du Mu- Sf?um , dans les Annales de Chiniie et de Physique, dans le Jow- nalde Pharmacie, et surtout dans le Journal de Chimie medicale; le tout precede d'un calendrier sur quatre colonnes , dans lequel on pent voir que M. Chevallier est ne a Paris, le jour de Sainte-Ger- triide; M. Caventou , a Paris, le jour de Reminiscere; M. Cro- nan a Rouen, le vendredi de la compassion ; M. Vignon a Toulon , le mercredi de la Conception , dans le mois oOi la quatrieme co- lonne indique qu'on ne recolte que des cryptogames , c'est-a-dirc en decembre. Et ce qui n'est pas la moindre merveilledans les Fastes de la pharmacie francaise , c'est que tous lespharmacienssont nes ile maniere que leurs noms, ranges d'apres I'ordre de la naissance, se trouvent ranges alphabetiquement , et qu'ils sontau nombre de365. Je vous expedie cet ouvrage; yous n'y trouverez pas votre nom; il n'est pas plus pharmaceutique que ceux de MM. Dulong, Gay- Lussac et Thenard, etc. Vous y verrez meme avec regret que la liste pharmaceutique n'est pas complete. Pour mon compte j'y ai cherche vainement un auteur, dont pourtant une note posthume a eu I'honneur d'etre inseree dans le Journal de Chimie medicale; c'est Le Franc de Pompignan , qui, comme vous le savez, y com- parait M. Vauquelin a un soleil, et le Journal general de Mc'de- cine , au pays des noirs habilans des deserts. Mais, pardon de ma distraction , mon cher docteur , Le Franc de Pompignan n'e- tait pas pharmacien. A propos de rapports academiques , la guerre est dans le camp cnnemi. Dans la presentation des candidats a la place de botanique, vacante par la niort de M. Lamarck, M. Mirbel avait ose placer M. Ad. Brongniart au-dessous de M. Ad. de Jussieu, et il avait motive en comite secret cette preference; M. Alex. Brongniart, qui ne la trouva pas flatteuse, revela a M. son fils tout ce qui s'etait dit en comite secret; et celui-ci, si docile quand I'Academielecouronne, releva enfin son front irrite , et lanfa, Iniit jours apres, dans la salle des seances, xm factum destine a prouver, sur trois colonnes, que tout ce qu'il a public jusqu'a ce jour lui appartient et par droit de conquete et par droit de naissance. M. Mirbel, vivemenl blesse de la hardiesse de son protege et de I'indiscretion de M. son pere, a repondu a son tour par v\n factum '\m.^i\yx\e et d'une etenduo assez considerable, dans lequel il prouvc acadcmiquement que tout (475) ce qu'a public M. Ad. Brongniart en physiologic est, sinon un plagiat, du moins une copie; en d'autres termes , qu'on I'a cou- ronne pour ce que les autres avaient trouve avaiit lui. Je vous fais passer ces deux ecrits : ce sont deux monumens curieux des suites qu'ont presque toujours les complaisances academiques. Pauvre Instilut! ou plutot pauvres sections de botanique, de zoologie , de physiologic , de medecine ct d'agriculture ! qui done vous a confie le depot de la science? Je suis, etc. RASPAIL. ANNONCES. LiNN£A, JorRNAL DE BOTANIQUE; par le d'. D.-F.-L. de Schlech- TENDAL, juillet et Oct. 1829. In-8° Berlin. Ces deux n°' renferment, entre autres travaux : 1° la continua- tion de la description et de la classification des synantherees de i'herbier de Berlin; par Chr. Fr. Lessing ; 2° une revue des Hepa- tiques du Cap; par J.-G.-C. Lehmakn; 5° quelques remarques sur les Crat£Egus et Runiex de la Flore d'AUemagne ; par Fingerhcth; 4° des descriptions de plantes cryptogames [Ccveoma , Lredo) rares ounouvelies; par Fr. Rudolphi; 5° des nouveaux genres de plantes phanerogames ; par Hemprich et Ehrenberg ; 6° des varietes ou des hybrides de plantes indigenes ; par Lasch ; 7° une enume- ration des Champignons [ffjmenomj-cetipileaii)recemaient trou- ves dans la marche de Brandebourg; par Leasch; 8° un coup d'oeil general sur la Flore du Mexique ; par M. Schiede qui se trouve ac- tueliement a Mexico. Zeitschrift fur Physiologie; Memoires de Physiologic, t. Ill, 2" cah., 1829; par MM. Tiedemann, Gottr. Reinh.etLud. Christ. Treviranus. Ce cahier renferme , entre autres memoires, les suivans dont nous publierons en leur lieu les analyses : 1° anatomic de YAphrodila acLileala, L. ; par G.-R. Trkviranus ; 2° sur les fractures des os et les sutures qui s'en foiTOent; par S. Th. de Simmering; 3° sur la formation des individus neutres chez les hymcnopteres, et principa- ment chez les abeilles ; par G.-R. Trevirakus; [\ description du ( 476 ) cerveau et de la moelle epini^re d'un monstre par exces; par Tie- demann; 5° description de 3 monstres bi-corpor; par Mayer de Bonn; 6° nouvelles remarques sur les extremites posterieures du serpent et sur les ecailles du Ccecilia ; par Mayer ; 7° la lumiere et la cha- leur se developpent-elles pendant la vie des plantes? par L. Chr. Tkevibamis ; 8° action du muse sur les plantes ; par Goeppert ; 9" analyse du lait de femme ; par Meggenhofen. Geognostiohes GEMAEtDE VON Deutschlan; Tableau geognostique de I'Allemagne mis en rapport avec la geologic des Etatsvoisins; par ami Boue, et public par C.-C. de Leonhard, in-8° de GaS pages, avec 8 pi. lithogr. Francfort, 1829, Hermann. A SYNOPSIS OF THE BRITISH FLORA. — Synopsis dc la Florc d'Angle- terre, dispose suivant la metliode naturelle; par John Lindlky. 1" vol. in-8°. Londres, 1829. MONOGRAPHIE OU HiSTOIRE NATURELLK DT7 GENRE GROSEILLER , COUte- nant la description , I'histoire , la culture et les usages de toutes les groseilles connues; par C.-A. Thory. in-8'' de 10 feuilIes3/4, avec portrait et 24 pi- Paris, 1829; Dufart. Ouvrage posthume de Claude Antoine Thory , ne le 26 mat 1759, mort en 1827. llpiCHERCHES SUR l'influence QUE lEs POISONS excrccut sur I'eco- nomie amniale ; par MM. Morgan et Adisson. In-8°. Londres, 1829. Guide of the Gardens of the zoological society. ■ — Guide pour le jardin de la societc zoologicale ; mars 1829, 32 pag. in-8°. Londres, 1829, Taylor. Catalogue of the animals preserved in thk museum of the zoolo- gical society. — Catalogue des animaux conserves dans le mu- seum de la societe zoologicale; avril 1 829, Londres, chez le meme. EssAi SUR les insectes de JAVA ET DES iLES voisiNES ; par P.-S. Van DER LiRDEN. i" mem. Cicindelite?, Bruxelles, i82q. ( 477 ) TABLE DES MATIERES DU TROISIEME VOLUME. Academic des Sciences de Paris, seances du 7 sept, an 14 dec. 1829 . . .146 — Du 21 dec. au 29 mars i83o 457 Acaridien (nouvelle espece d') 122 Acide carbazotique . ... 4^9 — lactique suppose . . . 545 — muriatique et {)russique. ^0% — indigotique 4>59 — oxalique artificiel. . -44' — peclique et carotte . . ib. — sulfureux condense . . 5i8 — sult'iirique et prussique. 4^8 Acrosioma Amnii . . . 456 Agatisation 88 Albumine vegetale . . . 58o Allen et Pepys ; respiration des oiseaux; critique. . 4^9 Ammoniaque et metaux. . 3i5 Annoncesbibliograph. 319, 47^ Antracotherium ( machoire d') 45o Antilopes diverses. . . . 447 Arborisations des agates. . 240 Arundo 99 AscHERSoN \fungivenenati. 1 36 Asphyxie 292 Azote dans les corps orga- niques 38o Barlocci ; magnetisme par les rayons de lumitre. . 4^6 Becqi'erel ; electro-chimie. i8g Sulfures insolubles cristal- lises 343 Belemmt(v polygonales et bisulci 86 Bekzelics; osmium . . 38 p>i«» Analyse du mineral de platine 194 Thorite , nouv. mineral. 204 Thorium, nouv. metal. 349 Iridium et osmium. . . 376 BoNAFors ; espece de mai's. 445 Botanique (annonces de) . 137 Braconnot ; pollen analyse. 386 Picromel analyse. . . . 44^ Branchies des foetus. . .116 Breda (Van); mammiferes dans la craie 45 1 Brewster ; reflexion et de- composition de la lumiere aux surfaces de separa- tion des milieux . . . 336 Brome , ses combinaisons. 4^7 — sa preparation. . . . ib. Brongniart (.\lex.); geo- logic. 58 Theorie de I'agatisation . 88 Brown (R) ; molec. actives. 92 BccKLAND ; divers fossiles . 455 Biff; acide indigotique. . 440 Caventou ; sur le Kainca . 14 1 Cenlaurea rnj-acanlha. . ii5 Chimie microscopique . 65, 216, 368 Chlore, action sur les sels. 3i6 Chloro-phosphure de sou- fre 3i8 Chlorure de soude contre les scrofules 456 Cholesterine dans un kyste humain 82 Coquilles des mollusques . aSi Cpteries scientifiques. . . i5i CocERBE ; sur I'albumine. . 3o2 Couleurs accidenlelles . . 329 Courans t-lectriques meles. CROizETet Jobert; fossiles. Crrplostoma tarsale. 122, CiiviER (G.); hectoslowa. Cj-nodon divers .... Cyslicercits Lejwris. . Davy ( H. ) ; torpille. . . Delarive ; acide suU'ureux. DeIjWjY.; surV Althenia . Despretz ; metaiix et am- moniaque Diffraction Dijfrenoy; mineraux. . DrGEs; lezards indigenes . Opercules de mollusqiies. DcLONG et Arago ; elasticite de la vapeur d'eau. . DrxROcnET; sur les Chara. Electricite developpee par simple contact. Electro-chimie Entozoaires divers. . Faisan dore , sa patrie . Farine analysee .... Fecule analysee. . .65, Flourens ; action de la moelle epiniere sur la respiration Fossiles caracterisant les couches terrestres. . Fungi veiienali .... Galvanisme Gay-Lussac ; formation d'a- cide oxalique .... Geoffroy Saint - Hilaire ( IsiD. ) ; genre nouveau de musaraigne. . . Espece nouv. de flamant. Geologic , son etat actuei. . Gluten Godjer; chlorure de soude centre les scrofules. . . Graminecs ( 478 ) 435 Gjpse fibreux mele a des 45o roclies pyrogenes . . . i34 276 Haldat; sur la diffraction . 3i2 290 f/ec/o*/owa, ver parasite . 290 99 Hermann; brome extrait. . 437 121 Helepozite ^nouy.mmkrsA. 4'44 3i3 ff«W/a, nouveaux crustaces. 4 '6 5i8 Hierncium 140 139 HitLs; antilopes a 4cornes. 447 Home; nerfs du placenta. . 282 5i3 H((rflH///e, nouv. mineral . 444 5i2 Ichtyosaurus(excremensd'). 455 444 Insectes divers ( anatomic 448 d') 455 450 lode centre les scrofules. 145, 320 171 lodures de manganese, de 3o4 fer et de platine. . . • 1 29 Iridium, ses composes . . 576 3i2 Jaume Saikt-Hilaire; pro- 189 duction de gros fruits. . 127 285 A«i//ca (racine de). . . i4i 454 KuHLMAN ; action des acides 368 mviriatique et sulfurique 216 siir I'acide prussique . . 438 Ri'hn; identite d\m Mo- I nostoma et i!u Cjslicer-. 41 5 ciis Leporis 121 Divers entozoaires. . . . 285 408 Ki3nth; graminees . . . i35 1 56 Lamarck ; sa necrologie. . 1 59 33 Lacertce indigenes . . -448 Lassaigne ; iodures . . . 1 29 44' Lauth ; vaisseaux lymphat. 4^5 Lehot; galvanisme ... 55 Couleurs accidentelles . . 529 446 Lesauvage; verdel'amnios. 4^6 454 Lettres a un savant de pro- 58 vince 297, 4^9 36g LiEBiG;chloresurdiverssels. 3i6 Acide carbazotique . . . 439 456 Linncea four 1829 . i36, 4^5 i55 LoviG ; composes du brome. 4^7 Lvgol; iode , bains iodes. 145, Lyonnet ; ouvragc post- hume Macaire-Pkinsep; analyse du pollen de cedre. . Macro scelides , mamnii- feres Magnetisme par rotation. — par les rayons violets. Mais, nouvelle espece. . Marcel de Serres ; os fos siles Lrsus Pilorrii. . Marianini; courans electri ques Mecanique celeste ( abreg« de) Metaux, leur structure. Mirbel; ovule vegetal. . Moelle epiniere ; son action sur la respiration. . Molecules actives. . MojitiiZR ; Hieraciiim. . 3Ionstruosites remarquables ]Nerfs du placenta. . Opercule des mollusques Ordonnance relative aux chaires du Museum. 5 10, Os nouvcau de la face. Ossemens fossiles. 229 , 5g8, Osmium Ovule vegetal Patrix ; insecte de la galle. Pendule dans le vide. Pfaff ; electricite voltalque. Phcenicoptei-us ignipalUa- tus Pbilosophie positive. Picromel Platine , son mineral. — densite et tenacite. . Pollen analyse en grand. de ( 479 ) j — du cedrev . 520 Polypier fossile. . Pontecoulant; abrege 455 mecanique celeste. I Porites Bationis, 445 I Pterodactyle fossile. . Proces des Annates. 44'' I Pupina Keraudreni. 16 QBOYetGAYMARD; antilope 435 Raspail; analyse de la fe- 445 cule 65, Gbiten et albumine . 229 Sur les belemnitcs. . '. 449 Sur I'agatisation . . . Cjnodnn et Arqndo . Z|35 Centaitrea Myacanlha . Cristaux (synonymic de). 9 Arborisation des agathes. 161 Acide lactique . . . . 95 ' Sur I'analyse d'un pollen. Sur le role des fossiles. . 4' 5 Polypier fossile. . 92 Lettres a un savant. 29 j , i4o RATHRE;branchies desfcetus. 277 Reflexion et decomposition 282 de la lumiere aux surfaces 450 de separation de divers milieux 469 Respiration des oiseaux. 452 Rbodium 45i RiEss et Moser; pretendue 58 action magnetique des 95 rayons violets. . . , 298 Robert; os fossiles. . 521 Robineau-Desvoidy ; sur un 5i2 nouvel acaridien. . Lettre a I'Acad. des Sc. . 454 Coquilles des mollusques. 145 Rouchat; cholesterine. . 442 RoiLiN ; tapir nouveau., . 194 RocssEAtj; nouvel os de la 3i5 face. ...... 386 Rotx; crustace fossile. . . 443 4'4 9 414 455 I 455 .447. ^ 368./^ 86 ^t 88 9!) ii3 l52 245 345 586 408 414 469 116 556 429 5'-6 455 398 122 143 25l 82 448 452 452 ( 48o ) l'«gM. Sabine ; pendule dans le Tapir nouveau yjde 321 Tartrate de potasse ; sescris- Saigey; magnetismeparro- taux microscopiques. . . tation. ...... 16 Thorite, nouveau mineral. Savart; structure des me- Thorium, nouveau metal.. taux i6> Torpille electrique. . Torsion des corps rigides. . i65 Torsion des verges rigides. Skm; Jntilope gibbosa. . 447 Toi'rnal; gypse fibreux. . Scarabceus sacer. . . . 4^4 Vrsiis melopoleainus. . . Sepia fossile 453 llrsus Pitotrii. . . . . SERULLASjchloro-phosphure Vaisseaux lymphatiques. . de soufre. ..... 3i8 Vapeurs (elasticite des). Smith ; musaraigne. . . -446 Vaxjqcelin ; sa necrologie . Societe de Harlem. . . . i38 Acide pectique . . . . Sorex araneiis. . . . 446 Vignard; genre decoquilles. Straus ; Hiella , nouveau "Wollaston ; platine. . . genre de crustaces. . . 4'6 Xanthiis Desmaresli. . . Sulfates de cuivre et de zinc Yucca fossile . . . . . dans le pain 4^7 Zantedeschi ; magnetisme Sulfures insolubles cristal- | des rayons violets. . . lis^g 343 j Zoologie (annonces de). . P«gel. 448 l32 204 349 3i5 i65 i34 229 449 465 171 iSg 44i 455 3i5 452 4o5 436 i4o FIN DE LA TABLE. ERRATA. Page 76, ligne 10, racine de gaiac j lisez : resine de gaiac. Page 228 , ligne ^"5, forces des graines, Usez : formes des grains. Page 3oi , ligne 5i , Ion. polo. , lisez : Icon, pathol. »" ^J^l'. J?. A-/ H^:^. » dr ^a /e/mere ^'f 7 / j" / i.,!LX~.£.^-£^ 10 '-"^"^ u., A'yt,y/i >-• ',.a!nr^<^"''''^'-'- '^^'"^^ \ J^fBl ^^ ^1 ^j-i-'f. n^ /ir,ntw. / v^ /,::r.r/lt:i-f/r /f,/^,/r/^yr ^Z ^r /Jf.vjy . ,f /H /'^vyA.'' /)W//r/w.i A'yI.y/' rv,>V /» ( / ] /-,.- , //>• «! (■■"■ 'im.v!)tri5i;« 1 Ann . tlf^ ^cienc.t/'oSs.Iom.JI/. A/iafomz4' de z'hiELLA OMBIGNU. /'L //. ^.■^ :^ /aCff t/cj^>gy,. Jl„^ld^.r.-^."''^' ^"' ''■ /t7^'^s0''^^fr'^-'^y^^_ ri^j. k.^SS*-^ ^■4- ■■'7 .///////, '//r//-,r ///.I- /',/:<:i-i,f, ////,, f ,/ /A.f { r !■'/// ///-.I y°^. J2. ^i^. 72. I i^^'i?^ (Zfe-..,^^ . jlJ^.-yc.'i'c^'J-^'^ •'' /VVT ^^.■7. Y . f^ I}i7. 1^ ^'te-r ' V* ' A > -ife *L^.^^' ^^ r/ ^i^. y^. ^yj'- '"-•■'iiiiivSsV^*''^ *<^?^ i/^! \y^t^f . ^^frf/t?/fM'&re/f,r^a^ii,-£j-J/p&pelc£Ar (i■^>e/fJ■^Gs^ ■ ANNALES DES SCIENCES D'OBSERVATION , COMPREMANT l'AsTRONOMIE, LA PhYSIQTJE , LA ChIMIE, LA MlKERA- LOGIE, LA GeOLOGIE, LA PhYSIOLOGIE ET l'AnATOMIE DES DEUX REGNES, laBotaniqce, laZoologie; les Theories mathematiques, et les principales applications de toctes ces sciences a la Meteorologie, a l' Agriculture, aux Arts et a la Medecine; PAR MM. SAIGEY ET RASPAIL. TOME III, n" I. — JANVIER i85o. PARIS, HOUEN FRERES, LIBRAIRES - liDITELRS , nlE DE l'ECOLE DE MEDECINE, 75" l5; BRUXEIXES , AU DEPOT DE LA LIBRAIRIE MEDICiLE rRANfAISE. Ces Armales paraisseat le premier de chaque niois, par numeros de dU feuilles, de 38 lignes a la page, et accompagnes cliacun de 4 planches gravees. Trois numiros forment un volume, termin«S par une table alphabetique, Les lettres et paquets relatifs k la redaction doivent fitre envoy6s, franc de port , 5 Tadresse de MM. Rouen frires , libraires-^diteurs , rue del'J^cole de M«-de- cine, n" i3. PRIX DE L ABONNEMENT ; Pour Paris i ^^ ^'■*"<=« l^'"' ^"; J 17 trancs pour six mois. Pour les departeinens. i ^^ [^'"^''' P^"" ""; I 20 trancs pour six mois. Pour I'etranger. . . . \ ^^ ['""" ?=*" "": ° \ 20 trancs pour six mois. OM sovscaiT : A Paris, chez Rouen freres, libraires, rue de rEcole de Medecinc , n° i5 ; Dans les dipartemens, ohet tous les libraires correspondans ; A Londres, chez Treuttel et Richter ; A Bruxetles, et toute la Betgique, au depot de la librairie medicale fran- ^aise ; A Lcipsich, chez Michelsen ; A Turin, chezBocca; A Lausanne , chez Doy ; A Genive, chez Barbezat et Delarue ; A Florence , chez Vieusseux ; A Milan, chez Gaetano Ferrario ; A Naples, chez Borel; A Saint-Petersbourg , chez Weyer; A Berlin, chez Schelinger; A Vienne, chez Schaum burg; A Edinburgh, chez Blackwood ; A Philadelphie, chez Carey et L^a ; A Mexico, chez Bossange ; A Rio-Janeiro , chez dos Santos, SUITE DE LA TADLE DES MATIERES. P»gei l4l Usago de la racine dc ka'inca Letlre au picsident dc I'Academie des Sciences, par M. Robineau Desvoidy ,^3 lode dans les maladies scrof huleuses ; Lugol. — Cours de philosophic positive; Cotate. — Vegetation de la Basse-Kormandie ; de Bre- bisson 45 Seances de TAcademie des Sciences dc Paris i46 Coteries scientiCques .5, Necrologies de Lamarck ct Vauquelin ,5q DB L IMPBIMEBIB DB FLASSAN ET C" , RUE DE VACGIBABD, «• l5. TABLE DLS MATIERES. Avertissemenl .'.".' ■ ' Tlj(!orie anaiylique du systemc du monde; G. de Pontecoulant. . . <) Communication du mouvement a distance; Saigey 16 Observations sur un phenomene galvanique ; Lehot '■>~i Rcchcrchcs chimiques sur I'osmium ; Berzelius 58 Sur I'etat actuel de la gcologie , et en parliculier sur la theorie dc la structure du globe , par M. Alex. Brongniart 58 Suite de I'analyse microscopique de la fecule ; Raspail 65 Analyse d'un kyste humain, contenant de la cholesterine ; Boucliat. 82 ^ote sur \es Bclcmnitte poly gonales et bis utci ; Raspail 86 Examen critique de la iheoiie de M. Alex. Brongniart, sur I'agatisa- tion, principaltment par rapport aux spirozoites 88 Sur les molecules actives de M. Rob. Brown 92 Sur la structure et le developpement de I'ovule vegetal gS Revue analytique dc quelques-unes des especes de Cynodon Rasp., qui constituaient I'ancien genre Arundo; Raspail gg Sur \e Ccniaurca myacanllia D . C \ Raspail 11a Siir le developpement des organes de la respiration dans les oiseaux et les mammiferes; Rathk6 116 RecliCcation d'une erieur helminthologique ; Kubn 121 Nouveau genre de parasites de la classe des acaridiens ; Robincau- Desvoidy 122 Procede pour obtenir de gros fruits; Jaume Saint-Hilaire 127 Bulletin anatyiique et bibliographique. lodurcs de manganese, de ff r et de platlne; Lassaigne 129 Synonyniie des crislaux de tartrate de potasse dissous dans I'acide acetique albumineux; Raspail 102 Depot mixte de gypre fibreux secondaire et de roches pyrogenes , i Ste-Eugenie (Aude); Tournal fils i34 Revision des graminees; Kunlli. — Dc ftingis vencnatis ; Ascherson. — Linnwa, Janvier et aviil 1829. — Sapindacecs; Cambess^des. — Monilta liyalina des fcuillis de rosier; Desmaziferes. — Monographic de Cluodecton ; F<;e. — Prix de pbysiologie veg6tale propose par la Sociele des sciences de Ilarlen). — Comment on fait de la botani- que. — Monographie dts Ilicracium et de quelques genres voisiiis; Monnier i55 a i/|o Gours d'bistoiie des mammiferes; Gcoflioy-Saint-Hilaire. — Geogno- sie des terrains terliaires; Mal-cel de Serres. — Lcregne animal dis- tribue d'apres son organisation; G. Cuvier. — Spiroptcrm strumosoi dcscrlptio ; Nilzch. — Dc Anodontarum et Vnlonum oviduct ti ; Neu- mann ' i4oet i4i ( Voycz a la page precedente. ) ANNALES DES SCIENCES D'OBSERYATION, COMPRENANT l'AstRONOMIE , LA PhYSIQTIE, LA ChIMIE, LA MlNERA- LOGIE, LA GeOLOGIE, LA PhYSIOLOGIE ET L'AnATOMIE DES DEUX REGNES, LaBoTANIQTJE, LA ZoOLOGIE; LES THEORIES MATHEMATIQUES, ET LES PRINCIPALES APPLICATIONS DE TOUTES CES SCIENCES A La Meteorologie , A l'Agrict'ltuke, Arx Arts et a la Medecine; PAH MM. SAiaST £T RASPAIL. TOME III, n" 2. — FEVPJER i85o. ROUEN FRERES, LIBRAIRES-iDITEURS, RUE DE l'eCOLE DE MEDECINE, N" i5; BRUXEIXES, ATI DEPOT DE LA L16RAISIE MEDICALS FfiAN9AISE. Ces Annales paraissent le premier de chaque mois, par nutneros de dis feuilles, de 38 lignes a la page, et accompagae's chacun dc 4 planches grave'es. Trois nume'ros forment un volume, termine' par une table alphabetique. Les lettres etpaquets relatifsa la redaction doiventetre envoye's,_/7-flnc de port, a I'adresse de MM. Rouen freres, libraires-e'diteurs, rue de I'Ecole de Me'de- cine, n° t3. PRIX DE labonnement: mois. Pour Paris M^ ^^''^^'^'^ P"'"- "° ^°-. ( 17 Irancs pour SIX moi Pour les departemens. 1 4° ^ancs pour im an. •* I 20 irancs pour six niois. Pour I'etranger Mf ^'"^"^^ P°"'" "" 3°-. ° \ 2i irancs pour SIX mois. ON souscrit: A Paris, chez Rouen freres, libraires, rue de I'Ecole de Me'decine , n" 1 3 ; Dans les departemens , cLez tous les libraires correspondans ; A Londres, chez Treuttel et Richter; A Bruxelles , et toute la Belgique, au depot de la librairie me'dicaie francaisej A Leipsick, chez Michelsen; A Turin, chez Bocca ; A Lausanne , chez Doy j A Genkue, chez Barbezat et Delarue ; A Florence y chez Vieusseuxj A Milan , chez Gaetano Ferrario ; A Saint-Petersbour^ , chez AVeyer j ' A Berlin, chez Schelinger; A P^ienne, chez Schaumburg j A Edinburgh , chez Blackwood j A Philadelphie , chez Carey et Lea ; A Mexico, chez Bossangej A. Rio-Janeiro , chez dos Santos. TABLE DES MATIERES. Pages. Recherches sur la structure des me'taux; M. Savart i6i Lois de torsion des lames *t des verges rigides; M. Savart i65 Recherciies sur la loi des Mariotte , et sur la force elastique de la vapeur d'eau; MM. Dulong et Arago 171 Emploiderelectricite pour ope'rer des combinaisonsj M. Becquerel. 189 Analyse des minerais de platinejM. Berze'lius 194 Nouveau mineral et nouvelle terre qu'il renferme ; M. Berzelius. . . 204 Suite de I'analyse microscopique de la feculc ; M . Raspail 216 Divers ossemens de mammi feres et d'oiseaux , de'couverts dans les calcaires quaternaires de Perpignan, et nouvelle espece d'ours fossile; M. Marcel de Serres 229 Sur les arborisations des calcedoines et des agates mousseuses ,■ M. Raspail • • ^^3 Composition organique de la coquille des moUusques; M. Robineau- Desvoidy ; • ■ ^^' Monstruosites remarquables ; Clang- Ang et Ritta-Christina 277 Sur I'existence des nerfs dans le placenta 282 Examen de quelques especes d'entozoaires 286 Hectostoma, nouveau genre de ver parasite; M. G. Cuvier 290 Asphyxie par submersion et par la vapeur de carbone 292 De'couvertes de M. Patrix; plagiats de MM. ConerbeetDutrochet; Ordonnance relative aux chaires du Museum r • 297 BULLETIN ANALTfTIQUE ET BIBLIOGRAPHIQUE. Diffraction. — Electricite par simple contact 3i2 Electricite de laTorpille.— Tenacite duplatine.— Action del'am- moniaque sur me'taux •••» ^i-* Action du chlore sur quelques sels 3i6 Acide sulfureux condense.— Chloro-phosphure de soufre 3 18 Flore et Vomons: iroLncaises, — Synopsis hepaticarum europoearum catalogus plantarum horti regii parisiensis. — Flore de Terre- Neuve • 3i9 Bains iodure's dans les maladies scrophuleuses 3ao : n. FOcnNiBit , eub de f ANNALES DES SCIENCES D'OBSERVATION, COMPRENANT l' ASTRONOMIE , LA PhYSIQUE, VK ChIMIE, LA. MlNEBA- LOGIE, LA GeOLOGIE, LA PhYSIOLOGIE ET l'AnATOMIE DES DEUX regnes, la botaniqtje, la zoologie; les theories mathematiqbes, et les principales applications de tottes ces sciences a la. Meteorologie, a l' Agriculture, aux Arts et a la Medecine; PAR MM. SAIGEY £T RASPAIL. TOME III, n" 3. — MJRS i83o. ROUEN FRERES, LIBRAIRES-EDITEURS, rue DE l'eCOLE DE MEDECINE, N" iZ ', BRUXELLES, AU DEPOT DE LA LIBRAIRIE MEDICALE FBJ.NC1ISE. Ces Annales paraissent le premier de chaque. mois , par numeros de dix feuilles, de381ignesalapage,etaccompagnes chacimde 4 belles planches. Trois numeros forment un volume, termine par une table alpha be tique. Les lettres et paquets relatifs a la redaction doivent itte. envoyes, franc de port, a I'adresse de MM. Rouen freres, libraires-e'diteurs, rue de I'tcole de Mede- cine, n" i3. PRIX DE L ABONNEMENT : . I 34 francs pour un an. Pour Pans | ^ ^ fi-ancs pour six mois. „ ,1,1 i 4o francs pour un an. Pour les departemens. J ^^ ^^^^^^ ^^^^ ^^^ ^^^^ _ „ ,. 1 46 francs pour un an. Pour 1 etranger j ^3 francs pour six mois. ON sorscRiT : A Pari s, chez Rouen freres, libraires, rue de I'Ecole de Me'decine , n» 1 3 ; Dan s les departemens , chez tous les libraires correspondans ; A Londres, chez Treuttel et Richter; A Bruxelles, et toute la Belgique, au depot de la librairie me'dicale francaise ; A Leipsich, chez Michelsen ; A Turin, chez Bocca ; A Lausanne , chez I)oy ; A Genkt^e, chez Barbezat et Delarue; A jFfore/ice , chez Vieusseux ; A Milan, chez Gaetano Ferrario ; A Saint-Petersbourq , chez Weyer ; A Berlin, chez Schelinger ; A Vienne, chez Schaumburg ; A Edinburgh , chez Blackwood ; A Philadelphie , chez Carey et Lea ; A Mexico, chez Bossange; A Rio-Janeiro , chez dos Santos. Macroscelides , nouveau genre de mammifcres. — Antilope a cornes dcprime'es. — Antilope a quatre cornes. — Antilope gibbom. — Especes du genre Lacerta. — Nouvelle esptce de tapir. — Ursus Pitorrii, nouvelle espece fossile. — Operciile des mollii-ques gas- teropodes pectioibranches. — Machoire d'antracotherium dans le gres terfiairede la Limagne. — Dents de ruminaus, de pachy- dermes et de carnassiers dans la formation cray euse de Maestricht. — Nouvelle espece de crustace fossile. — Nouvel osdela face chez I'honjme. — Nouvelle espece de pte'rodactyle. — Excre'raens d'lc/t- thyosaurus et sepia iossWe. — Phcenicopterus ignipalUatus nou- velle espece. — Faisan dore', sa patrie. — Scarabe' sacre', trouve en Libye. — Anatomic de divers insectes , par Lyonnet. — Pupina, nouveau genre de coquilles. — microstoma , nouveau genre de vers ve'siculairis 446 — 4^6 Emploi du chorure de sonde dans les maladies scrophuleuses. — Sulfates de cuivre et dc zinc introduits dans la panification. 4^6 — 4^7 Seances de 1' Academic des Sciences de Paris 4^7 Reclamation de M. Lauth sur les vaisseaux lymphatiques [^65 Lettre deuxieme a un savant de province ; M. Raspail 4^9 Annonces bibliographiques 47^ Table des Matieres du tome III 473 TABLE DES MATIERES. Pages. Reduction an videdes vibrations d'lm pendule invariable; M. Sa- bine • 3^^ Explication des couleurs accidentelles ; M. Lehot ^29 Sur la reflexion et la decomposition de la luraiere aux surfaces de separation de milieux ayant des pouvoirs refringens egatix ou diffe'rens ; M. Brewster ^^^ Note sur I'acidelactique; M. Raspail 543 Memoire sur les sulfures, iodures, etc. metalliques; M. Becquerel. 348 Note sur les analyses de M. Thomson 349 Sur les sels de thorium ; M. Berzelius 35o Nouvelles observations sar I'iridium et I'osmium ; M. Berzelius. . . 36o Analyse de la graine des cereales; gluten etalbumine; M. Raspail. 368 Critique des recherches chimiques de M. Braconnot sur le pollen du Tfpha latifolia; M. Raspail 38G Ossemens et ve'getaux fossiles dans le calcaire grossier de Nanterre etde Passy, pres de Paris j M. Robert 3g8 Note sur le role qu'on a faitjouer aux fossiles , dans la determination de I'anciennete relative des couches terrestres; M. Raspail l\o?, Ponies Banonis , nouvelle espece de polypier fossile ; M. Raspail. 4i4 Action dela moelle epiniere sur la circulation; M. Flourens. .... 4i5 jHicZZa, nouveau genre decrustacesamphipodes; M. Straus k^C^ Sur la respiration des oiseaux ; MM . Allen et Pepys 4^9 BULLETIN ANALYTIQUE ET BIBLIOGRAPHIQUE. Coexistence des couranse'lectriques.— Action magnetisante d« la lumiere violette.— Action magnetique et electrique des rayons lumineux • • • • 435-43? Combinaisons du brome.— Preparation du brome.— Action des acides muriatique et sulfurique sur I'acide hydrocyanique.— Acide carbazotique et acide indigotique.— Acide pectique et ra- cine de carote.— Transformation des matieres organiques en acide oxalique.— Sur la nature du picromel.— Note sur le pollen du cedre 437-444 Huraulite et Hetepozite , nouveaux mine'raux 444 Espece prutendue nouvelle de mais 445 ( La suite a la page precedente.) '^ %i ' 1u \, n. I hilr-^ 'm m